POULAILLERS
Généralités. — On nomme ainsi un bâtiment ou une portion de bâtiment qui sert à loger la volaille.
Quand le poulailler est pourvu d'une cour particulière, on donne ordinairement à cette partie de l’exploitation agricole le nom de basse-cour.
Dans une petite exploitation, on se dispense souvent de donner une cour à la volaille : celle-ci picore dans la cour de la ferme, entre dans les écurie^ et les étables, et cause souvent des ravages soit en picorant à droite et à gauche, soit en salissant les harnais, charrettes, voitures et autres instruments aratoires. Aussi nous trouvons que toute exploitation soignée, quelle qu'en soit l'importance, doit nécessairement avoir une cour spéciale pour la volaille. Celle-ci n'a pas besoin de grands bâtiments, mais sa prospérité dépend du soin apporté à la construction du poulailler, de sa bonne exposition, de sa salubrité ; car il ne faut pas perdre de vue que les poules craignent le froid, la trop grande chaleur, l'humidité et les mauvaises exhalaisons.
Le froid engourdit la volaille, retarde et diminue la ponte, la trop grande chaleur l'affaiblit, l'humidité lui occasionne des affections goutteuses, enfin l'air vicié ou même le manque d'air la rend apathique et détermine chez elle la constipation et des maladies inflammatoires.
Exposition. — La volaille est matinale, elle a besoin de beaucoup de chaleur, aussi les expositions de l'est et du midi sont les plus convenables. Cependant afin de pouvoir, en été, rafraîchir le poulailler, il est indispensable d'y ménager des ouvertures au nord et à l'ouest, surtout au nord. On tient ces ouvertures hermétiquement fermées aux autres époques de l'année.
Salubrité. — Comme les autres animaux domestiques, la» gent volatile craint l'humidité, comme nous venons de le dire, et même les espèces aquatiques prospèrent et se portent beaucoup mieux lorsque, après avoir nagé ou barboté, elles se reposent dans un lieu sec.
Aussi le sol des basses-cours doit être sec, quoiqu’il soit traversé par un filet d'eau courante; il faut aussi qu'il s'y trouve un endroit sablonneux
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
afin que les volailles puissent se rouler et avaler un peu de gravier, c’est indispensable pour la santé des poules, comme nous allons le voir.
Utilité du sable et gravillon. — Tout le monde sait que l’on trouve dans le gésier des volailles, des fragments de pierre ou de silex et du sable, mais peu -de personnes se demandent le pourquoi de ce fait. Beaucoup supposent que l’oiseau par gloutonnerie absorbe ces substances en même temps que ses aliments. Il n'en est rien; c’est par intuition qu’il absorbe ces fragments, car ils l’aident à la complète digestion des aliments ; et voici comment: les poules et autres volatiles avec leur bec ne peuvent broyer qu’incomplétement les grains pendant la déglutition, aussi la nourriture arrive presque intacte dans l’estomac. Cette poche musculaire est mue par des contractions qui mettent le bol alimentaire en mouvement ; les grains se trouvent donc heurtés, déchirés, triturés par le sable et le gravillon que contient le gésier. Cette trituration facilite au dernier degré la digestion des aliments ingurgités et par suite leur complète assimilation.
On comprend dès lors, combien il est utile de réserver un endroit sablé, afin que les poules puissent non-seulement se rouler, mais trouver encore le complément indispensable de leur nourriture. Du reste, on a vu souvent des poules enfermées dans une volière faire des œufs avec des coquilles très-minces ou même sans coquilles, car leur nourriture privée d’éléments calcaires ne pouvait leur fournir l’élément indispensable pour cette production.
Ventilation. — Les poulaillers doivent être fortement ventilés, surtout en été. Aussi nous recommandons d’employer des tuyaux en poterie dans toutes les parties fermées de ces constructions.
Évidemment les portes et les fenêtres bien disposées donnent une excellente ventilation, mais il faut avoir soin de munir ces ouvertures de grillages à mailles serrées pour empêcher l’introduction des animaux nuisibles qui, dans une nuit, pourraient saigner toute la volaille.
Une construction des plus utiles dans une basse-cour, c’est un hangar; en effet, les poules peuvent s’y réfugier pendant la pluie et s’y abriter contre les ardeurs du soleil. On a soin de ménager dans la partie supérieure du hangar des perchoirs, parce que, dans la belle saison, les poules passent la nuit sens le hangar.
Une pièce aussi d'une utilité incontestable serait un chauffoir. On peut choisir à cet effet une chambre dans le voisinage d'une cuisine, ou bien diriger une bouche de chaleur dans ce local. Le chauffoir pour l’hiver maintient une bonne santé parmi la gent volatile et la rend très-féconde.
Précautions contre les ennemis du poulailler. — Les poulaillers doivent être construits en bonne maçonnerie. Les murs auront une assez grande
épaisseur. On emploie à leur construction, lo moellon, la brique et la pierre ; mais quels que soient les matériaux employés, ils doivent être posés à plein joint, sur du très-bon mortier et parfaitement rejointoyés, afin de ne laisser aucun trou qui pourrait livrer passage aux fouines, souris, rats, belettes et autres animaux nuisibles.
Tous les murs seront entretenus avec soin et ceux d’entourage auront leurs chaperons garnis de débris de verre pour arrêter les incursions des animaux carnassiers et des voleurs, qui, pour la gcnt volatile, sont aussi redoutables que les renards.
Les murs intérieurs seront de temps en temps blanchis à la chaux pour détruire les insectes et la vermine qui s’attachent à la volaille.
Portes. — Il est nécessaire d’entrer dans les poulaillers pour voir ce qui s’y passe et donner la nourriture aux volailles, les portes faites dans ce but mesurent 0m,70 à Om,7o de largeur sur lm ,80 de hauteur. Ces portes servent également de passage aux grosses volailles comme pintades , outardes et dindes.
Pour les espèces plus petites, on pratique dans ces portes de petites ouvertures de 0m,to de largeur sur 0m,20 de hauteur. Ces ouvertures sont munies de trappes à coulisses verticales qu’on tient ouvertes d’une manière quelconque. Notre figure 433 montre ce genre de porte. Il est évi-
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Fig. 433 — Porte de poulaillers.
Échelle de 0m,02 pour mètre.
dent que si une ouverture a deux portes, l’une pleine et l’autre grillagée, les ouvertures à coulisses se correspondent afin de donner passage aux oiseaux.
Fenêtres. — De même que les portes, les fenêtres doivent être grillagées ; elles ont en outre en dehors du grillage un châssis vitré, et un contrevent. Celui-ci, à l’aide de crochets peut être tenu plus ou moins entrebâillé, afin de ne laisser pénétrer dans l’intérieur du poulailler qu’une lumière à volonté, car une certaine obscurité est favorable à la ponte, à l’incubation et à l’engraissement des volailles.
Les fenêtres mesurent 0m,40 de largeur sur 0m,7o à 0m,80 de hauteur.
Plafond. — Dans les pays chauds, on ne plafonne pas l’intérieur des poulaillers; on laisse même dans les toitures en tuiles des interstices qui donnent une des meilleures ventilations pour les locaux destinés aux volailles ; dans les pays froids au contraire, il est mieux de plafonner et d’enduire, à moins que le poulailler soit voûté. Il ne faut pas une trop grande
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hauteur sous plafond ; 2m, 25 sont une bonne moyenne, une plus grande hauteur serait nuisible à cause du froid qui pourrait en résulter en hiver.
Sol. — On peut employer divers modes de pavage pour le sol des poulaillers. 11 suffit que le mode adopté soit suffisamment résistant pour empêcher certains animaux de creuser une mine pour arriver dans le poulailler.
On élève le sol des poulaillers à 0m,35 au-dessus du sol extérieur en ménageant une pente douce du fond et des côtés, cette pente aboutit au droit de la porte, afin de chasser les eaux de lavage du poulailler.