SIS
fBepwt. • • • . 7«900#)
Pour les ornemens et menuyseries des deux galleries du
coslé du vaisseau • 2,400
Pour les ornemens de tous les sabordz...* •••••• 700
Pour les oroemens de U pooieine •••• 1 ,000
Pour les pprta-graes et grandes barpes de la prooe. • « • 400
Pour les dix d^eseollals • 1«000
Pour les ornemeos qui sont an dedans dn navire 400
Ponr toute la sculpture i 3,800
Et ponr la despense de Tor, peintures et ouTriera pour peindre et dorer oe qui est ey dessus. . • • • • • • lt,000
En tout « 25,800
Et pour les trois 88,710
b'infrevillë a golbert.
Toulon, 14 febTrier 1668.
Je TOUS iupplie d'avaneer le retour de notre sculpteur par ce qu'il y a icy de quoy l'employer et de me le fiûre scaToir si f auray h faire exeeuter les autres
desseins que j'ay envolés pour les deux autres vaisseaux que vous commanderez au dict sculpteur de nous rapporter.
d'infreville a GOLBEaX.
Toulon, 21 febvrier 1608.
Ce que vous me faites Honneur de me mander qu'avés remarqué qu au dessein de la pouppe de ladmirai que le sculpteur tous a porté, où il a mis mes armest U la fait à mou iusceu» sans aucun ordre que je loy ai# donné ; on luy peut demander^ et sa ré-
ponsc me servira d'excuse s'il veut dire la vérité. Il l'a faict de son mouvemeot. Il y a si longtemps que je travaille à la marine, que je n*ayois pas attendu jusque a présent à faire une chose semblai)le.
Je ne tous seeleray pas que les ouvriers que j'employé ici n'aient imité ceux qui ont travaillé du temps de Messieurs d'Ârnoust et la Guette ; lesquels ont mis leurs armes aux bastiments qu ils ont faict faire du temps de la fonction de leurs charges, qui ont paru mesme aux yeux de Sa Majesté lorsqu'elle a esté icy, ce qu*ils ont faict, ce semble» pour laisser après leur mort quelque marque à la postérité de Thonneur qu ils auroient eu d'estre empioiés pendant leur vie au service de Sa Majesté. Lesd. ouvriers ont creu qu'ils pou- ▼oient faire la mesme chose sans mon ordre. Si vous me le commandés, Je feray rompre ce qu'ils ont faict et commenceray par les dernières qui sont les mien*nés, pour ne rien faire qui puisse estre désagréable au Roy, n aiant point d'autre but que de servir Sa Majesté en toutte fidélité et de luy plaire par ma conduitte.
d'iRFAEVU*LB a GOLBERT.
Toulon , 7 mars lô68.
L'on ne doit point doubter que le Royal-Louis ne sorte de la darse sans estre armé ; il n'aura pas de Teau de reste soubz sa quille; mais on le traisnera comme Ton faict les autres en un canal que faict la
rivière de rEsgoutier ou Ton trouve de Teau sufBsam-
ment pour se préparer et aller à la grande rade d'où l'oa appareille pour se mettre en pleine mer.
Je tascheray de faire dresser le plan du parcqroy;.! et de toute l'étendue du port, où touttes les choses se pourront remarquer/
Le S*^ Girardon est arrivé aujourd*huy. Il y a trouvé le S' Tur^ai» établi avec quelques compagnons sculpteurs qui ont la main à Tœuvre pour travailler à sa pouppe. Je feray en sorte que rien ne leur manquera pour que le Roy soit servy et que ce bel ouvrage soit achevé.
D*INFA£YaL£.
ToUon, ce SO mars 1668*
Le sculpteur Rombaud et Tarant sont venus avant leur modèle qui ne faict que d'arriver; nous n'attendons plus que le S*^ Girardon.
Rook des noms et surnoms des sculpteurs qui travaiUenl présentement dansVArcenal du Roy à Tolon et qui doivent estre employés et desparlis sur les ouvrages qui sont a faire pour ks scu^tures du vaisseau le Royal-Louis suivant qu'il ensuit.
19 avril iGG8.
Escadre ée Nicolas Uvray»
André Ruys, de la Ciolat.
Louis Duperoir, de Tolon.
André Peillon, de Grasse.
Honnorë Peillon , de Grasse.
Pierre du Peroir, de Tolon.
Marc Antoine Dermes (?) de Tolon.
Jaques Thomas, du Dauphiné.
Garçons.
Anloine Levray fils.
Thomas Boulet, de Tolon.
lis
AatolM Aorenf e, 4a Mkt {?;
ou Solis (?).
Eseaére de Guilkivme tfoy.
Aymond Morisot, de Toloxe.
Louis Miot, de Langrcs.
Antoine Murât, de Marseille.
Henri Gbirbonnier» de Brie.
Beymond 6ef » ile.
losepb lena, de Tolon.
Louis lâuard, de
Garçom.
lAoreas Kare, da Castellet Jotepb, de Jardin.
Menuisier.
Gaspaid Bigand» de Toton*
SseadndêGabrUl Imay* Bénie Vayen, de Tolon.
Charles Ponisson, de la Ciolat.
Antoine Ënot, de Paris.
Pierre Terras, de Marseille.
Jean Baptiste Mauville, de Marseille.
Jacques Amoui» delbrseille.
Cbarlea Bovataa, de Tokm.
François lob, de Tolon.
Menuisier.
Jacques Félix, de Tolon.
Escadre de Tureau.
François Golibaud, de Paris* Franeois Amton, de Tolote.
liOiiaLoagieaMMaNoimaadki
Gurçoiu.
FfancoiaDarand, d*Ais« Jean Antoine Morisof .
Pierre 6ensae»de Toloi.
Escadre de Bomlmud.
Joseph Auphant, de Marseille.
Jean François BarieUieTy de Tolon.
Joeepb PeMer, de* • • • •
Garçons,
Noël Descodain, de Tolon.
Philipe Maurie,de Tolon.
Ces deux maislres {Tureau el Rombaud) aurontpoornienuiiier celui qtt*ils cboisirent.
Les ouvriers ainsy despartis feront lesonmgescbaeun en par* ticulier comme il sera cy après speciffiè, scavoir :
Nicolas Ift^if^premièrc escadre ; tous les omemens de la poupe, compris les chevaux marins, le jardin et balustrades, ensemble U sculpture quMl conviendra faire aux fanaux, et 8*assujetir anIaBi quil pourra aux ouvrages de fer qu'il faudra faire pour cet effet.
GuiUaume Gay faira tous les omemens des deux costés dudtt vaisseau conformes au modelle.
GaMelLemBfi iaira tona les omemei» de la ponlayne, It fi«e»
Digiiized by GoOglc
du château d^avant et raccompagnemcnt des figures à la réserve de celles qui seront faites par M'* Romfmud et Tureau.
Lesd. Rombaud et Turreau fairont les figures chacun en parUeolier 8iii?ant quil sera ey après speciffié^ tc«Toir:
Tumm^ la moitié des igures de la peope despuis le haut ju^ ques en bas du cosié de bâbord et led. Romimd Tautre moitié du eosté de tribord.
Et, quantàla figure du Roy en son lit dejuttlee, sera faite par led. Twreau en son total, comme aussy la figure de la pculeioe et fouyrage qu'il y sera nécessaire, et, s'il voit quil n'y puisse fournir, il despartira lad. figure à qui il jugera à propos.
Tous les susnommés travailleront ausd. ouvrages et suivront en eel» le dessein qui en a esté adressé par Monsieur Le Brun (l),pr^ mier peintre du Roy, envoyé à Tolon par le S' Girardon qui en a fait le modelle et dressé les figures le tout avec le plos de conformité et le plus proprement que faire ce pourra suivant le susd. despartement fait par led. sieur Girardon en preseuce de Monsieur d'Infreville, intendant gênerai de la marine. — Ce jourdhuy diz-neufiesme avril 1668.
D'mFRSmLB A COLBBRT.
A Toulon, SI avril 1668.
Par ma lettre du 27 mars j'ay donné avis de Tarri-
vée du sieur Girardon qui trouva icy les sieurs Twreau et Rombaut qui avoient préparé leurs bouticques pour travailler aux desseins de la poupe du vaisseau le Royal-Louis amiral lequel ils avoient conduit avec
(1) a Le vaisseau de jruerre surnommé le Royal-Louis, qui a esté construit dans l'arsenal de Toulon et qui devoil servir de vaisseau amiral dans nos armées navales, est embelli de quatre figures et d'ornemenis de sculpture dont M. Le Brun donna tous les desseins. » MùlUfim kUdiU du AcadimicUns , I» 28»
eux et qui a esté apporté saus aucun dommage. Ledict sieur Girardon ayant reconnu toutes choses disposées à mettre la main à l'œuvre» il a iaict le modelle des deux figures principalles qui Font partie du dessein» et a laissé aux S'^ Tureau et liombaut à faire toutes les autres figures dudit dessein» et aux autres maîtres sculpteurs, que nous avons icy^afaireles costez et gaileries» et luy-mesme a faict le projet et le dessein de la pouleine ou esperon et du cbasteau d'avant du dict navire* et, dans le peu de temps qu'il a resté icy, il n'a perdu aucun moment pour en donner l'intelligence à nos maistres sculpteurs qui ont promis de s'y conformer. Il m'a donné les moyens de les picquer de jallouzie en leur séparant à chacun d'eux ce qu'ils sont obligez de faire et leur donnant un nombre de compagnons pour avancer leurs ouvrages esgallement , dontj'ay faict dresser un roolle qu'il emporte avecluy et qu'il vous présentera pour faire voir comme toutes choses ont esté disposées. Cet ouvrage est de grande entreprise. Il faut un longtemps pour le mettre en perfection. — Je prévois que dans peu il naistra de la jalousie entre nos ouvriers; je feray bien mon possible pour les tenir en leur devoir; mais il est absoluemeiU nécessaire d'avoir un commandant comme le dit sieur Girardon ou une personne de sa suffisance pour conduire un sy bel ouvrage et assujettir les gens de ce mestier, qui ne se gouvernent pas comme les autres artisans, cet art n'estant pus
commun et dont le mérite n'est connu qu*à ceux du
mestier. Je scauray profiter des avis qu'il m'a donnez et apporteray de ma part tout ce que je pourray pour que le Roy soit bien servy. Je luy laisse à vous entretenir de Testât auquel il a trouvé cet astelier et des choses qu'il jugera nécessaires pour perfeclionner cet ouvrage ; seulement je vous representeray qu'on ne parle en cecy que d'un vaisseau et qu'il y en a deux autres prestz à recevoir les mesmes ornemens» sur quoy j'attendray ce qu'il vous plaira d*en ordonner*
n'iKFRE VILLE A GOLBERT.
Toulon, le mai 1668.
Je feray scavoir au sieur Puget les intentions de Sa Majesté et feray mon possible pour le faire revenir icy. Il y a longtemps que je n'ay eu commerce avec luy, ce qui (aict que je ne diray encore rien de la re^ solution qu'il pourra prendre. Je l'exciteray par toutes sortes de moyens à venir servir icy Sa Majesté et d'y prendre la direction et conduite de tous les sculpteurs. Il en est très capable et feray en sorte quil euvoyera les desseins des autres ouvrages à Sa Majesté.
n*INFREVILLB A COLBERT.
Toulon, le S may 1668.
Le S' Girardm estant party je renvoie celle que vous avez pris la peine de luy escrire pour Tobliger à
retourner traytiller aux entreprises qu'il a fiiietespour
le Louvre,
Pour le sieur Tureau^ qui a pria les ordres du S'
Girardotif il s'applique à son ouvrage. Je crois qu'il réussira s*y attachant fortement, mais assurément il proflitcra beaucoup de Iravaillcr sous le S"" Pugetque j'ay averty de venir à Toulon au plus toai qu'il pourra. Les cinq vaisseaux avoient besoin deluy et, si Ton en bastit encore B autres» c est de quoy Toccu-» per. Et quand il ne serviroit qu*i donner rintelligence aux ouvriers qui travailleront sous luy en ces sortes d'ouvrages, je crois qu'il gagnera et méritera bien les appointements qu on luy donnera.
Je feray eonnoisire au S*^ Tureau Fordre que j'ay de payer son logement. Cela Texcitera à mieux faire» Il est habile homme et commence fort bien» mais» comme le S*^ Rombaut et luy sont d'un mesme adge» il y a desjà de la jalousie entre eux et certainement ilz ont bezoin d'avoir une personne par dessus eux d'aage et d'expérience pour les obliger au respect et à l'ordre qu ilz auront à tenir pour perfectionner ce qu'on leur donnera à faire.
n'iNFREVILLE À GOLBERT.
29 may 166S.
Le S' Girardon a faict comme M. le P. Président ; il a dressé des taemoires et des ordres» mais je ne suis pas sans peine de les faire exécuter. Le sieur Tureau,
qu'il a laissé icy, n'estaot pas de son poids ni de son mérite» ne s'acquiert pas de créance auprès de nos
maislres sculpteurs qui l'envyent et ne i ont pas en esdme. Il a eu desja des desmeslez avec eux et un des compagnons qu'il corrigeuitdans son travail» estant en sa bouticque, 8*est jetté en relie d'un autre ; deui journées après alla en la maison du dit S*^ Tureau rinsulter rompant sa porte, ayant Tespée en main. Ce qui, m'estant rapporté, j'ay refréné cet insolent eu le faisant mettre en prison. J'en fais informer pour le chaslieret mettre les autres en leur devoir : il est tout à faict nécessaire d'avoir un homme d aage et d autorité pour conduire toule ceste jeunesse. — J*atens le sieur Fuget que vous m'avez commandé d appeler qui sera très propre pour cela. Jen'ay point encore eu de ses nouvelles sur ce que je luy escris. Sy tost que j'en auray, je ne manqueray de vous en donner avis.
Noteenmarge de la main de Colbert : Il faut appuyer Tureau et ne point donner à Puget Texecution du dessin de Girardou qui ira encore faire un voyage au mms de septembre.
dWreville a colbert.
Tmi1od« 19 juin 1668.
Je «OQStiens icy le sieur Tureau comme il faut. Il a eu à demesler avec tous les principaulx de ce mestier. Btdolphe tBtmi de leur parly , je les ay entendus en leurs raisons et j'ay obligé le dict Rodolphe à se con^
su
former à ce qu il ordonne à tous les sculpteurs et de suivre le modelle donné par M Lebrun en donnant les mesures à son arrière suivant l'ordre des figures, soustiens et ballustres. J y prends tous les soins possibles, ce qui reussiroit beaucoup mieux sy j'avois icy M. Girardonf homme de conduite sage et très prudent ; mais ce que j'ay icy de vieils maistres ont peine à se laisser gouverner par le S' Tureau et la jeunesse fort volontaire et insolente se sousieve et mutine. — J y mets la main de la bonne sorte.
J'attends le sieur Puget qui a peine de partir de Gènes. Il me mande estre au lict et qu'il partira aussitost que sa santé le permettra. Je luy feray entreprendre lo Monarque et le Daufin royal; ce seroit tout gaster que de luy faire mettre la main au Bayai Louis.
n'iNFREVILLE A COLBERT.
iOjuiUet 1668. Toulon.
J'ay enfin obligé le sieur Puget à venir icy où il est arrivé depuis deux jours* Il n'a veu qu'aujourd'huy les ateliers du Roy qu'il a parcourus» particulièrement celuy des sculpteurs où il a veu des desseins et modelles sur lesquels on travaille pour la poupe de VAmiral; il en fait beaucoup d'estime et admire la diligence qu*on apporle pour achever cet ouvrage. Il est sy fort attaché à travailler au marbre qu'il voudroit bien avoir de quoy s'occuper à ces sortes d'ouvrages.
Il m'a tesmoigné qu'il auroit peine aujourd'huy à s'assujettir à travailler de sa main aux ornements des deux navires auxquels on n'a point encore travaillé jusqu'à présent, mais qu'il se portera volontiers adonner ses desseins auxquelz il fera travailler par les sculpteurs qui sont icy, qu'il visiteroit souvent pour les corriger s'ilz manquoient aux proportions qu'il leur auroit données, et il seriible que c'est ce qu'on peut espérer de luy. Car asseurémenl il a acquis une telle réputation par les pièces qu'il a faites et laissées à Gennes que ces messieurs se sont engagés à lui faire continuer de semblables ouvrages, à quoy il ne s'engagera pas s'il est commandé de S* M. de taire quelque pièce qu'il pourroit envoyer toute achevée aussi bien que le marbre qu'on emporte d'icy pour le Louvre. Je le mesnageray le mieux qu il me sera possible et tireray de luy ce que je pourray pour Tentreprise des poupes et pouleines du Daufin Royal et du Monarque. Il m'a proposé une chose depuis son arrivée que je ne crois pas à rejetter, qui seroit de faire 5 ou 6 modelles de poupes qui serviroient de desseins pour tous les navires qu'on bastiroit à Toulon» auxquelz, en diminuant quelques figures tantost à l'un» tantost à l'autre, et en y posant d autres^ cela y feroit quelque différence et contenteroit ceux qui s'entendent à cet art» et serviroit d'ornement à tous les vais* seaux qu'on pourroit bastir, ces sortes d'ouvrages ayant une relation les uns aux autres ; et il ne seroit
pas nécessaire de faire autant de modelles comme on auroit de navires ; je scauray proffiter de son séjour et tirer de luy tout ce qui nous sera nécessaire de son art*
D*INFREYILLE A COLBERT.
ToaIon,24jDiUetl66S.
Je tascheray, si Sa Majesté vient icy, de luy faire
veoir V Amiral achevé de charpente et de sa masture» gamy de ses funins et de tous les agrèz nécessaires pour sa navigation, à la réserve du canon, jusqu'à le faire sortir de la darce» sy messieurs de la ville avec leurs pontons me donnent assez d'eau. Je ii'oserois rien asseurer de la sculpture^ c'est une chose qui me passe et où je vois tant de longueurs que je n'en puis rien dire. Il y a ensuite la dorure à quoi on n'a pas en^ core commencé et qui ne s'applique que quand on a placé les figures avec tous les thermes de la gallerie et ce qui suit semblables ouvrages. Je me suis assuré de ïor nécessaire et l'on y mettra la main aussy tost qu^il y aura sujet de le pouvoir faire. Je fais achever de travailler suivaut les modèles donnez par M. Brun sans y rien changer. J'en laisse la conduite au sieur Tureau , et comme il est jeune j'ay peine à assujétir de vieils sculpteurs qui travaillent sous luy comme je lay mandé, mais je le soustiens en tout ce qu'il désire et ay obligé les autres de luy obéyr. J'ay les deux autres vaisseaux qui suivent le Royal Louis et
qci s'ataocent fort. Je feray en aorte de lea mettre au
mesme estât que YAmiraL Cela pourra contenter S. M.» n'ayant point de plus beaux vaisseaux à la mer
que ces trois Gomme je fais suivre icy
les desseins que M. Le Brun m'a envoyez et quil y a eneore beaucoup à ajouster à rembellissementet ma. gnificence du Royal LouiSf je vous supplie de le faire travailler aux desseins des peintures qui sont à faire à la chambre et aux dunettes où l'amiral a coutume de donner ses audiences & ceux qui viennent lui rendre les honneurs qui luy sont deubz. Cela doit avoir suite aux ornements de la poupe. Il faut aussy y ajouter les emblesmes suivant les desseins ; nous n'avons point de personnes capables de cela» ceste ville n'estant remplie que de marchands et pesclieurs. Vous aurez agréable d y faire travailler et de nous envoyer ce qui aura esté résolu sur ce sujet.
Je crois que c'est vostre intention que de préparer un canot magnifique et raisonnable pour servir à Sa Majesté venant en ce^ort, aûn de se transporter sur ces vaisseaux aux lieux qu'il luy plaira visiter.
b'irfbubville a colbert.
Toulon, 14 août 1668.
Je n'aurois pas manqué d'envoyer le plan des chambres et logement de la poupe de lamiral, mais elles
ne sont pas encore réglées, dans la crainte qu'on a de
ne pas faire ces departemens au grey de S. A. J'en-
vo^erois bien un plan de toute Testendue de la place ou ces départeniens se doivent faire» mais en y apportant du changement, en les faisant pour la commo* dité du commandant, je ne le puis pas faire avec toute la justesse qu'on le scauroit désirer. Et il me semble que le peintre qui nous envoyera le dessein qu il peut (aire en petit, se pourroit faire en grand selon le lieu ordonné pour les y mettre» et sur ces desseins en petit y mettre les emblesmes qu'on jugera les plus propres aus ditz desseins.
Ue la main de Colbert : « Il faut de nécessité avoir
le plan de la place pour résoudre les appartemens et orncraens. »
.le feray travailler dès cette semaine à un canot pour S. M. Le sieur Puget contribuera beaucoup à l'embellisseuient de ce petit bastiment (^).
NotedeColbert: « Il ne i<iiuy|as quil soit si pressé. Qu'il ordonne au sieur Puget de faire le dessin d*uiie poupe de vaisseau et me l'envoyé» pour connoistre ce qu'il sçait faire. »
(i) H. Henry a conau ce passage (p. 8â) ; mais la copie qu*on lui avait envoyée, ou ton imprimeur, a mis par erreur enwi aa lieu de canota
0*I]!IF]UfiVlLI.B À COUVERT.
Toulon, 28 août 1668.
J'atteodray la chaudière et ustencilles de Testuve qae j'ay demandez à son temps. Je feray cependant eslever les bastioiens où les loger, et» comme ces choses s'establissent presque d*une mesme manière et n'y ayant de changement qu'aux chaudières qui sont plus grandes ou plus petites, je feray disposer la chose suivant les mémoires que j'ay envoyez. Le Flament qui est icy en a donné Tintelligence au sieur Pu^et qui est autant habile à l'architecture qu'aucun homme qui s'en puisse mesler. M. Arnoul (1) l'envoyé quérir pour le consulter. MM. les Echevins de Marseille m ont prié de l'envoyer aussy pour dresser le dessein de leur porte royale et les alignemens des rues et agrandissemens de leur ville. Il me demande tous les jours que vous ayez agréable de luy
(1) U était intendant à Marseille depuis le 10 avril 1665. Plus tard, le 1*' toûi 1673, H foi nommé intendant de Levant à Toulon; mais
il dura peu dans ces fonctions, où il mourut le 18 octobre 1674.
Malgré ce litre d'intendant de marine à Marseille, ce n'est pas de sa veuve que Saint-Simon nous parle à l'occasion de la vision du maréchal de Salon. M"" Arnoul s'était remariée au fils d'une dame de Ru, â^é de vingt-sept aus seulement. — L'iiistoire du lils d*Arnoul, qui rat aussi plus tard intendant des galères, me porte k penser que c'est à la oame de Ru même que se rapporte le portraii tracé par Saint-Simon. Mais le nom d'Ârnoul qu'il lui donne fa t supposer que celle femme, qui avaitdominé toute cette famille depuis sa rencontre avec le père aux bains de Digne, couronna tous ses artifices en se faisant épouser par le ûis, dont la femme, eu 1676, mécontente de tout ce qui se passait dtez elle, s*était retirée dans un cou?ent de Lyon. (P. M.)
Digiiized by GoOglc
envoyer quelques deeseios de figures de marbre pour
8*occuper et qu il vous les envolera toutes faictes et acomplyes.
d'infreville a colbert.
TouJoo» i seplembre 1668.
Tay fait voir au sieur Puget ce que vous désirez pour le canot qu on doit préparer pour S. M. Il se promet de faire quelque chose de beau» et travaille au dessein de la poupe du Monarque, Il dit de ue le pouvoir rendre prest que dans deux mois. Ce sont ouvrages où il faut de rapplication quand on les veut bien faire. Lorsqu'il sera achevé je ne manqueray pas de vous renvoyer, et, si vous trouvez boUj il raccompagnera luy même.
d'infrëville a colbert.
Toulon, 2 octobre I66S.
J'ay receu par cet ordinaire les deux médailles de S. M. J*en ay conféré avec le sieur LandauilleUe (1)
(1) Landouillot ou Landouilicile, de Nantes, élail alors le maître fondeur de Toulon; mais le procédé qu'il cinployail pour la toute des canons en cuivre lui rèussimit mal, et d*lnrreville, s'irrilant devoir loujoiirs des fonics manquécs^it dut céder la place au sieur
Baube(Cf. p. i63\qtii lui plus heureux. Cfpf tid.inl, roconrm de Colbert comme fort liat)ilc dans la f )mIo dc^ c i ifMis de fVr, il fut envoyé par lui h la fonderie de Bcaunionl <mi Nivornois averses doux {ils. C'est à l'un d'eux, je crois, plutôt qu à i< ur père, qu'il faut attribuer rinvcnUon d'une balle ardente. Colbert, en ordonnant à Ar- Doul et à Duquesne d'en faire 1 épreuve, ditque selon Landouillet, elle s rail d'un f;rand cnel dans les combats de nier. (Lellre de Colbert, 2H mars H>T7.)Les év< nemerits ne lardèrent pas h le prouver. Ce LaiHiouilIel , i|ui suivit d'Iisirées a l'expédition de Tabago,^ lit, du truibicnie de ses terribles projectiles, sauter, avecle
etleweur Puget qui ont jugé celle de 66 plus propre
à mettre sur les canons qu'on va fondre. Elle sera gravée eu cuivre pour servir à tout ce qu'on fondra k l'avenir, ce modèle s'imprimant en cire dans les moules où les canons se coulent qui en font la mesme figure.
n'iNFREYlLLE ▲ GOLBERT.
Toulon, 16 octobre 1668.
M» Girardon (1) arriva îcy le jour que j'estois party pour aller à Aix; il est retourné à Marseille où il avoit déjà passé, M. Arnoust Ten ayant prié pour accompagner le sieur Puget qui leur a donné un des* seing merveilleux pour ce qui est à faire à Faugmentation de la ville qu ils ont projeté de faire et à quoy ils doivent travailler au premier jour; nous nous ren« contrasmes en chemin. Le sieur Girardon m'asseura qu'il seroit icy dans deux jours pour continuer son voiage de Rome et qu'il ne partira point d'icy sans
magasin à poudre du fort, ramiral Binck, 16 officiers et plus de 2:jO soldalii, ions déchirés on étoutt'és ou brûlés. Ce succès porta d'Eslrécs à demander qu on eniplo\ài plus sou vent ce irisie moyen de guerre; Âlger et Gênes fureut de nouveaux théâtres où ce Laodouillel montra son habileté et son courage. Commissaire général de l'ariillerie en 1687, il fut lué à une épreuve de bombes. — Landouillet, dit le jeune, fut aussi commissaire général de Tartillrne et mourut en 170i>. (P. M.)
(1 ) Quelques -uns des prissai^es qui, dans les IcUres suivantes, se rapportent >lricteuu'ut à Girardon, ont déjà puiu d ins les Mémoi' res inédits des Académiciens à la suite de la notice de Guillet de Saint-Georges sur ce sculpteur, 1,305-6. Mais, ne pouvant les supprimer ^anî* muiilcr les fragments que nous donnons, nous avons préléré les reproduire. (A. m IL)
me laisser les mémoires qui sont à faire pour accom*plir le dessein du Royal Louis amiral.
d'ikfreville a colbert.
Toulon, 30 octobre iSSS.
Le sieur Cirardorit qui est revenu de Marseille après avoir satisfaiet M. Arnoust pour Tembellissement des pouppes des galères, s'est attaché à corriger les figures de la poupe de Y Amiral que le sieur Tureau n'avait pas n)is en perfeclion. Cela n'avance pas notre ouvrage parce qu'il fault retoucher les dites figures pour les rendre plus gaves et les décharger de bois. Ledit sieur Girardon s'y applique fortement. Il auroit esté à désirer quil neinous eust pas quitté, cet ouvrage auroit esté plus parfaict. Gela l'oblige de séjourner icy plus qu*il ne pensoit; je Texciteray volontiers à cela, car je vois bien qu'il y est tout à fait nécessaire. Il y a plaisir à le voir agir et on ne sauroit assez estimer sa conduite et sa manière d'agir.
n'iKFAEVaJLE A COLBEAT.
Toulon, 30 novembre 1668.
J'ay beaucoup de déplaisir de ne pouvoir pas diligenter la sculpture comme je voudrois; il nous manque des ouvriers et c'est un travail qui est long à faire. Le sieur Girardon est fort sujet sur les atteliers et travaille de sa main partout. Il a réparé à merveille les figures de la pouppe de Y Amiral. Il les a déchargés de plus de moitié les ayant fait creuser par dedans.
Le mal n*est pas si grand qu'on le faicU On est obligé
à suivre le desseing et ce qu'on fait en Tavant ne fera pas tomber le vaisseau. Ce sont navires bien fortifiés
de bois et de (er. S. M. en sera contente lorsqu'elle les verra.
Je n*oserois me promettre qu'il puisse estre en sa perfection de sculpture et de dorure lorsque S. M. sera icy. Tavois eu la pensée d*y mettre des dorures avant que toute la sculpture fut posée» mais Rodolphe et les sieurs Girardm et Puget me font différer jusques à ce que les sculpteurs en soient sortis. C'est sur eux que je me dois régler. Je n'ay pas laissé de faire travailler dans la salle de la fonderie aux petits ornements qui se doibvent appliquer aux sabords et qui se peuvent ai* sèment transporter,
n'mVFRBVlLLB A COLBERT.
Toulon, 27 novembre 1668.
Je fais travailler à tirer le Dauphin Royal pour le
mettre à costé du Royal-Louis amiral et le Monarque suivra pour le mettre de l'autre bande et ce grand vaisseau au milieu fera une figure qui sera agréable à Sa M. Mon déplaisir est de ne les pouvoir achever de sculpteure et doreure. Ces ouvrages sont longs, Il se rencontre peu d'ouvriers; nous faisons bien nostre possible pour achever le Royal-Louis.
Ma pensée seroit de le mettre au milieu de la darse armé de tout son canon, équipé de tous ses agrées, les veilles enverguées avec ses pavoisades ; j'y adjouste-
roU ses flammes et pavilloDs, si vous avies agréabts
de nous envoier les étoffes pour les faire, comme vous, m'avésfaicicoanoislreque vous vouliés ea faire prea» dre le seing. Sur quoy je prendray la liberté de vous dire que» si ïon faict laire 1 esteudarlde l'arrière qui doibt estre grand, il seroit mieux de dorer les armes du Roy» ses sousliens elcouroone et fleurs de lys dont il doibt estre semé, que de dire ces ouvrages de broderies» qui rendroieul ce pavillon si lourd que le vent ne pourrait le soutenir ni faire battre sans qu'il se rompe.
Je fais faire un canot qui» je croy, plaira au Roy » il
le faudra enrichir d'un k-adelet de brocard, de ses carreaux et de leur suite. Je ne scaj si je feray (airs une chaire pour servira S. Majesté, lorsqu'elle vou-^ dra visiter ses arsenaux et si on préparera quelque chose, quelque arliiice ; enfin je voudrois (aire prepar rer quelque chose qui luy fust agréable.
« n'UlFREVILLE A COLBERT.
Toulon» li décembre 1668. >
Jamais le sieur Girardon a a si bien employé son temps qu'à corriger les défauts que le sieur Tutem avoit faicts et faict faire à tous les ouvriers du parc auxquels il eommandoit» le croyant capable» et qui m'avoit esté laissé pour faire accomplir le dessein du RaytU Louis qu'on avoit projeté. Il a besoing d'arrester encore icy cette semaine pour adiever son modèle
et sou dessein du Royal Dauphin et partira dans le commencement de la prochaine ainsy qu'il ne manquera pas de vous le mander en réponse de celle que vous m'avez fait adresser pomr luy donner.
d'infrethlb à colbert.
Toulon, 18 décembre 1668.
A ma depesche se joinct le dessein d'une gallerie que vous envoyé M. Girardon dans un estuif de fer« blanc qu'il a fait travailler icy sur son modelle par un homme qu'il a jugé capable de le faire, ayant esté sy fort attaché au dessein du Royal Dauphin qu'il l'a mis en estât de s en pouvoir servir à présent pour imitter et ^l'attacher à la poupe du vaisseau dont le mesme homme qui a travaillé à ce qu il vous envoyé fera un semblable dessein d'après le modelle qu'il a faici pour vous esire envoyé. Il cognoist sy parfaictement ce qinl nous faut laisser en son absence pour imiter qu il n'a pas pu partir plus tost ayant donné son temps avec si grande application que nous tascherons de seconder ses bonnes intentions en faisant suivre les modèles qu'il nous a laissés. Il me promet en son voyage de nous envoyer des sculpteurs ; je Tay prié de régler des prix avec eux et j'auray soin de les faire employer et payer.
d'infretille à colbert.
Toulon, 25 décembre 1668.
M* Girardon est parti de dimanche dernier, a pris sa
route du costé de Gennes. H m'a laissé un modelle de
la pouppe duDaupAmiioj^alquiestparfaittemenlbiea feiet et approuvé de tous ceux du mestier ; on y travaillera auss^tost que le Royal-Louis sera achevé. Je le fais tirer sur uu papier pour tous I^envoier, attendant que vous le puissiez voir icy en original, si vous accompagnés Sa Majesté en cette province comme je nVn doubte pas. J^aurois bien voulu Tengager à nous dresser la poulaine du dit vaisseau. Il m'a dit qu'il re* mettoit cela k son retour qu^il promet faire dans trois mois. J'ay regret de le voir éloigné» sa manière d'agir le faisant chérir de tous ceux qui le connoissent. Il me doibt envoier des compagnons de son exercisse et mesme des peintres» s*il en trouve aux lieux où il doibt passer.
d'infrevoxe a colbert.
22 jaDvicr 1669. Toulon.
Nous faisons plus que le possible pour achever les trois grands vaisseaux le Royal Louis^ le Dauphin Royal et le Slonarque. Mais jusques à présent nous n*avons point commencé la sculpture des deux àer^ mers. Si l'on prétend s'en servir, il faudra attendre à leur retour à leur mettre leurs omemens. On travaillera en leur absence ; car à peine avons nous des hommes de cette profession pour achever le Royal Louis. Ce sont ouvrages de longue haleine et le grand travail
qu'il a &Ilu y faire nous occupe tous les sculpteurs
peintres et doreurs.
D*INFREmL£ A GOLBERT.
26 février 1669. Toulon.
Nous âvons mis des ouvriers sur le Monarque autant qu'il en peut contenir. Il s'achève de charpente les menuisiers y sont en grand nombre» et,
quant aux sculpteurs, nous ne les y pouvons attacher qu'à mesure que le modelle se forme» à quoy le sieur Puget est occupé.
Mémoire des choses que S. A. de Beaufort demande pour son tendelet et ameuhlmeat.
14 mars 1669.
Du damas aurore et cramoisy pour un lit pour Son Altesse. Le lit de six pieds à trois pouces, large de quatre pieds; ce lit avec les pantes, bonnes grâces et autres ornemens, ayant pour crepinne nne campane de mesme colleur que le damas. Il iaut douze chefs. 11 faut aussi quelque petitte estoffe joUie comme broquatelle de Paris, damas deLuques ou Casai pour tapisser la peltite chambre de la dunette»
Quand à la chambre du conseil il faut la tapisserie riche d'une belle broquatelle de Venisse ou de quelque autre estoffe riche et cUbrcher quelque beau bro-
quart» ansien ou moderne» ou quelque vellour de Millau T. nr. 17
à font d^or pour faire on dais de faustoeil; eheft;
carreaux à ua tapis de table.
Il faudra aussi quelque petite estoffe pour tapisser la petite chambre joinaot celle du conseil avec un lit de repos afin que le lieu servit de cabinet à son A.
Pour le tandellet je opine que le dessus soit de ve* leurs cramoisy avec le dedans d'une petite estoffi dW a bon marché et les rîdeaux de damas double de la mesme estoffe et piqués d'or» les tapis de vellour avecles carreaux, et qu'on ramplice le fons d^un escus^ son du Roy et les coltés des armes de S. À*
Il faudra aussi un tapis de pied et un beau miroir.
(Ecriture de dlofrevUle ; sans sifpiatare.)
D^niFAEVILLE ▲ GOLBERT.
Toulon, 0 juillet 1669.
La ebarpente s'achève des vaisseaux le Parii et
Ylsle de France. Nus officiers et maislres sculpteurs ne prétendent pas (aire tant d ouvrages à la pouppe de ces deux derniers vaisseaux qu'ils en ont faict aux autres. Ces ouvrages tirent si fort en longueur qu'il faut asaurément les diminuer si Ton en veut sortir. Le sieur Puget doit y travailler. Lorsqu'il les .aura achevez, je ne manqueray pas de vous les envo3fer aussy bien que co qu'il a fait au Monarque^ dont assurément vous sereft eontent. Au moins Son Altesse (Bd. de Beaufort) en est sy satislaicte qu'il ne se peut pas
tl9
d'advantage (1). L'en siByni les ordres que vous noue
donnez en tous ces travaux afin que les desseins 8*exécuteal bien et quH ne soit rien épargné à la matière.
Pad ousteray encor . . . . rue S. A. deBeaufort, en appelant aujourd'huy Rodolphe et Coulomb maitree charpentiera et Du Lae et Truffant maistres d'équipages» a recherché de scavoir quand la charpente du Monarque pourra estre finie et la caresne faite. Ils l'ont assuré que dans la fin de ce mois le tout seroit en estât ; mais le S'Pugetf qui a esté aussi appelé et interrogé quand il pourroil mettre le dict vaisseau avec les omemens pour sortir sans difformité, a demandé quinze jours davantage et promis le rendre prest dans dans le quineedu mois d'avril; sur quoy.ron a jugé qu'il ne falloit pas espérer que Tt n pust estre en estât d'embarquer les troupes qu'à la fin du dict mois d'avril et c'est sur cela que Ton doibt prendre ses mesures pour les faire marcher.
(1) Il n'était pas toujours si gracieux. On peut voir, dans le p^re Bougerel, p. 26-9, une bonne scène enlre lui el le l'uget.— M. Henry (p. 28) fait remarquer qu'Enneric David el Pous se sont trompés e|i oisanl qae le vaisseau du duc de Beauforl périt dans Texpèdiiioa de Candie, puisque le Monarque figure dans les états de répara* tioDS exécutées sur divers Taisaeaux en 1677 et années sui» vantes. (A. nx H.)
D*IIIFRETIIiLE ▲ GOLBBRT.
Toulon, 23 juillet 1669.
Il (mon fils) sera surpris comme moy du mauvais estât auquel on vous a rendu le dessein dn Royal Dauphin; il estoit roulé sur un morceau de bois couvert de fer blanc ; il faut qu'il en ait esté tiré et manié, s'il vous a esté donné rompu ; c'est la seule précaution que Ton y peut prendre; j'ay à vous envoyer ce* luy du Monarque comme il est sorty ; mais je le mettrai en quaisse sur nne lame de cuivre pour le conserver plus en son entier, et, si le Roy Ta pour agréable, j obligeray le sieur De la Rmt peintre, à dresser une toille pour tirer le Royal Louis en toute sa grandeur pour luy envoyer; il lui faut du temps, mais Tou-
vrage sera beau et curieux J'ay encore icy Lan-
douUlette que S. A. a bien envie de raccrocber ; et, pour avoir sujet de le retenir il lui a donné un buse {sic pour buste) du Roy à jetter en cuivre ; à quoy le sieur Puget a bien aydé. Cet ouvrage est fiict; ne reste qu'à le poUir et réparer.
d'infreville a colbert.
30 juillet 1669. Toulon.
J'envoie au sieur Girarim le marché que je suis prest à conclure à prix faict pour exécuter le desseiu du vaisseau le Royal Dauphin qu'il a faict, dont copie vous a esté envoyée par mon fils, afin qu il nous mande si le prU en est excessif et ce qu'on y peutre* trancber.
.... Quant à ce qui concerne le Paris et Vlsle de
France, le sieur Puget endoibt faire les desseings qui s'exécuteront en moins de temps («tâ; mois). Sitost qu'il les aura dressés je ne manqueray de vous les envoyer. Il a esté mandé ces jours icy de M. le président (d'Oppëde) auprès duquel il est retenu (1); à sou retour il ne manquera d'y travailler.
D*INFfiEmLB A GOLBERT.
Toulon, 13 août 1669.
Je viens de recevoir celle que vous m'avez fait rbonneur de m'escrire du 2* de ce mois en response de la mienne du 23 passé. Puisque vous n'approuvez pas que je fasse faire le dessein du Monarque, je n'y ferai pas travailler si vous ne me Tordonnez, après vous avoir représenté que celui que M. Girardo» avoit choisy pour tirer le Royal Dauphin sur son modèle en relief qu'il a laissé icy pour estre suivy et mis en sa perfection, n'a pas bien réussy, ce qui est cause que vous n'en avez pas été bien satisfaict.Mais^sy le sieur de la Rose, peintre» veut s'appliquer à tirer sur une toille le Royal-Louis, je croys qu'il vous contentera aussy bien que le sieur Puget que j'ay engagé à tirer le dessein du Monarque et ceux qu'il fait pour le
(1) Sansdoulc pour s'occuper avec lui de l'agrandissemenlde la ville, du parc de la marine, des magasins, elc. Celle commission fonctionDait en ce moment. Voir la ieiire de d'iufreville du 17 septembre 1669. (L. û.)
Ht
Paris et ïhle de France» Si vous le trouvez bon, je ieâ laisseray achever et les envoieray à S. M.» non parla Yoye de la posle où tout se brise» mais par le Rosoe et le coche d*eaue» qui rendra le tout a Paria sans nulle fractioDy eu les faisant bien emballer. La voiture eu sera longue; mais Ton les recevra en bon estât»
Je fera) bien mon possible pour que la sculpture et dorure du Royal LauUf Dauphin Royal, le Monarque^YIsle de France et le Paris soit achevée pour servir la campagne prochaine ; car de charpente, menuiserie et masture , ils sont en estât, et nostre plus forte application est d achever le Sceptre, la Thérèse- Royalle, la Mfidame, le Jolly et le Rnby que nous espérons mettre en estât d ins le temps que les charpentiers Tout certifié ta mémoire qui vous en a esté envojfé (1).
Le Royal Lêvh,
Le Monarque.
L'isle dr Prsnceapp.
en lG771e Ljs.
Le Daopbia rayai»
LeScepire.
La Royale T!^ér^sc, appelée ea 1677 le Saint-Esprit.
La Mailanie. en 1677 api>clélf Poin|icux
Le Joly, en 1077 appelô'lc ttenry.
LeRuby.cn 1077 appelé le Florissant.
Vaisseaux du premier rang.
Leur p >rt
Leurs
iMeds
Leur rons-
toiineriux
leau.
tructeur.
lOi
Rodolphe.
Si
âO
Andîbert.
Poinmel.
Coulomb.
Leurs qoaiiiiiinMii
les étals de l«l Fin f oiUer.
Bon voilier.
N'a point sertf.
Fort bonviisiean.
Vaisseaux ée second rang*
Rodolphe.
Très-in Toflier.
Gueroard.
Bon Toilier.
Rodolphe.
Fin Toilier.
d'infueville a colbert.
Toulon, 20 août 1669.
J'ay bien incisté à obliger ceux qui auront à faire
la sculpture du Royal Dauphin de la rendre preste dans quatre mois. Us n'en ont voulu tomber d'accord» et ic sieur Puget m'a assuré qu'ils prennent le temps trop court.
D'nfFREVaLB À COLBERT.
Toulon, 8 septembre i669.
Je feray commencer par les sieurs Puget et la Rose
les modèles des trois grands vaisseaux du Roy pour les mettre cbacun séparément «n une toile. Ce sont des ouvriers qui se font valloir et sçavent prolonger leurs ouvrages pour se rendre nécessaires. J ay à conduire quantité de ces sortes de personnes de cet humeur et je connois que ceux qui paroissent les plus empressés ne sont pas ceux qui servent le mieux. ..
Je me trouve si embarrassé des sculpteurs à gages et à journée que je me résous à abaisser la sculpture à prix faict. J'ay envoié à iM. Girardon l'estime que j^aj (ait faire de son modèle du Royal Dauphin qui est à 7,500 livres. J'attends la réponse. Le Paris et Vhle de France n'iront pas à la moitié : ce sont des yab-
seaux où il ne reste que ces ouvrages à achever
Baube m^a asseuré vous avoir envoié les estats des pièces qu il a fondues à Narbonne et à Pignerolles
avec le compte arresté du payement qui luy a esté faict en Tartillerie auquel on luy a alloué 400^ pour pièce. Je luy en demande les copies qu'il ne m'a point encore présentées. Ces sortes de gens ne peuvent joindre avec les sculpteurs et les peintres qui sont plus difficiles à gouverner que tous les autres ouvriers.
l>*INFR£VlLLfi ▲ GOLB£RT.
17 septembre 1S69. Toulon.
Je me suis donné riionneur de vous escrire la conférence que nous avons eue avec M. le chevalier de Clairvilie (1) en présence de M. D'Oppède et Arnoul» qui a dressé plusieurs desseins et divers plans
(t) Le chevalier de Clcrville, eommtmire |;ènèral des fortificati( ns, éiaii pour ses laleDls en grande esUme auprès du roi et de
srs minisires.
fcln 1C60, le roi môme lui en avait donné une marque éclatante par le préscnl d'un riche dianiant, avant son départ pour Marseille, OÙ il allait presser les travaux delà citadelle. — Clenrille était appelé pour toutes les grandes affaires. En fl664,chargé d'examiner le pr ojet de joindre l'Océan à la Médilerranéc, il visitait les principales rivières du Languodor. — En 1063, il assistait aux coutéren- ( cs tenues sur Tèial des porls el dos liavres du royaume, et en lUUU il se rendait dans ceux de la Normandie. — Un mémoire du 12 février 1669 nous indique ce qu*il devait faire à Toulon, après avoir vu à Hochefort ce quMl y avait de plus convenable pour rétablissement d'un grand arsenal de marinCf après avoir donné en Languedoc ses avis au sieur Riqucl, entrepreneur de la commuiiicalion des mers; à Marseille, il devait également présenter les moyens qu'il jugerait les meilleurs pour Ic'curage du port etlagraodissement de la vUle.
Le plan de Tagrandissemcnt de Toulon élait aussi Tobjel de sa mission. Arrivé dans ce port, il devoiten connoUre les difficultés, les examiner avec le cardinal de Vendosme, les résoudre et ensuite faire les plans, estimations et devis de tout ce qui serait à
Digitizocl by Googlc
de ragrandissemeiit de la ville pour y trouver le nécessaire pour augmenter le parc de la marine el y disposer des magasins, corderie, hangars et toutes les commodités pour l'armement des vaisseaux. Nous sommes tous dans le sentiment que en nous donnant de la place l'on trouvera aisément les moyens de disposer les basliments en leurs plasses le plus commodément qu*il sera possible, et, comme M. de Clairville n*a pas désiré que le sieur Puget feut appelé en ces conférences» M. le premier Président a jugé à propos que le dit Puget (1) mit la main au créon pour trasser un plan quil a réduit à moings que le premier projet
qu'il en avoit fait. S. M. aura de (quoi) choisir
Nous avons trois poupes de vaisseaux à faire, qui sont le Royal Dauphiriy le Paris et 17^/^ de France. Von pourra en donner une à conduire parle sieur Turveau et laisser le Ptoyal Dauphin au S*^ Levray, père
faire pour en commencer le travail dans ranuèe. Voici trois points
de son instruction relativement à Toulon.
1° Examiner, de mesme résoudre el faire les devis de tout te qui est à taire pour changer le lict du ruisseau appelé rÉgouUier^ qui tombe dans le port et le transporter ailleurs.
fin mesme temps, il faut faire les desseins, plans, devis et améliorations de tous les ouvrages oui sont à faire pour Tarsenal après avoir pris Tadvis de tous les plus babiles officiers qui sont sur les lieux.
3° Examiner si la Darce pourroit eslre vuidée û'eau pour enlever les vases el la creuser avec ulus de facilité, voir aussy ce qui est à faire pour creuser rentrée ae la dite Darce» en sorte que les {grands vaisseaux en puissent sortir, et sur le tout donner son advis
au sieur d'Infreville. P. M.)
(1) Au dos de la pièce, de la main de Colbert: « Envoyez-moy U dessein du S' Puget alla que je le puisse examiner. »
el fils* Il y a trente tns que le père est attaché an
service du Rov ; c'est luv nui a fait tous les ornemens du yaisseau la Reyne el le Bre%é, le Saint-Philippe^ et de tous les vaisseaux qui se sont baslis depuis trente anoées. 11 est abiile eu son meslier et nous avons encore le petit Flaman{\ ), à qui M. Girardm avoit séparé la moitié des ornemens du UoyaL-Louis et qui les a achevés deux mois avant le sieur Turreau et lui a aidé à achever son costé. Ce travail pourra lîuir à la lin de ce mois ayant esté obligé de laisser quatre tritons pour avoir mal pris ses mesures. 11 est jeune et auroit besoin d'estre encore conduit par quoique bon mais* tre. 11 est débauché et querelleur et en vint aux niaius dernièrement avec les sieurs la Rose et Puget pour luy avoir dit d'achever au Royal-Louis pour y pouvoir mettre les dorures» J*ay pris la liberté de vous mander les peynes qu'il y a à gouverner des sculpteurs, peintres et fondeurs. J*ay plus à faire à ces sortes de gens qu'à tout le reste du parc. Le sieur Turreau a ce malheur qu*il ne peut assujétir personne à travailler avec luy. Je fais mon possible pour les y assujétir et le faire changer d'humeur.
(1) Je ne sais si c'est UD nom propre ou la dèsisnatlon seulemeiil de son pays.
I>*INFREY1LLE Â GOLBERT,
Xoalon, 80 septembre 1669.
Od se conformera au dernier desseing que M. de
Clairville a dressé pour la closture du cap de Soepé^ puisque S. M. Ta pour agréable. Ce que le sieur Puget avoit fait en cela esloit par les sentiments de son altesse de Beaufort ( i ) qui avoit choisi la place où se debvoitbastir la muraille, Tavoit même faict tracer eu présence de M. le premier Président» qui présentement est revenu aussy bien que moy de Tadvis du dit sieur cbeYalier de Clairville, et ensemble avons conclu qu*il falloit construire' les dites murailles depuis la petite tour de Ballagué en tirant vers la grande mer» La pensée de le premier Président estoit de faire faire cette dépense par le pays aussy bien que les logemens pour les gens de guerre. Les plans de toutes ces choses vous sont envoyés par M. de Clairville et lorsqu'ils auront esté approuvés par S. M. et
que nous aurons des fonds on y fera travailler
Pour ce qui regarde TagrandUsement de cette ville
(1 ) François de Vendosme, duc de Beaufort, commaiidanl Tannée navale, euué au siège de Candie le 25 juin i669. — M. deliarlel écrivait à Colberl k foccasion de la mon de l'amiral :
«Je ne vous parle point. Monseigneur, du ma'heurqui est arrivé à Monsieur ramiral. U est si étrange qu'on a peine à y rien comprendre, ne se trouvant pas un seul bomme en toutes les troupes tant de mer que de terre qui puisse répondre de sa fin. A quoy i! a bien contribué par la trop grande passion qu'il avoit de bien faire.» (3juiUetl669;.(P. M.)
et icâ ouvrages des bastimens à faire au parq, ce sont choses dont M. de Ciairvilie se rend entièrement le niaislre. li change assez souvent de desseins et remet à entrer en conférence lorsqu'il se sera déterminé à ce qu'il jugera le mieux. J'ay remarqué qu'il est venu à Toulon avec un esprit à improuver et blasmer tout ce qui a esté faict par le sieur Puget et vouloir détruire et rendre inutile le bastiment de Testuve qui a toute son élévation et prest à couvrir, qui est d'une structure belle et magnifique en ses aUgnements. Il faict ce qu'il peut pour le renverser et nous forcer à loster» à quoy Je résiste autant que je dois, en luy faisant entendre qu'avant que Tagrandissement de la ville soit faict et les bastimens nécessaires au parc du Uoy, qu'Use passera quelques années, pendant lesquelles on se servira de ce qui est establi et dont il y a trois ans qu'on se sert bien utilement; qu'il peut ranger les bastimens aux places vuides et quilfault remplir de iogemens suivant son dessein ; si le Roy le trouve à son gré et qu'après qu'il nous aura donné une corderie et une estuveil sera assez à temps de dé* truire ce qui est faict ou l'appliquer à autres usages (J). Si on en usoit autrement» cela n'avanceroit les travaux qu'il faut icy continuer pour les constructions et ra-
(1) Ce bâlinicnl a été délruil le 22 avril 1677 par un incendie. Cf. la notice de M. Henry, 67-70, qui donne un document extrait des archives de la ville de Toulon relatif à ce siDislre. (A. i»ilf .)
Digitizod by Googl<
doubs des navires du Roy. Gel ouvrage, qui est beau et magnifique» ne luy plaist pas parce qu'il a été conduit par le sieur Puget. Il ne le veut point admettre en conférence» quoiqu'il luy ait esté proposé par M. le premier Président qui a bien jugé que ce n'es* toit pas un homme à rejeter. 11 est excellent architecte, outre les autres arts où il excelle ; c'est ce qui le fait rejeter par le dit sieur chevalier de Clair- Tille.
D*IIIFBEmLE ▲ GOLBERT.
Toulon, 15 octobre 1669.
Je vois bien que M. le chevalier de Glairviile recherche à btasmer le seul bastiment qu'il a trouvé achevé jusques à son entablement» qui est rornement du parq et toute la commodité. Il ne veut pas qu'il reste rien» dans cet agrandissement dont il a formé les desseins, que ce qu'il propose. Je ne dirai rien au contraire sinon que» si Sa Majesté dans l'étendue du ter^ rain qui sera renfermé dans la nouvelle fortificalion qu'il a tramée elle avoit agréable de me laisser achever le costé de devers la ville suivant que je l'ay projetté et laisser tout le reste à conduire à M. de Clairville» il se trouverait bien de la différence» en beauté» o magnificence, qui n'augmente presque point la dépense. Ce n'est que la muraille qui faict face qui est faicte avec un ordre d'architecture qui contente la vue et qui satisfaict beaucoup ceux qui jettent les veux
sur roomge ; je eroiroii que sa betvté la feroit «itii*
mer puisqu'elle ne paroist qu à la face du baslimeqt et que le dedans est un ouvrage commun oi^ sefrouye tout le nécessaire pour Tusage de Testuve. Je vous supplie de considérer que je vous ai donné une eor«derie où on travaille depuis (rois ans, où toutes sor«tes d agrès se mettent en perfection sans sortir d|i parc, que j y ay des magasins pour mettre nombre 4e chanvres» que cela s'est fait avec peu de dépense §t que ce petit ornement de muraille qui déplaît à M. de Clairville donne beaucoup de grâce au lieu quil occupe.
n'iRFREVILLB A COLBBRT.
sa octobre issa.
J ay bien de la joye que le dernier desseing que je vous ay envoié de la pou; pe du vaisseau le RayiU Dau^ I^Atn vous aie esté rendu en bien meilleur estât que le précèdent. Il y a dcsja quelque temps que les ouvriers^ qui en ont entrepris Texecution à prix iaict, y Iravail^ lent suivant le modèle que leur a laissé icy M . Girardm auparavant que de partir. 11 pourra vous expliquer pensée sur le dessein que vous avés et vous dire est bien tiré d'après son modèle.
Mon père a encore donné le prix faict des deux aU'stres vaisseaux ïlale de France et le Paris à des mais-?tres sculpteurs qui ont entrepris d'en faire les orne^ ments suivant les desseings qu 4 faict le sieur Pug^
qai sont estimés fort beaux dans lenr netteté et le peu
d'embarras et de charge qu'ils donne à la pouppe desd. navires* J*espère que vous reccverés lesd. desseins bientost, estant en chemin depuis quelques jours avec une partie du bagage de M. vostre frère que M. Bro*
dast a pris soing d'envoier à Paris.
D'UfFEEVILLE FILS A GOLBERT.
Toulon, iâ novembre iëô9.
renvoie aujourJ'huy par l'ordre de mon père à M. le premier Président le plan de l'agrandissement de larsenal, suivant qu'il a bien voulu se char ger de vous l'envoyer luy mesme. Il est dessigné par le sieur Puget et y a donné son approbation avec M. Arnoust et mon père et ont signé tous trois au bas du dit plan leur advis commun (1).
H. IUTHÀK£l4 (2) ▲ COLBSaT.
Toulon, 13 janvier 1670.
Le sieur Puget a enfin achevé ses plans et je croy,
(1) Publié par M. Henry, p. 67.
(2) Louis Maibarol, aprKs avoir 6lé surintendant de Tamiral César de Vendosnie, tul apjjeiè à la fin d'oclobre 1658 à la charge dô secrétaire général de la marine de PonaDiet Levant, charge qu'a* voient occupée précédemment lea sieurs de Loynes, La Boulayeet Cbappclain. En iSCi, il fut nommé conseilb r du {^rand maître, et corilrcsiîînail, en celle qualiuS les ordres de Beauforl avant la suppresi.ion de la charité de surinlendanl de la navii^aiion. H lut appelé à remplacer d'iiitruviile le 10 avril 1670. H mourut la nuit du 2S an 29 juin 1673. (P. M.)
MoDMigiieiir, que je pourrai yous les envoyer par ce
courrier, n*attendantpour cela qu*àles Taire veoiràMonf eigoear le marquis de Seignelay (1). Celuy des trois
qui engage à moins de despense me semble plus re-
coTable ; mais il pouvoit encore en lay donnant plus de largeur luy donner aussi plus de commodité sans
que le travail et la dépense en tussent beaucoup plus grandes. Comme vous avez sur celle des idées trèsparfaites, il vous sera aisé» Monseigneur, de réformer en ces plans ce qu'il y aura & redire... Il (M. de Seignelay) n*a pu encore observer assez particulièrement les divers plans qu'a dressés le sieur Puget. Ainsy on ne pourra. Monseigneur^ vous les adresser que par le premier ordinaire (2).
(1 ) Le fils de Colbert était à Toulon depais le 7 janvier. Voici ee que Matbarel écrivait de ce jeune homme:
u Je vous dirois seulement, Monseigneur, que fay esté ravy de veoir avec quelle pénétration mondil soigneur le marquis entre dans les recoins les plus protfonds du destail de nostre marine et rintcUigence qu'il s'y est déjà acquise. Depuis son arrivée en ce
Ueu il D a pas perdu un moment de temps S*il continue à s*ins-
truire de la sorte, il n*y a point de doobte qu'il ira bien loing et dès à présent rien ne luy est nouveau au meslier, el ce que j'ay trouvé exlraordinairo v.n luy est une très belle mémoire avec un jugement et bon sens tort solide. Entio, Monseigneur, selon le seotimeut de tous ceux qui out Thonneur de rapprocher icy^ il a toutes les qua* litez qui font un booneste homme et qui en peuvent taire un très habille^ et je loue Dieu de tout mon cœur de ce quUl vous Ta donné sy accomply qu'il n'y ait point à douter quil ne responde tous jours parlant luenl bien à vosire attente et aux soings que vous avez pris de son éducation. « (13 janvier IGÎOJ. (P. M.j
(3) Publié par M. Henry, p. 66.
HÀTHÀR£L A GOLfi£AT.
Toulon, 28 juin 1670.
Le S' Puget est de retour de Genues, il y a desja quelques jours. Pendant son absence et avant que je hisse icyjes nommés Rombaud et Taureau (sic) (1) sculpteurs avoient commencé à travailler aux sculptures de quelques poupes de vaisseaux neufs douteux mesme ont fait le dessein ; mais led. S' Puget prétend que cela luy appartient à luy seuUet^trouvantlesd. desseins desd. pouppes mal faites» ne veut point absoluementqu'on s'en serve et veutcommencer une autre ouvrage, disant que c'est vostre intention et queces genslà ne travaillent que sous luy. Les autres au contraire, se tenant assez bons maistres pour travailler de leur chefytesmoignenty avoir delarépugnance.lVlais, quand vous aurez prononcé là dessus» Monseigneur, il faudra bien qu'ils s'y accomujodent, et la réputaliou dud.
Puget doit leur rendre cette deûerence moins rude ; mais ce qui m'embarrasse le plus est de m'accommoder à la pensée qu'a led. S*^ Pugei de ne vouloir aucunement se servir des ouvrages commencez par lesd. sculpteurs parce que ce seroit du temps et de rargentperdttinutillementysurquoyfessa^ederendre
(1) Ne pourraiuon pas croire que ee nom a élè babitueUemcnt mal écrit» ei que Taniste désigné dans ces pièces n^est autre que Toro, tréS'habiledesatBatcur et sculpteur d ornements, bien connu des amateurs provençaux )f (Pa. dk Gn.)
led. Puget un pea plas accommodaQi et le faire consentir au moins de prendre de ces ouvrages commencés» ce qui se trouvera de mieux fait et de plus propre et reserver le reste pour d'autres bastimens de moins de conséquence aûa qu*il n'y ait rien de perdu et qu'il demeure satisfait.
Il y a une diilicuité bien plus grande entre ledit sieur Pti^^t et maître Rodolphe (i ) , en ce que le premier prétend que vostre intention est qu'il ayt la direction entière et absolue des constructions des navires aussy bien que de leurs ornements, de sorte que maître Rodolphe et les autres maîtres charpentiers n'ayent pour partage que Texéculion de ses desseins. Il s'en est expliqué en ces termes en présence de maitre Ro^ dolphe qui s'en est fort scandalisé ; et, comme ce sont deux personnes à mesnager, je cherche des tempéraments entr'eux qui puissent satisfaire Tun et l'autre, à quoy il y aura assez de peine.
MATHAREL A COLBEET* juillet 1670.
Nous avons visitéy avec M. d'Âhneras (2)et quelques
(1) G(^(l(''on Rodolphe, matin? constructeur. Plusieurs fois, M. de la Guelle rappelle le c.ipilaiiie Rodolphe, ainsi qu'un autre cons- Irucleur le capilaine (^liabert. « Le cappil. Rodolphe a lant d'csmulation de Iniuver le sccrcide faire de bons vaisseaux de veilles qu'il ne s^appiique qu*à cellt et à remarquer les deffaults de ceux qui ont esté esprouvez à la mer. » Toulon, l«*may 1GG5. P. M.)
2) M. d'Alni^ras, orif^inairc de Monlpellier, était chef d'escadre depuis 1662 ei fut nommé iieuleoant générai vers 1671. 11 s'était
aatret capitaines de marine^ les maiatres char«-
pentiers et principaux ouvriers de ce port. Le sieur Pugêt prétend lea divera bastiments qu*oa y con-* struit, et, nonobstant la diversité des espritz, nous sominea conveoua avec aasez de douceur des choses qu'on y doit faire pour racliè?einent et perfection de ces ouvrages et je fais mettre par escrit ce qui a esté résolu à eet esgard^ affin qu'il n'y soit rien changé et que les charpentiers n'ayent aucun prétexte d excuser les défauts qui se pourroient trouver cy après en leurs navires. Si vous le trouvez bon, nous en userons tou-> jours de mesme à Tadvenir, et M, D'Âlmeras, qui se haste de partir pour se rendre près de vous, pourra vous informer» Monseigneur» de la manière dont j'ay pensé que nous devions agir pour le bon concert et l'heureux succès de ces ouvrages et généralement pour ce qui regarde icy le bien et avantage du ser-« vice.
Je m'applique autant que je puis à oster de Tarsenal la confusion qui y est causée par la grande quantité de bois qu'on y accumule de jour à autre sans me*
ëlevé an premier de ces grades par des services dislingués dans
plusieurs campagnes contre les floitos espagnoles. Il avait èl(^ plusieurs t'ois placé à la lêle d'escarlros iniportanirs, lors.juo \c. 22 avril I67t)il pénicii commandaniravanl-gardp dcrarniée navalcau combat d'Agousle, où Duqucsne, en défaisant Buyter, surpassa les espérances de €olbert qui aelrouvail, èenvait-ilà son fiks,sueuB# comparaison entre la leste et le cœur de Duquesoe et le cœur al la leste de Ruyler, ce qui èioil pour lui le sujet des plus vives inquiétudes. (CoibertàSeigneiay, li juillet 1075.) )
sure ny ordre en attendanl qu'on veuille traYailler à
l'agrandissement du lieu où il est situé. Je n'y trouve qu'un seul expédient» qui seroit de nous servir de cette espace qu'on appelle le petit parc, pour y desdiarger tous les bois à mesure quik nous arrivent soit de Bourgogne ou d'ailleurs» le mettre et l'arranger en différents endroits selon la différence des pieces, et disposer le lieu de manière qu'on peust l'en tirer sans peine et avec ordre lorsqu'on en auroit besoing dans le grand pare
Il faudroit pour cela agrandir ce petit parc d^uue pièce de pré qui en est proche» porter le mur qui en feroit l'enceinte jusques à celuj du mail de la ville, ce qui reviendroit à peu de chose.
• Peu à peu nous esclaircirions cette trop grande quantité de bois qui est dans le grand parc, et il nous seroit facile puis après de les arranger autour des constructions et y placer des grues et machines pour les manier plus aisément et avec moins de despencc. Le S"^ Puget aussi bien que Rodolphe approuvent fort ma pensée touchant ces grues là et le premier des deux se promet de l'executter avec succez (1).
(i) Ceci confirme ce passage du P. Bougerel (p. 31): << Comme Pugct étoil un génie fécond et capable de tout, il ÏDlroduisit a Toulon Tusage des grues qui ont loujours servi depuis ce temps-là
Kttf la eonsiraelion des vaisseaux; il en fit dresser deux tres- Ues. » (A. M M.)
COIBERT A MATRAREL.
Saint-Germain, 18 juillet 1670.
J'approuve que vous ayez visité avec M. d* Aimeras et les officiers et charpentiers du port les vais* seaux qui sont sur les chantiers et que Ton soit convenu de diverses choses pour la perfection des ouvrages. C'est à quoy vous devez vous appliquer sur toutes choses comme à la matière la plus importante de nostre marine et en laquelle il faut, s'il est possible ,
surpasser les autres nations
L'intention du Roy est que le S' Puget ay t la direction des ouvrages de sculpture qui se feront aux vaisseaux de S. Majesté; mais il faut que Rombaud et Tureau qui travaillent à présent sur les desseins de M. Le Brun au Royal Louis et au Dauphin Royal achèvent leurs ouvrages, et aussytost qu'ils auront finy, il faudra qu'ils travaillent sur les desseins dudit Puget f bien entendu qu'auparavant d'en mettre aucun à exécution il me les envoyera pour les faire voir au Roy.
Quant à la construction des vaisseaux Jed. Puget ne doit pas en prétendre la direction; c'est à luy à s'assujettir pour la sculpture à ce qui sera résolu par les officiers et les charpentiers du port et» s'il se met de
pareilles chimères dans Fesprit^ il faudra bienlost le remercier*
(Depesches de la marine 1670. Tom. Il, page 320, verso.)
MÀTHAKBL A GOLBÉftf .
8 août 1670. Toulon.
Je ne ne manqueray pas de vous adresser régulièrement tous les mois un estât ou mémoire en destaîl du progrès des constructions de ce port. Le sieur Puget vous auroict déjà fait voir les desseins de ses
poupes sli avoit eu plutôt du veiliu pour y travailler.
MÀTUAHfiL A GOLBfiET.
Toulon, 12 aoûl 1670.
Le sleufPuget demande qu'il vous plaise ordonner qu'on luy paye icy le premier quartier de cette année pendant lequel il estoit encore à Gennes attendu que le fonds en est employé dans Testât et qu'il estoit absent avec permission. Il travaille aux desseins de ses poupes pour vous les envoyer.
MAXUAa£L X GOLBEET.
To«k>B,« aeptemlire li7e.
Vhle de France comme vaisseau neuf nous a aussy un peu retenu plus que je n'avois pensé, particulièrement pour le dedans des chambres et les ornemens extérieurs de la poupe, dont le sieur Puget a fait refaire la plus grande partie à son arrivée en ee lieu, parce, dit-il, que Fentrepreneur n'avoit pas bien suivy son dessein pendant son absence. Je n'ay pas trouvé que le remède qu'on y a apporté ait tout à fait réparé le mal dont il s'est plaint, cette poupe n'es-
tant point eneore de l'air et du goust qu'elle devait estre, et je Taurois faioi rajusler encore» n estoit que je Tai trouvé déjà fort avancé en arrivant icy et que
nous étions trop pressés du temps pour recommencer cette besongne. — Le deffault qu*ont ces maislres sculpteurs à Tégard des poupes et galeries dont ils nous donnent les desseins est qu'ils s'attachent plus aux règles de leur art et à la démengeison de faire de belles figures qu'au besoing, commodité et service du navire. Nous pouvons désormais esvitlcr cet inconvénient ainsy que nous Favons résolu sous votre bon plaisir avec MM. de Martel et D'Almeras et les plus habiles officiers de ce port. Le sieur Puget mesme en convient et qu'il fault doresnavant employer en ces ornements le moins qu'on pourra de ces grandes figures et pesantes machines qui ne font qu'enibarasser le derrière des navires et souvent nuire à leur navigation.
Je profite à cet effet de la présence de M* de Martel en ce lieu pont avecluyetM. D' Aimeras visiter encore de nouveau tous les navires dont les poupes restent à faire ou à réparer affin d'y observer cette reigle qui sera asseurement de moindre despense et de plus grande utilité an service.
Ce que je puis vous dire» Monseigneur, pour
respondre à vos ordres touchant le sieur Puget est qu'il a le génie fort beau et 1res propre à servir en ce port pour les choses auquel {sic) il est destiné» c'est à
(lire aux desseins et ouvrages de sculpture, en quoy il excelle ; il prétend aassy estre seavant en rarchitecture dfi terre et de mer et il parle assez bien de Tun et de Tautre. 11 a conduit ici un pavillon qui sert à l'estuve, lequel est très bien basti mais fort mal placé. H prétend qu il entre dans un grand dessein qu'il a donné pour l'agrandissement du parc; mais f ai ouï dire à M. le chevalier de Clairville et à d autres qu il le fau* droit abattre; en Testât qu*il est» il estropie el embarrasse plutost le parc qu*il ne Taccommodet et Tusage de Testuve auquel ce bastiroent a esté employé par M. d Infreville ne luy est nullement propre.
MATHAREL A COLBBRT.
Toulon, 9 septembre 1670.
Comme on vous a présenté divers desseins pour ragrandissement du parc et que je n*ay point sceu encore, celuy auquel on s est déterminé» je ne puis pas bien vous dire sy les fours et les magasins pour le munitionnaire, que je vous ay proposé d'establir sur ce port du costé du Levant, seront compris ou non dans le dessein de Tagrandissement, et sy,les mettant au lieu où je dis» cela pouvoit nuire à Texecution dudit grand dessein. iMais, iMonseigneur, j'estime que, quoy qu*on entreprenne» les fours et les magasins ne seront pas mal placez en un lieu séparé de Tarsenal à cause du feu continuel qu il y faut faire pour la cuisson du pain et qu*on ne le scauroit trop esloigner d*un lieu
OÙ il y a tant de matière eombastibles. Je voy que, dans le projet que ledit sieur Puget a donné, lesd. fours et magazins sont compris dansTenceinte de Farsenal et en un lieu assez propre et dans lequel on pourroit travailler dès à présent. Je croy aussy que celuy de M. le chevalier de Clerville les y comprend de mesme ; ainsy » Monseigneur» sy vous souhaitez que des à présent on commence à travailler à ces magazins du munitionnaire et qu'il fasse parUe des bastimens du grand arsenal, vous aurez la bonté, s'il vous plaist, Monseigneurt de me faire savoir auquel des desseins proposez pour cet agrandissement Sa Majesté s*est déterminée.