DE L'HUMIDITÉ DANS LES CONSTRUCTIONS
L’humidité dans les constructions est un véritable fléau, doublement regrettable, car il cause la perte des matériaux et rend insalubres les locaux occupés par l'homme et les animaux.
Cette humidité provient de diverses causes ; aussi peut-on la combattre par des moyens différents.
Après avoir étudié ses effets, nous indiquerons les moyens de la prévenir dans les constructions à ériger et de la combattre dans les bâtiments anciens dans lesquels elle existe.
L'humidité provient généralement des fondations, de là, par l’effet de la capillarité, elle monte dans les murs, qu’elle salpêtre. Elle détruit le mortier, désagrège les matériaux, fait souffler puis tomber les enduits, et, finalement elle abrège considérablement la durée des constructions.
A ces inconvénients si grands, il faut ajouter celui non moins grave de la désastreuse influence que l’humidité des murs exerce sur la santé des habitants et les maladies dont elle les accable, (goutte, rhumatismes, etc.). On a fait de nombreuses expériences et tenté beaucoup d’essais pour parer aux inconvénients de l’humidité, et nous devons dire que tous les palliatifs sont loin d’être efficaces, surtout ceux qu’on applique dans les vieilles constructions.
1. Moyens de prévenir l’humidité. — La première des conditions pour éviter l’humidité consiste à drainer le terrain sur lequel on va construire, si le sol en question est argileux et par suite imperméable. Il faut ensuite établir les fondations dans de bonnes conditions employer d’excellents matériaux et les hourder en mortiers hydrauliques ; on doit aussi construire des caves, qu’on doit largement ventiler en y pratiquant de nombreux soupiraux. Dans les pays qui possèdent de la meulière, on doit l’employer en fondation et à 0m,40 ou 0m,50 au-dessus du sol au rez-de-chaussée; celui-ci doit être établi à 1 mètre au-dessus du sol environnant.
Si le pays dans lequel on construit ne possède pas de meulière ou des matériaux siliceux, on peut recouvrir le sol des fondations et celui des caves d’une couche de béton de 0",20 au moins; on peut aussi pratiquer un fort corroi de terre glaise derrière les murs qu’on élève.
On doit encore considérer l’exposition des bâtiments, surtout si l’on ne doit point y faire des caves.
Quand les murs d'une construction sont arrivés à 1 mètre au-dessus du sol, on couvre l’arase avec de bons libages, qu’on peut asseoir sur une couche
EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX
de ciment, et qu’on fait descendre le long des parois intérieures jusque sur les reins des voûtes. On peut même sur celles-ci étaler une chape en bélon ou en asphalte qui se termine au droit des murs. Enfin on complète le système de préservation, par l’emploi au rez-de-chaussée de parquets, carreaux ou dalles posés sur bitume ou sur ciment et se raccordant avec la couche régnant sur l’arase.
On emploie aussi (mais ce moyen, qui est le meilleur do tous, est trop coûteux pour les constructions rurales) des tables de plomb qu’on pose sur l’arase des murs.
2. Moyens de combattre l’humidité. — Quand l’humidité se manifeste après l’achèvement de la construction et lorsque le bâtiment est habité, on fait usage trop souvent de moyens temporaires, tels que enduits en ciment, enduits hydrofuges et hydroplastiques dont nous avons déjà donné la composition (page Cl). Tous ces moyens ne sont que des palliatifs.
Le mieux est, si le bâtiment a des caves d’y établir des ventouses d’aération telles que celles que nous décrirons plus loin dans le chapitre iv, logement