‹ Archives d'Anthropologie criminelleChapitre 3 sur 134 · AFFAIRE DE LA RUE TAVERNIER · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE LA RUE TAVERNIER

Vers six heures et demie, Bndoil qui était déchaussé s*est mis dans la malle.

Matillon et Elise Piot sont partis pour la Scala, d'où ils sont rentrés à minuit.

La malle était située dans la chambre à coucher près de la tête du Ht.

Le matin après le départ 'de Matillon, la fille Piot ayant vu en avant de la malle un liquide fortement rouge, sanglant, a ouvert celle-ci et a vu Badoil dont le corps était à bouchon ; ayant touché une de ses mains, elle l'a trouvée froide et voyant que la mort était certaine, elle a refermé le couvercle et est allée à Vaise chercher la femme Badoil. Celle-ci est venue 'avec un voisin qui nous dit que lorsquUI a soulevé le couvercle, il a vu une buée humide sur tout le corps « au-dessus des vêtements c'était comme'du givre, le corps était dans la position à bouchon la tête en bas. Les mains situées en avant près de la figure. Il y avait peu de rigidité. Lh face n*était pas violacée, mais humide par de Teâu ou de la sueur ».

Le D' Janiin crut aussi à cause de cette chaleur que la mort n'était pas encore survenue. Il nous dit que le cadavre était bien dans la position dont nous avons parlé. La face dirigée en bas, les jambes fléchies comme dans une position accroupie. Des mucosités sanguinolentes s'écoulaient par le nez. Lorsque le corps fut porté sur une table on s'aperçut de suite qu'on avait affaire à un cadavre. C'est M. Jamin qui pour pratiquer la respiration artificielle a déboutonné le sujet.

Dans la malle, il y avait une flaque de sang, qui s'était écoulé au dehors sans laisser de coagulum.

Nous avons vu à deux heures, le \1 févrîer,à la morgue le corps de Badoil. Il était dans la malle sur le dos. La face était pâle, la chemise déboutonnée, au cou des traces suspectes ; mais nous n'avons pas procédé à un examen plus complet, n'ayant pas encore reçu de réquisitoire.

Voici les questions qui nous ont été posées par le magistrat instructeur :

M. le professeur Lacassagne, médecin assermenté près les tribunaux de Lyon, est requis par nous aujourd'hui de procéder à l'examen et à l'autopsie du cadavre du nommé Badoil Etienne, revendeur, rue de l'Oiseleur il, que la fille Piot demeurant chez un sieur Matillon a représenté ce matin entre 8 et 9 heures renfermé dans sa malle, à la dame Badoil, au sieur Nugier et à M. le D' Jamin ; de rechercher tant sur le cadavre

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que sur les vêtements toutes blessures, toutes lésions, toutes taches ou traces suspectes quelconques; d*en déterminer Torigine la plus probable et les indications qui en résultent, soit au point de vue de la preuve de violences volontaires exercées sur Badoil, soit au point de vue des conditions dans lesquelles le corps a été introduit dans la malle ; de dire, eu égard à la disposition des lieux et à la malle elle-même, si les explications des inculpés, spécialement celles que fournit la fille Piot, rendent compte des faits scientifiquement constatés ou si elles sont nécessairement inadmissibles en tout ou en partie ; de procéder à toutes autres constatations, opérations, expériences propres à la manifestation de la vérité.

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