SS
MDt (1 ) , est si précis, si détaillé, si rièbe da renseignements ezaets,
qo*iI fkut le croire venu directement de Paniateur Grozat, aaquel le livre est dédié, — nous apprenait déjà que le père de Boulle était ébéniste : « Andréa Carlo Bouile, nato à Parigi il di 11 no- Yembre 1642, ponô dalla natura tulle quelle disposizi on e che sono nsMsaris p#r is Mit *rU il ptr qmÂiMiM p tt fessi e tc » che si fasse fttta elellift» U pnptnsîMt dt f«tsii grsadtsSffsU» HndinsTi alla piitura, se soo padre, artifice ebanista, non Tayesse impiegato a seguire Tarte soa, cbe poi rUIoniiinô, et Taintô nel disegno, nel gusto, ed in una perfezione superiore e non cognita al padre ne ad alcun'aliro avanli di se. » Les actes découverts par M. Readnousapprennenlquedés 1610 un PierreBouUe était ébéniste du roi et, de plus, logé aux galeries du Louvre avec les célèbres arlUant (%), U avait pour femme Marie Bahucbe,8œur de Marffnerite Bahoche, et cette circonstance est à relever, parée que celte dernière, qni était peintre, était veuve dn fameux Jacques Bunel* le premier peintre de Henri IV, et que tons deux, le mari et la femme, étaient de Blois; par là Boulle se rattache, comme origine et comme tradition, à cette ville, dont, à la fin du seizième siècle et dans le dix-sepliëme, la gloire particulière, qui avail elle-même sa cause dans le grand mouvement d'art imprimé aux villes de la Loire par la présence de la cour depuis trois siècles, a été dans ses orfèvres, dans ses peintres sur émail et dans ses ébénistes (3}|
(1) Il a été cependant reproduit par M. Villot dans le Cabinet é§ VAinateitr (IV , Ht ^) , côté de la note de Harielle qui y élaitpnbliée pour la prcniirrc fdis.
(â) LaureniSiabre, un autre ébéniste, Vèlalllogê eû même temps que lui; il mourut en 1624 {DocumenU, III, 192), ce qui montre que quand Narolles, dans soo méchant Uwe dn MiUrèit parle, en 1679, des menuisiers des galeries, et dit : « Laurent Stabre est habile, » il faut que celui-ci soit un fils du précédent. La veuve du premier élaii morte au plus tard en 16U. {Dncumenls, III, 202.)
(3) Le plus illustre est Jean Macé, dont parle avec tant d'éloges Berbier, dans son Êistaire de Blofs, Ses brevets de logement au Louvre sont de mai et d*Octobre 1044 {DocmenU^ lit, 201-f), et il est à remarquer que dans Tun il est question de «cla grande expérience qu'il s'est acquise dans cet art par sa longue pratique dans les Pays-Bas; » il mourut en 1672 [Documents, I, 222), et, coïncidence curieuse, ce fut noire Boulle qui hérila de son loge-
e*e8t-à-dire dans des arts ordinairement secondalres^mais qne; de temps en temps, une main de génie élève à la hauteur des plus
grands.
André-Charles Boulle était-il le propre fils de ricrre BouIIe? Je n'oserais Taffirmer. Il est né à Paris le 11 novembre 1642; mais M. Read n'a pas trouvé son acte à cette date, et Pierre, dont nous voyons des enfants de 1018 à 1631» était mort avant 1640, puisqu'il est appelé feu IHerre BouUe dans Facte de mariage d'une de ses filles, célébré cette année. En même temps, un autre Pierre Boulle figure comme parrain dans un acte de 165i; de tout ceci on peut supposer, non que notre Boullo fût le fils de ce second Pierre, mais qu'il devait être le petil-fils du premier, et que son père, aussi ébéniste, lui transmit Texpérience de deux générations. Puisqu'il est né k Paris et que son acte manque aux registres protestants, soft père, quel qu'il soit, l'a-Ml présenté an baptême catholique t Nom l'ignorons encore; mais, malgré la lacune qui les sépare, il ne rao paraît pas possible de douter que Pierre Boulle, ébéniste au moins de Louis XIII, si môme il ne l'a été de Henri IV, ne soit l'auteur, à nn degré ou à un autre, de Tébénisic de Louis XIV.
ment. C'était proprement nn pitlore e saUtore à motako, comme disent les Italiens, un peintre en marqueterie. Ses fils pratiquaienl le même art, puisque Uarolies nous dit
^ue Jean Massé de Blois
El Claude, Isac cl Luc, ses cnfnnls, font en bois Tout ce qui s j peut faire en son jusie iatenralla.
Dans une note des Archives (I, 222), il avait, par suite de Tîn-
suffisance des dorumonls, été confondu avec le Masse, sculpteur, qui fut reçu de l'Académie en ICG.^. La liste des Académiciens, publiée dans le môme volume, a a|)porté la rcclification en donnant au sculpteur le prénom de Charles {lOid.f p. 3G2); d'où il suit que la Dorothée Masse, veuve Godequin, scolpteuse en bois et reçue & l'Académie en 1080 (I, 370; il, 378), n'a pas besoin de recevoir d'accent, et doit se ratlacber à la famille de ce MassOi SCttlpIOOry plutôt qu'à la famille des Massé, éJ^énisles.
ACTB8 BZTRàlTS DIS REGISTRES DE L*iGLI8E RiFORMÉS DE PA1I8 ET RELATIFS ▲ HERU MUULB, iBiMMTB» ET A JUCWUkM — TOM»! BROPEUE.
Da dimanche 14* janvier 1618, le fils de Pierre Boulle et de Marie Bihuche iat prèaeolè au saint baptême par lacques de Me- BOUE et Margmite Balutehe (I) et fut nommé Jacques; baptisé par M. Marmet [ministre du saint Evaugile en Têglise recueillie en U maison de M. le duc de Rohao]. (Heg. de bapt. faiets an Temple de CbarentOD, 1616-20. Ia-4% folio
Pierre BoiiUe, tourneur et menuisier du Roy, demeurant aux
galeries du Louvre, fii présenter sa fille pour estre bapiizée le dimanche 13 octobre [lOlOj, par M. Gaillard, orfebvre et dame Corneille de Woif, tous des dites galleries (i^., f*> 52.)
Eslienne, fils de Nicolas Boulle nasquil le huîcliesme febvrier 1020 et fut présenté au saint sacrement du baptesme le jeudy i3« du dict mois par Estienne Guiliemin et Catherine Pingard (3). (Ib.^ ^ »7.)
Le fils de Nicolas BouUe^ m* brodeur, et de Marie Laoglois, fut présenté au saint baptesme le mercredy, jour des Rois, 6* janvier
(t) Cf. sur elle Bcrnier, llisloire de BloU; Sauvai, II, 38 ; Cari van Mander, folio 2o8 bis; BaldiDUCci, Floreuc»;, in ^**, Vlll, 1770, p. 263; Chennevières, Notice sur lagaUrie d'ApoUon, p. ii; Ar^ cliiues, DocuiuenLSf lli, 190-2.
(2) Voilà deux noms à joindre aux listes^ données dans ces Archives, des artistes logés dans les Galeries.
(3) Sans doute sœur de Jean Pingard, marchand orphebvre à P^ris (d'après Tacle de baptême de saliiie,du 6 mars 1616). (G. R.)
1621, par André Le Dran, marchand à Paris, et Marguerite Paveret, femme de Charles Texier, aussy brodeur. (Reg. des bapt. U au T. de Ch. 1620-2». la fol. f« 22.)
Paul, fils de Pierre Boulle cl de Marie Baliuche, sa femme, nasquit le 2* juillet 1621, et fut présenté au saint baptesme le 4« du dict mois et an par M' Paul Galland, conseiller du Roy, reeeveor général du laillon à Tours, trésorier et payeur de la gendarme* rie de France (1), et damoiselle Marthe Le Roy. (ib, ^ 33 r».)
Estienne Boulle, fils de Nicolas Boulle et de Marie Langlois, né leiSfév. 1624, baptisé le 13; Parrain, Antoine Doublet, mardiand, bourgeois de Paris; Marraine, Jeanne Rigolle, femme de Abraham Roux.
Le 4 mars 1625 Pierre BouUe est parrain (avec Jacquette Viilain) d'nn enfant mâle né à Gédéon Roux.
Da XIX may 1625 nasquit nn enfant à Pierre BouUe de Marie Bahnche, qui fut présenté au saint baptesme le 1** jour de juin audit an par Mons' Guidon et MademoiseUe Mestrezat (2). (Ib, ^ 62 v".)
Bu 8" jour de novembre 1626, Jacques Boulle (3), fils de Pierre BouUe et de Marie Bahuche, dem' aux galleries du Louvre, nasquit le jeudy 5* jour de novembre 1626 et fut baptisé le dimanche ensuivant, 8« jour dud. mois aud. an, àCharenton-Saint-Maurice par
M. Daillé. Son parrain Jacques Sarrasin, docteur médecin, et Marie Du Pré, veuve du deffunct Dovire (?) Signé : Daillé. (Reg.
de bapt. de Cbarenlon 1626. la-f°, f" 27.)
Bu mercredy, 3* j' du mois de may 1628, Marguerite Boulle,
fille de Pierre Boulle et de Marie Bahuche, sa femme, nasquit le
(1) Il avait épousé la veuve de Bunel, ce qui fait qu'il était le beau-frére de Pierre Boulle.
(2) Femme du pasteur Jean Mestrezat, de l*Eglise réformée de
Paris fC. R.).
(3) Le Dis qui était né à Pierre en 1618 s'appelait déjh Jacques. Puisqu'on donne le môme nom à un autre enfant, il en faut peut-* être conclure c^u à cette date de iQiH le premier n existait plus.
V jour dft may, suhriiit le rapport .des parrain el marraine ^
apr^ 8 desnommés et fut baptisée le mereredy 3« joor dodît mois de
ni-ry ensuivant, audii an 10 {S, chez M' l ainbassadeur de Hollande.
Son parrain Gueniicr, m" peintre à Paris (1 ; sa marraine
ISai guérite Jumeau, (fteg. de baptesmes de Charenlon pour 1638. la-i*., iS.)
Judith fille de HieoUi BotUU el de Marie Langleia» bapUaée Je 18 avril 1031.
Madeleine Boulle, 6Ue de Pierre BouUe^ toamenr et menuisier du Boy des eabinels d*ébène, et de Marie Bahoehe, sa fémme> fat baptisée le 28* novembre 1831 « au logîs de M. Tambassadear de
BoUande, parleminlslre du d. S'; son parrain Pierre de la Barre^
Orfebvre (2); sa marraine Mai^delcinc l.aiicau. (Reg. des bapU de l£gl.réf. de Paris pour 1631. ia-ful., à la un.)
Les promesses de mariige d'entre Jean de Nogeant, s' de Pommcroile (3), fils de Pierre de Nogeaat el damoiselle Elisabeth La Fontau, ses père ei mère, d'une part, — Et Madelaine Boulie, ûUe de feu Pierre BoulU et de damoiselle Marie Bahuche» ses père et mère, d*antre part, — Ayant esté Teûes au eonsisloire, ont esté
(1) Le prénom est en blanc dans Toriginal ; mala 11 ne peut s'agir ici ni de Louis Du Cuernier. né en IGl l, et encore moins de Pierre, nè en 1(>2L Celui (pii fiante ici (Hait leur père. Alexandre, un autre de ses entants, tui aus.-»i peintre (Florent le Cotiile, èdit. de Paris, III, 100-2). On se rappelle ce passage de la vie de Itourdon par Guillct de St-Georges {Uémoires des Académiciens^ I» 91) : tt Ce fut à |)eu pri s eo ce temps-là qu^il épousa en premières noces une tille de M. Guornier, excellent peintre en miniature, et qui tut un des premiers qm sous le litre d acadc^micien coniribua à rinstilulion de cette ècule royale. » Par là Guillet désigne Louis du Guernier; mais en lGi8 il n'avait que 34 ans, âge auquel un homme a rarement une fille à marier. Ne 8*agirait-il pas là ausaî de son père, le maître peiutre dp notre acte?
(2) Dans les brevets coinmunii|Més aux Archives par M. Lacordai!0,s'cn trouve un(/Ju6'/u//f///,s, III, 11)9), par lequel, en lOlM, Jean Gravet, ortévre, est gratifié de logement « qu avoil auparavant le nommé La Barre, Taisuè, orièvre. »
(3) Médecin de S. A. B. (G. R.)
pllMiées sans e m pcschemenfpar trois dimanches consécutifs savoir le 8, le 13 et le 20 juin 16i9, — Et le dimanche après miiiy 27 juin 1049 le mariage a esté béni par M. Drelincourt. — Signé : DrelineoimT. (Reg. des mariages publiés et célébrés à Charentoii« i6iS-
Du dimanche 27 septembre 1654, Esaie Du Pleix (t), ûls de Charles Du Pleixetde Yvonne Ghrestien (â], sa femme, préaaoUaii saint baptême par Pierre Soulle et Sarab 4e la Barre (a)^ ses parrain el marraine, fot baptisé par H. Xestreiat» an prescbe du matin. 8igné ; DamiiGOiiaT. (leg, desbapt. faits an temple de Cbarenton, en TEgUee réf. de Paris, 1680-1057. In-Col., f» 92.)
DOCUMKNTS SUS CHAWLEfl - MDRÉ BOVULK |(4}.
le eaHttit de marqueterie du Grand Dauphin»
Dans un article de H. Paul Boiteau, inUtulé les Autographes de Louis XIV y se trouvent ces deux fragments de lettres de Loavois relatives à Boalle : « Aebevens de transcrire la pbrase de Lenvoia relative à rappartement du Haapbin» parce qtt*il y est qnestien dn
(t) César Du Pleix, sieur deTOrmoye» célèbre avocat au parlement de Paris, et, selon Bayle, auteur de Tilaii-CaUiUi» devait être l'oncle de Isaïe Du kleix. (C. R.)
(2) Sans doute la pelile-tille de Florent Chreslien. (C. R.)
(3) Sans doute femme, sœur ou ûUe de Torfévre de ce nom qui Ignre dans un des actes précédeats.
(4) Cf. dans les Archives, [kiCumentSy I, p. 222-24, les deux br^ velsde lo?:ement datés des 20 mai t672 et 29 octobre 1679. C^est par lui que Maroiles commençe son quatrain des menuisiers:
Le sçavant menuisier Boule y tourne en oyale.
Dans les deux brevets il est appelé ébéniste, faiseur de marqueterie, doreur el ciseleur. Le père Oriandi, suivi en cela par Roland le Virions dans son Dictionnaire d'arcUitecture (1, 235), lui donne d'au-
grand irtitle de rébéatfterie frtaçaîse : « Pour eèhtj où trmiUe « Boule « je n*en puis rien dire si ee n*est qa*il n*en bouge pas et « qu'il y a beaucoup d*ouvriers; mais je ne puis croire qu^il ait « achevé avant la fin de ce mois. » Et, dans une autre lettre, indépendante de nos cinq mémoires, mais conservée également dans les minutes de novembre (o« 317— folio 239), Louvois écri?ait à ■onseigneor lui-même : « Qaoy qu'il (Boule) promette toujours « des merveilles, je ne eroy point que Ton doive espérer qull ait « adievé avant le S8« de ee mois : je ne sonffriray peint qu'il y perde « de temps. » (S* article. Moniteur dn It janvier 1853.)
Ces lettres sont de l'année 1685; mais il n'en faut pas conclure que le cabinet de marqueterie soit de cette année. 11 ne s'agit que de son déplacement, comme on le voit par cette phrase du Journal de Dangeau (nouvelle édition, t. I, 1854, p. i7) : « Hercredi 14 «juin 1684. Monseigneur le Dauphin régla avee H. de Louvois « tout ee qu*il fallait pour transporter en bas son eabinet de mar- « queterie et de glaces qu*il avait en haut. »
Ce fameux eabinet donnait sur une galerie basse, qu'on nomme maintenant la galerie Louis XlII. (Cf. le Livvel de Versailles^ par H. Soulié, partie, p. 278. i « Ce cabinet, dit Fèlibicn, a de tous cétés et dans le plafond des glaces de miroirs avec des compartiments de bordures dorées sur un fond de marqueterie d'ébène. Le parquet est aussi fait de bois de rapport et embelli de divers ornements, entre antres des chiffres de Monseigneur et de Madame la Dauphine. » Piganiol ajoute : c G*estle chef-d^œnvre de Boule el celui de son art (1). »
Mais on en saurait beaucoup plus sur les travaux de ce cabinet
très litres : « La Maesià del Rp gli dicde luogo nelle galleric del Louvre iu qualiia d'architletlorc, di piitore, di scullore a mosaico (les trois qualifications n*en tontqu*une), d'artifice ebenista, d'invenlore di cifre, e di maslro ordinariodei sigilH reali. » Faut-il traduire cette dernière phrase par graveur des sceaux royaux, ou par garde de la monnaie du roi? C'est encore un point à cclaircir.
(1) Je trouve dans l,i BiblioUièquc Lorraine de Dom Calmel
icol. 605), que les Foulon , habiles ouvriers eu bois de Sainte- «ucie, ont beaucoup travaillé pour le Dauphin, fils de Louis XIY» Auraient-ils été employés par Boule?
si on dépouillait les Comptes des bàlimentsdu roij oODsenrte aux Archives, cette mine inépuisable où se trouve réellement lliistoire des arts sous Louis XIY, et qu*il faudra bien un jour ou Vautre se mettre à publier, si Ton ne veut rester dans une if[norance volontaire et se priver, de gaieté de cœur, de tant de documents nouveaux sur des hommes cl sur des travaux que Thistoire des arts dans noire pays et le soin pieux de sa gloire nous commandent de mettre au jour.
MtoOTIIB POUR PIEUSE CKOZAT, éCUVER, DEMANDEUR ET DÉFENDEUR,
CONTRC CBARLKS BOULLE, ÉBÉMSTE DU AOY, DÉFBHDBlJn ET DS- MAMDBUR (!]•
Dans le fait il demeure pour constant entre les parties, qu^en
l'année. 4697 BouUe promit de faire délivrer au sieur Grozal (2) quatre pied'estaux, deux armoires et un socle.
Plus la moulure des bas reliefs des pied'estaux sur les modèles que le sieur Crozat luy en donna avec les mesures, afin que ces ouvrages pussent estre placez dans le cabinet du sieur Crozat.
En fournissant par Boulle ses ouvrages, le sieur Crozat en de«voît payer la valeur, et, quoy que ce soit ordinairement le défaut de payement qui fait naislre les procès, icy il c^t arrivé tout le contraire. Boulle ne livrant point les ouvrages qui luy avoient esté commandez, le sieur Crozat, qui ne vouloil point ainsi demeurer en suspens et dépendre du caprice d'un ouvrier qui ne voudroit point livrer les ouvrages qui luy sont commandez que quand bon
(1) Ce mémoire snr procès, de4 pages in-4^ de 39 lignes à la page, est conservé à la Bibliothèque impériale, dans la collection connue sous le nom de Recueil T/iOîV?/, Ans et Métiers. in-4°, pasrps 1 1 Il nous a été communiqué par M. Paulin Kicliard, conservateuradjoint au déparlement des imprimés.
[i) Crozat 1 atné ou le riche, comme on rappelait indifféremmeni, qui demeura d*abord à la place des YictoireSi et qui fit ensuite bfttir un des bOtels de la place Vendéme.
MO
lai sembleroit, fit faire mie sommation à BouIIe, le 20 décembre 1697, à ce qu^il cul à luy livrer incessamment et au plus tard dans trois jours lesdits ouvrages.
Boulle, au lieu de satisfaire à cette sommation» fit signifier nu mémoire dans lequel il prit pltisir de confondre et de demander le payement des ouvrages qu*il avoit donnes en nantissement aa denr Crozat pour Targent qnHl luy a presté ; mais, comme les ouvrages ont esté distinguez cl que les faits sont demeurez pour conslanSf on ne parlera icy «fue de la contestation qui s'est formée au sujet des quatre pied eslaux cl deux armoires.
Par la sentence du prevost de THosiel ayant esté ordonné qne les ouvrages de BouUe seroient livrez^ prisez et estimez par experts dont les parties eonviendroient, si mieux BouUe n*aimoit reprendre les ouvrages, Boulie a interjeté appel en ee quH avoit esté ordonné qu'il seroit tenu de livrer et poser les ouvrages qui restoient à livrer, qui estoient ces quatre pied'eslaux et deux armoires.
Cet appel ne pouvoit estre regardé comme il n*estoit en effet qn*une pure c&ieane, estant nouveau que Touvrier, à qui on a eommandé de faire des ouvrages pour estre places en un Ken, se puisse dispenser de placer ces ouvrages. Cela est sans donte aussi
éloigné de la raison qu'il y auroit eu d'imprudence au sienr Crozat de les payer sans sçavoir s ils luy estoient propres el s'ils luy pouvoient servir, nul n'estant oblii^é de prendre des ouvrages imparfaits, et, dans ces circonstances, il est aisé de juger que BouUe ne fit eeste mauvaise ehicane que parce qu'il s^estoit apperçn qu^il ne pouvoit pas placer ces ouvrages aux lieux destines.
Sn voiey une preuve très sensible. Par arrest du 80 lévrier 1098, le Conseil a ordonné que les ouvrages seroient estimez dans les lieux où ils estoient actuellement, après qooy seront ceux^ qui ne sont pas dans la maison du sieur Crozat, portez et placez, et le sieur Crozat tenu de payer le piix d'eux, après que les experts att^ ront jugé qu*ils sont convenables aux lieux.
Les experts ont procédé, et^ sur ce fait de sçavoir si les ouvrages de BouUe estoient convenables aux lieux, voiey oomme Gaule, expert de BouUe, parle dans le premier rapport. Il dit qu'Q a
trOQTé les ouvrasses convenables à la ^andeur du cabinet, place des Victoires, lieu destiné pour iceux. Ua tel raisonnementi sans présence des ouvra^rcs, ne seroil de rien.
Marteau, expert du sieur Grozat, dit que, pour sçaToir si les onmges poaTOient eosTenir audit endroit, il a mesuré les dits onyrages ehacun en leur particulier, et qu'ils font ensemble dix-buit pieds neuf pouces deux lignes , et qu'ayant mesuré la place destinée pour meilre les dits ouvrages, il a trouvé qu'elle est de dixhuit pieds quaire pouces, qu'ainsi les ouvrages estoient plus grands que la dite place de cinq pouces deux lignes, outre, dit-il, qu'il ne faut pas que les ouTrages se touchent.
L*expert de BouUe voyant que Fexpert du sieur Grozat aroit expliqué et marqué Timpossibilité qu'il y avoit de placer les ouvrages au lien destiné, fut forcé dans ce mesme rapport de dire qu'il n'avait fait aucune attention aux mesures.
Le tiers expert, nommé d'office, dit qu'il a trouvé que les ouvrages montent à dix-huit pieds neuf pouces, et que la place &*avoit que dix-buit pieds trois pouces, qu*ainsi il n'y avoit pas assez de place pour poser lesdiis ouvrages.
Le Conseil, ayant ordonné un troisième rapport, ce troisième rapport a esié fait le 31 juillet dernier, qui porte que Pexpert, après avoir examiné les mesures et les ouvrages, dit que les pre* mières mesures du sieur Crozat porloient dix huit pieds six pouces, mais ((lie les dernières mesures n'ont que dix-buit pieds, et que les ouvrages ont dix-huit pieds sept pouces une ligne, qu'ainsi les ouvrages excèdent ces dernières mesures de sept pouces une ligne et excèdent les premières mesures d'un pouce une ligne.
En faisant attention sur œs rapports, on jugera aisément que le fondement de Topiniatreté de Boulle à ne point livrer et placer les ouvrages n*avoit point d*autre cause que Ti m possibilité où il se trouvoil de pouvoir placer ces ouvrages dans le lieu destiné.
3^" Que ce fut la raison pour laquelle l'expert de Boulle ne voulut point s'expliquer sur ces mesures.
3" 11 resuite de ces rai^rts que Boulle a reformé ses ouvrages, et sa requeste fait juger qu*il se vient encore de reformer depuis ee deraiir rapport pûaqae» par sa requeste d« ti a«lil liM» il
soustient que ses ouvrages sont eonfonnes aux mesures et offre de les placer dans le lieu destiné.
Le sieur Grozat a accepté ses offres; il a sommé Boulle, par acte du de placer ses ouvrages, qu'il esi presi d'accepter,
ponrven que Boulle, en reformant lesdits ouvrages, ne les ait point rendus difformes, offrant à eet effet de les payer conformément à restimation foite par le sieur Mazières, le sieur Person, dernier expert, n'ayant eu pouvoir qw de donner son avis tant seulement
sur les mesures, conformément à Tarrest du Conseil du ;
car il en est d'un expert comme du porteur d'une procuration, dont Tacte est nul pour tout ce qui excède le contenu de la procuration, eomme le rapport est nui en ce que Ton a excédé la teneur de Tarrest.
Si Boulle avoit livré ses ouvrages lors de la première sommation, que le dit sieur Crozat luy en avoît fait faire par acte du 20 décembre 1697, il n'y auroil point eu de procès. Mais, faute de le faire et de recevoir son argent, en rapportant main-levée des saisies faites sur luy és mains dudit sieur Crozat, il faut décharger ledit sieur Croxat des prétentions de Boulle, et condamner Boulle en tous ses dépens, puisque Boulle a lait et soutenu un mauvais procès, offrant aujourdliuy de livrer ses ouvrages, ce qu*il anroît pu faire dès le 20 décembre 1007, en conséquence de la sommation que ledit sieur Groxat luy en avoit faite, ou du moins en conséquence de la sentence du Lieutenant de la Prevosté de ruostel, de laquelle il a esté très mai à propos appellant.
LmilS IILATIVIS ▲ LA SAIS» PaATlQlliB SUR BOULLI