‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 19 sur 70 · HORTENSE · texte numérisé non relu

HORTENSE

Augsbourg^ ce 12 janvier 1823.

L£TTRE D£ GÉRARD.

Mon cherisabey, J'étais déjà pris par les yeux lorsque j'ai reçu ta.

lie

lettre, et» comme je me flattais que je serais bientôt débarrassé, j'avais différé de te répondre, pour avoir le plaisir de te remercier moi-même. Malheureusement, il n'en a pas été ainsi, et Je ne veux pas tarder davantage à te dire combien j*ai été sensible à ton bon souvenir*'

TU sais à quel point je suis casanier, c*est un défaut que Tâge ne diminue pas et qui m'a accompagné dans une petite course à Rheims. Jy ai passé deux jours dans ma chambre, et je suis parti immédiate ment après la cérémonie. Je te savais d'ailleurs fort oeenpé, et, quoique j*aye infiniment regretté de ne pas te voir, j'ai craint d'augmenter le nombre des importuns qui devaient t'accabler.

Ne doute pas plus, je te prie, de ma bonne et vieille amitié, que je ne doute de la tienne. Sois persuadé, mon cher Isabey, du plaisir que tu me fais en m*apprenant que tu es heureux, car personne ne prend une plus yéritable part à tout ce qui tintéresse, que ton ami

F. Gérabd.

8 mai (1825).

LETTU D*ÂLElA10>aB DUVAL.

s JmUet

Je t'envoie, mon vieux ami, M. Perrin, capitaine

d» génie, fils de notre ancien ami Perrin, élève de

Doyen, qui faisait avec nous des portraits de dépulés. Tu doit te le rappeler. Après notre campagne de Champagne, il courut enfouir son talent dans la Basse- Bretagne» où il n'a pas perdu son temps. Là» il a employé plus de trente ans à élever un beau monument historique, dont lutilité est reconnue par tous les savants et dont l'exécution sera admirée par tous les artistes. Dans les six mille petits dessins qui composent ce bel œuvre» tu y trouveras» j'en suis sûr» une grande richesse d'imagination et de composition. Au reste» tu le jugeras dans toutes ses parties ; car le fils de notre camarade désire faire connaître à tous les hommes célèbres ce monument qui doit honorer à la fois h& arts et la science.

Je t'embrasse en vieil ami»

Alexandre Du val.

LETTBK DK PBUI aOÉBOI.

Hon cher Isabey»

Une dame anglaise (miss Kingston)» qui s'occupe

de miniature d'une manière très-distinguée, désirerait connaître celui qd» chez nous» a porté cette bran* che de Tart à un point si élevé et si séduisant. Elle a pensé qu'une recommandation de ma part pourrait remplir son but en lui donnant accès près de toi ; je me suis volontiers prêté à son désir» parce que cette

daoïe, passionnée pour la peinturot est Uen à même d'apprécier la faveur qu'elle sollieite et que j'espère que tu ne lui refuseras pas. Ton vieil ami et affectionné confrère,

GuÉJuii.

Lundi 8 octobre 1832.

IHTOIKE TÂTEÂD

MèM f— ■MiHliBfiii pwr M. le hmrmm dm ■ocl^cMM.

Nous sommes taas «rides de ee qui toocbe à ce frtnd peintre, et

ses Icllres, que nous avons publiées dans noire recueil et que nou9 avait communiquées le regretté M. de Vèze, ont satisfait tant de nos lecteurs, que nous croyons les intéresser encore en leur offrant aujourd'hui un reçu que nous communique M. le baron de Hochsehild, ministre de S. M. le roi de Suéde et de Norwége à la cour Britannique. Dans cette pièce» signée et datée de la main de Vateau,8on nom est écrit par lui*méme d'une façon inusitée, con* forme, d^aîUeurs, à l'eitrait de baptême publié par If. Arthur Binaux, dans sa notice imprimée à Valeuciennes en 1834.

J*ay reçu de Monseigneur le duc d'Orléans 260 li« vres pour un petit tableau qui représente un jardin avec huit figures.

Fayt a Paris

Lel4aou8tranl7i9.

Antoine Vateau.

wùm.mi DOGomam sue les travaux jni&cmûs paa lu POUR us ducs db LoaRAm.

À Moîisieur le directeur des Archives m l'Art français Honsieiir,

Tai commencé à rassembler, sur les peintres lorrains du siècle dernier, des documents analogues à ceux que j*ai publiés sur les peintres des quatorzième, quinzième et seizième siècles. Ces docoments, dont le principal mérite est d^étre complètement inédits, snt ezinits des comptes da trésorier général de Lorraine. Les jogerei-yous dignes de trouver place dans votre intéressante publication? Voiei toujours, pour vous mettre à même de connaître leor valeur, quelques échantillons des notes que f ai recueillies. Elles concernent un artiste dont il ne m'appartient pas d'apprécier le mérite, mais qui, par ses nombreux travaux, par son double titre de héraut d'armes de Lorraine et de professeur de l'Académie de peinture et de sculpture fondée par Léopold, doit peut-être figurer au premier rang parmi les peintres qui vécurent dans ta période dont Je m*occupe.

Né en 1661 et mort en 4747, Claude Charles décora de ses tableaux presque toutes les églises de Nancy, où il en existe encore plusieurs, notamment à la cathédrale. On en voyait aussi chez les jésuites de Pont-à-Moubson, chez les carmes de Metz et dans beaucoup de chéteaux de notre pays (1).

(1) Sur Claude Charles et ses ouvrages, on peut voir Dom Calmel, Bibliothèque lorraine, p. 13, col. 108, 163-6 et 323; Durival, DescripLion de la Lorraine et du Barrois, I, 101 ; II, 16, 50 ; 84 et rabbé Lionnois, BUtaire des viUet vUiUe et neuve de Nancy ^ I, 50, 110, i 12, tl», 386; 11^ 17, 48, 384, 292-8, 378, 388, 419, 420,440, «H, 537, 582, 538; III, 12, 16, 166, 167, 283, 284. A. Di M.

Les pièces que j'ai découvertes jusqu'à présent pcrmellronl d^ajouter plus d'une page à la nomenclature, d^jà bien longue, dei œuvres de cet trlial», et aervironi à auosltr ton extrême fécondilé.

Beeeves, monsiear It direeleur» rassonnee de mes semioMafs les plus dtsiiilgoèi*

HiHU Lbpagi, ÀrMfUte de ia Meurthe.

Mémoire des tableaux que Claude CharleSy peintre à Nancy 9 afaiet an 1698 dans le plat fond de la ehanh bre de Son Altesse Sérénissime (1).

Trois tableaux représentant le Triomphe de la peinture, sculpture et architecture^ le tout de dair

obscur 300*^.

G. Charlbs.

Je certifie que Ton peut payer à Monsieur Charles, peintre à Nancy, la somme de deux cent cinquante frans barrois pour les ouvrages de peinture qu'il a faicts et fourny mentionné au mémoire cy dessus. Faict à Nancy ce 3 septembre 1698.

ÂNDRÊ.

y Vf receu les deux cents cinquante firans mentionnez à l'ordonnance cy dessus. Faict à Nancy le neufieme septembre mil six cent nouante et huict.

G. Ghari.es.

l)LediieLèopoId.

Mémoire des ouvrages que Claude Charles, peintre à Nancy, a fait pour la fomfe funèbre {im due Charles V), qtti s'est faite aux R. P. Cordelière {de Nami) par. ordre de S. À. R. (en 1700).

Premièrement^ avoir fait trois desseins pour ladite pompe et y avoir employé six jours pour ce. 54**

Plus, par ordre du sieur Bourdy, avoir employé neuf jours à faire le dessein dooataphalque en grand sur le pavé de la salle des Gerfs^ pour ce 80^

Plus, pendant trois sepmaines, avoir con- .

duit les peintres qui peignoient ledit ouvrage, et y avoir peint les ouvrages qui regardoient son art, pour ce. ........ 180*^

Total. . . . iis*^

Mémoire des ouvragée de peinture que Claude Charlee, peintre i Nancy, a faici par ordre da 9 Bourdy pour le reposoir qui a esté faict à la cour le jour de la feete de Dieu (im).

Pour la façon de quatre grands anges au naturel, dix tableaux d'histoire» une Gene, quatre grouppes de test^ d*anges et un pélican, le tout èn camaeux. 1 104^

G. Chàruui.

Je certifie qne Ton peut payer au 9 Chéries la aomme de soixante livres pour le payement des ouvrages de peinture quil t faicts an reposotr de la cour,

suivant les ordres de Son Altesse Royale. Faict à Nancy ce 21 juin 1700.

André.

J*ai receu du S' Gayet les soixante livres portez cy dessus* Faict à Nancy le douziesme juillet mil sept cent.

. C. Ghailbs»

Mémoire de l'ouvrage faict (en llOl) dans le cabinet de S. A. R. par Claude Charle$, peinire, par ardre du S' Bourdit, architecte de SadUe Altesse.

Avoir peint le tableau du platfond sur toile dans le* quel est représenté la Gloire des grands tenant d'une main une piramide et de l'autre la couronne d'im-* mortalité accompagnée du Génie de la Lorraine qui luy présente plusieurs couronnes de laurier pour les distribuer à des amours au nombre de neuf» qui vont en couronner tous les héros qui sont autour dudit cabinet, la Renomée aussy y paroit sonnant de la trompette faisant entendre partout les actions illustres de ' ces mesmes héros et principalement celles de Tinvîncible Charles V d'heureuse mémoire.

Le tableau est ovale entouré d'une bordure de laurier rehaussée d'or fia.

Dans les coins dudit cabinet il y a quatre compartiments ftussy rehaussé d*or dans lesquels sont dépeints

en bas relief de clair obscur les quatre plus belles ao tiens de S. A. Charles V.

Dans le premier le Génie de la Lorraine abbat celuy de la Turquie.

Dans le second le Génie de la Lorraine présente la Hongrie au {sic) celuy de TËmpire.

• Le troisième représente TAutriche recevant des

retenue par la Turquie.

Dans le dmiier le Génie de la Lorraine eonduict

celuy de TAutriche dans Bude. Lesquels subjects sont tous rehaussé de fin or.

Aux deux flancs de l'oval paroissent deux trofées d'armes de clair obscur rehaussé d or»

' Aux deux autres coins de Toval sont peint deux cartouches en camaeux dans lesquelles sont les armes de la Lorraine à droit et celles de S. A. R. Madame à gauche aussy rehaussez d'or fin.

Ëty pour accompagner tout Touvrage, avoir peint d un blanc de laict tout ledit cabinet» les ornements des corniches et boisages laissé de jaulne seulement pour faire cognoistre qu'on peut les faire dorer*

G. CnAïUkBS.

Je ceriif&e que Ton peut payer audit Gharlesi peintre & Nancy, la somme de deux cents livres pour avoir iaict et fourny le tableau expliqué d'autre part au plafond que Son Altesse Royale a ordonné de constraire nouvellement joignant sa chambre à son château de la cour» les ouvrages faicts et foumiz par le Octa** vian mentionné audit mémoire consernants les ornemeuts ou ayants été soubtraict» à la reserve de Tor foamy par ledit Charles. Faiot à Nancy ce 30 novem-* hre 1701.

Bon pour deux cents livres.

Lbopou).

J*ay receu du S"^ Gayet la somme de deux cent livres portées à Tordonnance cy dessus. Faict à Nancy le dixseptieme décembre mil sept cent nn.

G. Charles.

Mmùifé de Vmvrage de peinture que Cimtde Charles peitUre a faict (en 1702) an cabinet de S. A. Royale

Madame par ordre du André intendant des bâti'» mentsdeS. A. R.

Le subject gênerai peint dans ledit cabinet repre*

sente les amours de Psiché avec Cupidon ; dans le premier tableau peint en camaeu]( est représenté

Piiché exposée sur le rocher pour esfire dévorée per

le serpent; elle est accompagnée du roy et de la reine» ses pere et meret et de ses deux sœurs; le tout rehaussé d'or comme aussi les quadres, ornements, festons qui accordent ledit tableau ; dans les coins dudit cabinet sont les armes blasonnées de Leurs Altesses Royales accompagnées d'un cartouche rehaussé d'or pour soutien de tous les tableaux et ornements (on) a feint une architecture sur laquelle jouent plusieurs enfants peints au naturel et d'autres feint de plâtre au nombre de vingt quatre.

Le second subject représente la curiosité de Psiché lorsqu'elle voulut cognoistre son espoux, qu'elle n*avoit jamais vù, à ia sollicitation de ses jak>uzes sœurs. Ce subject est peint de mesme que le premier et rebiussé d'or avec les mesmes ornemeuts, architecture et eafisinis»

Le troisième contient la plainte de Venus à Jupiter et les autres divinitez touchant le mariage de son fils Cupidon ; le tout peint comme cy dessus.

Le quatrième représente Mercure qui enlevé Psiché par le commandement de Jupiter pour estre admise au rang des dieux et pour célébrer les nopces d'entre elle et Cupidon ; peint de la mesme manière que les autres.

Le dnquiesme. Enfin, pour terminer le fond du ea-^ biuet par un subject ample et spacieux, j'ay feint le festin des nopces de Psiché et Cupidon ; ce tableau

68l peîol à buUe et sur toile ; il y a quarante ni

figures.

ۥ Charles (1).

Je certifBe que Toa peut payer audit Charles, pein« tre à Nancy, la somme de six cents livres pour avoir faict et fouruy touts les ouvrages de peinture et dorrures qui sont faicts dans le cabinet de Madame la Duchesse Royal» aiusy qu'il est présentement, y compris tontes les dorrures avec peintures des lambris aussy bien que tous les blanchiments. Faict à Nancy ce 10 novembre 1702.

André.

Bon pour six cents livres.

LsOPOtD.

J'ai receu de Monsieur Gayet receveur général les six cent livres portées au présent mémoire. Faict à Nancy le dix septième novembre mil sept cent et deux.

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