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PROCÉDÉS DE TATOUAGE

L'origine du tatouage se perd dans la nuit des temps.

Quant au mot lui-même, il vient soit de Tatou ou Tatahou (de Ta, dessin), dit le docteur Berchon, soit de Tlki (docteur Glavel), du nom du dieu polynésien qui Tinstitua.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux (docteur Delisle) que tous les peuples aient eu un mot pour désigner cette pratique qui consiste en dessins et images tracés sur la peau de façon indélébile.

De tous les procédés de tatouage, le tatouage par piqûre et le tatouage par incision ou scarification sont les plus répandus.

Le premier est à peu près le seul usité dans les races blanches et les races colorées. Il n'y a guère que les races noires qui emploient le second .

Le tatouage par piqûre se pratique en piquant la peau (suivant les contours du dessin tracé à l'avance) à l'aide de trois, cinq ou dix aiguilles réunies sur un bouchon ou un bout de bois et trempées dans certaines substances colorantes, telles que : encre de Chine, poudre de charbon ou de quinquina délayée dans Teau ou le vin, vermillon, suie, noir de fumée, carmin, encre (bleue ou noire), bleu de blanchisseuse, etc.

Lorsque le tatoueur sait dessiner, il esquisse à la plume ou au crayon l'image à exécuter ; dans le cas contraire, il applique sur les parties à tatouer les dessins que les amateurs lui présentent ou qui lui tombent sous la main, et il pique la peau à travers le papier qui les porte.

Mais, si l'opérateur est un tatoueur de profession, s'il tient boutique dans les auberges et s'il va dans les fêtes (Lacassagne), il est toujours muni d'un album où, à côté des dessins qu'il offre d'exécuter, est marqué le prix du tatouage.

Les dessins en question sont faits sur du papier huilé et pointillés à l'aide d'une épingle, suivant les traits principaux. Pour les reproduire sur la peau, il suffit d'appliquer au dessus du papier un peu de noir de fumée.

Les bons tatoueurs savent que le tatouage ne réussit pas lorsqu'il se produit un écoulement de sang. Aussi enfoncent-ils obliquement les aiguilles et ne péuètrent-îls pas à une profondeur de plus d*un demi-millimètre dans la peau qu'ils ont soin de tendre fortement pour éviter la douleur et donner au dessin une plus grande netteté. L'opération terminée, ils lavent avec de Teau, de la salive ou de Turiue la surface du tatouage.

« Jusqu'à la fin de la troisième ou quatrième semaine, les lignes tatouées sont plus larges qu'elles ne le seront plus tard et ressemblent assez bien aux traînées de nitrate d'argent faites sur la peau pour délimiter les érysipèles. Puis, lorsque les croûtes se sont détachées, la peau reprend sa souplesse et son aspect normal au voisinage du dessin. Il faut un peu plus de temps pour les tatouages au vermillon; les croûtes laissent après leur chute une surface luisante et moirée plus persistante (1). »

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