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CONCLUSIONS

I. — Le spasme cadavérique doit être différencié absolument de la rigidité cadavérique.

II. — Il peut se manifestersous deux formes: une forme généralisée, une forme localisée à certains muscles en état de contracture intense au moment de la mort (spasme de la main qui tient l'arme chez les suicidés).

III. — Il ne s'observe que dans les cas de blessure du système nerveux central.

IV. — Sa constatation permettra de conclure à l'instantanéité de la mort.

V. — Il est bien probablement dû à des lésions bulbaires et cérébelleuses sectionnant le faisceau pyramidal et supprimant instantanément Taction volontaire sur des muscles en état préalable de contraction.

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REVUE CRITIQUE

LA FOxVGTION GLYGOGÉNIQUE DU FOIE

dans ses rapports avec les expertises médico- légales

par A. Lacassagne, professeur de médecine légale à Lyon,

et Etienne Martin, préparateur du cours.

Rapport présknté au Congrès de Moscou 4897

La physiologie est pour le médecin expert d'une grande utilité, elle lui dévoile les modifications qui surviennent au moment de la mort dans les tissus et dans leurs fonctions. C'est ainsi que Claude Bernard (1) dès le début de ses recherches sur la glycogénie hépatique a constaté que surplusieurs suppliciés dont il put examiner le foie quelques heures après la mort le parenchyme hépatique contenait en abondance des matières sucrées.

Les mêmes essais faits sur des foies extraits de cadavres morts de maladie lui ont au contraire montré que les matières sucrées étaient totalement absentes du parenchyme hépatique.

Il y aurait, ajoute-t-il, des recherches à faire pour savoir si toutes les maladies qui se terminent par la mort font disparaître du foie les matières sucrées qui s'y trouvaient.

En relisant attentivement ces premières constatations de Claude Bernard nous avons été frappés de tout l'intérêt qu'elles pourraient présenter au médecin expert. Il s'agissait donc de continuer ces recherches et les deux problèmes que nous nous sommes posés sont les suivants:

i" Dans tous les cas de mort violente la fonction hépatique, brusquement suspendue, favorise-t-elle l'accumulation des matières sucrées dans le parenchyme hépatique, et le foie contient-il après la mort une quantité abondante de sucre. En revanche après la mort par suite d'une maladie, quelque courte soit-elle, est-il exact que Ton ne

(1) Claude Bernard. —Th. de la Faculté des sciences, 1853.

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retrouve plus dans le parenchyme hépaUque de matières sucrées.ou tout au moins la teneur du foie en glucose a-t-elle beaucoup diminué;

2"* Existe-t-il un procédé simple, exact, qui ne soit pas exposé à de trop grandes causes d'erreur, en un mot un procédé que toutméde cin peu habitué aux recherches de laboratoire puisse employer pour faire de semblables constatations ?

Avant d'exposer nos recherches personnelles nous devons rappeler qu'en 4888 MM. Colrat et Fochier de Lyon ont montré que les enfants mort-nés succombent dans le sein de leur mère tant<^t lentement tantôt rapidement. En effet, on peut constater chez les mort-nés tantôt l'absence, tantôt la présence du glucose dans le foie.

M. Colrat a continué ses recherches sur des enfants ayantsuccombé à toutes sortes d'affections, diarrhée, athrepsie, tuberculose. 11 a bien voulu nous donner la plupart de ses observations- Nous aurons bientôt à les exposer.

En <893 un de nos élèves, le D' Colomb, entreprenait une thèse au laboratoire de médecine légale sur ce sujet, et depuis ce moment des expériences nombreuses, l'examen de plus de 200 foies prélevés soit sur des cadavres ayant succombé aux maladies les plus variées, soit sur des cadavres frappés dt^ mort violente nous ont permis, croyons-nous, d'établir des conclusions définitives et une méthode simple et rationnelle pour la recherche de la teneur en glucose du foie des cadavres.

Le nombre des cadavres sur lesquels ont porté nos expériences atteint environ 200. Il nous est impossible de rapporter ici toutes nos observations. La variété des lésions relevées à l'autopsie empêche aussi toute classification. Nous allons donc nous borner à résumer en quelques propositions les résultats obtenus.

Nous avons examiné les foies de quarante enfants, dont quinze fœtus ayant vécu quelques heures après Taccouchement ou étant mort-nés.

Dans tous les cas l'expérience a été positive chez le fœtus ; toutes les fois que nous avons trouvé du glucose en grande abondance, c'est que la mort avait été brusque et remontait au moment du travail ou de l'accouchement.

Dans les cas où le glucose ne pouvait être mis en évidence par la liqueur de Fehling, on a toujours trouvé des altérations du placenta (syphilis), ou bien on a constaté chez la mère une maladie avec retentissement sur les organes du fœtus et entraînant sa mort. Un fœtus porté par une mère urémique vient au monde mort-né, mais on avait perçu les battements du cœur quelques heures avant l'ac-

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couchement. Le placenta portait des lésions caractéristiques. Il n'y avait pas la moindre trace de glucose dans le foie. Nous pouvons donc conclure que, chez un fœtus qui n'a pas respiré on qui n'a vécu que quelques instants après Taccouchement, Texanien du foie indique si le fœtus était malade (absence de glucose) et est mort après avoir souffert dans l'utérus, ou bien si la mort a été brusque (présence du glucose dans le foie). Il suffira alors d'interpréter le mécanisme de cette mort brusque, longueur du travail, intervention pendant l'accouchement, lésions traumatiques.

Si nous passons à l'examen des enfants, nous avons constaté que dans tous les cas où une maladie même de courte durée avait causé la mort, Texamen du foie ne décelait pas de traces de glucose ; au contraire, dans les cas de suffocation, de blessures ayant entraîné la mort, le glucose s'y trouve en abondance.

Chez les adultes, nous pouvons considérer trois cas : ou bien la mort est survenue brusquement à la suite d'un accident, submersion, pendaison, suffocation, strangulation, coup de feu, écrasement, blessures par armes blanches, précipitation, la recherche du glucose est tout à fait positive.

Ou bien une maladie a été la cause directe de la mort, nous avons examiné le foie de malades ayant succombé à presque toutes les maladies aiguës, puis aux diverses cachexies, cancer, mal de Bright, etc.

Toujours l'épreuve du foie a été négative, nous avons cependant quelques réserves à faire. Les tuberculeux succombent quelquefois non pas à la cachexie et à l'intoxication due à l'évolution du bacille, mais à des accidents mécaniques survenant brusquement au cours de la phtisie : pneumothorax suffocant, accès de laryngite aiguë, suffocation par l'envahissement delà trachée par le pus des cavernes. Dans ces cas, l'épreuve du foie sans être positive n'est pas non plus négative. Il y a des traces de glucose et c'est alors qu'un dosage exact permettra, en donnant l'appréciation de la quantité de glucose, des présomptions pour dire si la mort est le fait de l'évolution de la phtisie ou d'un accident mécanique intercurrent. Constatation qui peut avoir en médecine légale une grande portée.

Le dernier cas, très embarrassant celui-là, est la coexistence sur un cadavre de lésions morbides et de lésions traumatiques pouvant les unes et les autres avoir entraîné la mort. Les hésitations de l'expert seront nettement tranchées par la recherche du glucose dans le foie. Nous allons en rapporter quelques exemples typiques qui feront comprendre toute l'importance du procédé que nous préconisons. Un individu de trente ans reçoit dans l'abdomen uncoupdecouteau,

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il est amené immédiatement h THÔtel-Dieu et meurt au bout de trois jours, i*autopsie dénota une blessure de l'épigastrique avec hémorrhagie abondante dans la cavité péritonéale et des signes de péritonite récente. Le juge d'instruction demandait si la mort était le fait de rhémorrhagie ou de la maladie survenue consécutivement. L'examen du foie dénota une quantité assez considérable de glucose, 2,5 p. 1Ô0. La mort était donc le fait de Thémorrhagie et non pas de la maladie qui n'était, qu'au début.

Une femme fut trouvée un jour morte dans son lit, la réputation de son mari n'était pas parfaite, cependant cette femme était malade depuis quelques jours et soignée par un médecin pour une congestion pulmonaire. L'autopsie fut pratiquée, on trouva une pneumonie en pleine évolution et une rupture de la rate avec hémorrhagie abdominale. La recherche du glucose fut des plus positives, cette femme avait donc succombé non pas à la maladie mais à l'accident survenu dont il s'agissait d*établir la pathogénie.

Je citerai un dernier exemple. Un individu est autopsié à la morgue. Il présentait des traces de péritonite généralisée et une hernie étranglée, en même temps on notait du côté des poumons des signes assez nets de submersion. L'examen du foie démontra une abondante provision de glucose. Nous n'hésitâmes pas à conclure à la mort par submersion, éliminant l'action de la maladie constatée.

L'enquête démontra quil s'était enfui d'un hôpital où on voulait l'opérer d'urgence pour sa hernie étranglée et était allé se jeter dans le Rhône.

il est donc possible de tirer de la présence ou de l'absence du glucose dans le foie un diagnostic à peu près certain de la cause de la mort, maladie ou mort violente. La formule de Claude Bernard avancée il y a cinquante ans est absolument applicable aux recherches médico-légales.

Quel est le procédé qu'on doit suivre dans cette recherche ? Nous avons dit qu'il devait être aussi simple qu'exact. C'est encore la méthode préconisée par Claude Bernard que nous avons employée.

Une parcelle de foie qu'on aura soin de peser très exactement est prélevée dans les parties de l'organe qui n*ont pas été exposées aux influences atmosphériques (1), on le hache de façon à en faire une bouillie pulpeuse dans une capsule de porcelaine et on y ajoute une quantité à peu près double d'eau distillée. Celte préparation est portée sur le feu et soumise pendant quelques minutes à l'ébullition, on

(1) La subslanco sucrée est également répartie dans toutes les parties de la glande hépatique, il est donc inutile de spécifier un lobe au préjudice d'un autre.

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ajoute alors du noir animal de façon à obtenir la précipitation des matières albuminoïdes et à clarifier le liquide de macération. On filtre et on examine le liquide obtenu. Il est louche ou au contraire absolument clair. Quelquefois il peut revêtir un aspect légèrement jaunâtre.

Si le liquide est louche c'est qu'il est riche en matière glycogène, un dosage assez compliqué peut en indiquer la teneur. Mais cette recherche nous a semblé dans la plupart des cas sinon inutile tout au moins difficile à apprécier. En efiet, les physiologistes ne sont pas encore définitivement fixés sur le rôle de la matière glycogène et sur les différents stades de sa formation et de ses transformations. Enfin nous avons constaté que toutes les fois que le glucose est en grande abondance, la matière glycogène se traduit par le louche du liquide de filtration, mais l'inverse n'est pas exact. Il peut y avoir une abondante provision de glucose et le glycogène peut faire défaut. Nous en concluons donc que la recherche du glucose est seule utile pour arriver aux conclusions que nous avons posées. Elle se recommande du reste par sa simplicité.

On décèle en effet la présence du glucose dans le liquide de filtration par la liqueur de Fehiing préalablement vérifiée. Cette recherche se fait comme celle du sucre dans l'urine et tout praticien peut donc s'y livrer, sans avoir à sa disposition un outillage spécial ou des connaissances approfondies de chimie.

La simple constatation du précipité d'oxydule de cuivre, la rapidité de sa formation, permettent dans la plupart des cas de conclure à l'abondance du glucose dans le foie. Mais si l'on veut plus de précision et cette précision sera nécessaire dans le cas douteux où une maladie et des phénomènes mécaniques auront été combinés sur le même individu pour amener la mort (les tuberculeux dont nous parlions tout à l'heure) on devra doser pxactement le glucose à l'aide encore de la liqueur de Fehiing. Il suffit de calculer la quantité de liquide de filtration nécessaire à la décoloration d^une quantité donnée de liqueur de Fehiing, une simple proportion indiquera le chiffre exact de la teneur en glucose du tissu hépatique (1).

D'après les chiffres indiqués parClaude Bernard le taux du glucose dans le foie varierait chez les individus morts de mort violente entre < et 2 grammes p. 100. D'après les recherchesde Colomb et les nôtres, il faudrait élever un peu ce chiffre. Nous avons trouvé plus souvent des quantités variant entre 2 et 3 grammes p. 400.

(!) Nous ne dt^crivons pas ici les détails de l'opération qui sont énumérés tout au long dans les traités de chimie biologique.

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