J. BOYER
D' H. Leblais. — De la puberté dans rhémiplégie spasmodique
infantile
hauteur, inspiré parBourneviile, a étudié la puberté des enfants atteints d'hémiplégie spasmodique, et en particulier Tinfluence qu'elle exerce sur le développement des testicules, des mamelles et du système pileux. On sait que Thémiplégie infantile outre ses troubles moteurs, paralytiques ou convulsifs, peut déterminer du côté malade uo arrêt de développement du tronc, du bassin, du rachis, de Fatrophîe musculaire. Il était intéressant de rechercher au point de vue symptomatique ou doctrinal quelle pouvait être Taction d'une lésion cérébrale contractée dans l'enfance sur les fonctions nouvelles mises enjeu par la puberté et sur leurs instruments organiques. Tandis que chez les idiots ou les crétins, l'arrêt de développement est général, chez les hémiplégiques infantiles, le trouble trophique ne porte que sur un côté, et Bourneville a pu voir le testicule plus petit du côté paralysé dans un quart des cas. Exceptionnellement le testicule correspondant à rhémiplégie est plus gros.
La mamelle ne paraît pas subir au même titre que le testicule le retentissement des lésions cérébrales de l'enfance. Dans un cas, on a constaté une hypertrophie de la mamelle du côté paralysé. L'atrophie n'a jamais été constatée. Les filles sont réglées un peu moins tôt dans l'hémiplégie infantile. Quant au système pileux, il se fait normalement chez les uns ; chez les autres, et c'est le cas le plus fréquent, les poilssont moins abondants du côté paralysé que ducôtésain. Ailleurs, et c'est l'exception, c'est du côté paralysé que le système pileux est le plus développé.
Souvent l'abondance des poils obéit à la loi de rallernance. Ger-
laines régions sont plus fournies du côlé hémiplégique, d'aulres du côlé sain,
La puberté exerce sur Vétat moral et intellectuel des enfants hémiplégiques une action différente chez les garçons et les filles. Chez les garçons, elle produit plus volontiers une amélioration des facultés et ne tend pas à réveiller ou à renforcer répilepsie,chez les filles, Tépilepsie naît à l'époque où s'établit la menstruation ou si elle existait antérieurement, elle augmente d'intensité et de fréquence.
Cette étude est basée sur l'examen de quinze observations annexées aux conclusions de l'auteur et présentant des examens et des mensurations nombreux, renouvelés pendant plusieurs années.
Elle met en lumière ce fait intéressant que les lésions, qui frappant le cerveau de l'enfant exercent une action d'arrêt sur le développement musculaire, osseux d'une moitié du corps, ont une influence peu marquée sur la puberté et les changements d'ordre local ou général qui raccompagnent.
D' Léonard Sperk. — Œuvres complètes. — Syphilis, prostittition, études médicales diverses, avec une préface du D'^ Lance^ reaux. Paris, 1896, 2 vol.
L'écrivain, dont MM. Oelsnitz (de Nice) et de Kervilly (de Paris) viennent de traduire du russe les œuvres complètes, a commencé sa carrière médicale au fond de la Sibérie orientale, dans la province de TAmour, pour la terminer au plus haut de l'échelle, à Saint-Péterssbourg, comme directeur de l'Institut de médecine expérimentale, qui est rinstitut Pasteur de Russie. Et si le nom de Sperk n'a pas conquis une notoriété européenne, comme ceux des chefs des sections de cet Institut, cela tient, précisément, à ce que ce travailleur distingué a passé sa vie loin des foyers universitaires qui semblent nécessaires pour arriver a la célébrité.
M. Lancereaux a magistralement résumé, dans sa préface, les mérites de ce savant : « De môme que les médecins français, en Afrique, reconnurent dans la lèpre kabyle les manifestations de la syphilis, de même, le docteur Sperk parvint, dans la Sibérie septentrionale et dans le Kamtchatka, à démontrer que la prétendue lèpre de ces pays n'était qu'une syphilis modifiée par des conditions particulières. » D'une part, les contrées très éloignées de la métropole n'oflfreot que les manifestations de la syphilis héréditaire, alors que les colonies a population dense, lorsqu'il existe des moyens de communication rapide, présentent des cas typiques de chancre infectant. D'autre
pari, le remplacement du port d'Okhotsk par celui de Petropaolovsk fait changer eotièremenl la forme des manifestations syphilitiques de la première de ces villes, en amenant la disparition presque totale du chancre, et la transmission par hérédité plutôt que par contagion.
En ce qni concerne la prophylaxie et le traitement de la syphilis, Sperk, en se basant sur ses observations personnelles, a émis un certain nombre de propositions aujourd'hui classiques de par les efforts des sy philigraphes d'Europe et quelques remarques qui ne sont pas encore universellement acceptées. Une de ces remarques faite également par M. Lancereaux est celle-ci : la doctrine du mercurialismc aussi bien que celle de Tanti-mercurialisme est erronée. Le traitement opposé jusqu'ici à la syphilis s'attaque uniquement aux manifestations locales, il ne touche pas a la maladie générale et, partant, son application est subordonnée à l'existence de ces manifestations ; d*oii l'importance de l'hygiène générale et du régime alimentaire pour combattre, autant que possible, la maladie elle-même.
Dans un pays comme la Russie, il était important, il y a trente ans, époque à laquelle remontent ces éludes, de prêcher que la syphilis n'est pas un crime, mais une maladie et que la femme syphilitique doit être non pas punie, mais traitée. Sperk insiste surtout sur la contagiosité des accidents secondaires et préconise, à côté des maisons ordinaires, d'autres maisons destinées aux individus manifestement syphilitiques, dont les pensionnaires seraient des femmes antérieurement syphilisées.
Parmi les autres études médicales de l'auteur, citons celles qui se rapportent à des questions ethnographiques et de géographie médicale. C'est ainsi qu'il montre la fréquence, dans la province d'Okhotsk où la nourriture est surtout animale, de la typhlite avec péritonite consécutive, tandis que, dans la province de l'Amour, où le degré de latitude permet une nourriture plus végétale, où les oscillations de température sont plus considérables, les affections du gros intestin et du rectum prédominent.
L'auteur a vu que l'extension du paludisme marche de pair avec la distribution géographique des céréales et il croit que les conditions favorables au développement des cryptogames de la malaria sont aussi celles qui permettent la croissance des céréales, entre autres une température moyenne de 9"* à 10*. Il a vu aussi que les lavages des terrains pour l'exploitation des gisements d'or provoquaient souvent des épidémies de fièvres intermittentes.
Au moment où la maladie est au déclin, fin juin, débute la dysenterie^ qui atteint son maximum au moment des plus fortes chaleurs*
tSÛ KEVtE DÈS JoCtiNAtlX Et SOCIÉTÉS SAVANtËS
Celle-ci disparue, en août ou en septembre, la maladie réapparaît. La dysenterie n'est due ni aux fruits corrompus, car dans la Sibérie orientale la culture des arbres fruitiers est impossible, ni à la décomposition des eaux potables par des matières animales, car au début de la colonisation de TAmour, la dysenterie sévissait autant qu'aujourd'hui dans ce pays ; c'est donc, probablement, une maladie miasmatique.
Le choléra n'a jamais existé dans la Sibérie orientale, la fièvre typhoïde y est rare, le typhus pétéchial est plus fréquent et est toujours importé par des conscrits ou par des condamnés à la déportation.
L'érysipèle et la péritonite prennent souvent un caractère épidémique dans le nord-est de la Sibérie.
Une forte inclinaison du bassin oblige les femmes iakoutes d'accoucher à genoux.
La structure particulière de la paupière supérieure chez les Toungouses leur occasionne Tectropion auquel elles sont souvent sujettes dans la vieillesse.
Nous ne pouvons pas, dans une rapide analyse, énumérer les autres questions dont s'est occupé cet esprit réfléchi, études sur l'application de l'électricité au traitement des malades, études bactériologiques au début de l'ère pastorienne. Nous sommes obligé de renvoyer le lecteur curieux et le bibliophile à la lecture de l'original, aujourd'hui accessible au lecteur français.
H. Frenkel.
Société de médecine légale.
9 novembre 1896.
l'assistance hospitalière et le secret professionnel
M. Lefuel donne lecture d'un rapport sur un travail de M, Àduteau, relatif à cette importante question^ En substance, l'auteur soutient qu'il y a solidarité entre les administrateurs, directeurs, médecins, internes et infirmiers des hôpitaux, que les mêmes motifs commandent la discrétion aux uns et aux autres, puisque tous sont, en quelque sorte, des confidents nécessaires.
M. Muteau fait ensuite aux difi'érentes questions qu'on peut se poser à se sujet, les réponses suivantes :
tlKVtB DfiS JOURNAUX Et SOC:i^ÉS SAVaNTËS ââ3
<• Uadminialraiion hospitalière est-elle tenue au secret envers les père et mère d'un mineur admis dafis ses services f Oui.
V Le décès de la personne hospitalisée dégageât-il V administration du secret professionnel f Non, car le secret du défunt peut ne pas lui appartenir tout entier.
3* Un médecin^ mandé auprès d^un malade, reconnaît les symptômes d'un empoisonnement que ne soupçonne pas le patient. Que doit-il faire f
Conformément à l'article 30 du Code d'instruction criminelle, il est obligé de donner avis au parquet de laUenlat qu'il a découvert, parce que, dans la circonstance, il est témoin de visu, comme le devient un expert par sa vérification, et qu'il n'est que témoin.
4* Si le malade lui-même Pavait informé de r empoisonnement et lui en avait détei^miné Vauteur, quelle serait la conduite à suivre f
11 ne doit rien révéler, car, dans ce cas, c'est par une confidence qu'il a appris le crime et le nom du coupable. Mais, en revanche, il a le devoir de protéger la victime et de la sauver s'il en est temps encore, soit en la déplaçant, soit en lui assurant la surveillance d'une personne rendue défiante.
5* Que faire si r empoisonneur, pris de remords, après avoir avoué au médecin, lui amène, soit chez lui, soit à l'hôpital, la personne qu'il a voulu faire périr f
L'accusation de l'empoisonnement devra rester secrète ; mais le médecin est tenu de dénoncer le crime conformément à l'article 30 du Code d'instruction criminelle.
6* Que doit faire un médecin qui constate par lui-même qu'un enfant a été Vobjet de sévices f
Comme rien ne lui a été confié, il n'a rien à dissimuler. Il est même, au contraire, obligé d'instruire les parents et, s'il y a lieu, le procareur de la République.
?• Si les parents conduisent eux-mêmes au médecin le mineur victime de leurs violences et confessent leur brutalité, quelle sera la conduite du médecin f
11 devra ne rien révéler à la justice.
8* Une fille, sur laquelle ont été pratiquées des manœuvres abortives, recourt à un médecin ; celui-ci devra-t-il garder le silence f Oui.
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iai i^EVtE t)Ès JothNAfck Et sociétés saVaN*^^
9* La victime fait connaître elle-même au médecin le nom de td personne qui a pratiqué ces manœuvres aborlives; faudra-i-il aviser le parquet f Non.
40* Le médecin qui, appelé par une femme qui a accouché clandestinemeni, la soupçonne d'avoir tué son enfant, doit-il faire pari de ses doutes au parquet ?
Non, mais il en serait différemment s'il apprenait, autrement que par sa cliente, qu'un infanticide a été commis. 11 devrait aloi-s déclarer le crime, mais sans nommer celle qui lui a livré le secret de sa grossesse et de son accouchement.
\\* Pour sauver un innocent, le médecin peut-il dénoncer le coupable?
Il devra tout faire pour prévenir une erreur judiciaire; il devra se poser franchement comme témoin à décharge.
12' Comment doivent être déclarées les naissances pour satisfaire à la fois aux règles tracées par le Code civil et aux principes que sauvegarde P article 378 du Code pénal ?
Lorsque la révélation du lieu de Taccouchement peut conduire à la découverte du nom de la mère, le médecin, s'il n'a connu la filiation que dans des circonstances exceptionnelles de leur nature, ou si le secret lui a élé demandé, n'a pas à faire les énonciations prévues par l'article 57 du Code civil. Il doit seulement affirmer à l'officier de l'élat civil, en lui présentant l'enfant, que ledit enfant, né tel jour, à telle heure et ayant reçu tels prénoms, est né dans la circonscription pour laquelle est compétent l'officier de l'état civil.
13* Pour l'aliénée, qui accouche dans un asile, le directeur est en droit, en déclarant la naissance, de taire le nom de la mère et le lieu de la naissance.
44** Lorsqu'un crime révélé par l'examen médical est signalé à r a d7ninist ration hospitalière, celle-ci peut ou le dénoncer ellemême au procureur de la République ou laisser ce soin au médecin ayant fait la constatation.
15* L'administration hospitalière {y comptas C inspecteur de V Assistance publique) est obligée au silence sur tout ce qui doit être réputé confidentiel : registres^ nature des maladies, indications des services, etc.
16* Certificats médicaux. — Le chef du service ne peut pas refuser un certificat à la victime d'un accident, mais il ne doit pas en délivrer à un tiers ou à la justice au cours d'une instance.
HEVne DES JOURNAUX ET SOCIÉTÉS SAVANTES 23o
<?• Comment concilier ^ au point de i>ue du secret professionnel^ le rôle du médecin ordinaire avec celui du médecin chargé de vérifier les décès ^
Le médeoin accrédiie les plus graves soupçoos s*il n'accorde pas le permis d'îohuiner. S*il le donne, il favorise le crime au détriment de la sécurité sociale. 11 est placé entre son devoir et sa conscience ; quoi qu'il fasse, il faillira. Entre deu\ fautes, il faut choisir la moindre. L'obligation primant toutes les autres est c^lle que l'article 378 impose au confldent légal.
PHÊNOXÈNES d'intox I€àTIOI<î PAR UN NOUVEL AGENT MTDRIATIQUE, LA
SCOPOLAXINE.
M, Valude, La scopolamine est douée d'une action physiologique très analogue à celle de l'atropine ; elle dilate fortement la pupille, tarit les sécrétions, etc. Son emploi est de mise toutes les fois que Tatropine est contre-indiquée, c'est-à-dire chez les malades capables de présenter des accidents glaucomateux.
L'auteur relate un cas d'empoisonnement survenu à la suite de l'instillation, à deux reprises, de trois gouttes d'une solution renfermant un gramme de bromhydrate de scopotamine pour deux cents grammes d'eau.
Il s^agît d'une femme âgée de soixante-cinq ans, à laquelle M. Valude avait fait des instillations pour combattre des synéchies bilatérales. Ce traitement eut d'abord pour résultat de déterminer une dilatation pupillaire très suffisante. Mais, le soir même, à la suite de la seconde instillation, la malade fut subitement prise de vertiges intenses, d'idées délirantes; elle se mit à parler avec volubilité et à proférer des phrases incohérentes et des mots sans aucune suite. On fut obligé de la coucher ; elle ne reconnaissait plus les personnes de son entourage.
Le lendemain, le délire avait disparu : cette dame avait recouvré toute sa connaissance, mais elle conservait une certaine volubilité de langage qui ne lui était pas habituelle : son visage était un peu vultueux, les yeux très brillants et la bouche sèche.
M. Valude ayant demandé à examiner le collyre dont il s'était servi pour ces instillations, il lui fut facile de constater qu'il avait été bien préparé et qu.'il contenait la dose de scopolamine par lui prescrite.
L'auteur eut alors l'idée d'employer la môme dose de bromhydrate de scopolamine sur quatre malades de son service des Quinze-Vingts,
236 REVUB DBS JOURNAUX ET SOCIÉTÉS SAVANTES
qui supportèrent ces instillations sans présenter aucun phénomène d'intoxication.
La personne, si facilement intoxiquée, étant très nerveuse et ayant eu autrefois des attaques d'hystérie, M. Valude conclut en supposant que cette intolérance, inexplicable pour un médicament si *bien supporté jusqu'ici par tous ses malades, doit être mise sur le compte d'une susceptibilité nerveuse exceptionnelle.
EMPOISONNEMENT PAR INGESTION d'uN UNIMENT COMPOSÉ DE CHLOROFORME, JUSQUUME, RELLADONB, DATURA ET OPIUM.
M, Motiet donne lecture d'une observation adressée à la Société par M. Crrasaet (de Riom) et relative à une femme âgée de soixantesept ans, cardiopathe, à laquelle on avait prescrit: 4* un vésicatoire ; 2^ un purgatif composé de : eau-de-vie allemande, 18 grammes; sirop de nerprun, 5 grammes ; eau de fleur d'oranger, 35 grammes ; 3* une potion renfermant : teinture de digitale, 4 gramme; caféine, 4 gram. ; sirop de pointes d'asperges et eau distillée.
Or, le pharmacie n étant absent, cette prescription fut exécutée par sa femme, qui avait l'habitude de l'aider dans l'exercice de sa profession.
Après avoir absorbé la potion sus-mentionnée, la malade ne tarda pas à ressentir de violentes coliques, et ne tarda pas à être prise de somnolence ; elle tomba bientôt dans le coma et finit par succomber.
Une enquête fut ordonnée; elle démontra que le mari de la malade s'était trompé et avait emporté, au lieu de la potion, un flacon muni d'une étiquette rouge avec la mention : médicament pour F usage externe. Or, ce liminent avaitété préparé suivant la formule suivante: chloroforme, 20 grammes, extrait de belladone, de datura, de jusquiame et d'opium, de chaque 4 gramme, glycérine, 400 grammes.
L'autopsie de la personne empoisonnée révéla les lésions suivantes : muqueuse du duodénum fortement congestionnée et plissée ; estomac considérablement dilaté avec une muqueuse très hyperhémiée au niveau de la grande courbure; foie noir; reins petits et noirs; insuffisance tricuspidienne.
Le pharmacien fut condamné à 30 francs d'amende pour homicide par imprudence.
La Société de médecine légale reconnaît à l'unanimité des membres présents :
k^ Qu'un pharmacien n'a pas le droit d'exécuter une préparation magistrale sans ordonnance du médecin ;
if* Que led préparatioDS renfermant une substance toxique doivent être conservées en lieu sûr.
La Société décide enfin que M. Yvon sera chargé de rédiger un rapport sur ces deux questions.
J. Barozzu
Société de médecine légale
7 février 1897.
A PROPOS DE LA TRANSMISSION DE LA SYPHILIS A LA NOURRICE PAR LE NOURRISSON
M. Motet, — Il s*agit d'une femme saine allaitant un enfant issu de parents syphilitiques, mais ne présentant lui-même, au moment où il fut confié aux soins de la nourrice, aucune lésion appréciable de vérole. Au bout de quelque temps, cette nourrice eut un chancre au sein droit, qu'un médecin consulté affirma lui avoir étécommu- Dtqué par son nourrisson atteint de syphilis héréditaire ; ce nourrisson netarda pas à succomber; mais la nourrice s'aperçut alors qu'elle avait transmis son mal à son mari et à son propre enfant; ce dernier mourut également ; la mère, de douleur, se donna la mort en se précipitant par la fenêtre.
Saisie de cette affaire, la Cour de Paris rendit un arrêt, le 27 novembre 1896, par lequel elle déboutait le mari de la nourrice des fins de sa plainte en dommages-intérêts, en se basant sur les considérants suivants :
1* Que l'enfant X... n'était porteur, au moment où il fut confié à la nourrice, d'aucune maladie contagieuse ; 2* que Texamen, pratiqué par l'expert sur le père de l'enfant incriminé et sur la femme de celuici, n'avait permis de constater, sur ces deux personnes, ni signe de syphilis récente, ni vestiges de syphilis ancienne ; 3* que le mari de la nourrice était incapable de prouver cette transmission.
M. Motet donne ensuite lecture du rapport de M. Fournier, désigné comme expert, et qui affirmait les faits suivants : 1* que la syphilis de la nourrice était acquise ; 2* que la syphilis de Tenfant de cette nourrice était également acquise ; 3^ que le mari de la nourrice avait contracté cette maladie de sa femme ; 4* que le père et la mère de l'enfant contaminateur étaient, il est vrai, indemnes de toute trace de vérole an moment de l'examen, mais que cette absence de lésions syphilitiques ne prouvait rien, attendu que l'examen de l'expert avait été pratiqué en juin 1896, tandis que la conception de l'enfant s'était effectuée au mois d'octobre 1896.
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M. Fournier terminait son rapport, en admettant de deux choses Tune : 1* ou bien les parents savaient que leur enfant était capable d'infecter sa nourrice, et dans ce cas, leur culpabilité ne laisse pas déplace au doute; 2® ou bien, ils ignoraient cette possibilité, et dans ce cas, ils ont commis la faute de Vignorer,
M. Constant estime que les géniteurs d'un enfant hérédo-syphilitique doivent toujours être considérés comme responsables du dommage causé par cet enfant, attendu que Tabsence des lésions apparentes chez l'enfant, au moment de la mise en nourrice, chez les pareftts au moijneni d'un examen parfois trop tardif ne prouvent en aucune façon, que ces sujets sont désormais incapables de transmettre la maladie et qu'ils ne l'ont pas transmise.
MM. Socquet et Jacoby partagent l'opinion de M. Ck)nstant.
APPLICATION DE LA BACTÉRIOLOGIE A LA MÉDECINE LÉGALE A PROPOS d'u NE INTOXICATION PAR DES VIANDES AVARIÉES.
M. Pouchet, — Chargé de faire une expertise sur des viandes de porc avariées qu'on accusait d'avoir été le point de départ d'une épidémie de pseudo-cholérine, dans une petite localité du Nord, l'auteur eut l'idée de demander à la bactériologie la solution du problème que la toxicologie avait été impuissante à résoudre. En effet, les cultures obtenues avec les selles des malades donnèrent des bactéries spécifiques du hog-choléra, ou pneumo-entérite du porc.
M. Pouchet fait remarquer à la Société que c'est peut-être la première fois que la bactériologie est appelée à trancher la difficulté d'une expertise médico-légale.
Barozzi
Société de médecine légale
Séance du 8 mars 1S97
DE L*AMNésiE RÉTROGRADE DANS l'ÉPILEPSIE
M. Séglas, — Les variations de Tamnésie épileptique ont été relativement peu étudiées ; on se borne généralement à dire que cette amnésie peut être totale on incomplète ; on ajoute qu'elle accompagne la phase épileptique et cesse avec elle. Cette dernière affirmation est sans doute exacte dans la majorité des cas, mais il est des faits où Tamnésie présente un caractère rétrograde.
J'ai pu observer récemment deux épileptiques, un jeune homme do vingt-huit ans, une femme de cinquanle-huit ans, qui ont présente
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tous deux, consécutivement à une crise épileptique, une amnésie rétrograde des plus nettes. Ils avaient perdu complètement le souvenir des actes qu'ils avaient accomplis délibérément quelques heures avant la crise ; cette amnésie persista durant plusieurs jours.
Cette amnésie rétrograde vraie doit être distinguée des amnésies rétrogrades fausses se rattachant au délire ou au vertige qui précèdent la phase épileptique, à la confusion mentale post-épi leptique ou dépendant d'autres facteurs, tels que Talcool et le traumatisme.
Cette manifestation ne semble pas fréquente, peut-être parce qu'elle est méconnue ; en tous cas, elle comporte un intérêt médicolégal indubitable. Un épileptique peut avoir commis un acte délictueux ou un crime en dehors de tout phénomène comitial, délit ou crime dont il pourra perdre le souvenir ; or, comme un pareil acte aura été exécuté sans Tautomatisme ou l'impulsion caractéristiques de l'acte épileptique, on pourrait croire que le prévenu simule l'amnésie.
M. Charpentiei\ — Une amnésie rétrograde du même genre peut accompagner l'éclampsie des femmes enceintes. Cette amnésie, parfois si complète que les malades oublient qu'elles ont accouché, peut persister sLx à huit joui's après la crise éclamptique.
NÉCROLOGIE
M. le docteur R.-M. Denig, ancien professeur de médecine légale au Starling Médical Collège de Columbus.
— M. le docteur Léon Halban, professeur émérite de médecine légale à la Faculté de médecine de Cracovie.