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En fiote, Nzinga Mbandi Ngola

à mort les nouveau-nés; elle répudia ses nombreux maris, déclarant qu'elle voulait vivre désormais avec un seul, légitimement choisi; elle fit un discours à son peuple et l’exhorta à la monogamie; elle affirma enfin, qu'elle voulait faire son salut et pour cela ne plus prêter l'oreille aux conseils insidieux des sorciers diaboliques, qu’elle voulait vivre en paix avec le roi de Portugal et obéir aux ordres du Saint-Siège.

Le gouverneur d’Angola, apprenant cette conversion, envoya des cadeaux à la reine et fit prêcher publiquement sur ce sujet.

Quant à la cassette en argent où Ginga conservait les cendres de son frère, elle l’a fait transformer en lampadaire pour l’église.

Les succès de la prédication et de l’apostolat religieux dans le peuple ont été également fort importants. En l’espace de huit mois, Fra Antonio Romano a baptisé plus de trois mille personnes, en un seul jour cent cinq notables.

Et la renommée de cette éclatante conversion a pénétré si loin que le roi de Casange a demandé l'introduction des missionnaires en son pays et s’est fait baptiser avec vingt-huit de ses fils, tous d’âge assez avancé. Tous vont aussi journellement à l’école. Le roi de Dongo a, de son côté, invité les religieux à séjourner en son royaume.

Le potentat de la région de Libolo, Gunzambambi ! a écrit par trois fois au gouverneur de Loanda dans le même sens.

La conversion de Ginga a eu un retentissement extraordinaire en Por- . tugal.

On lattribue en partie à une aventure étrange dont fut le héros Ginga Mona ?, le principal capitaine de la reine. Il trouva, dans le butin qu'il avait conquis sur le chef Ovando *, un crucifix dont il ne sut que faire et qu'il abandonna en un endroit isolé. Pendant la nuit, le Christ lui apparut en songe et le menaça de sa colère s’il n’allait rechercher le précieux emblème. Ce que fit Ginga Mona. La reine, troublée à son tour par ce récit, n'eut plus qu’un désir : celui de voir à sa cour un des missionnaires du Christ.

[Cette longue notice date probablement de l’année 1656. Cf. f9 237 datant du 21 novembre 1656. Elle expose, assez pompeusement, le succès le plus brillant de la jeune mission. Nous sommes dans la période héroïque et favorable à l’expansion. Le style s’en ressent. Au point de vue critique, il faut faire la part de l’enthousiasme légèrement naïf de ce rapport. On peut révoquer en doute le discours fameux tenu par Ginga en pleine assemblée de son peuple et l’extraordinaire récit de Ginga Mona. Ginga apparaît, semble-t-il, comme une reine perfide et astucieuse, très ambitieuse et habile à exploiter

1. Gunzambamba, roi d’un village du même nom au Hako, 1003’ lat. S., 1593 long. E.

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