CONGRÈS DE MÉDECINE LÉGALE DE BRUXELLES
8. Un empoisonnement par les vapeurs de charbon est possible alors môme que la concentration des gaz n'est pas assez grande pour éteindre une lampe. Cet empoisonnement est également possible par le gaz d'éclairage sans que la concentration soit suffisante pour produire une explosion au contact d'un corps enflammé.
9. La saturation complète du sang par Toxyde de carbone n'est pas possible pendant la vie. On n'a jamais dépassé 79 à 80 p. 100.
iO. L'oxyde de carbone introduit par n'importe quelle voie, inhalation, injection intra-péritonéale ou sous-cutanée, a une action, cependant dans ces deux derniers cas l'action est moindre parce qu'on supprime le réflexe respiratoire (Marcacci).
li. La mort par Toxyde de carbone, contrairement à l'opinion généralement admise, n'est pas toujours accompagnée d'un abaissement de la température (observation personnelle, Posselt, Brestowsky, Marthen).
12. On a souvent observé la présence du sucre dans l'urine des intoxiqués par l'oxyde de carbone. Ce fait dépendrait du régime auquel l'animal a été soumis avant l'intoxication. La glycosurie apparaîtrait surtout après un régime carné (Straub).
13. L'oxyde de carbone n'agit pas uniquement par asphyxie en se fixant sur l'hémoglobine et empêchant ainsi l'apport de l'oxygène aux tissus, mais il a encore une action propre. Ce fait est prouvé :
a) Les symptômes de l'intoxication par l'oxyde de carbone diffèrent de ceux de l'asphyxie simple.
b) Des symptômes graves apparaissent déjà alors que le sang ne renferme pas encore assez de GO pour qu'on puisse les rattacher à l'asphyxie.
c) L'empoisonnement par GO laisse à sa suite des troubles profonds du côté du système nerveux ainsi que des troubles trophiques du côté de la peau et de l'intestin que l'on ne peut rattacher à l'asphyxie simple.
d) L'oxyde de carbone peut donner lieu à des empoisonnements chroniques caractérisés par une anémie globulaire accompagnée de troubles dans la nutrition générale.
14. Le diagnostic de l'empoisonnement par l'oxyde de carbone se base surtout sur l'examen spectroscopique et chimique du sang.
15. Les caractères du sang peuvent toutefois faire défaut lorsqu'à côté de GO l'air inspiré renferme un autre gaz toxique comme par exemple l'acide carbonique.
16. On ne connaît pas encore exactement le temps nécessaire pour voir disparaître le GO du sang. Pouchet a observé la présence de GO encore soixante heures après l'intoxication.
17. Le diagnostic différentiel entre l'empoisonnement par les vapeurs de charbon et le gaz d'éclairage est très difficile. L'analyse chimique pas plus que les altérations anatomo-pathologiques ne peuvent servir de critérium pour distinguer ces deux modes d'intoxication. Le diagnostic doit surtout se baser sur l'étude des circonstances concomitantes.