CH. HERAULT ET J. B. LEIOINE, PEUITBES DD BOL
No%e conmwBMivée par M. Eogène Circsy*
Suivant nn aete de partage passé devant Prieur, notaire à Pa* ris, le SO déeembre lesa, et dont Tanalyse entière sortirait de Tobjet de ee reeueU, les enfsns et béritiers de Jean de Lens, orfèvre, joûaillierde S. A. R. Monsieur, frère unique du roy, comptent
parmi eux : 1° Marie-Geneviefve de Lens, femme de Charles Hérault^ peinlre ordinaire des batimens du roy et conseiller en TAcadémie royale de peinture et sculpture, demeurant à la pointe de risle du Pallais, paroisse Saint-Barthelemy; 2^ Jean et Nicolas Lemoine, enfonta mineurs de feue Françoise de Lena, épouse de Jem^BapUsU LmoiM^ aussy peintre ordinaire des batimenta du roy, demeurant aux gaUeries du Louvre, paroisse Saint-Germain l'Auxerrois.
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JACQUES lOREL
SCOLPTEUByDB MOMTPILLIER.
Marché passé entre lui et le duc Charles de BourbOB pour l'exéoution du tombeau de oelui-ci dans l'é^e du prieuré de
CouT^Dy w BourboBBiia.
94 mu 1448.
Souvigny, la très^ancienne capitale du Bourbonnais, ([UOiqut déshéritée de son titre, mérite (encore de fixer Tattention des amateurs da moyen ftge. Parmi les curiosités artistiques qae renferme aon église, on cite avec raison le tombeau de Charles de Bourbon el d*Agnés de Bourgogne, sa femme. Ce tombeau, véritable chefd'œuvre de délicatesse et de goût, a déjà été reproduit deux fois; d'abord par le Magasin pittoresque (tome II, 1834, p. 336), et par M. Achille Ailier, dans son Ancien Bourbonnais; mais ces dessins modernes et ces descriptions trop courtes ne montrent le tombeau que dans Tétat actuel et avec ses mutilations. Noua UYons mieuit I offrir à nos lecteurs, puisque nous pouvons mettre souf leurs yeux la description de ce monument telle qu^elle résulte du marché fait a ^ec le duc de Bourbon par Jacques Morel, faf/2éur d'ymagcsy de Monlpelliei\ dont l'original est conservé aux Archives de Tempire, P. reg. 1373, cote 2096.
A fous ceulx, qui ces présentes lettres verront, Durand Baudereul , bourgois de Sain(«*Pierr6 le Moustier et garde du scel du Roy notre sire en la pre- Yosté dudit lieu, salut; savoir faisons que, pardevant Jehan Donet, clerc juré et notaire du Roy notre dit seigneur et dudit soel et le notre, auquel quant ad ce
nous avonif commis notre povoir, fureat presens oq
leurs personnes Ires bault et puissant prince HonseU gneur Charles, duc de Bourbonnois et d* Auvergne, d'une part (1), et maistre Jaques Morel, tailleur d'ymages, demorant i Montpellier, d*autre part ; les dictes parties, et chacune d'iceiles, de leur bonne volenté, ont congnu et confessé avoir fait, passé et accordé ce qui s'ensuit : c'est assavoir, que ledit maistre Jaques Horel a promis et sera tenu de faire à mondit seigneur le duc, en la ville de Souvigni, dedans Féglise du monastère dudit lieu» devant Tautier de monseigneur Saint-Meril, ou en tel autre lieu et place en la dicte église qu'il plaira à mondit seigneur le duc, une sépulture pour mondit seigneur et pour madame la duchesse, en la manière qui s'ensuit : C'est assavoir que la dicte sépulture sera toute carrée, de dix piéz de long et de six piéz de large» et de la haulteur de la sépulture de feu monseigneur le duc de fiourgongne estant à Dijon (2). £t sera la tumbe de
(1) Charles, premier du nom, duc de Bourbon et d'Auvergne» mourut huit ans après ce marché, le 4 décembre 14o6.
(2) Ce duc de Bourgogne^ c^est Jean sans Peur, le propre beaupère de notre duc de Bourbon, qui était mon le 10 septembre 1410, et dont le tombeau, fait en 14ii par Jean de la Uerta, dit d'Aroca, du pays d'Aragon, aidé de Jean de Drogués et d'Antoine le Moulurier, est conservé au Musée de Dijon (Cf. Mémoires pour ser~ vira l'Iiisloire de Bourgogne, etc. ; Paris, 1729, in-4'>, t. II, p. 226 à la note, et le livret du Musée de Dijon, 1842, in-8% p. 126-33). Fous imprimons Verla et non pas Vârta comme Ta fait le Uvret. Ce doit bien être la leçon du ms. ; mais, avec Fidentité à ces époques du tî consonne et du v voyelle, l'on doit, en Imprimant, choisir l'un ou l'autre, et nous donnant le vrai nom espagnol flfu^0|
fiOtti parais devoir dire ia vraio façon de le lirei (A. ds M*)
dessus la dicte sépulture, où les personnages de mes dis seigneur et dame gerront, de mabre noir de quatre piesses, et l'embassement de la dicte sépulture dessoubs sera semblablement de mabre noir de quatre piesses ; les espondes et cotières de ladiete sépulture seront de pierre tendre. Item, dessus ladiete tumbe de mabre noir^ aura deux ymages d'albâtre blanc de Salins, representens les personnages de mesdis seigneur et dame» de la grandeur qu'il s'apartiendra; Tun desdiz jmages représentent mondit seigneur» et l'autre ymage représentent ma diète dame. Lesquelx deux ymages ledit maistre Jaques fera de telle façon qu'il plaira à mondit seigneur le duc. Et soubs la teste de chacun ymage aura ung au«rilier de mesme ledit ymage ; et à la teste de i'ymage de mondit seigneur aura deux anges d'albatre, tenans ung bassinet (1) d'albatre; derrière ladite teste et aux piéz dudit ymage aura ung lyon d'albatre. Et derrière la teste de Tymage de madicte dame aura deux autres anges d'albatre, qui tiendront ung escu aux armes de madicte dame (2); et» aux piez dudit
(1) Ost-à-dire un easque.
(2) Agnès de Bourgogne, fille patnëe de lean, duc de Boargo*
gne, cl de Marguerite de Bavière, mariée à Auiun le 17 septembre 1425, mourulà Moulins fort âi^ée, le l*"" décembre 1476. Elle portail ècariclè au 1 et 4 semé de France à la bordure componnée d^argeni cl de gueules, au 2 cl 3, bordé d'or cl d'argent de six pièces à la bordure de gueules, et, snr le tout, d*or au lyon de sable, armé et lampassè de gueules. (Le P. Anselme, 8* èdil.,1, 305.)
ymage, deux petit dûetiiièfl d'tlbàtiM ra de 4M bon .
semblera à madicle datne. Item» tout à l*entour de Ift dicte sépulture» aura vint tabernacles d'albâtre» am«* cors plus que moins» que grans que petis, assis sur pilliers» ainsi qu'il appartiendra» pour leedis taber^ nacles. Et sur chacun piliier auaa un angelot d'alba- ^ tre» cbacan angelot tenant un esonsaon d'albâtre aux armes de mouJit seigneur (1) et de madicte dame. Et dedena leadii tabernacles aura quarante et quatre personnages d'albatrc, ou plus ou moins, plorane et portant dueil. Item> dessus ladicte sépulture aura une croix de cuivre, dorée d'or, qui couvrera les qua*tre jointes de la tumbe de roabre noir de dessus ladicte sépulture (2). Et seront les eslea de tous les anges et angelos» estans en ladicte sépulture» de cuivre doré ; et les lettres du tiltre qui sera à l'entour de la dicte tumbe seront aussi de cuivre. Laquelle sépulture» par la ma^ nière que dit est» ledit maistre Jaques a promis de (aire et acomplir bien et dehuement à ses despens» fournir et bailler tout albâtre blanc neccesserre et appartenant à faire la dicte sépulture ; et mondit seigneur le duc a promis et sera tenus de bailler et livrer» conduit en la dicte ville de Sovigni à ses despens» audit maistre Jaques» tout mabre noir neccesserre et appartenant à
(1) De France à la bande de gueules.
(2) Ce qui monire que celle croix rrélail pas dressée, mais mise à plat, et les deux statues couchées se trouvaieni nécessairement poms M les deux bras de cotte croix.
faire les deux tumbes de dessus et dessoubs ladicte sepultui^et et IWrem mondit seignetif audit maistrê Jaques toute la pierre qui lui fauldra à faire les es-^ pondes etcolières de la dicte sépulture (1). Item plus, sera tenu mondit seigneur le duc de faire faire à ses despens la dicte croix et les estes des anges de cuivre
et faire dorer, et aussi les lettres du tiltre qui sera à Tentouf de la dicte tumbe, et ledit maistre Jaques asseirra et nieclra en euvre à ses despens la dicte croix, lesdites estes et Tescripture dudit tiltre. Itpoi fera faire mondit seigneur le duc à ses despens les cave et fondemeos» telz qu'il appartiendra de faire dessoubs la dicte sépulture. Item baillera et délivrera mondit seigneur le duc audit maistre Jaques Mord» en la dicte ville de Sovigni» hostel pour mectre les pierres
(1) Ge Dnot upimdêj dont le âens gënér&l est biefi fixé par le mot qui le suit, et dont le eens plus parUculier paraissait bien être 4%
M rapporier aux petits côtés, alors que a)<(f^r» désignerait les grands, s'est déjà trouvé dans une pièce de ce recueil (Cf. DocU'» tne)ilSyl.\\\y\). 132-33). Habiiuellcmeni il est pris, comme en latin, dans le sens du bord ou plutôt du bois du lit, ainsi qu'on le voit dans un ancien dictionnaire : a Sponda, gallicè escliaiiSf sive es^ pondis » ett parmi beauooup d^autres» «la&s ce passage de Parteim» peus de Blois:
Li rois parole à Mélior Moult sot cil ovrer snltiTment
Pesos un lit à pecols d'or, Qui tant i fist bêles floretes
Qui mouUru fais par graot mémoire; Kt d*oiseaus et de besteletes, Les cfpoiitfei forent d'îToiie, Et le trelle etreolaotore Bl les eoètUrei ensement. Fist moult soutire par figure.
(édition de MM. Crapelet et A. G. M. Robert ; Paris , 1834 , II ,
B. iSO, vers 10,301-10). Cd trouvera d*autres passages dans le ucange, édition Didot, tome YI, p. 333-4» aux mots sponda, tpon^
dalia, spondaliSy tome VU, p. 158, au mot esponde, et dans le
X«a»9Mro}iuwd6Aajfaottard,UI,iS7,auttot«fpoiu^ (A.MM.)
et besoDgnes neooessaires audit maiatre Jaques à faire la dicte sépulture, et ouquel hostel le dit maistre Jaques fera sa demorauce et de son mesnage jusques à * la fin de la besongne. Et, en onltre plus, mondit seigneur le duc paiera» a promis et sera tenu de paier audit maistre Jaques, pour la façon de la dicte sépulture et pour ledit albâtre blanc fourni, et pour faire et accomplir la dicte sépulture par la forme et manière que dessus est dit, la somme de troys mil cinq cens escus d*or courans à présent, dedens le temps et terme de cinq ans prouchain venant, à commancier le premier an à la feste Saint •Michiel Archange ( i ) prou* chain venent, à chacun an sept cens escus, à deux termes en Tan , c'est assavoir à Noel et à Saint-Jean- Baptiste (2), à chacun terme trois cens cinquante escus ; premier terme et paiement commançant à Noel
prouchain venant. Laquelle sépulture, par la manière que dessus est dit et divisé, ledit maistre Jaques a promis et promet par ces présentes de rendre faicteet acomplie dedans la fin et terme desdiz cinq ans.Promectans lesdiz monseigneur le duc et madstre Jaques Morel, et chacun d'eulx par les foy et serremens de leurs corps, et soubs Tobligation et ypothèque de tous leurs biens meubles et immeubles quelxconques, et de leurs hoirs presens et à venir, de faire et
(1) 29 septembre,
(2) U juiQ.
acomplir chacun de sa part les choses dessus dictes
promises^ et que contre icelles jamaiz ilz ne viendront ne feront venir en aucune manière le temps à venir ; ainçois ces présentes lettres tiendront et garderont fermement sans corrompre» et rendra et restitura Vune partie à Tautre toutes pertes , dommages et intéretz que Tune desdites parties aura ou encorra sur ce pour deffault des choses dessus dictes non tenues» observées et acomplies comme dit est. Et quant à faire^ et acomplir les choses promises par ledit maistre Jaques de point en points par la manière que dessus est dit et declarré» icellui maistre Jaques a obligé et oblige expressément lui» ses hoirs et tous ses diz biens, à la juridicioUyCoherdon et contrainte du scel du Roy notre dit seigneur en la dite prevosté, et veult estre contraint et compelUz de par le Roy notre dit seigneur par prinse, vente et explet de ses diz biens et par prinse->arrest| detemption de son propre corps par les forces et compulsions dn petit seel de Montpellier» des cours de Champaigne et de Brie » et comme si ce présent traictié et accort y avoit esté fait et passé» par sentence d*escomueniement et par toutes antres cours et juridicions qu*il plaira eslire à mondit seigneur le duc en ung mesme temps ou divers» l'une desdites cours non perturbant Tantre» et a renuncé et renonce ledit maistre Jaques à toutes barres» cautelles
et cavillacions» à tout droit escript et non escript, ea^ noa et civil, à toutes lettres de grâce, respit, quioquc«
oelles et autres» impétrées ou à impétrer» tant de no* Ire Saint Père le Pappe» du Roy notre seigneur, que d'autre seigneur, prélat ou prince. Et à faire, tenir et toompUr par mondit seigneor toutes les choses dessus dites par lui promises, icellui monseigneur le duc a obligé toussesdiz biens et de ses hoirs presens et à venir, et a volu et veult estre pour ce compelli et contraint de par le Roy notre dit seigneur et de par nous, ou cellui qui sera en lieu de nous ; et a renuncé et renunee mondit srîgneur le duc à toutes et singulières accions et exception de déception, de mal, de fraude, d'erreur et lezion, et à tout ce généralement qui, tant de fait comme de droit, aidier et valoir lui pourroient à dire, venir ou faire venir contre tes lettres et le contenu en icelles. En tesmoing de ce, nous, garde du scel royal de la dicte prevosté, à la rellation dudit juré, auquel nous adjoustons foy pionnière en ceste partie, avons mis et apposé le scel de la dite prevosté à ces présentes lettres. Ce fut fait et donné en la ville de Lyon, presens révérend père en Dieu Tevesque du Puy , nobles hommes messires Gas-« tonnet Gaste, seigneur de Luppe,Lo\ s, seigneur d'Up* pinat, Loys de la Vemade et Jehan Duchastel, cheva* lien, maistre Symon de Pavie, conseiller, Jehan Sirot, trésorier général, et Hugues Gourtin, secrétaire de mondit seigneur le duc, le lundi vint-quatrieme jour du moys de juingt, Tan de grâce mil cccc quarante^buitf Signé ; Don^t.
PIERRE ET GHÀRLES-AHDRÊ BOELE
iMÉSJSSSS DB LOUIS XUX £1 AS LOUIS HT* l^Mordalfe» et aasotés par 9L JL« de Blontalflloii.
Le nom de BouUè est bien connu, mais sa vie est loin de Tétre;
et les docaments qui suivent, tout nouveaux et intéressants qu'ils soient, auront encore besoin d'ôire complétés (l). Les plus précieux peut-ôlre de ceux que nous donnons aujourd'hui sont celte série d'actes que M. Read, le savant fondateur de la Société de rbistoire du Protestantisme français, a extraits pour nous des anciens régis* très de TEglise réformée de Paris. Ils nous apprennent que la famille de BouUe était originairement protestante, et, chose plus importante à notre point de vue, qu'elle était déjà illustre dans l'art même, dont le seul qui fût connu jusqu'à présent reste la plus haule expression. Déjà le Père Orlandi, dans l'article de son Abecedario PiUorico (1719, p. 63) qu'il consacra à Boulle, quoique vivant, — ce court article, trop peu employé jusqu'à pré*
(1) M. Charles Asselineau a publié sur Boulle une élégante et courte notice qui, imprimée d'abord dans le Monde lillcnu're du 20 mars 1853, a été reproduite daus iQjournal d'Alençon du 5 février 1854; il en fut fait alors un tirage à part à vingt-cinq exem-
f>laires (in-S" de 13 pages), dont nous avons rendu compte dans a Bibliolliéque de l'École des Charles, 4* série, tome I, numéro de septcmbre-oclobre 1834, p. 81-3. Depuis, celle notice a été réimprimée, croyons-nous, dans le Journal pour tous, et il en a été fait chez l'éditeur de ce recueil une seconde édition, eucore imprimée à Alençon (1855, in-S^* de 16 pages, tirée à cent exemplaires). Ce qtt*elle a de plus utile, c*est hndication des anciens catalogues où se trouvent mdiqués des ouvrages de Doulle. — H. Nestor lioque» plan, sous le pseudonyme de Jules Verniôre, a parlé des meubles de Boulle dans un article sur le bric à brac, inséré dans l'ancienne Revue de Parité août 1834, nouvelle série, tome YUI, p. 271-3.