‹ Archives de la BastilleChapitre 23 sur 98 · H. BATAILLER A DE U0K^Z · texte numérisé non relu

H. BATAILLER A DE U0K^Z

Mai isea.

Le Roi d'Angleterre se promenant, ilyadeux jours, dans le parc de Saint-James, et me parlant des embellissements qu'il prélenilait faire dans ses maisons, et particulièrement à Greenwich, me témoigna qu'il aurait besoin pour cela de M. Lenostre ', qui a la conduite des jardins du Roi, et qu'il me priait d'en écrire à Sa Majesté, aHn qu'elle voulût loi permettre de fiiire un voyage ea Angleterre ; depuis, j'ai su qu'il a chargé le comte de Saint-Albans de l'amener avec lui au retour de son ambassade ; il part dans deux jours pour Portsmouth, d'oîi il doit passer en France, soudain après que la Reine d'Angleterre aura débarqué.

Il me parla encore d'une partie de 15,000 francs, qui est due à M. Carterel*, et dont il a un billet de l'épai^ne qui, s'étant trouvé engagé sous le scellé de M. Foucquet, n'a pu être présenté à M. Colbert que depuis peu, et lequel il a refusé de réassigner, sur ce que toutes les assignations de l'année courante avaient été réglées dès le mois de janvier, et que celles qui ne l'ont pas été en ce temps ont été remises à l'année prochaine. 11 me témoigna que, si sa dette était estimée bonne, que ce fût, comme il disait, pour services rendus, il serait bien obligé au Roi s'il ordonnait à M. Colbert d'en avancer le payement, je lui répondis que j'avais ouï parler de cette dette, que j'appréhendais qu'elle n'eût trop vieilli, et que, pour cette raison, M. Colbert ne se fût défendu de la payer, mais que j'en écrirais, puisqu'il le désirait ainsi. M. Carteret est une personne pour qui le roi d'Angleterre a beaucoup d'estime, et qui, par les charges qu'il a dans sa maison et dans la marine, tes entrées dans le conseil et dans le parlement, se trouve avoir part aux affaires les plus importantes; si bien qu'avec l'occasion

1. André Le Nostre, né k P&ris en leiJ, InUndant des Jardin* et r^nlrûleur géoënl de» bitimenu du Roi, mort eu 170D.

1. George Cvtcrst, né en ISW, vice-ch:iinbellan de la maison du Hoi, membre du eonaeil privé, tréaorier de la Ûmie et commiauire de l'anurouté, mort va 107S.

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qu'il y a d'obliger eo cela le roi d'Angleterre, il y a encore celle de témoigner à une personne de mérite, qui a seiri S. M,, la reconnaissance qu'elle en a. M. d'Estrades est informé de cette affaire et en donnera tous les éclaircissements nécessaires.

(BiBt. DE Toulouse.)

M. BEHNARD A COLBERT.

A la Baatille, 37 m>i 1663.

Monsieur, je vous supplie trës-humblemeat d'avoir la bonté de jet«r les yeux sur un mémoire ci-joint, que votre charité çie fera bien cette grâce d'empêcher que la Chambre de justice ne fasse vendre mes meubles pour une somme que j'ai touchée sur des intérêts qui me furent accordés, Monsieur, après une avance de 383,359 1. 7 s. 11 d. que j'ai faite. Vous savez comme quoi ces affaires se faisaient en ce temps-là, et la suite de mes malheurs, desquels j'ai eu l'honneur de vous entretenir. Je suis en des avances qui me font frayeur. Je demande votre protection, et qu'il vous plaise d'examiner toutes mes affaires, a&n d'en recevoir la loi telle que votre justice et générosité le jugera pour une personne qui est, etc '. CB.I.)

LE ROI A H. D'ARTACKA».

Mons d'Artagnan, ayant trouvé bon que le P. Esneuve, jésuite, se rendit à mon château de Vincennes pour confesser le sieur Foucquet, qui y est détenu prisonnier, le médecin et le valet de cbambre qui sont avec lui, je vous fais cette lettre pour vous dire que . vous ayîezâ permettre audit P. Esneuve d'entrer à mon ch&teau, et d'y confesser en toute liberté le sieur Foucquet et ses deux donjestiques. (B. A.)

PMis, 37 mû 1663.

LE TELLIEA A H. CHEVIGHY.

A Paris, le 28 mai 1662.

S, M. étant présentement sur le point de prendre sa résolution sur l'état où elle doit mettre ou laisser la place deBelleisIe, désire-

I. Dana ses défenses, Foucqtiet die : u Le sieur Bernard est de bonne condilion, avait du bien, s'est engagé fort librement pour le Roi, à ma prière, et je crois que, ses dettes payées, il dc se Irouiera pas plus riche qu'il était quand J'ai commencé de remployer, et si le Roi ne lui fait justice sur ce qui lui est dû, c'est an tiomiuB

rait avoir uo plan des fortifications qui y sont présentement, distînçuant ce qui eo était fait lorsque M. Fouquet l'a achetée, et ce qui y a été coQStruit depuis. Elle souhaiterait aussi en avoir un de ce que M. Foucquet y voulait ajouter pour la mettre en perfection, avec un mémoire bien instructif des choses qu'il faudrait nécessairement y foire pour la mettre en état de défense, et la quantité d'hommes qu'il faudrait pour la garder, tant comme elle est présentement que comme elle était du temps de MM, de Retz. Il ne faudra pas aussi omettre de memandercequec'estquelamilicede rUe et le fonds que l'on peut faire sur les habitans portant armes dans une occasion extraordinaire. (A. G.)

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