AFFAIRE DE LA RUE TAVERNIKR
A ce moment il n'y avait pas de buée, ni d'humidité dans la malle. Les poils des animaux étaient très secs. Mais nous avons constaté qu'une sérosité sanguinolente s'était échappée de leur gueule. Elle avait été assez abondante pour donner lieu à une flaque sanguine sur le parquet où reposait la malle. La même constatation a été faite dans l'appartement de Matillon.
Le soir nous avons procédé à leur autopsie. Voici les résultats généraux :
Dans toute la région du cou traumatisée pour amener la strangulation, il y a des suffusions sanguines, les tissus sont fortement injectés par le sang, particulièrement la trachée. Les conjonctives présentent un piqueté hémorrhagique très accentué.
Le sang est fluide dans les deux ventricules. Pas de caillots.
U n'y a pas de taches de Tardieu sur le poumon, ni sur le cœur.
Les poumons sont congestionnés et présentent des plaques d'emphysème, qui se dissipent assez rapidement sous l'influence de la pression atmosphérique.
Dans la trachée, une mousse très fine qui tapisse les parois comme un duvet. |
Le 48mar« 4896, nous avons procédé à une nouvelle série d'expériences.
Nous avons pris deux chiens pesant 40 kil. Ils ont été introduits vivants dans la malle à 9 heures du matin. Nous avons pu estimer par leurs mouvements et leurs cris la période qui a précédé la mort. Ils ont vécu dans cet espace confiné de 3 heures à 3 heures 4/2 ; au bout de ce temps la mort fut constatée. Au moment de l'ouverture, voici les constatations qui furent faites.
Les parois de la malle étaient humides. Les poils des animaux présentaient un pareil degré d'humidité, qu'on pouvait facilement constater en passant la main à la surfacede leur corps.
H ne s'est pas échappé de sérosité sanguine par la gueule comme nous l'avons signalé dans l'expérience précédente.
Il y a relâchement des sphincters et rigidité cadavérique très accentuée.
L'air de la salle est phaud et la température des animaux est de :
A 4 heures du soir nous en pratiquons Pautopsie ; nous observons :
Quelques points hémorrhagiques sur les conjonctives. Taches (leTardieu en grand nombre sur toute la surface des poumons. Leur aspect est comme marbré.
Il y a aussi des erx^hymoses sur le diaphragme. Elles sont confluentes et revêtent la forme de nappes hémorrhagiques. Semis très accentué de taches punctiformes rosées sur le péricarde pariétal et viscéral.
Le foie pèse 560 grammes.
Sang liquide dans le cœur droit avec quelques ^ros caillots. Très peu de sang liquide dans le cœur gauche.
L^examen chimique du foie a donné les résultats suivants :
Glucose = 0,5976 7.
Glycogène = des traces.
Nous avons pris du sang dans le cœur d'un d** ces animaux, quatre heures après la mort, alors que lé cadavre de l'animal est encore très chaud et nous Tavons soumis à Poxamen spectroscopique. Le sang a été étendu dans un peu d'eau préalablement bouillieet examiné au spectroscope. Lespeclre observé présentait les deux bandes de l'oxyhémoglobine, mais l'espace laissé entre elles, au lieu d'être lumineux et net comme il Test dans le sang fortement oxygéné et comme cela s'était montré avec le sang de Badoil, était très sensiblement assombri.
DISCUSSION GÉNÉIALB
Les questions posées par M. le juge d'instruction sont les suivantes :
4* Quelle est la cause certaine ou la plus probable de la mort de Badoil ;
2* En déterminer l'heure la plus probable ;
3* L'txamendu cadavre et des vêtements, peut-il fournir par des blessures ou des traces suspectes des preuves de violences exercées ou des indications sur les conditions dans lesquelles le corps a été introduit dans la malle ;
4* La disposition des lieux et de la malle elle-même, les explications des inculpés et spécialement de la fille Piot rendentelles compte des faits scientifiquement constatés ou sont-elles nécessairement inadmissibles en tout ou en partie?