Province de Lubolo
Le roi de Sonzo a été lui-même converti récemment par le P. Luca da Caldanisetta, vice-préfet d’Angola !.
La reine Zincha et ses sujets manifestent également de bonnes dispositions, mais le manque de pionniers empêche de porter la foi en ces parages.
Divers chefs, vassaux des Portugais, seraient également disposés à la conversion.
[L'intérêt spécial de cette note réside dans la statistique qu'elle révèleen 1705. Nous voyons, en effet, que les missionnaires ont abandonné la Mission de Ginga, ouverte en 1653, faute de collaborateurs. L’enthousiasme des premières années paraît s'être singulièrement attiédi et la Propagande semble hésiter à poursuivre méthodiquement l’œuvre commencée. Il vaut la peine de faire remarquer que les missionnaires ont pénétré assez loin dans le bassin du Congo, dans Kwango d’une part, au delà du Stanley-Pool d'autre part.]
Fos 35-39. — Relation anonyme d’un missionnaire capucin de Massangano. (Elle est en latin.)
L'auteur de la relation raconte brièvement comment, après avoir terminé ses études, il résolut de se consacrer à l’œuvre des Missions du Congo. Il fut accepté et s’emabrqua, le 11 novembre 1711, à Gênes avec le P. Lorenzo da Luca, préfet, et deux autres missionnaires. IL arriva le 23 juin 1712 à Lisbonne, après diverses péripéties, reprit la mer le 23 septembre et arriva dans l’Angola le 20 février 1713. Il y fut reçu par le vice-préfet, le préfet Giovanni Francesco da Luca, et ses collègues, Angelo-Félice da Padova et Hieronimo da Bologna. Le lendemain, il reçut la visite de l’évêque. Il fut alors désigné pour la mission de Sogno, sous l'autorité de Fra Tommaso da Conversano.
Le potentat de Sogno ne tarda pas à manifester son hostilité contre les missionnaires. Il s’obstinait à vouloir baiser le missel après l'Évangile. le jour des Messes solennelles. Cette faveur lui avait été refusée, mais il se vengeait en tracassant les missionnaires. Il voulut, par exemple, empêcher deux nouveaux collaborateurs, les PP. Joseph da Torrano et Silvestro da Cassano, de pénétrer dans son territoire, s’ils ne lui promettaient formellement de rétablir l’ancienne coutume. Ceux-ci répondirent que l'affaire n’était pas de leur compétence. Le tyranneau s’acharna alors sur le missionnaire récalcitrant (l’auteur de la relation) et réussit à obtenir son rappel (février 1716).
A Sogno, celui-ci avait conféré 4,643 baptêmes et béni 24 mariages.
Revenu à Loanda, il fut, après cinq mois, dirigé sur Massangano. Les missions de la région de Loanda sont beaucoup moins fructueuses que
r. C'est le Nsonso, dans les environs du Stanley-Pool. Le royaume de Kungo est le Kwango (Ocango, Coango).
ARCHIVES CONGOLAISES 7x
celles du royaume du Congo, Sogno et Bamba. Les mœurs y sont relàchées, surtout à cause de l’exemple des laïcs et des prêtres séculiers qui ne sont pas irréprochables en ce point.
Il s'ensuit que ces prêtres séculiers ne jouissent pas de la confiance des indigènes et que ceux-ci s’imaginent parfois que le baptême qu’ils confèrent n’est pas valable.
Quant aux laïcs, ce sont souvent des marrans, expulsés de Lisbonne et
condamnés par le Saint-Office. Ils introduisent ici toutes sortes de vices et de superstitions.
Statistiques : à Loanda, l’auteur de la relation a conféré, seul, 5,757 baptêmes en trois ans et avec ses collaborateurs un total de 10,000; il a béni, seul, 104 mariages et en collaboration, 335 mariages en tout.
En Sogno, le P. Sylvestre da Cassano a administré, en trois ans,
14,000 fois le sacrement du baptême et 1,600 fois le sacrement de mariage.
F9 43. — Courte relation écrite par Fra Gabriele della Villa del Foro, et intitulée : Memoria per 1l buon Governo,e Progresso delle Mission: del Congo.
L'auteur énumère les nombreux obstacles que rencontre la Mission du Congo : longueur et difficultés du voyage, climat chaud, humide et malsain, vomissements continuels provoqués par les fièvres tropicales manque de vivres consistants. En un mot, il est presque impossible aux missionnaires européens de vivre en ces pays et d’y remplir les devoirs de leur apostolat.
Il propose, en conséquence, de faire venir à Rome et installer à la Propagande un certain nombre de jeunes gens indigènes qui paraissent les plus aptes à recevoir l'instruction et l’éducation requises pour les initier aux fonctions sacerdotales. |
Après leur ordination, ils retourneraient dans leur pays et y entreprendraient , à leur tour, l’évangélisation de leurs compatriotes. Sans date.
F0 45. — Le procureur des missions à Lisbonne demande à la Propa-
gande, les livres indispensables pour l'instruction des noirs : grammaires, catéchismes, etc.
F9 46. — Fra Filippo da Santa-Maria et Fra Giuseppe Maria da Monticelli sont désignés pour le Congo.
Sans date.
F95 47-40. — Requête des missionnaires du Congo pour obtenir divers
privilèges ecclésiastiques, leur permettant d'assurer plus solidement et plus régulièrement leur apostolat.
Vu l'étendue du pays et l'impossibilité de recourir sans cesse à la juridiction de l'évêque de Loanda, ils demandent : a) la faculté d'accorder des dispenses matrimoniales non tantum in solo Foro conscientiae, sed in utroque Foro ; b} la faculté de pouvoir administrer le sacrement de Confirmation, l’évêque de Loanda ne pouvant faire la visite de ces vastes territoires. |
La pièce est sans date. A la fin on précise le point de vue auquel se place le préfet du Congo au sujet des dispenses matrimoniales; la dispense est demandée in gradu affinitatis ex copulatione illicita non solum cum is qus convertuntur ad fidem.. sed etiam cum christianis vere natis.]
F5 51-52. — Recommandation pour le P. Maurizio da Villadeste, qui désire aller au Congo.
F0 54. — Le Procureur Général des Capucins présente Fra Giuseppe da Savona et Fra Egidio da Prezzo au lieu de Fra Michel-Angelo di Levante.
Fos 56 et 58. — Remarques du Procureur Général des Capucins au sujet du départ de plusieurs missionnaires pour le Congo.
F0 60. — Note mémoriale du secrétaire de la Propagande pour le matériel nécessaire au départ de plusieurs missionnaires.
F08 62-65. — Mesures proposées par Fra Eustachio da Ravenna pour consolider les missions religieuses au Congo. Il propose l'envoi d’un évêque et l'érection, à San-Salvador, d’un séminaire où l’on enseigneraït à cinquante ou soixante Jeunes gens les matières suivantes :
19 Les préceptes de la religion et de la morale chrétienne;
29 La langue latine;
3° Le portugais ou l'italien ;
4° Les rites et cérémonies de l'Église.
Lorsque leur instruction serait suffisante, ils seraient ordonnés prêtres et envoyés, en qualités de curés, dans leurs provinces respectives.
Le matériel nécessaire — et peu important — serait acquis aux frais de la Propagande (maison en bambou recouverte de paille, nourriture sommaire, vêtement).
Un évêque serait le bienvenu parmi les indigènes. Il devrait être capucin, Car les noirs estiment et vénèrent les missionnaires de cet ordre, parce qu'ils les savent désintéressés et uniquement préoccupés du salut des âmes.
Il n’est pas nécessaire qu'il soit versé dans les sciences spéculatives, mais qu’il soit homme pratique, prudent, positif et avisé.
Il faudrait réunir une seule région en les sept ou huit missionnaires capucins encore au Congo. L'auteur joint le plan d’un évêché modèle et d’un séminaire pour jeunes gens (95 83 et 84). (Voir fig. pp. 162 et 163.)
{L'idée de confier l’évangélisation du Congo à des prêtres indigènes entre
en vogue dès la seconde moitié du xvrie siècle, lorsqu'il appert que les capucins ne suffiront pas seuls à la tâche. La pièce date de 1706 environ.|
Fo 66. — Note de Fra Bernardino di Saluzzo, procureur général des capucins, proposant douze missionnaires pour le Congo.
Fos 68 et 70. — Notes du même, proposant de remplacer certains missionnaires empêchés par d’autres.
|Ces trois notes paraissent dater du commencement du xvir1e siècle, probablement de l’année 1705 ou 1706.]
F0 72. — Requêtes de missionnaires demandant à se rendre au Congo. F8 74 et 77. — Requêtes analogues.
F0 79. — Requête de Fra Francesco da Pavia, sollicitant différentes
faveurs : indulgence de l’autel privilégié, indulgence du Rosaire vivant, bénédiction pontificale à l’article de la mort, reliques de saint Antoine de Padoue et de saint Bonaventure, etc.
F0 86. — Fra Luca da Caldanisseta, vice-préfet des missions du Congo, demande : a) si les chrétiens du Congo, blancs ou noirs, peuvent vendre des esclavés aux hollandais hérétiques de Loanda ; b) siles missionnaires ont la faculté d'accorder la dispense matrimoniale au quatrième degré pour les blancs qui séjournent dans l’ Angola; c) si on ne pourrait étendre aux missions congolaises le privilège de la dispense ex copula illicita.
[ Pièce sans date. Probablement début du xvrie siècle. |
Fos 88-94. — Observations faites par Fra Fortunato da Bologna, prédicateur capucin, au sujet de la composition de l'Histoire des Missions du Congo et de l’Angola :
a) Fra Fortunato a examiné les registres de la Propagande et s'est aperçu de ce que les frères lais ne viennent pas assez en aide aux prêtres, sont négligents dans leur service, disposent trop librement des aumônes, enseignent parfois des propositions erronées en matière de foi. Ils devraient être interrogés soigneusement à la Propagande sur les motifs qu'ils invoquent pour aller en mission; un examen sérieux de leurs facultés physiques et mentales serait indispensable ;
b) Les missionnaires eux-mêmes s’embarquent sans connaître suffñisamment les méthodes d’évangélisation. Ils devraient séjourner quelque
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