Makuta, dans le Sonyo, 693 lat. S., 139 long. F
grégations et des confréries qui se réunissent à jour fixe. Ils ont ouvert des écoles où l’on apprend la lecture, l'écriture et la grammaire. Les baptêmes sont nombreux. |
[Cette pièce est importante pour la statistique. Il est cependant à remarquer que les chiffres donnés par Giovanni-Francesco ne correspondent pas tout à fait. Ainsi, l’addition des religieux cantonnés dans les dix missions donne un chiffre de trente-deux. Les chiffres de 1654 — au départ de Fra Giovanni — donnent un total de trente-quatre.]
F0 227b. — Lettre du vice-préfet Fra Giovanni Maria à la Propagande. 11 demande un évêque et des missionnaires prudents ayant au moins passé vingt ans dans les ordres. Les pouvoirs du préfet général devraien t être amplifiés. Il faudrait notamment Jui concéder le droit de désigner lui-même son successeur. C’est ainsi que, à la mort du préfet Antonio Romano, les missionnaires avaient choisi d’un commun accord Fra Giovanni Maria comme successeur. Le décret de la Propagande nomme Fra Crisostomo da Genova, ce qui paraît avoir mécontenté les religieux.
Angola, 25 juin 1664.
[On reconnaît ici la tendance déjà signalée des PP. Capucins du Congo cherchant à fortifier le pouvoir local et à se dégager peu à peu de la centralisation romaine, spécialement dans la nomination du préfet.]
Fos 228 et suiv.
de Dongo.
En 1618, le gouverneur capitaine général, Luigi Mendes de Vasconcellos !, envahit le royaume de Dongo et força le roi à battre en retraite jusqu'au fleuve Coanza. A sa mort, il confia son fils et successeur à la reine Singa, sa sœur, qui s’empressa de le faire disparaître et resta seule maîtresse du royaume. Elle fit la guerre aux Portugais avec des chances diverses et, voyant l’inutilité de ses efforts, finit par se tourner vers d’autres provinces, dont elle fit la conquête. Bien qu'elle soit chrétienne et s'appelle Dona Anna, elle observe avec son armée, peu nombreuse, mais vaillante, les rites et cérémonies du fétichisme, fait des sacrifices humains, etc.
La reine Singa a déjà écrit courtoisement au P. Serafino, auteur de la relation, et celui-ci croit pouvoir implanter sérieusement la foi chrétienne en ce pays, s’il dispose d’un nombre suffisant de collaborateurs.
Angola, 10 février 1655.
Brève relation du royaume de Singa, dit royaume
F0 229b. — Fra Giovanni Battista da Castel annonce la mort de Fra Serafino da Cortona.
Florence, 4 septembre 1660.
1. Luigi Mendes de Vasconcellos, gouverneur d’'Angola de 1617 à 1621. Sur cette campagne, cf. RAVENSTEIN, 0?. cif., P. 163.
Fo 2316. — Domenico da Barletta et Daniele da Noiïa renouvellent leur requête pour aller au Congo.
F0 2336. — Le provincial des Marches demande que le départ de Fra Michelangelo da Marca et de deux compagnons soit différé. |
Fo 230. — Décret du 11 janvier 1656, porté par la Propagande pour mettre fin aux dissensions entre missionnaires. Défense d’ériger, sans permission expresse, une autre mission nouvelle là où existe déjà une mission apostolique.
F0 232. — Lettre du P. Giacinto da Vetralla au P. Bernardino Ungaro, missionnaire de Bamba, ordonnant à plusieurs missionnaires de quitter Bamba pour se rendre à Dande.
Loanda, 10 octobre 1656.
[Cette lettre fut probablement jointe par le P. Bernardino Ungaro au f0 239 qui suit. ]
F0 233. — Lettre collective des missionnaires du Congo adressée à la Propagande.
Les missionnaires exposent brièvement les progrès de la mission du Congo ainsi que les difficultés qu'ils rencontrent, mettent leur espoir en Dieu qui leur donnera la force de les vaincre. Mais ce qui afflige particulièrement leur âme, c'est la méthode néfaste inaugurée par le préfet Giacinto da Vetralla, « auquel conviendrait mieux le nom de destructeur et dissipateur de la mission que de supérieur et d’édificateur de cælle-ci ».
Le préfet est très autoritaire, capricieux, ne tenant aucun compte des conseils de tant de missionnaires, ne répondant pas à leurs lettres ni à leurs rapports. Il a quitté San-Salvador, résidence royale et centre de la mission, pour aller se cantonner à Loanda, où il a fait transporter le matériel de sacristie et les ornements d’autel de San-Salvador.
Il a ensuite essayé de retirer les missionnaires du royaume du Congo, mais s’est heurté à une opposition énergique du roi, qui n’a, paraît-il, pas voulu consentir à leur départ, ni recevoir des ordres en ce sens du roi de Portugal ou du gouverneur de l’Angola.
I] se montre également inhumain et cruel envers les pauvres missionnaires qui reviennent malades de leur poste et qu’il refuse de recevoir à Loanda pour refaire leur santé.
Les missionnaires jugent donc le P. Giacinto incapable de remplir honorablement les délicates fonctions dont il est chargé et supplient la Propagande de procéder à l’élection d’un nouveau préfet.
Royaume du Congo, 25 octobre 1656.
{La présente lettre nous indique encore un des motifs de l’échéc réservé aux anciennes missions congolaises : la mésintelligencé entre le préfet et ses subalternes. Il est, naturellement, presque impossible d'apprécier à leur juste valeur les accusations dont le P. Giacinto da Vetralla est ici l’objet de la part de ses collègues. Le reproche qu’on lui impute dé se montrer autoritaire et capricieux peut provenir de certains heurts, froissements ou absences de tact vis-à-vis de collègues plus anciens et déjà expérimentés. L'’accusation de vouloir abandonner la mission du Congo est plus grave. Elle a certainement un fond de vérité, car nous avons vu (f% 173 et suiv.) que le P. Giacinto, découragé par l'attitude du roi du Congo, avait songé à s’embarquer pour le Brésil et à laisser les missions du Congo à leur triste sort (1654-55). Toujours est-il que le P. Giacinto quitta le Congo en 1657 pour ne plus y revenir.]
Fos 235b et 237b. — Fra Antonio Romano demande à la Propagande quelques catéchismes en langue congolaise.
28 novembre 1661.
F0 237. — Fra Serafino da Cortona transmet une relation du royaume de Singa.
Massangano, 21 novembre 1656.
F9 239. — Lettre du P. Bernardino Ungaro à la Propagande au sujet de la retraite à Loanda du préfet de la mission, le P. Giacinto da Vetralla. Le P. Giacinto s’est éloigné par suite de quelques difficultés qu'il a eues avec le roi. Il a entraîné avec lui à Loanda un certain nombre de rnissiônnaires. [] transmet copie d’une lettre qui lui a été adressée par le préfet.
Bamba, 2 avril 1657.
{Probablement le {0 232, 10 octobre 1656.]
Fos 230b et 241a. — Lettre du procureur général des Capuains et de Fra Clemente de Maenza, qui supplient la Propagande de verser la somme nécessaire (600 écus au moins) pour le rachat de ce missionhaire fait prisonnier par les Turcs sur la côte d’Espagne et amené à Alger.
Alger, 20 juin 16617.
F0 242b. — Fra Giuseppe da Fanano et Fra Alberto Corso, empêchés de partir et retenus à Lisbonne par la difficulté d'obtenir des passeports, sollicitent la faveur d’être désignés pour la Géorgié du tout autre lieu que lAngola.
. Gênes, 28 février 1662.
F9 243. — Requête des membres noirs de la confrérie du Saint-Rosairé à Saint-Paul de Loanda, pour l'obtention de divers privilèges (procession le premier dimanche du mois, cimetière réservé aux confrères, indulgences spéciales pour la confrérie dé l’Angola).
28 juin 1658.
FO 244b. — Lettre de K. Sigismondo da Ferrara, vice-préfet, au sujet de la lenteur mise par la cour de Portugal à délivrer les passeports. Lisbonne, 20 novembre 1661.
F0 246b. — Lettre de Fra Giovanni Battista da Salesano à la Propagande, au sujet des obstacles suscités par la cour de Portugal, malgré la protection dont les entoure le ministre Pietro Fernandez da Montero.
Lisbonne, 7 septembre 1661.
F0 247b. — Copie d'une lettre de Pietro Fernandez Montero à la Propagande. Il explique les motifs que fait valoir la cour de Portugal en se montrant si réservée à l'égard des Capucins d’Angola. Elle trouve que ces missionnaires manquent parfois du tact et de la circonspection nécessaires et qu'ils suscitent des embarras au pouvoir temporel. Montero en donne deux exemples et ajoute qu’il vaudrait mieux nommer des évéques qui pourraient commander tant aux séculiers qu'aux réguliers. Mais il réserve ce droit à la couronne de Portugal. Le roi de Portugal préférerait, en outre, des religieux portugais.
Lisbonne, 4 février 1662.
F0 247. — Fra Vittorio da Pistoia demande à se rendre en mission au Congo.
Arezzo, 28 juillet 1658.
F0 249. — Fra Rocco di Genova, missionnaire en Sogno, demande à rentrer en Italie pour motif de santé. Le préfet Giacinto da Vetralla émet un.avis défavorable, affirmant que ce religieux est venu plutôt par curiosité que par zèle pour la conversion des âmes.
Sogno, 2 décembre 1655.
F9 249b.— Le P. Antonio Ardizoni, protecteur des missions à Lisbonne, fait connaître à la Propagande que la cour de Portugal a refusé les passeports à six missionnaires partant pour l’Angola. Il envoie immédiatement, pour traiter de ces affaires, le P. Théatin Gasparo della Crollalanza. Les ministres du roi ont motivé leur refus en alléguant que Sa Sainteté, si empressée à envoyer aux colonies des missionnaires évangéliques, manifestait peu de zèle dans la nomination d’évêques en ces
parages.
Lisbonne, 2 février 1662.
[A cette lettre était jointe la copie de la missive de Pietro Fernandez Montero au dit procureur, f0 247b.]
Fo 2516. — Lettre de Fra Gasparo Maria della Crollalanza au cardinal-secrétaire. Il lui annonce son arrivée prochaine à Rome et Jui fait savoir pour quel motif les missionnaires sont contraints de rentrer.
Gênes, 18 mars 1662.
Fo 235b. — Lettre de D. Antonio Ardizoni exposant en détail le confit survenu entre le Conseil d'Outremer et le Saint-Siège. Lisbonne, 2 février 1662.
Fo 257b. — Lettre de Fra Pietro da Dulceo, conseillant à la Propagande la nomination à Lisbonne de Fra Bonaventura da Taggia avec titre de préfet et en qualité de procureur, dont la principale charge serait de fournir aux missionnaires leurs passeports pour l’Angola et d'éviter ainsi de regrettables incidents. Il propose aussi de placer les missions d’Angola sous la protection expresse et directe du roi de Portugal.
Gênes, 22 avril 1862.
F0 261. — Lettre du P. Bernardino Ungaro à la Propagande. Il revient sur les faits et gestes du P. Giacinto da Vetralla et l’accuse derechef de vouloir abandonner la mission du Congo, de s’être retiré à Loanda avec une partie des missionnaires (il n’y en a plus que onze dans le royaume du Congo) et même d’avoir vendu le matériel appartenant à la mission du Congo. Il déclare qu'il n’abandonnera pas le pays de Bamba — où il est seul — sans un ordre formel de la Propagande.
Bamba, 15 mars 1657.
F° 262. — Note récapitulative de la Propagande sur les difficultés diplomatiques avec le Portugal.
Le 10 juin [1661] le P. Bernardino da Siena avise la Propagande de ce que, pour éviter des tracasseries administratives, il avait prêté serment avec ses cinq compagnons de ne pas être soumis au roi d'Espagne et de rester sujet fidèle du roi de Portugal. Il espérait pouvoir s’embarquer au bout de quelques jours, mais bientôt on les prévint de ce que la cour de Portugal ne laisserait plus passer les missionnaires si le Saint-Siège ne donnait satisfaction à ses réclamations relatives à la nomination d’évêques en ce pays.
Il a député à Rome Luigi di Fonseca, qu’il propose comme procureur à Lisbonne, chargé d’aplanir les difficultés renaissantes.
Il rapporte les démarches nombreuses faites par le P. Ardizoni, Théatin, dans le même but. Les Portugais se plaignent, en outre, parce que dans les Indes on a nommé des évêques étrangers. Quatorze missionnaires nouveaux arrivés depuis à Lisbonne ont été contraints de retourner à Gênes.
Fos 263 et suiv. — Lettre du P. Giacinto da Vetralla à la Propagande.
Après avoir retracé les circonstances dans lesquelles fut faite sa nomination, le P. Giacinto présente la requête suivante :
19 Etre déchargé de ses fonctions de préfet et rentrer, si l’on veut, dans les rangs comme simple soldat;
29 Désigner comme pasteur ou visiteur apostolique du Congo un
membre du clergé séculier d'Angola ou déléguer cette mission au chapitre de Lisbonne ;
3° Envoyer dix ou douze missionnaires nouveaux en spécifiant bien leurs privilèges et leurs droits respectifs d’évangélisation vis-à-vis du clergé séculier.
[Cette lettre date, sans doute, de la deuxième moitié de l’année 1657 et est postérieure au retour de Fra Giacinto en Europe. Son découragement ne pourrait être mieux décrit qu’en cette triple supplique qu’il présente à la Propagande.
S'il demande à être déchargé de ses fonctions de préfet, c’est à cause de la mésintelligence qui s’est glissée entre lui et ses collaborateurs (v. les lettres de Bernardino Ungaro).
S'il demande la nomination d’un visiteur apostolique dans le clergé séculier, c’est pour essayer d’aplanir les difficultés qui ont surgi entre les missionnaires et le clergé portugais soutenu indirectement par la cour de Portugal. Il ne doute plus que ces séculiers n'aient agi sous main sur l’esprit du roi du Congo et ne soient parvenus à l’indisposer contre les missionnaires. De là, un conflit entre le P. Giacinto et le roi. C’est alors que le P. Giacinto a songé à quitter le Congo.]
F0 2636. — Lettre de Fra Bernardino da Siena relative aux diffcultés de Lisbonne.
Lisbonne, 25 août 1661.
F0 269. — Lettre du même, même objet.
F9 265. — Requête de Fra Lorenzo da Lucca pour aller en mission au Congo. Sa vocation s’est révélée à la lecture de la conversion de la reine Ginga.
Florence, 15 août 1658.
F°S 265b et 2666. — Don Antonio Ardizoni, Théatin, annonce enfin le départ des six missionnaires pour Loanda.
Lisbonne, 13 novembre 1661.
Fos 267 et suiv. — Relation de la conversion de la reine Ginga, opérée par les soins de Fra Antonio Romano et décrite par Serafino da Cortona,
préfet de la mission du Congo.
Ginga, anciennement reine de l’Angola et de Dongo, maintenant souveraine de Matamba, a reçu au baptême le nom chrétien de Donna Anna Gonza.
Elle a lutté contre les Portugais pendant trente ans, de 1625 à 1655, a réussi, un jour, à tuer leur général, s’est emparée d’un noble seigneur portugais, lui a fait trancher la tête et s’est servie du crâne pour boire la « malafu ». Aussi, sa réputation de guerrière formidable la faisait-elle
redouter non seulement des blancs, mais des tribus indigènes qui avoisinaient son royaume, Car elle était anthropophage, sorcière et faisait scalper ses ennemis tués sur le champ de bataille.
Elle avait dans son armée des amazones auxquelles 1l était permis d’enfanter des enfants mâles; les filles étaient jetéesen pâture aux chiens.
Elle conservait et faisait adorer les ossements d’un de ses frères et lui offrait des sacrifices humains. Ces sacrifices étaient également offerts dans les cas de fléau, maladies, etc.
Elle avait été baptisée, parce qu'elle avait séjourné à Loanda, à la suite d’une guerre entre les Portugais et le roi de Dongo. Celui-ci avait promis au gouverneur d’Angola de payer la rançon de sa principale femme et de deux des sœurs de Ginga, prises dans un combat. Comme il ne s’exécutait pas, le gouverneur entra en colère contre le roi qui, craignant les suites de sa négligence, envoya Ginga Bande !en qualité d’ambassadrice à Loanda. C’est là qu'elle fut baptisée. Il s'en fallut de peu que le roi lui-même ne reçut le baptême. L'entreprise ne réussit pas sous un prétexte futile : une querelle de noms baptismaux. Les deux sœurs de Ginga furent baptisées et reçurent les noms de Donna Buonagratia et Donna Barbara au lieu de Sinlefungi et Cambo, leurs noms indigènes. Seulement, les velléités chrétiennes du roi de Dongo avaient indisposé contre lui les notables de son royaume. L’ambitieuse Ginga profita habilement de ces dispositions, excita les nobles à la rébellion et fit empoisonner le souverain. Son fils, âgé de neuf ans, lui succéda. Ginga n’hésita pas un instant à le faire jeter dans le Coanza pour s'assurer le pouvoir. C’est alors qu’elle commença sa longue lutte contre les Portugais. Elle ne recula devant eux que pas à pas, perdit le royaume de Dongo, qui fut confié à un de ses parents, rallié aux Portugais, s'empara de celui de Matamba et s’unit même avec les Hollandais.
Un jour, elle fit prisonniers deux missionnaires et un prêtre séculier [PP. Bonaventura de Corella et Francesco de Vias], les interrogea, s'enquit d'eux et de leur religion, les reçut avec bienveillance et les laissa retourner à San-Salvador avec une escorte. Elle écrivit plusieurs fois à Loanda et spécialement au P. Serafino da Cortona, pour s'informer de sa sœur Dona Barbara. Ce que voyant, le P. Giacinto da Vetralla demanda à Rome l'autorisation d'établir une nouvelle mission en son oyaume et désigna Serafino da Cortona comme préfet (1654). Malgré l'opposition du clergé séculier, le P. Antonio Romano partit avec cinq missionnaires, emmenant avec lui Dona Barbara pour la rendre à Ginga. I fut reçu avec bienveillance et écouté avec attention. La reine lui permit d’ériger à Banza, sa capitale, une église appelée S. Maria di Matamba. Elle fit cesser, après quelques hésitations, la cruelle coutume de mettre