Archives de la Bastille
Le volume précédent renferme la première partie de la correspondance relative à l'arrestation de Foucquet et de ses complices. Os n'a pas cm qu'il fût nécessaire d'y joindre aucun éclaircissement, les faits portant leur lumière avec eux, tant qu'il ne s'agissait que de mainmise et d'emprisonnement. Mais à mesure que la procédure se complique, l'affaire devient plus obscure, et pour faire comprendre les accusations portées contre le surintendant} il est nécessaire de donner un aperçu du sys^ tème financier à cette époque. Nous allons essayer de faire connaître quels étaient les contribuables, quelle était la nature des impôts, comment ils étaient perçus, et enfin les abus que l'administration avait à réprimer et que la cbambre de justice eut à punir.
Au xvit' siècle, la nation était partagée en plusieurs c le clergé, la noblesse, ta bourgeoisie et les paysans. La séparation était précise et observée en apparence avec la plus grande sévérité; mais les barrières s'abaissaient tous les jours, et un mouvement de bas en kiut, lent mais irrésistible, élevait les manants dans la bourgeoisie, et le tiers état dans la noblesse. Les efforts du gouvernement, qui voyait par là diminuer le nombre des contribuables, n'y pouvaient rien ; l'intérêt privé était plus fort que tous les obstacles. On visait alors à la noblesse,