REGISTRE SECRET DU PARLEMENT
Du mardi 1" août 1662, au matin.
Ce jour, le procureur général a dit à la cour que, suivant l'ordre qu'il avait reçu d'elle, il se rendit à Saint-Germain-en-Laye, le samedi dernier, où étant, il dit au Roi que la compagnie, pour continuer sa déférence et son respect, l'avait chargé de deux requêtes qui avaient été présentées par les dames Foucquet, et de môme temps 1e supplier de trouver bon qu'il y fût délibéré, à quoi ledit seigneur Roi répondit qu'il désirait que M. le premier président, avec MM. les autres présidents et six conseillers de la cour, se rendissent h Saint-Germain, aujourd'hui, à 3 heures, pour enlendrtson intention, et le même jour, sur les 1 1 heures du malin, sont partis de cette ville M. le premier président, avec MU. les présidents de Nesmond, de Longueil, Potier, de Mesmes, Le Coigneux
1. Il n'est pu probable qu'une lettre s< hvdie ait étd remise bd roi, mki« on a dû la [aire drcaler secritoment pour émouToir le* esprits en Tneur de Foucqoek
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et de BaiHeal, etMM. H. Ferrand.CI. Lemusnier, C. Menardeau, N. Courtin, conseillers lais, et MM. H. de Refufte et E. Sainctot, conseillers-clercs, pour aller trouver le Roi. (B. M.)
Du mercredi 2 août 1663.
Ce jour, les grand Chambre, Tourneile et l'Édit assemblées, M. le premier président a dit que, suivant l'ordre du Roi, il se rendit à Saint^ermain-en-Laje,le jour d'hier, sur les trois heures de relevée, avec M, le président de Nesmond, M. le président de Longueil, M. le président de Mesmes et M. le président Le Coigneux; M. le président Le Bailleul, MM. Michel Ferrand, Clément Le Musnier, Claude Menardeau, Nicolas Courtin, conseillers lais, et MM. Henri de Refuge et Etienne Sainctot, conseillers clercs, députés de la cour, se rendirent au vieil château, au logis du sieur de Ouénégaud, secrétaire d'Ëtat, où était le Roi dans son cabinet, avec M. le chancelier, les sieurs de Turenne et de Villeroy, les secrétaires d'Ëtat, les sieurs d'Aligre et de Sève et plusieurs pei^ sonnes de qualité. Le Roi leur a dit que M. le chancelier leur ferait entendre sa volonté. Ledit sieur chancelier prit la parole , et leur dit que le Roi avait été satisfait de ce que la compagnie avait fait lors de la première requête présentée par les dames Foucquet, en ce qu'elle lai avait renvoyé ladite requête sans en délibérer, mais qu'il n'avait pas sujet de l'être de ce qu'elle avait fait lors des deux dernières, et qu'après les défenses qu'il leur avait faites par son procureur général, il trouvait étrange qu'on les eût lues et qu'on en eût délibéré; que son intention était que l'on n'en reçût aucune à l'avenir, et qu'il les défendait sur peine d'encourir son indignation; que le Roi, par un arrêt Eolennel reodu en son conseil, avait jugé que le sieur Foucquet n'avait aucun privilège pour être jugé au parlement, et qu'il était inouï que l'on ei^t conjoint les temps de deux différentes charges, pour acquérir droit de vétérance sans lettres patentes, même sans arrêt du parlement, et répéta que le Roi lui défendait d'en prendre connaissance.
Le Roi en même temps prit la parole, et leur dit qu'il leur avait fait entendre son inlention par M. le chancelier, qu'il était bien aise de leur répéter, et qu'après les défenses réitérées qu'il leur faisait, il croyait que pas un conseiller ne se chargerait d'aucune requête de la part du sieur Foucquet, que si cela arrirait il défendait absolument aux présidents de la mettre en délibération, el
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à soD procarenr géoéral d'y prendre les conclusions ; qu'après avoir ru la requête du sieur Foucquet concernant la soustraction dés papiers, il avait jugé à propos de dire qu'il était vrai qu'après la détention du sieur Foucquet, il avait donné charge au sieur Colbert d'aller prendre les papiers qui concernaient le secretdes aiTaires de son État, et de les lui apporter, parce que personne n'en devait avoir communication, que cela avait toujours été pratiqué de la sorte en pareille occasion, que, pour tous les autres papiers, le sieur Colbert n'y avait point touché.
Qu'après ces discours lui, premier président, crut être obligé de dire au Roi que la compagnie croyait avoir agi avec autant de respect, lors des dernières requêtes que lors de la première, n'ayant fait autre chose qu'arrêter qu'elles lui seraient portées sans entrer en délibération, ainsi qu'elle a accoutumé de faire sur toutes les requêtes qui lui sont présentées, qu'auparavant elle n'eût su si il l'aurait agréable.
Le Roi répliqua qu'il avait fait savoir sa volonté, et qu'il ne doutait pas qu'elle ne fût suivie et exécutée. (B. M.)
REGISTBE SECRET nE LA GOUA DES AIDES.
Du 2 août 1662.
Sur i'avis donné à la cour que la chambre de justice a rendu un arrêt portant que M. de Maridor, président en la cour, etM. Foucquet, surintendant ues finances, seront confrontés l'un à l'autre, ia cour ordonne que le procureur général ira solliciter l'ordre de ' S. M. pour faire renvoyer en la cour l'affaire du sieur de Maridor.