Indéterminé
11. L'auteur de la retation parle tantôt d’'Ingobella, tantôt d’Engobella. Il s’agit évidemment de Konko-a-bele (Concobella) au Stanley-Pool actuel.
OO 3 tin BR
Des limites du royaume du Congo, on passe dans le Lemba i, où commence le royaume de Bolla ? (40 lat. sud et 43 long. est). Là se sont réfugiés beaucoup de congolais, mécontents de voir les factions déchirer le royaume. Ils avaient élu comme chef D. Giov. Sciambantamba qui, massacré bientôt par les Mussilonghi $ fut remplacé par son fils. Celui-ci, bien que baptisé, vivait en idolâtre et recourait aux pratiques de sorcellerie. Les missionnaires, après l'avoir charitablement averti et tenté de le détourner de ses erreurs, l’accablèrent des censures ecclésiastiques habituelles. La Providence se chargea de confirmer les sévérités des missionnaires. En six mois, la sœur du roi, la plupart des notables, tous les conseillers royaux et plus de cinq mille hommes moururent. Les indigènes, frappés de ce prodige, s’amendèrent aussitôt et vécurent en chrétiens.
Les missionnaires ont également pénétré dans le royaume de Matamba (79 40° lat. sud et 43° long.), borné au nord par le royaume d’Angola, au sud par celui de Dongo, à l’est par le Congo et à l’ouest par celui de Ganghela 4. Son fleuve célèbre est le Coango qui vient du pays des Chigniacca ÿ, cannibales. Les Capucins avaient pu convertir la reine Ginga et établir des stations dans le pays. Mais des guerres continuelles entre indigènes et Portugais ont forcé les missionnaires à abandonner leurs postes. De temps à autre, ils paraissent dans le pays, quand les circonstances le permettent. Mais un seul voyage exige quinze à seize journées de traversée dans la forêt remplie de fauves, de reptiles et bêtes malfaisantes. Le poste portugais le plus proche est celui d'Embacca et le couvent de Caienda (à 150 lieues dans l’hinterland). Ce qui rend pénible la situation des missionnaires d'Afrique centrale, c'est le manque de vivres européens : pain, vin, huile. On ne peut utiliser les produits de la terre indigène, ni légumes, ni fruits. L’aliment commun en ces contrées est le pain de manioc qui a le goût de la châtaigne d’Italie (marron).
Le vin ordinaire est remplacé par le vin de palme, boisson douce, sucrée et singulièrement enivrante. Il n’en faut user qu'avec circonspection. La racine du manioc fournit, elle aussi, une boisson semblable à la bière, d’un goût acide. Elle s’altère assez rapidement.
L'eau ne possède pas tous les caractères requis de salubrité et ne doit se prendre qu'avec prudence. Les pluies ne tombent que deux fois par an, succédant aux deux périodes de grande chaleur (septembre-janvier, mars-mai). Elles sont accompagnées de violentes tornades. Les fleuves du pays, infectés de crocodiles, sont les suivants : Lelonda $, Embris ?,
. Lemba est au sud du Stanley-Pool actuel entre le Zaïre et la Ntsele. . Probablement Mbula sur la Nkisi (Bas-Congo actuel).
Les Musserongos.
. Benguelia.
. Les Jagas.
Lelunda.
. Mbiriji.
D be
] D'Un À Co
Logiei, Onzo, Lembra?, Coango, Umbaÿ, Dande, Béngo, Coanga, Locala 4 et, enfin, le Zaïre qui, d’une embouchure très vaste (sept lieues d’un bord à l’autre), contient plusieurs îles habitées mais insalubres.
Les habitants sont assez dociles, mais emportés par leurs passions et enclins aux superstitions. Les missionnaires combattent tant qu'ils peuvent ces deux vices, en multipliant les mariages et les cérémonies religieuses. Habiles à découvrir les herbes et les simples, les indigènes recourent trop fréquemment à la sorcellerie et attribuant les genres de toute maladie à l’action d’un poison, empoisonnent à leur tour le patient, sous prétexte de lui délivrer un antidote. C’est ainsi qu’ont péri les PP. Salvatore dal Lago, Giovanni-Battista da Malta, Fortunato da Biella, Michel da Turino et Giuseppe-Maria da Sestri.
Bref, l’insalubrité du climat, le défaut de ravitaillement, les fatigues des voyages, l'hostilité et l'ignorance des indigènes entravent singulièrement l’action des missionnaires. D'autre part, le clergé régulier qui administre certains postes, ne prête pas toujours aux capucins une collaboration désintéressée. Le P. Francesco da Pavia estime que la visite épiscopale produirait les plus heureux effets. Mais elle est gênée par les inconvénients signalés plus haut. Un seul évêque l’a tentée et y a laissé la vie.
[Cette précieuse relation nous montre que, dans les dernières années, les missionnaires ne s'étaient point bornés à maintenir leurs postes dans l’Angola. Mais ils ont résolument poussé vers le nord, franchi le fleuve Congo et remonté ses rives jusqu'aux premiers rapides. Ils ont donc exploré tout le Bas-Congo actuel et atteint le Loango. Du côté de l’est, ils semblent de plus en plus abandonner le Matamba qui comprenait une partie de notre district du Kwango.
Suit (f° 163), une statistique des baptêmes et des mariages administrés pendant les 28 dernières années (1672-1700).
Elle est malheureusement sujette à caution. Le P. da Pavia paraît s'être borné pour plusieurs missionnaires à des « chiffres ronds » (30,000 baptêmes, 50,000, 12,000) lorsque ses registres ne lui fournissaient pas des renseignements précis.
En outre, il ne distingue pas les baptêmes d’enfants de ceux des adultes, les baptêmes administrés à l’article de la mort de ceux qui sont vraiment dûs à la conversion. Il est impossible de connaître l'état d'instruction des catéchumènes au moment où ils ont reçu le baptême. ou contracté mariage.
Le P. da Pavia ne dit point non plus dans quelle partie de l’Angola et du Congo ont eu liez les conversions signalées ni dans quelles proportions.