SUR LE CONGRÈS DE GENÈVE
par Zakrjwsky, Sénateur à Saint-Pétersbourg.
L'honorable président du IV' Congrès d'anthropologie criminelle, M. le docteur Ladame, dans son discours de clôture, a déclaré, entre autres, qu'on avait eu tort de discuter sur la dénomination d' « anthropologie criminelle » car tous ceux qui sont familiers avec les notions médicales n'ajoutent aucune importance à une question d'étiquette, puisqu'ils savent que dans la science les noms ne correspondent jamais complètement aux définitions des choses qu'ils représentent.
Cette intéressante affirmation, tendant à élablir qu'on pouvait tout de même garder un nom ne correspondant plus du tout à la conception de l'objet dénommé, visait évidemment mon rapport au Congrès sur les relalions du droit et de l'anthropologie. J'avais bien dit dans ce rapport que le plus gran>l nombre des théories émises sous la dénomination collective d'anthropologie criminelle avaient sombré définitivement sous les coups de la critique scientifique et du simple bons sens et que l'idée de confondre sous ce titre des disciplines spéciales et diverses (psychopathologie, sociologie, droit pénal), parce que ces disciplines poursuivent soi-disant le même but — la lutte contre le crime — ne pouvait contribuer ni à la facilité ni à la clarté des études. Les différentes sciences doivent s*entr*aider mutuellement à leurs points de contact. Mais une intégration désordonnée de leurs spécialités ne saurait être considérée comme un progrès de méthode scientifique. C'est bien plutôt un relour en arrière.
En exprimant ces idées je ne soulevais pas seulement une question de forme et je ne m'occupais pas du tout d'étiquette, mais j'agitais une question de fond. J'avais en vue tout l'ensemble des doctrines de la nouvelle école, dite école positive,