PORTRAIT D£ FRANÇOIS
A Jehan Bourdidion peintre et variet de chambre
du roy nostre dit seigneur, la somme de soixante huit Hyree tournois, à lui ordonnée par le dit seigneur, pour plusieurs portraiz qu'il a faiz par ordonnance dudit seigneur, et mesmement pour avoir portraict le dit seigneur au vif, ainsi qu'il appert par les parties signées et certiffîées dudit sieur de Bony vet, cy ataehiées.
Mention publiée dans VAthenoeum français^ du 8 mon 4855, p. 178, d^aprèsun fragment de rôle em^ tenant les sommes payées dans le quartier de juillet ùùU et eeptembre 1516, pour les plairire ei menuei
affaires de la chambre du roi.
PEINTURE d'uHE STATUE DE SAINT MIGUEL.
A Guillaume Amault, tailleur dimage, la somme
de soixante et dix livres tournois pour Timaige de sainct Miehel de six pieds de haut, de boys de noyer, le serpent et pomme de dessoubz ; qu'il a baillé et livré, le tout prest de sa main^ pour servir sur le hault du pavillon dudict seigneur. Pour cecy la somme de LXX liv. t.
A Johanaes Bourdichon, peintre dudict seigneur, la somme de mil et soixante et six livres six sols huit deniers tournoys. C'est assavoir la somme de deux cens livres tournoys» tant pour avoir doré et estoffé le sainetlDchely le serpent et grosse pomme de dessottbz icelluy le tout de fin or et d'azur que pour avoir fiiit plusieurs patrons desdites tentes et pavillons» M LXXYI liv. t.
Compte des frak et detpenses deê tmUes et pannUonê
que le roy N. S, a fait faire en sa ville de Tours pour la veue entre lui et le roy d'Angleterre {Henri VIII; il s'agit de Tentrevue du eamp du Drap S Or) au mm dejuing 1520 (Mention publiée par M. de LabordSt I»181).
JEAN LOUIS DEHABNE
Mtot <wwmwmi#rt par Bi. A. dto IHftafijlmi.
Citoyen — jeconsans delessé le tablaox repré aen*
tant lepeti chien au pri que la société des amie des art mofre je lesse montablaux représentant une basse cour jusqua duodi prochien jesui avecque considération votre concitoyen Dë Mabne.
Du 15 frimer au citoyen Barbié léné paintre.
KlCOmS DE LARMESSIN, LE PËRE
btnil mortnaire commuoiqué et aanolé par 1. le baron de la lorinerie.
Au directeur des Archives de tAH français.
Ifonsieur,
En renconiraiii dernièrement, dans un de nos précieux registres de Tétat civil de Paris, le nom de Larmessin, je me rappelai i'arlicle de la Biographie universelle :
a Nicolas de Larmessin, pére, dessinateur et graveur au burin, « né à Paris vers 1640. Les parlicularitès de sa vie soni ignorées « ainsi que Tépaque de sa mort... » Et justement Tacte que favaîs devant les yeux ét^t celui de son inhumation; il m*ètait donné à la. fois de pouvoir combler une lacune importante dans la biographie du mettre, et de fixer à 1648 la date de sa naissance.
Si ma trouvaille peut vous être ulilei permettez-moi, Monsieur, de vous l'offrir dans toute sa primeur.
{ParmuiUS^ Etienne dtt Ment.)
Le mercredy dixneuieme (décembre 1725) fut inhumé dans le cimetière Nicolas Delarmessin graueur mary de Catherine Pinot (1) mort le jour précèdent âge de quatre vingt ans pris rue S* Jean de Beauuais en présence de Nicolas Larmessin grauueur ordinaire du Roy fils du defiint, et autres qui ont signes : N. de Larmessin» — Coteirel, — Deuoux,. — DeLaiosse. — £fi marge : 14 ptres (prêtres).
(1) Catherine Pinot continua le commerce des estampes de son mari, à Pomme ifOfy rue Saini-Jacques, près Saint-Sèverin. C^est là qne, depuis 1660 environ, Larmessin et ses éditenrs, Bertrand et la ?euYe Bertrand, s'étaient établis.
TESTAHERT DlTiGINTHE RIGAUD^'^
fTommimlqné par M. IVIcl, annoté par Bl. MantE.
A Tépoque ou fut écrit le testament que nous publions, Hyacinthe Rif^ud avait plus de cpiaraute-huil ans; mais comme il devait vivre longtemps encore ; comme» de 1707 à 1743, il se passa dans sa vie des événements qui Tobligèrent sans doute à modifier ses dispositions testamentaires, il n^est pas possible de voir, dans cet acte, Texpression définitive de sa dernière volonté. La pièce qu*on ▼a lire n'en donne pas moins sur la famille, sur les amiliés et sur la fortune de Thabile portrailisle de Louis XIV, des renseignements précieux, et qui, pour la plupart, étaient restés inconnus à ses plus exacts biographes.
Fut présent sieur Hiacinthe Rigaud, peintre ordinaire du Roy et de son académie royalle de peinture et sculpture demeurant a Paris ru§ Meuve des Petits Champs (2)yparroiâse Saint-Ëustache»sain de corps, d'esprit» mémoire et entendement, comme il est ap-> paru aux notaires soussignez par ses paroles^ gestes et maintien, allant et Yacquant par la ville a ses affaires, lequel a dit qu entre les choses qui doivent faire souvenir les créatures raisonnables du terme de la vie, son incertitude doit les exciter a s'y préparer, sans attendre les avertissemens que les maladies causent.
{{) Documents, 1. 1, p. 1^9.
f2) Oa connaissait déjà par Germain Bricc la demeure de Rigaud. a Hyacinthe RigauU, 6crit-il, occupe uq appartemenl dans une maison do la même rué (Neuve des Petits4^bamps), située & rencognure de la me de Louis le Grand (I> 4S2. Ed. de i153}.
pourquoy il 8*e8t transporté de ladite maison ou il
demeure en letude de de Beauvais i'uû desdits notaires rue Coquilliere » pour faire son présent testament qu il a dicté et nommé ausdits notaires soussignez ainsy qu'il ensuit :
Premièrement comme bon cretien, ledit sieur Rigaud testateur recommande son ame a Dieu, le supplie en toute humilité et par Fintercession de la très sainte Vierge, de S* Hiacinthe son patron, de tous les saints, saintes et esprits bienheureux, de la recevoir en sa grâce et luy faire miséricorde.
Si ledit sieur testateur décède en une maison qui soit de la parroisse de S* Eustache, il désire être enterré sous les charniers de ladite Eglise, près la chapelle de la communion et prés la sépulture de défunt
Rigaud son frère (1),
Ledit sieur testateur se rapporte au »eur executèur
(1) Gaspard Bigaod, frère ]iiitiié d*Hy8enithe et peintre de portraits comme Inî, avait été agréé à TAcadémie en 1701 et était mort
en Ses ouvraj^es ne se rencontrent pas fréquemment. Giuseppe Ratli cite de lui, en les attribuant toutefois h a François Rigaud, Parisien, » deux peintures qui décorent l'un des salons du palais Brignole à Gènes : ce sont les portraits de Jean-François Brififnole, en costume militaire, et de la signora Battina Ragici Bri* gnole. {Instruzione (U quanto puo* vedersi <ti pUC belto in Genovn, 4780, p. 2G0.)
Nous avons retrouvé, dans les registres de la paroisse Saint* Eustache, l'acte de décès de Gaspard Rigaud :
« Dudit jour 29« (mars 1705) Gaspard Rigaud peintre du Roy âgé de 45 ans on environ demeurant rue Montmartre décédé du SB du présent mois a esté inhumé dans nostre église en présence d'Hyacinthe Rigaud son fils et d'Hyacinthe Rigaud^ peintre ordinaire du roy et professeur de son académie.
a Rigaud. Rigaud. Secousse. »
ci<-apres nommé» de la dépense de ses frais funéraires, le priant d'observer unç modestie et une simplicité cretieune f Ledit sieur testateur se rapporte aussy a luy des
hautes et basses messes, annuel, et autres prières qu*il jugera a propos de faire célébrer pour le repos de son ame ,
Ledit sieur testateur donne et lègue tous ses habits, bardes et nippes a son usage, a Jacques Champagne, a présent son domestique, en cas qu'il soit encore avec luy au jour de son decés, a l'exception de son linge, et outre ses gages ,
Donne et lègue ledit sieur testateur aux pauvres honteux la somme de mil livres, laquelle sera distribuéé par la discrétion et prudence dudit sieur exécuteur testamentaire sans qu'il soit obligé d'en rendre aucun compte.
Donne et lègue ledit sieur testateur au sieurBalu man tre de luth la somme de trois cens livres une fois payés.
Pour reconnoissance de Festime et de la considération que plusieurs de Messieurs de rÀccademie royalle de peinture et de sculpture ont eu pour ledit sieur testateur,il donne et lègue a leur compagnie son portrait avec sa bordure et celluy de feu M' Mignard aussi avec sa bordure (1),
(i) Il y a ici une singularité que nous constaterons sans essayer de rexpUqaer» n*e8(-U pas èlrange de voir Rigaud léguer à rAa-
Ledit sieur testateur suplie Monseigneur le dauphin
de trouver bon qu'il luy présente le buste de marbre blanc de damoiselle Marie Serre, sa mere , fait par M. Coisvox avec la guaisne ou le scabelion sur lequel il sera trouvé au Jour du décès dudit sieur Testateur qui espère de la bonté de Monseigneur qu'il accordera à ce buste une place dans la gallerie de son château de Meudon, ou dans celle de Versailles ,
Ledit sieur Testateur désirant inspirer le même res»
pect et la vénération quil porte à lad. damoiselle Marie Serre sa mère a Hiacinthe Rigaud son neveu, il luy donne, lègue et substitué le portrait de lad. damoiselle sa mère en trois faces à la charge qu il le conservera religieusement, et après luy à Tainé de ses enfans mâles nez en légitime mariage, lequel ne pourra non plus s*en défaire qu'en faveur de son fils ainé, les ainez préférez aux cadets et les garçons aux filles pour la possession et conservation dudit portrait (1) ,
démic un portrait qui avait été fait pour elle et qui lui appartenait? v< M. Mignard, étant devenu premier peintre du roi parla mort de M. Le Brun... et voulant donner son portrait à l'Académie, en qualité de directeur perpétuel, pria ftigaud de le peindre. Ce portrait est dans la principale salle de rAeadèmie royale. » (Jltfi^moires sur ta viedesacadêmicieru, 11, 116.) — On le retrouve aujourd'hui au muséo de Versailles*
(I) Rigaud étant allé à Perpignan en IfjOr), y fit le portrait de sa mère. « Son dessein, dit le biographe que nous avons déjà cité, était de faire exécuter ce portrait en marbre; c e^t pourquoi il la peignit en trois différente» vaes : une en face, Tautre en profil, et
Donne et lègue à damoiselle Elisabeth Gony» veuve
du Le Juge, la jouissance et usufruit tant qu'elle vivra de la ferme et dépendances siz à Vaux près Triel, appartenant en propriété audit sieur Testateur, concistant en batimens» terres labourables» prez» vi« gnes, jardins, vergers, avec tous les bestiaux et meubles qui se trouveront en ladite ferme au jour du decés dudit s' Testateur, sans en rien excepter, et sans que lad. damoiselle Le Juge soit obligée de donner caution pour lad. jouissance, mais le tout retournera aux héritiers ou légataires dud. sieur Testateur en l'état que lad. damoiselle Le Juge le laissera (1) ,
Donne et lègue à damoiselle Hiacinthe Geneviève fille âgée d'onze ans ou environ à présent pensionnaire au monastère de Vauconlefurs en Lorraine la somme de quatre mil Uvres une fois payée , laquelle somme servira et contribuera a son établissement, soit qu elle souhaitte d'être relligieuse ou pourveuë par mariage, pourquoy jusqu'aud. tems ou jusqu'à ce que lad. dam.^^® Hiacinlhe Geneviève ait atteint Tage de majorité , ladite somme sera employée par
la troisième à trois quarts, atin que M. Coysevox... qui devait faire en marbre ce portrait, eût plus de facilité aie perfectionner. » On eonserve au Louvre un portrait de Marie Serre, mais peint en deux tues seulement. Le buste de la mère de Rigaud, sculpté en 1706
par Coyzevox, est au musée des sculptures modernes.
(1) Ce paraf;raphe est barré dans roriginal.Lc legs devint insuffisant lorsque Kigaud eut épousé Elizabelh de Gouy. Madame Rigaud, dqnl son mari a laissé un charmant portrait, est morte en
ledit s' exécuteur ci-après nommé en acquisition d'héritages ou rentes au profiil de lad. damoiselle.
Donne et lègue aux enfans restez après le decés de défunt s' Gaspard Rigaud, frère dudit sieur Testateur» tous les biens» effets et fonds qu'il dellaissera et qui se trouveront situez tant en cette ville de Paris qu'a Vaux près Triel après que tous les legs cy-dessus auront été acquittez, pour en Jouir par eux égallement; a cet effet ce qui proviendra du présent legs sera employé par ledit sieur exécuteur en acquisition d'héritages ou rentes à leur proffit» dont les arrérages ou revenus leur seront conservez pour être joints avec le principal et leur être délivrez lorsqu'ils se pourvoieront par mariage ou autrement ou bien lorsqu'ils seront majeurs, en sorte que lesdits arrérages et revenus augmentent la masse du principal ,
Donne et lègue ledit testateur aux enfans de défunte damoiselle Glaire Rigaud sa sœur et du sieur de La Fite a présent bailly de Perpiguan son beau frère, tout ce qu'il peut leur donner suivant la coutume de ladite ville ou de la province de Catalogne, des biens meubles» immeubles, héritages, fonds de terres, rentes ou autres choses qui luy appartiennent présentement ou qui pourront luy appartenir ci-après à quelque titre que ce soit, soit propres, acquêts; hérédité, legs, soit donnation et autrement^ les instituans esdits biens ses légataires universelst sans qu'ils pussent avoir aucune prétention âur ce qui se trouvera situé
hors lad. province , comm* aussy les enfans dud. dé* font Gaspard Rigaud ne pourront rien prétendre esd. biens de Catalogne 9 Et pour exécuter et accomplir le présent testament»
l'augoienter plutôt que le diminuer, ledit sieur Testateur a nommé et choisy le sieur Charles CoUin ingénieur et professeur de mathématiques, qu'il prie d en prendre la peine» et de Im rendre ce dernier oiSce, se dessaisbsant à cette fin entre ses mains de tous ses dits biens jusqu a son entière exécution» et le priant d'agréér le présent don et legs qu'il luy fait de sa pendule de la façon du Oulry (?) sur laquelle est pour devise : Transeunt et imputant ^ avec une petite urne de porcelaine encieae garnie de bronze doréé et sa console qvd est aussi de bronze doréé» et au debult dudit sieur CoUiu de pouvoir vacquer a lad* exécution testamentaire» ledit râeur Testateur nomme et choisit a sa place le sieur Bourdin peintre en mignature auquel il fait la même prière et le même legs que dessus ,
Révoquant ledit sieur Rigaud tous testamens et codidles qu'il pourroit avoir d devant faits » même
ceux qu il pourroit faire ci après s'il n'y a ces mots {adveniat regnum tuum)f s*arrétant ledit sieur Testateur à celluy cy qui est sa dernière volonté»
Ce fut ainsy fait» et passé» dicté» et nommé par ledit sieur Testateur ausJits notaires , et à luy par Tun d'eux, l'autre présent» lù et relu qu'il a dit bien
entendre» et y a pereisté en letade dudit de Bean?aû
notaire, ou il s'est comme dit est transporté, Tan mil sept cens sept le lundy trentième jour de may sur les huit heures du smr et a signé (1).
AHT. FR. YiJDEBIEOLEH
Flèee coaimaiilqaée par M. le iMuron de HoeherhiW.
Vandermeiilen, tout Belge qu*il soit do naittuiee, est Vnn det
peintres que la France revendique le plus justement. 11 nous appartient par toute sa vie d'artiste; toute son œuvre nous appartient; il est des nôtres, et par la faveur de notre grand roi et par les glorieux sujets qu'il a traités. Le reçu que nous publions prouve que ses chef8-d*œuvre lui étaient payés des prix qui sembleraient médiocres à nos artistes» et qui étaient pourtant des plus éle?és pour ce siècle.
J'ay reçu de Monsieur le Commissayre Royale Jaques Le Fevre les 2,500 livres pour mon tableau» la Descente de Lunéville.
Fayt à Paris le 20 may Tau 1687.
Aktonius Francis V. D. Meuleh.
(1) ÎA signature manque sur roriginal*
UTTRE DE LOLIS DAVID
Piiee emmuniquée à M» U direeUur det Atciivis m
L*ART riAMÇAIt.
Paris, 1^ novembre 1854.
Monsieur,
J*ti rhoBueur de Tont adresser une lettre de David, qui me semble benrensement compléter les doenmenls «{ne tous aves donnés sur le tableau du Saere de FEmpereur iAteh. 4» VArt françaU^X, I, p. 348-854]. LVigiual, de la main de David, appartient aux archives de Tempire, section administrative et domaniale, et fait partie d'une collection de pièces extraites du cabinet de M. Jamet, ancien archiviste de la couronne [liasse 35]. Je me suis attaché à le reproduire avec la plus scrupuleuse fidélité.
Agréez^ete.
A.-L. Lagoroairb.
[19juinl806.J
k Mmuieur Finienâawt général de la
fereur conseiller d'Etat^ et Vun des commandans de lalégimd'hmmr, ete* David peitUre de Sa Majesté tEmpereur.
Monsieur TinteadaDt général ,
Je réponds, aux deux lettres que vous m*avés fait rhonneur de m'écrira» la première datée du 16 avril, et la seconde du 9 juin, dans lesquelles vous me demandés de vous faire connoitre ce qae je crois qu'il
est juste de m'accorder pour les quatre tableaux que
1 exécute» les dimensions qu'ils doivent avoir» l'épo- *• IV. B
que à laquelle ils doivent être terminés, et d*y joindre une notice de leur composition.
Je vais satisfaire. Monsieur Tintendant général^ à vos justes demandes dans Tordre que je crois le plus clair pour amener naturellement au prix que je crois juste de m'accorder, et qui fait l'objet de votre première information.
D'après le choix honorable que Sa Majesté a daigné £ûre de moi» je me suis chargé de quatre tableaux les plus caractéristiques de son couronnement, sçavoir» le sacre, l'intronisation, la distribution des aigles au Champ de Mars, enfin son arrivée a Thotel de ville. J'en ai bien un cinquième en tète, même un sixième, mais je me réserve d'en causer avec vous quand ceuxci seront finis.
L£ SACRE. — i^*^ TABLEAU.
Après la tradition des omeroensde Tempereur par le pape ; Sa Majesté montée à l'autel, prend la couroniie, la place de sa main droite sur sa tète, puis de la gauche il serre étroitement son épée sur son cœur (1); ce grand mouvement rappelle aux specta-
(1) Dans la composition définitive, l'empereur dépose la couroDue sur la lôle de rimpéraihce; chani^eiuent toulsponlaoé de la part de Tauteur qui lui valut une haute approbation. L*enipereur dit, eu voyant le tableau : « C*esl bien, très-bien, David, vous avez deviné toute ma pensée ; vous m'avez fait chevalier français. Je vous sais gré d'avoir transmis aux siècles à venir la preuve d'affectiou que j'ai voulu donner à celle qui partage avec moi lea peinas du gouvernement. » A. L. L.^
teim étonnés, cette yérité si géaéraleinent reconnue :
que celui qui a scû la conquérir, saura bien aussi la défendre. L'attitude, le geste» les regards de la foule attendrie» tout indique le sentimeut d'admiration dont cbacun est pénétré. L'impératrice à genoux» au pied de Tautel, les luaios jointes, attend la couronne que son auguste époux va lui placer sur la tète* Son Altesse impériale, Madame, dans une tribune à part, avec le cortège qui lui convient, est présente a un événement aussi glorieux qu'attendrissan t pour le cœur d'une mère. Les princes ses frères, les grands dignitaires» les maréchaux de l'empire» occupent les places qui leur sont designées» et remplissent les fonctions qui leur sont attribuées.
Ce tableau est plus d'à moitié fait» il sera terminé dans six mois» j'aurai été par conséquent une année à l'exécuter, ne l'ayant commencé qu'au 21 x^^ 1805, parce que lespace de tems depuis que Sa Majesté me la ordonné» s'est passé à construire d'abord mon at»lier» puis à faire les machines propres à ces sortes d'ouvrages.
L^raTROmSATIOlf . — t* TABLBAU.
L'Empereur» assis, la couronne sur sa tôte, et la main levée sur l'Evangile prononça le serment constitutionnel, en présence du président du sénat, du président du corps législatif» de celui du tribunat, et du phis ancien des présidens du conseil d*£tat, qui lui en
a présenté la fonnule. Le chef des hérauts d'armes, averti par l'ordre du grand maître des cérémonies, dit ensuite d*iine voix forte et élevée : Le très glorieux et très auguste empereur Napoléon Empereur des Fran^ fais est couronné et inironisé : Vivb l'Em pebeur ! Les assistans répètent le cri de vive Tempereur, vive l*imfératrige; les portes du temple sont ouvertes, on apperçoit au travers le peuple par son attitude exprimer le même cri, an bruit d'une décharge d'artillerie; le clergé attend au pied du trône de Sa Majesté pour la reconduire sous le dais.
DtSTIUBUTIOll DES AIGLES. — 3* TABLEAU.
Le troisième jour des fttes du couronnement est
consacré à la valeur, à la fidélité. C'est la distribution des aigles à l'armée, et aux gardes nationales de l'em* pire. Le lieu de la scène est dans le Champ de Mars couvert de députations qui représentent la France et l'armée. Les aigles portés par les présidens des collèges électoraux pour les départemens, et par les colo-> nels pour les corps de Tannée, sont rangés sur les dégrés du trône. Âu signal donné, toutes les colonnes se mettent en mouvement, se serrent, et s'approchent du trône: alors, se levant, l'Empereur prononce: Soldats, voila vos drapeaux^ ces aigles vous servirorU toujours de point de ralliement, ik seront partout, ou votre empereur les jugera nécessaires pour la défense de son trône et de son peuple; vous jurez de sacrifier
ifotre vie pour les défendre^ et de les maintenir constam' ment par votre courage sur le chemin de la victoire : vous le jure» : Nous le jurons.
Jamais serment ne fut mieux observé : que d'attitudes différentes, que d'expressions variées I Jamais sujet de tableau ne fut plus beau. Que de ressources il oflBre an génie du peintre : c'est ravant-coureur des batailles immortelles qui ont signalé Tanniversaire du couronnement de Sa Majesté : aussi la postérité étonnée, en regardant ce tableau» s*écriera ! Quels hommes et quel empereur (1) I
l'arrivée de l'empereur a l'hotel de vaLE.