‹ ARCHIVES DE L'ART FRANCAIS. TOME PREMIERChapitre 16 sur 84 · PAR H. LE ROUX DE LINCY · texte numérisé non relu

PAR H. LE ROUX DE LINCY

Nous publions cette pièce d'après Toriginal écrit sur parchemin, qui fait partie d'un recueil d'actes relatifs aux artistes français, provenant de la bibliothèque de feu Monteil. Cette pièce offre un double intérêt; elle nous fait connaître le nom d'un artiste français fixé à Paris au commencement du xvie siècle; elle nous donne la description d'un monument curieux qui a dû exister dans Tune des églises les plus célèbres de Paris. Nous avons cherché dans les historiens anciens et nouveaux de cette capitale quelques détaijs relatifs au monument élevé par Jehan Tronsson à la gloire de Jésus-Christ; nous n^avons rien trouvé. Nous publions donc cette pièce sans autre commentaire; nous nous contenterons de signa** 1er un passage curieux, où il est dit que le sépulcre sera exécuté avec la môme pierre que celle du sépulcre qui est faicl à Saint'- Ynocent, contre la chapelle d'Orgemont,

On peut voir dans la cinquième livraison de la Statistique mO'» numentale de Paris^ publiée par M. Albert Lenoir, le plan du cimetière des Innocents sur lequel est indiqué l'emplacement occupé par cette chapelle d'Orgcmont. Elle était situéeen face de l'église à l'autre bout du cimetière, adossée au mur qui formait l'un des côtés de la rue de la Lingerie. Une seconde planche, dessinée par feu Bernier, représente cette chapelle d'Orgemont malheureusement à moitié ruinée ; mais on aperçoit que c'était le plus important des ihonuments funéraires qui décoraient Tenceinte du cimetière des Innocents. Dans le dessin de M. Bernier on voit parfaitement le sépulcre, dont la pierre devait servir d'échantillon au monument sculpté par Jehan Solas.

Jehan Solas, tailleur d'ymaiges, demeurant à Paris, confesse avoir fait marché et convenant avec bono-

rable homme Jehan Tronsson, marchant drappier et bourgeois de Paris, à ce présent et comparant, de faire pourluy enréglise Monseigneur Saint Germain l'Au^errois à P?âis, ou cheVet d'icel|e église, à Tun des 0pstez de la chapelle NostreDame,ung sépulcre de Nostre Seigneur, ou quel y aura les ymaiges aussi bien faictes, de telles grandeurs que le lieu se comporte, et d'aussi bonne pierre que le sépulcre qui est fait à Saint Ynocent, contre la chappelle d'Orgemoni, ou mieulx se faire se peult. Item de faire de l'autre costé de la dite chapelle Nostre Dame la Résurrection de Nostre Seigneur, c'est assavoir ung tofubeau aussi grand qu^ faire se pourra, où aura Timaige de Nostre Seigneur (jui résuccitera et yçtera du dict tombeau, en la forme et manière comme estre doit ; et aux deux costez deux angles ; et au bas, à Fentour du dit tombeau, trois chevaliers aussi en la forme et manière qu'il appartient et qui sera ad visé pour le mieulx, le tout aussi de pierre de Tonnarre la milleure que faire se pourra. Et les dictes ymaiges de la plus grant grandeur semblablement que faire se pourra selon le lieu. Et tout ce faire et rendre prest, bien et deuement fait et parfait, au dit d'ouvriers et gens en ce congnoissans, selon et de la façon que les patrons de ce faiz et qui ont esté signez des seings manuelz des dictz notaires, à la resqueste des dits Tronsson et Solas, le contiennent, en corrigantpar admendement les ditz patrons ainsi que accordé a esté entre eulx ;

Qt kê 4la0t!P6 e| asseoir bien et deuem^nt en \% plaoQ et lieu où ilz doivent estre en icelle chapelle dedans» du jour de Noël prochain venant en ung an et de quérir et fournir toute la dicte pierre de Tonnarre bonne et loyalle, .çoipf nxç dit est, et de la meilleure ; le tout moiennant le pris et somme de deux cens escuz d'or, à la cpuronne, du pris de XXXV S pièce, que le ^i\ Jehan Tronsson luy eu sera tenu et promect paier au feur et ainsi qu'il fera les dictz ouvraiges. Sur la quelle somme le dit Tronsson ^ baillé et avancé comptant au dit Jehan Solas la somme de cent livres tournois sur iceulx ouvraiges, dont le dit Solas s'est tenu et tiept contept. A ce vindrent et furent présents Nicolas Hubert brodeur et Jehan Triboullet orfèvre, demourans à Paris, qui défaire, parfaire et accomplir les dit§ ouvrages en la manière que dit est, et fournir la dite pierre, aussi telle que dit est, se sont constituez et constituent pleiges et cautions pour le dit Solas. Et ou cas que le dit Solas ne feroit les dits ouvrages telles, à,e telle pierre dedans le temps et en la manière que dit est dessus, iceulx Hubert et Triboullet seront tenus et promectent les faire faire et asseoir à leurs despens, compie le dit Solas y est tenu cy dessus, ou rendre et restituer au dit Tronsson la dite somme de deux cens escuz d'or, ou ce que le dit Solas enauroitreceu, promectansetc. fait et passé doubles, l'an mil cinq cens et cinq, le vendredi tiers jour d'octobre. Bàudsquin. p. CHfiVAusa.

S£R1E D'ARTISTES Dll NlVERNillS.

Communiquée

PAR H. LE GOXTB GEORGES DE SODLTRAIT (1).

1390. — Jehan Le Pointre , gendre de Guillaume Ougier, peint l'image de N.-D. au chef du PoDt de Loire, devers Saint-Antoine, à Nevers. {Manmcrits de Parmentier.)

1439. — Jeannot, orfèvre, grave un gobelet et une aiguière d'argent qui sont offerts au comte d'Estampes arrivant à Ne vers. (Archives de Nevers par Parmentier.)

1439. — Jean Charton, orfèvre, à Nevers, grave sur une cloche les armoiries de la ville de Nevers et deux images : l'une de la Remembrance ou représentation de Dieu le Père, l'autre de la Sainte-Vierge. (Arch. Nev. Parm.)

1450. — Jehan Menin, orfèvre, fit une roue, le mouvement du cadran et le cadran marquant les heures, avec deux petits anges, pour mettre sur les appeaux de l'horloge pour 50 livres. {Arch. Nev. Parm.)

(1) L'intéressante Hste d'artistes nivernais que H. de Soultrait veut bien nous faire parvenir, est, comme on le voit, le produit d'un dépouillement fait dans les principales archives du département de la Nièvre.

1462. — Un nommé Baudet, chargé d'affaires de Jean Boezart, roy des ménestriers par tout le royaume de France, reconnoit avoir reçu de Hugues Godenu de Tors, menestrier, ce qu'il devoit pour la licence de pouvoir aller ouvrer dudit mestier par tout le royaume ; a été passé à Deeize (Nièvre), devant Pierin, notaire, le

17 janvier 1462, en présence de témoins. (Archives de Deeize.)

1486. — A la fête de Saint-Avé, on représenta à Decise le mvstère de sainte Cécile; Jehan du Bourg, peintre, peignit la représentation; il habilla la Gtieule d'Enfer; Guillaume Martin, menuisier, en fit les dents; je tout coûta 15^ 17*^ 1^ tournois.

1479. — Après la mort de la comtesse de Nevers, Paule de Bretagne, on célébra un service funèbre à Deeize ; Jean Corbier, peintre, peignit

18 écussons aux armes de la comtesse et reçut pour ce 1 1 sous 3 den.

Commencement du xvi® siècle. — Une statue de la Vierge, qui se trouve à Bornes (Nièvre), porte sur la bordure de la robe le mot Andars qui est peut-être un nom de sculpteur.

1528. — L'église de Cercy-la-Tour (Nièvre) ayant été brûlée, Jehan Hariot, architecte, s'engagea à la rebâtir moyennant 4020^. (Areh. de Cerey.)

1541. — L'église de Beaumont-sur-SardoUe (Nièvre)

poAside d^ fonts baptismaux .octogones fyrt joUmeqt sculptés de guirlan^çs de feuillages, de pampres 9 avec deux figures; w Ut au-dessous

en lettres gothiques : Ces fqns a fait faire

par Anthoene Rouard le 10 mars VXLI (^541).

i^9' — Au mois de jaqvier de cette année, la ville de Pfevers fit faire par Bellecombe, scidpteur, moyennant 55 livres, un tabernacle pour exposer le Saint-Sacrement dans 1^ chapelle Saint- Sébastien. (Archiver ie fievers.)

m90. — Le 14 janvier de cette année, )es échevins de Nevers firent marché avec Loui$ Feriol, sculpteur, pour faire six écussops en pierre, relevés ep bosse, avec armoiries de Ludovic de Gonzague et d'Henriette de Çlèves, dyc et duchesse de Nevers, avec lei^ rnarquea des ordres 4e ^aint'MicheJt et du Saint-C)sprit, poi^r être mis au^ six portes de la ville ; ces écussons coùtèrept 60 écus. [Arch. de Nevers.)

1590. — Cette année, Louis de Gopzague, duc de Nevers, fit faire m Ja cathédrale de Nevers la table de l'autel et l'oratoire, par Thomas Tollat, maître sculpteur, demeurapt au Liège (à Liège). {Archivas du département.)

1008. — Au mois d'octohire de cette année, les écihe-? vins de Deçize passèrent un ipai*ché avecNatan Vicaire, tailleur de pierres, pour recons-

tmirt^ un pont. (Archives de Decize.)

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