SUR UN TABLEAU DE TOBIE QU'IL LUT AVOIT ENVOYE
La biographie de cet artiste est bien mal connue. De son temps on trouve son nom dans le Songe énigmatique de la peinture universelle, ce bizarre livre d'Hilaire Pader. Parmi les bustes des grands hommes « qui ont fait de très-beaux ouvrages dans les provinces, quoique leur nom soit peu connu, » il met, après a le noble Colombe du Lys, « M. Fodran, gentilhomme marseilloit. Mais de Pader, il faut passer à YAlmanach historique de MarseMe, publié chaque année par Grosson de 1770 à 1780, et dans lequel M. Léon Lagrange nous signale plusieurs mentions de tableaux de Faudran.
— « Les RR. PP. Feuillans. — Le tableau peint par Defaudran, qui décore le grand autel de l'église de ce monastère, est peint d'une manière aisée. Il représente saint Bernard en prière, la tôle élevée, devant la Vierge, quUient le pouce et l'index devant son sein, comme pour presser quelque chose. Ces deux situations sont l'effet de la bizarre imagination de l'artiste qui avait peint la Vierge se traisant pour faire tomber quelques gouttes de son lait dans la bouche de saint Bernard, qui les recevoit. Ce tableau a longtemps existé dans cet état. Les religieux de cette maison s'aperçurent que cette saillie pitloresque n'était nullement convenable à la sainteté du sujet et du lieu qu'il occupoit; ils firent peindre des draperies sur le sein de la Vierge et effacèrent les gouttes de lait (1). » (1772, page 82.)
(f) II y a dans l'églisn de Saint-Siffrein, à Carpenlras, un tableau analogue, où la samtc Vierge laisse également tomber quelques
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— « Les RR. PP. Récollets. — L'église renferme un tableau de la main de Defaudran, Marseillois; il représente un saint de l'ordre de saint François, qui exorcise un possédé; manière ferme, bons sites et ententes des couleurs. » (177 1, page 76.) — Ailleurs il ajoute : « Les gens de l'art donnent la préférence à l'esquisse de ce tableau qui se trouve placée dans un des dortoirs de ce couvent. »
— « Saint-Martin, seconde paroisse collégiale. — Une sainte Famille à la chapelle Sainte-Anne; tableau peint par Defaudran, Marseillois, d'une manière ferme. • (1771, page 160.) Ailleurs il l'indique % sur le portail principal de l'église. »
— « Hôtel de ville. — Dans la salle consulaire, sur la porte, l'Apothéose de la ville de Marseille, par Defaudran, Marseillois, tableau d'une belle composition. » (1772, page 10.)
Ce dernier tableau est le seul dont il soit fait mention dans le Voyage d'un amateur des arts en Flandre, dan* les Pays-Bas, en Hollande, en Franee, en Italie en Suisse, fait pendant les années 1775-76-77-78..., par M. de la fi***, Ecuy., ancien capitaine d'infanterie au service de France. (Amsterdam, 1783.) — « Dans la même salle (celle du conseil), un grand tableau de Defaudran, dans lequel il a représenté l'Apothéose de la ville. Ce morceau est composé avec génie et dans le goût de le Brun : les couleurs s'éteignent, c'est dommage. » — (Tome I, page 242.)
Papon le signale aussi (Voyage en Provence, par l'abbé Papon, 1787). — « ... Cette salle mérite d'être vue ainsi que la salle consu-
goulles de lait sur les saints placés à ses pieds, l'un desquels est saint Bernard. Cette saillie pittoresque n'est autre chose qu'une tradition mystique, comme le remarque très-bien Paquot sur Molanus (Ed. de Louvain, in-4°, 1771, page 336) : « Solel eliam ob tenerrimam in Virgincm Dei parentem pielatem, ejus ubere, in:>tar carissiini filii, paslus exprimi, non inepta sane aliegoria, auidquid aut imperili, aut profani homines in con:rarium garriant. Non lamen diftileor hac in re decori ralionem a veluslionbus, vel scuiptoribus. vel pictoribus, interdum hiud satis esse observatain. » On en citerait de très-nombreux exemples et jusque dans le dix-huitième siècle.
Jaire. Il y a sur la porte de celle-ci l'Apothéose de la ville par de Faodran. » — (Tome I, page 257.)
Ces m en lions sont d'autant plus curieuses qu'il n'en a pas passe □ne seule dans l'article consacré à notre peintre par Achard dans son Dictionnaire des hommes illustres de Provence (Marseille, 1788, 2 toI. in 4% 1, 282); il le donne comme écrit sur des mémoires de la famille de Faodran Taillades :
« Faudran, peintre, de la maison noble des Faudran de Lambesc, mourut vers Tan 1694. Il était né avant le milieu du deruier siècle, et ton talent décidé pour la peinture l'engagea à s'y appliquer. On admire encore les ouvrages de ce noble artiste à Lambesc, dans la chapelle de sa famille, à Marseille, dans les églises des pères de l'Oratoire et des pères récollets. Le duc d'Orléans, régent du royaume, fit enlever un de ses tableaux, qu'on trouvoit chez les grands aogusUns, pour lui donner une place parmi les magnifiques peintures de la galerie du Palais-Royal (1). On voit encore dans l'église de SaintMaximin un tableau de notre illustre peintre et chez M. de Ramatuelle, à Aix, un Sabbat, ou assemblée de sorciers, qui est fort estimé des connaisseurs. «
Voilà bien peu de chose, et pour être coori, l'article d' Achard n'est pas irréprochable. Ainsi Faudran est né bien avant le milieu du dixseptième siècle, puisque c'est en 1640 que parut le Cabinet de Scudéry — le privilège est du 8 janvier — et que dans ce livre nous trouvons (p. 113-116) une pièce sur un «tableau de Bacchanales, de la main de Faudran. » Celle bacchanale, les vers la décrivent assez en détail pour qu'on puisse reconnaître le tableau, si on le retrouvait. C'était une bacchanale amoureuse, mais avec un sujet qu'on dirait emprunté aux délicates allégories du Songe d'amour. On connaît au Louvre le Combat de l'Amour et de la Chas-
ni Dans sa notice sur Michel Serre {Peintres protnnetaux, t. II, p. 202-3), M. de Chennevières a justement fait observer que la
?aler)e du Palais-Royal, gravée à la fin du dernier siècle par ouché, et la description des tableaux du Palais-Royal, donnée en 1727 par Dubois de Saint-Gelais, ne mentionnent aucun tableau de Faudran.
ltU% par le Pérugin ; ce tableau de Faudran en est comme la suite ; il avait peint la défaite de la Chasteté, en représentant le meurtre d'une licorne, celte béte blanche que les bestiaires et les sculptures du moyen fige donnent comme le symbole de la virginité, et qui se se laissait disait-on, approcher que par une vierge. Dans le tableau de Faudran, des bacchantes, vêtues de peaux de tigre et de panthère et armées d'arcs, de pierres et de cornes de bélier, s'acharnent après le pauvre animal, qui est tombé à terre percé d'une flèche, et dont la blanche robe est tachée du sang qui s'échappe de sa blessure. Enivrés de ce triomphe, des sylvains et des faunes battent des mains à son agonie. Plus loin — sine Baccho friget Venus — se trouve Silène à moitié endormi, et à l'extrémité du tableau, en avant de quelque architecture, ornée d'un Terme qui ne pouvait manquer à ce sujet, on voit, sous un riche pavillon suspendu à un grand arbre, Vénus couchée sur un lit et entourée d'amours qui volent autour d'elle. Elle assiste de là à cette scène, comme une reine sous les yeux de laquelle la chasse a conduit le cerf, pour lui donner le spectacle de la curée. Les vers du poète sont trop longs pour être cités ici ; j'y renvoie les curieux, mais j'en transcrirai la dernière strophe :
Enfin le scavoir est extrême Qui conduit ce docte pinceau, Et le fameux Poussin luy-même Croiroil avoir fait co tableau,
pour remarquer qu'elle n'est point trop invraisemblable. Les Bacchanales du Poussin sont un peu vénitiennes ; le goût du pinceau du Faudran devait être dans le sens génois, qui dans les sujets gracieux se rapproche de Venise, et pour le costume, on le voit sûrement par la présence de Silène, Faudran, comme le Poussin, a dû, selon l'esprit de son temps, ne pas se mettre à la suite du goût délicat et raffiné des quinquècenlistes italiens, qui savaient l'art de pétrarquiser avec le pinceau, mais en revenir à l'ardeur antique.
Quoi qu'il en soit, la pièce de Scudéry est des plus curieuses, surtout en ce qu'elle nous donne la clef de la lettre inédite de M,le de Scudéry qu'on va lire. Ce n'est pas l'original même,
mais une copie, évidemment contemporaine, qui occupe les trois premières pages d'une feuille de papier petit in-folio, très-usée et très-fatiguée, en tête de laquelle la personne qui a fait cette transcription a écrit : « Coppie d'une lettre de Mu« d'Escudéry à H. Faodran. » On y retrouvera, pour me servir de l'expression qu'employait dernièrement M. Sainte-Beuve en parlant de la lettre de M1" de Scudéry, qui se trouve anonyme dans la troisième Provinciale (1), « sa manière spirituelle et son agrément apprêté. » 11 dut môme s'en faire et en courir en Provence plusieurs copies ; la gloire du peintre y était trop intéressée. Celle-ci provient des papiers du P. Boogerel, arrivés par transmission héréditaire entre les mains de feu M. Porte, archéologue Aixois, à la mort duquel ils sont passés en totalité entre les mains d'un bouquiniste, chez lequel j'ai recueilli cette pièce et quelques autres, qui lui avaient été laissées psr les amateurs marseillais. M. Porte dn reste en avait dû envoyer une copie au Comité des monuments, dont il était correspondant, car on trouve dans le Bulletin du Comité (séance du 22 mai 1847, tome IV, page 339) que M. Porte avait envoyé des notices sur Ephrem Lecomte, Sauveur Lecom te, Jean-Baptiste Faudran et Pin, peintres provençaux des dix-septième et dix-huitième siècles. Avait-il mis antre chote de nouveau que cette lettre? On l'ignore, car ses notices n'ont pas été publiées.
Malheureusement la lettre n'a pas de date, mais, sans la fixer d'une manière positive, on peut du moins en approcher. Mu* de Scudéry est morte à quatre-vingt-quatre ans, en 1701; maia elle était depuis longtemps retirée du monde, et sa lettre ne peut être de sa vieillesse. D'ailleurs Faudra n est mort avant 1604, et de plus il est fait allusion à Georges de Scudéry, ce qui nous reporte à une époque antérieure au mois de mai 1667. On doit même la croire de dix ans au moins avant cette époque. En effet H. Cousin, dans sa Société français* au dixseplièmt siècle, vient
(1) Cf. le Bulletin du bibliophile, numéros do septembre et d'octobre 1858*
(tome II, page 418-51) de publier, d'après les manuscrits de Conrart, d'autres lettres inédites de M11" de Scudéry, qui sont écrites pendant son séjour à Marseille et vont de décembre 1644 à mars 1643. Quoiqu'on ne voie Scudéry s'intituler gouverneur de Notre-Dame de la Garde que sur le titre de son Cabinet, dont le privilège est du 3 janvier 1646, et qui fut achevé d'imprimer le 2 mai, il est possible qu'il eût déjà cette charge et qu'en venant l'exercer il ait amené sa sœur avec lui. C'est alors que sa sœur et lui auront connu Faudran, aussi bien comme gentilhomme que comme peintre (1 ) ; c'est alors qu'il aura vu la Bacchanale qu'il décrit. Je dis vu, car, si elle eût été à lui à ce moment, c'est elle qu'il aurait décrite, et tout ce qu'il met dans son Cabinet, composé à l'imitation de la GalUria du Marin, ne lui appartenait pas. Il le dit d'ailleurs dans sa préface : « Je n'ay pas eu peu de satisfaction en travaillant à cet ouvrage, parce qu'il m'a remis dans la mémoire et presque devant les yeux tant de belles choses que j'ay vues et tant d'autres que j'ay possédées. ■ Ce qu'il a dû avoir à lui, ce sont des crayons, des dessins et des gravures; mais les tableaux, il n'a fait que les voir chez les peintres de son temps ou dans les cabinets des curieux. Faudran n'étant pas connu à Paris, c'est à Marseille que Scudéry dut voir et admirer ses œuvres. Pendant l'Impression du Cabinet, soit qu'il n'eût pas quitté celte ville, soit qu'il y fût revenu, il y était encore; des lettres de Chapelain, vues par l'abbé Gou\ei [Bibliothèque françoise, XVII, 145), y attestent sa présence du mois de janvier au mois de juillet 1646. Il put donc offrir luimôme à Faudran le volume qui contenait cet éloge d'un de ses tableaux, éloge d'autant plus flatteur qu'il était public et mettait le peintre en excellente compagnie. Alors on comprend très-bien que l'artiste ait eu l'idée d'envoyer au poêle et à sa sœur une œuvre qui leur témoignerait sa reconnaissance et son estime, et qui pourrait bien aussi être illustrée par un nouvel éloge. Cette fois ee
! . , On trouve le nom d'un Louis Faudran parmi les conseillers de ville nommés le 5 mars 1660 par Louis XIV, lorsque, pendant son séjour à Marseille, il réorganisa le gouvernemeni municipal.
fat Sapho qui s'en chargea, d'une façon plus discrète, mais à coup moins délicate pour l'amour- propre de Faudran, et, les échanges de ce genre se font d'ordinaire sur le coup, il y a lieu de croire que le présent du peintre suivit la publication du Cabinet. C'est donc le mettre, ainsi que la lettre de Madeleine, à Tannée 1646 on au plus tard à la suivante.
Lettre de mademoiselle de Scudery à Monsieur Faudran, peintre, sur le subject d'un tableau de l'histoire de Tobie quil luy envoya.
Monsieur,
Sy ce bel ange que vous avés donné à Tobie pour le conduire eût peu l'abandonner pour Tenir guider ma plume, ?ous auriés sans doute reçeu un compliment plus digne de vous et de ma recognoissance que ne sera celluy que je vay vous faire; car, veu la manière dont il m'aparoist, je ne doute nullement qu'il ne soit des plus esclairéz- Tout à bon, ceste figure est sy noble que j'ay peine à croire que lange effectif du véritable Tobie aye peu autresfois ce former un corps plus beau que celluy que vous luy avés donné, et je pance mesme que, sans profanation, on peut dire qu'il est sy fort affectionné à luy qu'il n'a peu souffrir que vous fissiés un tableau de son histoire sans vous conduire la main, comme il le conduisit luy mesme pendant le voyage qu'il fit, et, comme c'estoit luy
qui avoit faict son mariage, il c'est intéressé en la beauté de Sara et vous a sans doute aydé à luy donner tous les charmes qui esclattent sur son visage et à représenter ceste agréable confusion de bagages et de troupeaux qui produit un effect sy admirable en ceste peinture. Je doute mesme sy Ton ne pourroit point accuser cest ange d'avoir entrepris quelque chose contre l'authorité de Dieu; car, delà façon dont je voy toutes ses figures, il y a lieu de soubçonner qu'elles sont effectivement ce qu'elles paroissent et qu'en leur donnant l'estre il leur a donné la vie. Ce domestique, qui escoute ce que son maistre luy crie, escoute si bien qu'il me persuade que j'entens une partie de ce qu'il tasche d'entendre; le chien de Tobie, sy bien marqué dans l'Ëscriture, en son action enjouée faict sy bien voir sa fidellité, par le peu de paine qu'il a de quitter sa nouvelle maîtresse pour suivre son antien maistre, qu'on ne peut assez l'admirer. Mais sur toutes ses choses la beauté de Sara paroit avec tant d'avantage qu'il seroit à désirer que le fiel de ce poisson qui redonna la veue à son beau père fût employé à la donner à tous les aveugles qui sont au monde , afin que personne ne fût privé du plaisir de la voir, et, quand mesme la veue de ceste beauté seroit aussy funeste à ceux qui la reguarderoient qu'elle le fut à ses premiers maris, je treuve encor que Ton s'y devroit exposer. Le visage de Tobie nous faict voir un sy agréable combat de l'amour qu'il a
pour sa femme et de la tendresse qu'il a pour son père qu'on ne peut assez le louer. On voit que ses pas, en l'a pro chant de ce qu'il respecte, l'esloignent de ce qu'il ay me et que, sy l'ange ne le tiroit avec quelque espèce de violence, il auroit peine à se résoudre de le suivre. Enfin, soit que je considère ceste trouppe de filles qui accompagnent la mariée, la beauté ou la docillité du cheval qui la porte, les diverses actions de ceux qui la suivent, la figure naifve de l'asne qui est sy agréablement chargé, l'aigle qui tient un serpent et celle qui voile, ou que je regarde les bois, les rochers et les cailloux, je voy tant de choses surprenantes en ce tableau que j'ay bien plus de disposition à le considérer comme un miracle qu'à l'admirer simplement comme un chef d'oeuvre, et, pour vous tesmoigner que mes soubçons ne sont pas en eftect sans fondement, vous sçaurés, monsieur, que, comme il advient presque tousjours que l'on ne demesnage jamais que dans ce changement de lieux il ne s'esgare quelque chose, il est arrivé que, parmy ses vazes précieux qui font une partie des richesses de Tobie, ceux que je vous envoyé ce sont destachés de dessous les autres, et, comme ce sont sans doute les moins considérables de tout son bagage, il ne s'en est point aperçeuet a poursuivy son chemin. C'est pourquoy, monsieur, je vous les renvoy, afin que vous, qui cognoisséz Raguel, pere de Sara et qui sçavés le chemin de Rages où il demeure, puissiés les luy rendre; car
pour moy je vous déclare que je n'en veux point estre chargée. Vous me dirés peut-estre que je devois les rendre à celluy qui les avoit perdus ; mais, comme vous sçavés, les chameaux ont les jambes trop longues pour les suivre facillement, et puis, à vous dire la vérité, je treuve tant de richesses à Tobie que je ne me suis pas beaucoup mise en paine de luy rendre vne chose de sy peu de valleur. Sy cest homme, qui porte le chien de Sara et qui mène ce petit singe attasché, eût perdu l'un ou l'autre de ces aymables animaux, je n'aurois sans doute pas manqué de courir après pour le rendre, de peur qu'elle s'en fût affligée ; mais, ne s'agissant que d'une chose qui sertainement ne luy est pas sy chère, j'ay creu qu'il suffiroit de vous l'envoyer comme je fais. Cependant, monsieur, sy par hazard mon imagination me trompoit et que ce que je prens pour le crime d'vn ange fût simplement un prodige de vostre main, faictes moy la grâce de m'en advertir, afin que mon frère et moy puissions en quelque façon proportionner nostre recognoissance et nos louanges à un présent sy magnifique et sy beau. Vous me donnerés cest éclaircissement quand il vous plaira, et me ferés tousjours la grâce de croire que je suis de toute mon ame, Monsieur, votre très humble et très obligée servante.