TABLEAU
Je désigne par ces tableaux les différents ordres de la société. Celui-ci est pour le peuple. C'est le premier acte d'obéissance envers son souverain» c'est le gouverneur de Paris qui remet les clefs de la ville entre les mains de son Empereur» voici comme je l'ai senti.
L'Empereur» l'Impératrice et ses frères descendent
de la voiture qui les ont amenés, précédés de la pompe» et suivis du cortège usité dans les grandes cérémonies. Le gouverneur de la ville accompagné du préfet du départemént» et des douze maires» présente
(i)Ce troisième tableau et celui du sacre oat été seuls exécutés* Us fout partie du musée de Yerseiiiea.
à Sa Majesté dans un plat les clefs de la ville de Pa* ris. Déjà rEmpereur a franchi les dégrés de Thotelt lorsque des citoyens de toutes les classes pressés par la reconnoissance se précipitent aux pieds de Sa Majesté, le remercient des grâces qvTûs ont SwMmcB obtenus pour des fautes graves que leurs enfans ont commises. Un autre grouppe voyant llmpiratrioe, semblable au soleil bienfaisant» descendre de la même ToitorOt se précipitent également à ses pieds, ils im remercient des secours qu ils en reçoivent pour le sour lagement de leur famille» et pour Tacquittement des mois de nourrice. Le peuple spectateur de cette scène imposante, et attendrissante en même tems» témoigne son ravissement par un cri général de vive l'Empereur» VIVE lImPÉRÂTRIGB» vive la famille IMPÉ'
RiALE» les chapeaux, les bonnets élevés en Tair expriment les sentimens d'admiration dont ils sont animés.
Voila, a peu près, la description rapide des quatre tableaux que je traite, saufles changcmens que Texécution amène» et que Tétude améliore. La dimension pour chacun est égale, elle est de trente pieds de largeur sur 19 de hauteur. Je mettrai & les exécuter dix huit mois pour chacun, ce qui fera six ans pour les quatre. J'en conduis deux de front» un est déjà bien avancé, et le second est commencé. Je serai exact à remplir les engagemens que j*ai contractés envers Sa Majesté. Je sens trop bien llmportance de pareils ouvrages I Quel peintre I quel poète fut jamais mieux
placé que moi : je me glisserai à la postérité à lombre de mon héros.
II me reste actuellement, Mousieur l'intendant général» à vous entretenir du prix que je crois juste de m*accorder pour chacun de ces tableaux qui entraînent dans leur exécution tant de frais de détail toujours renaissans ; on connoit le soin que je mets à mes ouvrages^ on sçait que je ne me contente pas facilement. Je me propose enfin de repondre à l'attente de TEurope. Je serai satisfait de la somme de cent mille francs pour chacun.
Mais il y a un autre prix que j'ambitionne et que je mets bien au dessus de Targent : c'est celui de repon« dre à la confiance dont m'honore notre auguste sou- .verain.
Je suis avec respect.
Monsieur l'intendant général,
Votre très humble et très obéissant
serviteur,
Gel9juml806.
La demande de 100,000 fr. pour ehaeon des quatre tableaux en COQ» d'exfteution, parut exorbitante au comte Baru, Intendant général de la maison de Tempereur, et eut pour effet immédiat la raspendon des payements mensuels de 5,000 fr. qui s*étaient régulièrement efTeetués jusqu*au mois de mai 1800. C*est dans cet circonstances, et après une longue attente, que David éerint à
rempereur pour se plaindre des procédés dont on usait envers lui el réelamer les aonmies qui loi élaitnl dves. [Vof . ànèà»* iU HàH
YŒUX DURE REUGIEUSE DES AHDELTS