‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 25 sur 70 · SES GAGES DE PREMIER PEINTRE DU ROI · texte numérisé non relu

SES GAGES DE PREMIER PEINTRE DU ROI

En la présence des notaires au Gbastelet de Paris

souzsignez Charles Le Brun escuier, premier peintre du roy et directeur de son cabinet de peinture» a confessé avoir receu de M. Lefebvre conseiller et trésorier général de la mabon du Roy la somme de trois cens livres à luy ordonnée pour ses gages à cause de sa dite charge durant le quartier d octobre, novembre et décembre mil six cens soixante dix sept, de laquelle somme de lllc ^ led. sieur Le Brun se contente, en quitte led. sieur Lefebvre et tous autres. Fait et passé à Paris es estudes ord. notaires souzsignez Tan mil six cens soixante dix huict, le douziesme jour de ieurier et a signé

Le Bruk Thibbrt D.Beàuvais.

(1) Cette pièce a fait partie de la eoliectiou de M. de Cliàieau giron.

PIERRE LOGHOlil

GRAVBUR.

Ce nom rappelle plusieurs graveurs du dix-septième siècle, Flamands et Français : Michel van Lochom, Pierre van Lochom, René Lochon (T, artiste de mérite, et enfin Pierre Lochon, le moins connu de tous et le moins digne de Fôtre. 11 vivait en 1675. On ne sait rien de plus sur son compte, au dire de Nagler, qui ne lut attribue qu'une seule pièce — sainte Françoise veuve RanuUne^ et une suite itomements. Sans nous étendre longuement sur un graveur d'un talent plus que secondaire, nous croyons utile, quand ce ne serait qu'au point de vue de l'histoire d'une famille d'artistes, de publier ici un acte qui Tinl^rcsse, et d'y joind.c la nomenclature de son œuvre, toute vul^'aire qu'elle soit. Pierre Lochon habitait, en l6S3;Ia p^iroïsse Saint- Jacques- la-Bouclierie^ ci xoïciïsicie de baptême de sa fille : on y verra figurer deux noms d'artistes, dont Ton a obtenu en son genre les honneurs de la célébrité.

Du Vendredi! 23 Mai 1683.

Led iour an a esté baptizée anne marie fille de pierre Lochon graueur en taille douce et de Catherine pocque sa femme dmts sur le pont aux changes née du iour précèdent parrain philippe poitou ebeniste marqueteur du roy daU aux gobelins. maraine anne

(i' yoxfAntimSi VocumentSf tom, m, pag. ai6.

marie Leroux femme de chartes andre boulle ebeniste et marqueteur du roy dmts aux galeries du Louure

Laneau Des Ronces vicaire — P Locbon — P poitou— A. M. Le Roulx ^

Le parrain de M*'* Lochon, Pierre Poitou, faisait partie de celle brillanU' colonie d'arlisles que Louis XIV avait logés aux Gobelins, et qui, ^ous la direction de Le Bruo, travailiaient aux magoificences de sod règne.

Locbon existait encore en 1710 : à cette époque, n gravail le portrait d'an chanoine deBeims.

Les pièces de son œnvre qaenons avons pu voir sont au nombre de dix:

1. Sainte Française reuve Romaine, — 2. Le duc de Bourgogne, — 3. Philippe de France, duc d^ Anjou. — 4. Charles de France, duc de herry. — 5. Louis de MariLlac, curé de Saint-Jacques de ia Boucherie. — 6. Antoine Arnaud, prêtre, docteur en théologie. — 7. Pierre Hieote, bachelier en théologie. — 8. Jacques CaUou, chanoine de l'église de Reinu. — 9. isaaa-LouiB U Maietre de Socg, prêtre. — 10. Marchande Ungère en sa bouHque : deux états très-différents.

Nous n'avons pn découvrir la suite d'amments citée par Nagler.

PIËBRE MIGMRD

La tradilkm tUribne à Higoard de» tabltan qui représentent rnn le Baptême de Jésos-Christ, Tautre le Pére étemel, et qui ornent le rétable du maître antel de Téglise Saint-Jean deTroyes.

On a contesté rcxaetitnde de celte tradition ; elle est prouvée par les documents suivants (1) :

Nous soubzsignez Jean Goujon et Louys Camuzat» marchandz à Troyes , et marguilHers de la fabrique de Jean dudit Troyes, confessons que Monsieur Mi* gnard, très excellent peintre, demeurant à Paris, nous a mis en main ce jourd'bui le grand tableau du bap- Usme de s* Jean, qu*il a esté prié de faire pour ladiote église ; et promettons audit sieur Mignard lui payer la somme de mil livres, restans à payer de la somme àluy promise, iûcontinant après qu'il nous aura encor fourny le petit tableau qui se doibt mettre dans

(1) La tradition était déjà confirmée par les témoignages deVabbé de Monville (Vie de Pierre Mignard, 1730] et de Cayius (Vies des premiers Peintres du Roi, : <t Mignard, dit le premier, envoya à Troyes le Baptême de Notre-Seigneur, dont il fit présent à la

pnroisse tic Saiiil-Jcan. C'est dans celle église que Mii^nard avait clé baptisé. » — Présent moyennant quinze cents livres, jolie somme pour ce temps-là.

ladicte église audessus dudit grand tableau du bap-

tesme ; lequel petit tableau il fera suivant l'un des deux dessins qu'il nous a aussy baillez ce jourd'huy» lequel lui sera renvoyé dudict Troyes.

Faict à Paris ce quatorze juillet M. Vie. soixante

sept.

Signé Jean Gouior» Loots Càmdsat*

^ Au dos de cette pièce on lit les mots suivants^ écrits de la main du célèbre peintre :

J'ay reçu la somme de mille livres en une lettre de change sur Monsieur Papillon » qui est pour le reste

du payement desdits deux tableaux.

A Paris, ledouziesme du mois de septembre 1667.

Signé Mignard.

(Original en papier. Archives de TAube, fonds de

Saint- Jean de Troyes).

Ainsi y le 12 septembre 1667, Mignard avait livré ces deux tableaux, et ee jour il toucha une somme de mille Uvret qui lui restait due, et qui, avec un à-compte reçu précédemment , faisait le prix total de son travail. Cet à-compte était de cinq cents livres.

On les lui avait envoyés six mois auparavant, comme le prouve la pièce suivaule :

J'ay reçu des sieurs Jean Goujon, Michel Taflignon, Jacques Tassin» et Louis Camusat, marguilliers de Teuvre et fabrique de l'église de s* Jean de Troyes, la somme de cinq cent livres a bon compte des deux

tebleaux que je faits pour ladicte église laquelle

somme de cinq cent livres je tiendray compte sur le prix fait desdits deux tableaux.

Fait à Paris le 11" mars 1667.

Signé P. Migmard.

(Original en papier^ Archives de F Aube, fonds de

Saint-Jeao de Troyes.)

Les deni tableaux da rétable de Téglise de Saint-Jean de Troyes ootdonc coûté quinze cents livres.

j. B. mmm

Paris, ce 2 février 1BÛ8.

Monsieur,

La somme de douze mille francs, prix convenu avec Madame de Chateau-giron pour le tableau équeste du général Kleber, m*a été payé à différentes époques ; la quittance doit être de même valeur en reunissant les payements, c'est à dire de douze mille francs.

Je suis flate Monsieur, que les deux mots de rensei-

gnemens vous soiLagréable et me procure Thonneur de vous présenter mes civilité.

Regnault

Membre de l'histitut.

A Monsieur Monsieur Hippolite de Chateaugiron Rue de la Concorde N"" 12.

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