Peut-être, D. Jorge da Guerra
dent les ordres de l’évêque du Congo. Ils espèrent, en outre, convertir un jour à la foi chrétienne le royaume de Loango.
4° Le royaume du Congo a pour capitale San-Salvador. Il compte environ deux millions et demi d'habitants. Le roi est élu par les chefs de Bamba, Batta, Sondi, Pemba, Pango, Sogno. L’ambition d’arriver au trône suscite, sans cesse entre ces tyranneaux des luttes meurtrières et fratricides. En huit ans, six rois ont passé sur le trône. Le dernier de ces tyrans s'appelait Don Pietro Sinbantambo. Le roi actuel règne sous le nom de D. Danielle L. I] y a trois frères Capucins et trois prêtresà San- Salvador (P. Filippo da Galesi, sac., P. Tomaso da Sestola, sac., F. Leonardo da Nardo, lai, le vicaire général du Congo, un chanoiïne dela cathédrale et un autre prêtre). Ce nombre est évidemment insuffisant.
Quant à l’auteur de la relation, il a été envoyé en mission dans le « Comté » de Sogno, qui commence au fleuve Embrisi et s’étend, sur l’espace de 25 lieues, jusqu'au grand fleuve Zaïre. Celui-ci, grand, large, profond, se termine à l'Océan, par une pointe, appelée, par les naturels, Punta del Patrone (Padrone, en souvenir de la colonne ou Padrao, plantée par Diego Câo, en 1482, à l'embouchure du Zaïre). Il est parsemé d'îles nombreuses, occupées presque toutes sur une longueur de 80 lieues par le comte de Sogno. Les principales s’appellent Zariamballa, Entea, Saluza, Boma !.
Ceux des indigènes qui habitent au sud du Zaïre sont généralement catholiques ; ceux qui avoisinent la rive nord du fleuve sont païens.
Le comte de Sogno fit de vives instances auprès du préfet du Congo, Fra Crisostomo da Genova, pour obtenir des missionnaires. Fra Giuseppe Maria da Busseto y fut envoyé avec le P. Placido da Gassino qui mourut, six mois après son arrivée dans le pays (1672). L'accueil a été enthousiaste.
Fra Giuseppe fait son possible pour organiser régulièrement les services religieux. Énumération des cérémonies : confessions et commu-
1. Voici, d’après Ravenstein, la liste des rois du Congo de cette époque d’anarchie :
Antonio I, Nevita a nkanga, fils de Garcia II, marquis de Kiwa, 1663-66.
Alvaro VIT, Nepanzu a masundu, 1666-67.
Pedro III, Nsukia ntamba e Mbula, 1667-76
Alvaro VIII, 1667-78.
Affonso III Affonso, 1667-60.
Garcia III, Nenganga mbemba, 1669-78.
Rafaël I, marquis de Mpemba, 1669-75.
Daniel de Guzman Nemiala nia gimbuilla (?}, 1678-80,
Pietro Sinbantambo s’identifie donc avec Pedro III Nsukia ntamba.
Suivant Ravenstein, Daniel de Guzman n’a commencé à régner qu’en 1678. Or, la relation de Busseto date de 1675 au plus tard.
1. Zariambala — Nzari Ambala, à l'embouchure du Congo, 12°9’ long-est, Entea et Saluza ne sont pas déterminés,
nions, récitation du rosaire, sermon le dimanche et aux grandes fêtes, cérémonies de la Semaïine-Sainte, processions solennelles, auxquelles assistent le chef et sa famille.
Le nombre des baptêmes, en trois ans, a été de quinze à seize mille. Il serait bien plus considérable encore, si les missionnaires étaient en plus grand nombre.
Les choses se sont gâtées à la mort de l’ancien chef. Le nouvel élu, un certain Don Pietro, s’est emparé, par violence, du pouvoir et a immédiatement manifesté son hostilité contre les missionnaires.
Le jour des funérailles du chef décédé, une partie des assistants a quitté la route habituelle de l’église pour en suivre une autre, jonchée de paille, de branchages, suivant les rites usités chez ces peuples. Il ne suivaient plus, de cette façon, la croix qui précédait le cortège.
Le P. Giuseppe-Maria s’est opposé, de tout son pouvoir, à cette fantaisie et, finalement, a protesté en public. Une émeute s’est déclarée. Le missionnaire n’a échappé que difficilement au danger. Quant aux indigènes, ils ont déserté l’église pendant deux dimanches consécutifs.
Quant au nouveau chef, il s'est incontinent signalé par des actes de tyrannie, prétendant empêcher les ministres de Dieu d’entendre les confessions sans son autorisation expresse, faisant enlever, en pleine église, et jeter en prison un interprète suspect d’être favorable aux missionnaires.
En présence de ces faits, le P. Giuseppe-Maria a voulu lancer l’excommunication contre le chef et ce n’est qu’à l'intervention de son frère que le conflit a pu s’aplanir.
Aun autre moment, le chef a tracassé les PP. Andrea da Buti et Tomaso da Sestola (Loanda), en leur réclamant, à cor et à cris, des prières pour la pluie, parce qu’une sécheresse constante empêchait les semailles. Des messes ont été dites dans ce but et, heureusement, l’eau s’est mise à tomber en abondance.
Le jour de Noël, il a réussi, avec la complicité des sorciers et féticheurs, à susciter une nouvelle émeute à la suite de laquelle tous les missionnaires ont été expulsés de Sogno.
Le P. Giuseppe-Maria n’en est pas moins rentré à Sogno, sur l’ordre du préfet Antonio de Montecucullo, et a recommencé son apostolat. Quant au chef indigne, il est mort dans une guerre civile suscitée par sa tyrannie.
L'auteur de la relation termine en exposant les ravages des maladies tropicales et de la mort dans les rangs des missions congolaises. Les missionnaires n’ont aucun secours médical d'aucune sorte, et n'ont pas à leur disposition les médicaments prophylactiques nécessaires.
En outre, les missoinnaires envoyés doivent être gens doctes et pru-
dents, les préfets doivent être fort expérimentés, pénétrés de zèle pour la justice, la vérité et le salut des âmes.
[Il paraît ressortir de la présente relation que le zèle des missionnaires est à toute épreuve et que leurs succès répondent, dans une certaine mesure, à la grandeur de leurs efforts. Toutefois, ils se heurtent dirait-on, à un obstacle presque insurmontable : l'influence des coutumes indigènes et la malveillance des sorciers ou féticheurs qui incarnent, en leur personne, le traditionalisme intransigeant. Parfois, lee missionnaires accordent peut-être une attention trop minime à ces habitudes ancrées profondément dans l’esprit de leurs catéchumènes. Le récit embarrassé des troubles provoqués aux funérailles du chef semble l’insinuer et les recommandations expresses de la fin laissent la même impression. \
Un obstacle non moins redoutable est celui du climat. L'état de la science médicale ne permettait pas aux coloniaux d’appliquer les rigoureuses méthodes d'hygiène et de médecine tropicale usitées aujourd’hui.|
F08 28-33. — Notice brève et précise sur la question d’ériger un évêché nouveau dans le royaume du Congo (probablement faite par le secrétaire de la Propagande).
Historique du fait : bref de Clément VIIT, translation de l’évêque de San-Salvador à Loanda, puis à Massangano, avec titre d’évêque d’Angola, érection de la mission des capucins, désignation d’un évêque in partibus, difficultés soulevées par le Portugal, etc.
… Les indigènes désirent vivement être dirigés par les évêques et manifestent grand zèle pour la foi catholique.
En 1624; le roi du Congo prête obéissance au pape Urbain VIII et, en 1628 |, embrasse la foi avec ses principaux sujets.
En 1648, Don Garzia, un de ses successeurs ? , envoie à Rome deux capucins pour prêter obéissance au Pape Innocent X, et demander des missionnaires en plus grand nombre.
En 1670, don Alvarez, demande encore des missionnaires à.
En 1689,même demande du roi d’Overio, d’Arda # et de l’île Annobon,
En 1694, les PP. Capucins annoncent qu’un roi du Bénin est disposé à embrasser la foi.
Le 22 juin 1705, une relation écrite par le P. Fernando da Firenze et résumée par le cardinal Sacripante, nous informe de ce que les indigènes
des royaumes de Kungo et de Sonzo, sont disposés à se convertir.
1. Ces dates sont certainement peu exactes. Ce serait sous Alvare VI (1636-38) que l’ambassade aurait été envoyée à Urbain VIII.