‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 59 sur 70 · ANDRÉ-CHARLES BOULLE · texte numérisé non relu

ANDRÉ-CHARLES BOULLE

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Monsienr»

Parmi les doenments que tous publiez rar André -Charles

Boulle, vous donnez un extrait des lettres de Louvois sur le cabinet du Grand Dauphin, et vous vantez avec raison cette pièce dont les contemporains ont parlé avec admiration.

Fent-être seralt-ii ntile.de remarquer, tout en laissant à Bonlle un mérite que je serai toujours empressé de reconnaître, que Berain semble avoir donné des dessins pour la décoration d'une partie de cette pièce et de quelques-uns des meubles qui la garnissaient.

C'est du moins ce qui me parait résulter d'un tableau que je possède et qui représente le Grand Baopbîn assis dans son cabinet, à côté de son bureau, et, sur le devant du tableau et debout, celui de ses fils qui devint roi d'Espagne; le tableau a peut-étre même été fait pour représenter celui ci prenant congé de son pére le matin du jour de son départ pour TEspagne. La séparation oificielle eut lieu au château de Sceaux; mais le malin, à Versailles, Banffeau nous apprend que le roi d*Bspagne, — qui avait alors di1^sept ans, étant né en 1683, et cet âge convient bien à la figure du tableau, — après être allé dès le matin chez le roi , où il fut seul et avant que les courtisans entrassent, « alla ensuite chez Monseigneur, où il fut enfermé assez longtemps. » (Dangcau, 4 novembre 1700, nouvelle édition, t. VII, p. 446.) Les personnages du tableau, fort curieux comme costume, ne sont pas des plus remarquables comme peinture, et par là éloignent Tidée que le tableau puisse être de De Troy, auquel on l'attribuait; mais la décoration et les meubles de la pièce sont peints avec un soin, une patience, une finesse qui répondent de la plus scrupuleuse exactitude.

A gauche on remarque une riche bibliothèque, basse, et en retour d*èquerre, surmontée de vases de porcelaine et de bustes de bronze , parmi lesquels se trouve Louis XIII et Henri IV. Quant à la cheminée, on reconnaît, sans que le doute puisse être permis un instant, une des cheminées de Berain. Le cadre de la glace, doat le courouuement est différent, est arrondi, et sur le

marbre même de la Ublelte sonl assises deux figures dorées de capUfs, les mains attachées cl portant sur la léic des bras de bouffies. Ce détail si particulier suffit parfaitement à faire retrouver dans rflBiif re de Btrtin U ebiminée dont nous pirioiit, mais il faot reintrqiier qoe le eôlé choisi, sor les deux différents présentés comme d'usage par la i^ravure, est celui de droite, qui est orné d'une Victoire terminée eu gaine et portant une palme et une trompette. J'ajouterai que le buste du duc de Bourgogne est sur la cheminée et que celui du roi est sur une console voisine.

Le boretn da prince, et ceci est plus Importtnl, est avati la repnidnction très exacte d'une gravure sii^ée BeraininvenU, qui se trouve dans l'œuvre de cet habile dessinateur. C'est la planche où se trouvent, en haut un surloui de table entre deux vases, au milieu un bureau, et au bas un second bureau qui est celui du tableau, où il est exécuté en écaille noire et rou^e, incrustée de cuivre et reletée de bronzes dorés. L*on oourrait admettre que Benrin se soit approprié des dessins de Bouile, mais il faut remarduer aussi qu'il avait la charge de dessinateur de la chambre et aes menus plaisirs da roi, et qu'en cette qualité il a pu et dû être appelé quand il se sera a^i de la décoration du cabinet du Dauphin, d autant plus, comme le remarque Kurieite {Abeeedmio^ 1. 1, p. 1 19) qu*il était fort employé à donner des dessins de menbles.

Tous les amis de 1 art liront avec douleur la liste des merveilleuses choses qui périrent dans l'incendie du 30 août 1720. J'y ai remarqué l'in-folio moyen, contenant 275 figures coloriées, dessinées par la Belle, représentant toutes sortes de figures pour les opéras et les ballets, venant de la succession de M. Hesselin , et j*aTais cru d*abord pouvoir vous annoncer que je possédais ce volume qui aurait alors échappé a l'incendie. Mais celui que je possède ne contient que 124 dessins pour le ballet royal de la Nuit en 1633. Il est relié en maroquin marbré (et non citron doublé de niuirc, comme le dit trés-mal à propos le catalogue BourdiUon, d*où provient ce volume) aui armes mêmes du câébre Hesselin, amateur si éclairé des arts au dix septième siècle, qui y fleura lui-même, ainsi que Dumoulier, Beauorun et Leramoert. D'après le procès-verbal de Boulle, il serait possible de supposer que les 124 dessins de ce volume sont aussi de La Belle; mais, malgré l'esprit de la touche, la plume de ces dessins me paraît plus française encore auHtalienne.

Puis(|oe )*ai prononcé le nom d'Hesselin, permettez-moi de vous dire que vous vous êtes trompé en faisant deux maisons de Chanlemesle el d'Essonne. Chantemesle, aujourd'hui Chantemerle, est situé sur la paroisse d'Essonne. La maison d'Hesselin, à Chantemelle, a été gravée par Israël Silveslre.

Agrées, monsieur, 1 expression de mes sentiments les plus distingués.

Baron Jiaôi» Pichom.

TABLE Dl] TOME OUATRIËME

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