D'L\ GROUPE DE LA SURPRISE DE L'AMOUR ET DE L'AMITIÉ
QUI DEVAIT ETRE EXÉCUTÉ POUR MM DUBARRY (29 jdillet 1775.)
ut par M. Laperller.
NOUS, Jean-Baptiste Le Moyne, sculpteur du Roy, recteur de l'Accadémie royale de peinture et de sculpture, et Augustin Pajou, aussi sculpteur du Roy, et professeur de ladilte Accadernie, invités p;»r M. Noël, chargé des affaires de madame la comtesse du Barry, d'estimer un ouvrage de sculpture fait par les ordres de laditte Dame par M. Jean-Jacques Caffiery, sculpteur du Roy ;
Et NOUS, Guillaume Coustou et Jean-Baptiste Pic. al, aussi sculpteurs du Roy, recteurs et adjoints à recteurs de la susdite Accadernie, également invités par M. Caffiery de procéder avec MM. Le Moyne et Pajou à l'estimation du même ouvrage ;
NOUS nous sommes assemblés tous les quatre samedy 20 Juillet dernier à sept heures du soir dans 1'Atlclier de M. Caffiery, et là, après avoir mûrement examiné son ouvrage, qui représente un Groupe de la Surprise de l'Amour et de l'Amitié, considérant les dépenses qu'il a faites, tant pour ses études d'après nature, que pour les frais de moules, journées d'ouvriers, et autres généralement quelconques, avons estimé le susdit ouvrage à la somme de trois mil six ceut livres, moyennant laquelle somme le Sr Caffiery sera tenu de livrer ledit modèle en plâtre à Madame la Comtesse,
Par une suite du même examen, le Sr Caffiery nous ayant fait voir un bloc de marbre, qu'il a acheté par les ordres de Madame la Comtesse pour exécuter le susdit modèle et qu'il a payé deux mille quatre cent livres, Nous avons trouvé juste que Madame la Comtesse lui remboursât les deux mille quatre cent livres, au moyen desquelles ce bloc de marbre resteroit à la disposition et appartiendroit à lad. Dame, mais que, dans le cas où elle desireroit que M. Caffiery s'en chargeât à compte de ce qu'elle lui doit, comme le Sr Caffiery n'a fait cette dépense forcée que dans la persuasion qu'il executeroit led. ouvrage en marbre, nous estimons qu'elle doit lui faire remise sur ledit bloc de la somme de six cent livres.
Lemoyne, G. Coustou,
A. Pajod, Pigalle.
Je reconnois avoir reçu de Mad. la Comtesse du Barrv, en conséquence du règlement cy à côté et d'autre part la somme de quatre mille deux cent livres en un arrêté du Sr Noël, fondé des pouvoirs de mad. D' Comtesse, de pareille somme, payable en quatre termes de trois en trois mois à commencer en novembre prochain, lesquels termes étant acquités seront pour solde du présent.
A Paris, ce sept aoust 1775.
Càffieri.
Oo a vu par la date que Louis XV était mort, et l'arrangement ainsi pris avec Csffieri est ud de ceux que les personnes chargées par M"* Dubarry du soin de sa fortune, durent prendre en grand nombre à cette époque pour mettre ses affaires en ordre. Dans le dernier volume des Mélanges de la Société des bibliophiles^ H. Picbon a publié les curieux règlements de deux mémoires de Pajou et de Drouais, son sculpteur et son peintre ordinaire, présentés aussi au même moment. Celui de Drouais entre dans un tel détail de changements et de copies qu'il serait difficile de l'analyser; mais, comme le volume de la Société n'est pas entre les mains de tout le monde, il ne sera pas inutile de résumer le mémoire de Pajou, dont le nom viendra mieux d'ailleurs après celui de Caffieri.
Pour la terre d'un buste de la comtesse fait à Versailles vers les fêtes de Pâques de 1770, et exposé la môme année, 1200 liv.
Réduction à moitié pour la manufacture de Sèvres, fourni le I" janvier 1771, 600 liv.
Autre réduction avec des changements, aussi pour Sèvres, 000 liv.
Autre buste coiffé dans le genre de la Baigneuse de Falconet et supprimé, G00 liv.
Le buste en marbre exposé en 1773 (maintenant au Louvre), 6,000 liv.
Médaillon de la comtesse, pour un dessus de porte à Louveciennes, 96 liv.
Marbre de \ pieds 2 pouces d'une jeune fille avec une corne d'abondance, pour servir à poitcr des lumières, 10,000 liv.
Buste en plâtra réparé avec soin et fourni à la manufacture de porcelaine allemande du sieur Loire, le tout formait un total de 19,195 liv. A. dk M.