EXPÉRIENCES FAITES AVEC LA MALLE
Nous avons d'abord cherché à nous rendre compte de la température de l'appartement de Matillon à l'endroit de la chambre où se trouvait la malle. Un thermomètre à maxima et à minima a été placé pendant la nuit du 22 au 23 février.
AFFAIRE DB LA hVE TAVERNIER 49
La temp. maximum = 19 — minimum = 16
Le i6 février au matiu dans notre laboratoire, en présence de M. Benoist, juge d'instruction nous avons cherché, arec un homme de bonne volonté, quelle était l'attitude qui pouvait être prise dans la malle et s'il était facile de s'y enfermer. La taille du sujet = 1 m. 54.
Cet homme est prié de se mettre dans la malle, l'adaptation est longue et difficile. Il lui faut quelques minutes pour lui permettre de trouver une position lui permettant de fléchir fortement les jambes sur les cuisses. Il est alors dans lo décubitus latéral. Le couvercle alors se ferme bien.
Si cet homme se couche sur le dos, les jambes et les pieds sortent de 0 m. 30. De quelque manière que les extrémités inférieures soient fléchies, il est impossible de fermer le couvercle et il y a une béance dt^ 0 m. 45 environ.
Le 13 mars sur la réquisition dé M. Benoist, nous nous sommes transporté le soir rue Tavernier 12 et rue Bouteille 6, afin de vérifier par des expériences d'acoustique, si un sujet enfermé dans la malle peut, lorsqu'il crie dans l'appartement de Matillon, être entendu dans l'appartement de l'étage correspondant du n* 6 de la rue Bouteille. Nous constatons en effet de ce dernier endroit, que les bruits et les cris sont bien perçus et les deux femmes qui se trouvent là disent que lo soir de l'événement, à 8 heures 1 /2, les cris leur ont paru plus nets.
L'homme qui se prête à cette expérience à une taille de 1 m. 51 ou 1 m. 53 ; il est plus gros que Badoil. On enlève les !2/3 des objets qui se trouvent dans la malle. Cet homme se place sur le dos les jambes un peu ployées sur les cuisses, les bras élevés. Il déclare que, dans cette position, il ne peut pas faire de mouvement, comme de porter la main au cou.
Cet homme veut bien passer quelque temps dans la malle, le couvercle étant abaissé ; au bout de 6 minutes il éprouve de la chaleur.Celle-ci devient de plus en plus insupportable. On dirait qu'il entend moins bien. Il compare ce qu'il éprouve à ce que ressent un plongeur sous l'eau. Au bout de 10 minutes on le fait ressortir : peau chaude, pouls à 106.
Cet homme déclare qu'il n'aurait pas pu supporter 1/4 d'he*ire de plus le séjour dans la malle.
i2* AifNéi, N- 1. 5