AFFAIRE DE LA RUE TAVERN1BR
pureté : entre les deux bandes notamment, le spectre était très éclatant. Sous Tinfluence d'un agent réducteur, le sulfhydrate d'ammoniaque, les deux bandes d'absorption ont disparu pour Caire place à la bande unique de Stokes (hémoglobine réduite) absolument comme cela se voit dans le sang ordinaire. Nous ne pouvons tirer de ces recherches qu'une présomption contre une mort lente dans un espace clos. Il est évident qu'une démonstration de ce genre n'aurait de valeur précise que si nous avions pu recueillir une quantité suffisante de sang pour en doser les quantités d'oxygène et d'acide carbonique.
BXAMBN DE MATiLLOK (W février 4896)
Sur la réquisition de M. Benoist, en date du 49 février, ai examiné le lendemain à la prison Saint-Paul, puis dans le cabinet de M. le juge d'instruction, le nommé Matilion J.-F., inculpé d'assassinat, détenu, dire s'il porte des traces quelconques de violence, ou de lutte pouvant remonter au 46 de ce mois.
I. — Nous avons trouvé sur le bras droit, à trois travers de doigt du bord externe de l'aisselle, diverses ecchymoses. La première en raquette a un diamètre de 0,035 mm. etsaqueue a environ 0,04 cent. 4/2. Elle est composée d'une série de petites ecchymoses d'un rouge carmin limité par une auréole jaunâtre. Ëlleest située sur le côté interne du biceps à 0,02 cent, de la ligne médiane.
Une deuxième se trouve séparée de la première par un espace de 0,042 mm. : elle a 0,008 mm, et présente une teinte cuivrée.
En dehors de celle-ci et à une distance de 0,02 cent., on en voit une troisième, constituée par une légère empreinte de la grosseur d'une lentille sans caractère précis.
La peau est fine, très vasculaire. Au moindre traumatisme, Matilion nous dit qu'il voit apparaître une ecchymose.
Il s'est pincé 1 j matin du jour de notre examen au biceps gauche et déjà nous voyons une teinte brunâtre des téguments à cet endroit.
11 prétend que les ecchymoses que nous avons constatées sont dues à des pinçons que sa maîtresse lui aurait faits, il y a
un an, nous disait-il d'abord. Puis, sur noire affirmation que cela était impossible, il a prétendu que l'ecchymose datait de quelques mois, et enfin devant notre refus d'admettre un début aussi éloigné, il nous a dit qu'il croyait se rappeler que le pinçon avait été fait huit jours avant.
Ce n'est pas absolument Impossible, nous pensons cependant que cette ecchymose est d'une date plus rapprochée. Elle pourrait bien avoir été faite le dimanche et être le résultat d'un traumatisme tel que celui qu'aurait pu produire Badoil, alors que des violences étaient exercées contre lui.
Cette blessure nous a paru suspecte. Il nous a semblé important de fixer son origine et sa date. Nous avons prié M. le juge d'instruction de faire examiner Matillon par deux chirurgiens de l'Hôtel-Dieu.
Conclusions. — Le nommé Matillon porte sur la saillie du biceps du bras droit une ecchymose suspecte pouvant remonter à quatre jours. Cette ecchymose pourrait être le résultat d'un serrement violent exercé en ce point.
Lyon, le 20 février 1896.
BXAMBN Dl LA FILLB PIOT
Sur la réquisition de M. le Juge d'instruction, en date du 49 février 4896, me suis transporté le lendemain à la prison Saint-Joseph pour, après visite, dresser rapport de Tétat de la nommée Elise Piot inculpée d'assassinat et dire si elle porte des traces quelconques de violences ou de lutte, paraissant correspondre à une scène du 16 de ce mois ; décrire la constitution de cette femme, sa force, son tempérament.
L — Cette fille est ftgée de 37 ans. Nous l'avons fait déshabiller et à la surface du corps nous n'avons trouvé aucune trace suspecte de violences.
Sur la chemise quelques petites taches de sang; elle aurait eu ses règles une semaine avant. — Les mains sont fortes.
Elle est droitière. Au dynamomètre, nous constatons 38.
Cette fille estd'une constitution vigoureuse. Elle est nerveuse. Elle reconnaît avoir des habitudes d'intempérance, elle boit de la bière et du rhum. Elle a un peu de goitre. Pas de tremblement aux mains.