‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 24 sur 70 · LETTRE A M. DENON · texte numérisé non relu

LETTRE A M. DENON

Hoasienr,

C'est une peine pour ma délicatesse de vous entretenir de choses qui me révoltent et me font rougir; je suis outré et humilié tout à la fois quand je parle d'une femme qui n'ayant ni fierté ny amour propre, n^a pas eraint de montrer la baaaesse de son âme psr les scènes atroces dè|foatantes et acandalemes qu'elle n'a oaiié à» me faire ; par ses propos infâmes eontrs toutes les personnes qui mWisinoient et par la manière insupportable dont elle a agit a?ee tout le monde : sans la considération psrtleulière qu*ont pour moi mes confrères, ils auroient dans le temps portés des plaintes au ministre de l'intérieur pour écarter quelqu'un, dont la méchanceté soutenue recidivoit journellement tout ce qui pouvoit leur être désagréable et incommode. M". Giraudet et Meynier ne l'ont que trop opronvé, puisque le premier s*est vâ foreé» étant an Lonvro» dn transporter son travail, et son atleller asx Gapuclnef« plaee Yandôme : il étoil temps pour le second, dont rextrfimo bonté a soutenu la patience, que je la mis hors de cbez moi, car il étoit excédé de ses invectives, de ses criailleries et du tapage qu'elle ne cessoil de faire au dessus de chez lui; et combien n'étoil-il pas désagréable et fâcheux pour moi qui suis sensible et aime la paix d'avoir h répondre à des plaintes trop justes réitérées à chaque instant, auxqueles il n'étoit pas possible de faire droit avec un être de l'humeur et du caractère de celui-là.

D*après ce, Ton sent combien une telle femme est un objet insupportable et scandaleux dans vn lieu comme la Sorbonne, et combien f ai de raisons de solliciter un ordre du ministre pour Fempécher d'y remettre le pied.

Le gouvernement qui considère les arts, loge les talens ; dans le

(I) Cette lettre a fait partie de la collection de M. de Château-

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local qu'il leur accorde il est nécessaire pour Tordre et la tranquilité qu'il y ait une police qui puisse en exclure quiconque ose* roit la troubler. Ht femme est dans ce eas ; elle n'est point artiste; elle nuit à la tranquilité de mes Toisins, elle nuit à mon repos, à rexereiee de mes talent et à Tedueetion de mes enfans;]e suis fermement déeidé à ne plus avoir rien de commtra arec elle. Depuis six mois elle est hors de niu maison ; je lui donne tout ce qui lui est nécessaire, agréable même; une pension que je lui fais pourvoit a ses besoins, mais il lui manque sur qui exercer son humeur âiSre et pour se satisfaire sur ce point elle voudroit tenter son retour a la Sorbonne ; je demande doue qu'il ne lui soit plus permis, défendu même de rentrer dans un loeal ou elle ne rapporleroit que le trouble et le seandale.

le m*arr6te. Monsieur; n*en voila que trop sur ce siqet. Pardon mille fois si j'abuse de votre condescendance : à peine ai-je l'avantage de vous approcher que je vous demande des grâces et sollicite votre inlerret; mais c'est un artiste, c'est un compatriote qui vous prie de lui rendre un service bien important et bien urgent. Si vous daignez vous emploier en sa faveur, il ne doute pas de la réussite* et il en ebnservera toute sa vie le souvenir de la reconnoissanee.

J'ai rbooneur d'être avec un entier dévouement. Monsieur

Votre très humble serviteur et compatriote

Prud'bon pire.

Le 7-vendémiaire an IS.

▲ Monsieur Henon direeleur général des Musées Aux galeries du Louvre 17.

AKTflOIHfi ET FRIRCOIS fiAlHABLT

(I!t99-ie23.)

lABCHÉ PASSi ATIC LA TILLB DE BOUBGBS POUR LA OONFflâlON Dl LA

CROIX DE HOULTE-JOTB.

Pièces conuniulqDées et annotées par JH. le

de Cilrardot.

La Tilld de Bourges a dû à sa position centrale et aa courage de ses habitants de voir toutes les invasions, excepté celle de César, sVrélerderant ses murailles. Ccpendanl,au quinzième siècle,lcs Anglais, favorisés par les Bourguignons, maîires d'un grand nombre de places cnvironnaulcs, tirent une icalalive victorieusement repoussée par les Rerruyers, qui sortirent au-devant de rennent et le mirent en déroute. Le champ de bataille témoin de ce haut lait ft appeile encore Moulte-Joye. ATantlaltëvoIutionon y voyait oae croix élevée par les vainqueurs en actions de grftces^ souvent réparée et même renouvelée. Nous avons trouvé dans les archives itok ville deux traités passés en 1399 et en 16-2;^ pour la confection de deux de ces croix. Voici le texte du plus ancien :

(11 décembre 1599.)

Personnellement estably François Gamaultmaistre

maçon demeurant en la paroisse de sainct Bonnet de Bourges , lequel a promis et s'est obligé à nobles hoiiimes Eslienne Begot sieur d*Ormoy, maire de la ville de Bourges» Jehan Cousin sr* de Villemenard, Conseiller du Roy au bailliage et siège presidial de Bourges, Pierre Pellisson bourgeoys et marchant» Jehan Raignier sieur de Vaugibault advocat aux baillage et siège presidial et Eslienne Goognon sieur

Descloix, eschevîns de lad. ville, presens, de faire une

Croix de pierre dure de Charly qui sera de haulteur de quatorze pieds et de grosseur de dix poulces de l'ordre de Tuscane garnye de sou croisillon, ung crucifix qui se tiendra dans led. croisillon auec une teste de mort et ossements Jessuubz le pieds dicelluy du costé de la ville, et de Tauttre costé une nostre dame qui sera applicquée audict croisillon^ dessoubzles pieds de la quelle y aura uug clierubin de la pierre de la dicte croix et mectre au pied destra (sic) les armoiries de ceste ville qui sont de troys moutons avec ung corn-* pnrtiment; icelle croix garnir de deux assiettes de marches de pierre dure de sept à huict pieds en carre •

et icelle croix mectre et asseoir hors la porte. d^Aur--

ron au lieu appelé la Croix de la Moujoyc en la place de celle qui y a enciennement esté et qui (ut abattue par ceulx de la relligion prétendue reformée ès premiers troubles

led, marché faict pour le pris et somme de vingt huit

escus ung tiers

A Taccomplissement duquel marché a ledict Garnault voulu estre contrainct par prinse, vente et exploicta* tion de ses biens, tenir prison, et proaiectant et obligeant quant ad ce lesd. sieurs maire et eschevins tous les deniers commungs de lad. ville, et led. Gar-

naolt tau8 et chacuns ses biens présents et advenir.

Le 3 m« f 600, mandat an receteur de la vUle

de payer à François Garnauit le complément du prix de la Croix de la Moujeîe.

Ce mandat e^l accompagné du procès-verbal de réception 9 comme on dirait aujourd'hui, dressé par le maire et les eschuvins^ cl où sout consignés les dires des experts et des ouvriers et autres qui ont assisté à l'exécution du travail .

Les experts sont D^l" Jean Sirejau âgé de 27 ans maistre maçon ;

Pierre Letébvre peintre âgé de 55 ans ;

Jacques de Namur id. âgé de 42 ans.

Commenl cette croix, si solidement construite, fot^IIe enlevée? le a^ai pu le savoir. Seolemeai j*aî trouvé sur les registres des nudrei et eickevim le marebé suivant passé nn quart de siècle plus tard.

 esté marchandé à Ântboine Garodult> thailleur de [ûerres»^ François Garnanlt aussi tailleur de pierre et masson» de faire une croix selon le modèle représenté et paraphé par nous ; seront les marches de la pierre de la Selle et le reste de la pierre de Charly et la coulonne toute d'ime pièce et de grosseur de quinze a seize poulces, couronnée lad. coullonne gravée et parsemée de fleurs de Us et mouthons» aultant pleins que vide et faire quinze escussons et a Tung

lo2

(l'icelle les armes de la ville meUre, et apposer le fer convenable pour la teneur de lad. coulonne et croix et encore poser le marbre et les flcbes de fer en affirmant que ce pourront servir des vieulx fondements et des pierres qui pourront se trouver en lad. place, moyennant le prix de trois cens livres.

CHARLES LE BRDH

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