‹ Archives de l'art français Documents recueil de documents inédits relatifs à l'histoire des arts en FranceChapitre 44 sur 243 · DE L'ACADÉMIE DE PEINTURE · texte numérisé non relu

DE L'ACADÉMIE DE PEINTURE

Article de M. le baron de la Morlnerle.

Les livres ne nous apprennent pas p rand'chose sur cel artiste, si ce n'est qu'il naquit à Paris, et qu'il mourut le 26 mai 1673, à l'âge de cinquante-huit ans; qu'il était peintre d'histoire, et qu'il fut reçu à l'Académie de peinture et de sculpture, le 4 avril 1653 (1).

L'abbé de Marolles lui assigne une place dans un de ses quatrains; il le met en compagnie assez mêlée : on y voit que :

Jean Daret et Forest et Jacques d'Assomville No sont pas moins connus que Louys le Meusnier, Michel Fredeau, Moilon, Baussonnet et Selier, Henry Pesne et l'Estain, Both et Pierre Gobille.

f I) Archive» de Cari françaii, t. I«r, p. 362.

Nous n'avons rien trouvé de plus sur son compte. Une seule estampe d'après lui nous est connue : c'est le portrait d'Evstache de la Salle, lievtrn. des habitant de Reims, ès ann. M. DC. VU. VIII. IX. Cette légende se lit en haut dans un cartouche. Au bas, sur une draperie, quatre vers de Guillaume Baussonnet. La gravure est l'œuvre de Regnesson, « et n'est pas une de ses moindres choses,» selon Mariette (1). Ici le graveur a absorbé le peintre. Ce portrait ne nous suffit pas pour apprécier la valeur artistique d'Isaac Moi I - Ion et nous permettre de juger sa manière. L'honneur d'être reçu à l'Académie prouve toutefois que ce ne devait pas être un peintre sans talent.

Nos archives domestiques vont nous aider à augmenter sa biographie de quelques notes utiles.

Comme un grand nombre d'artistes de son temps, Moillon suivait les principes du culte réformé. Il tenait d'ailleurs par divers points d'alliance à Petitot et à Bordier; de plus, il était dans l'amitié de Sébastien Bourdon.

Son père, Nicolas Moillon, peintre de paysage, lui avait enseigné les premiers éléments de son art. Le catalogue des estampes de la collection Rigal mentionne au n° 95* trois paysages de son in* vention, signés : N. Moillon, In. 1613. Naglera reproduit celte indication.

Il existe au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale une des trois eaux- for tes de Nicolas Moillon, datée de 1643. Le site en est accidenté, avec montagnes, cours d'eau, cascades, ponts de bois, ponts de pierre, chemins tortueux, fabriques et tours sur le penchant et sur le sommet des rochers; le tout traité dans le goût flamand, alors à la mode; seulement la pointe est lourde et mauque de finesse.

Moillon le père florissait dans les premières années du dixseptième siècle (2); il ne vivait plus en 1627. Sa femme, Marie

(1) Abecedano, t. IV, p. 348.

(2) Nous croyons devoir insérer ici les noms des enfants de Nicolas Moillon. M. Haag qui, d'après Nagler, a consacré quelques

Gilbert, lui avait c'onnè une postérité nombreuse, quatre garçons et trois filles; Isaac, le peintre d'histoire, qui nous occupe ici, était le quatrième enfaol. Voici la copie textuelle do son acte de baptême :

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