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LE TXLLIER A H. DE LA GUETTE

A PârU, le 36 octubra 1M3.

La lecture de la dépêche du Roi, qui ordonne à M. l'abbé Poucquet de ne point sortir de Toulon, fait suffisamment conoattre l'intention de S. H., et il me semble que l'oa ne peut manquer de voir qu'il est à propos de s'attacher prédeément aux termes dan» lesquels elle a été expédiée. (A>. G.)

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150 FODCQUET.

■ÀDIIIE FOUCODBT AD ROI.

Novembre lOflS.

Sire, la manière dont nous sommes Iraités, sods prétexte de justice, est une oppression si violente qu'il est impossible qu'elle soit approuvée de Votre Majesté, quand Votre Majesté en aura une entière connaissance.

Mon mari a eu le malheur de déplaire à Votre Majesté, et ses ennemis ont eu l'avantage d'être crus lorsqu'ils ont exposé des calomnies et insinué des soupçons dont S. M. a voulu être éclalrcie. 11 est juste, Sire, que Votre Majesté soit informée de la vérité; nous n'empêchons pas, et au contraire nous souhaitons, que nos accusateurs mettent les preuves de leurs allégations en évidence ; qu'ils cherchent encore tant qu'il leur plaira de nouvelles lumières partout, qu'ils emploient une troisième année à trouver ce que deux ans d'application tout entière, avec une grande autorité, ne leur ont pas fourni ; en un mot, qu'ils fassent ce qui est de leurs charges, à la rigueur et dans les règles les plus sévères de la justice. Hais, Sire, ce n'est pas assez pour savoir la vérité que de n'entendre qu'une partie, il est juste aussi que mon mari se défende ; il est de l'ordre accoutumé qu'il ait la liberté de répondre aux accusations qui sont intentées contre lui, et il lui doit être permis de mettre en usage tout ce qui est légitime pour détruire les preuves prétendues par ses ennemis, et de faire connaître son innocence et leurs calomnies.

Nous sommes assurés, Sire, que Votre Majesté ne voudrait pas retrancher à mon mari ce qui a toujours été libre aux autres accusés, et que Votre Majesté concevra sans doute de l'indignation . contre ceux qui abusent de son nom pour autoriser un procédé qui n'est bon qu'à faire voir que nos ennemis tremblent de peur que la vérité n'éclate trop à leur confusion, que toutes les circonstances n'en viennent aux oreilles de Votre Majesté, et que l'innocence de mon mari ne soit universellement reconnue.

Cependant, Sire, par un complot pratiqué de longue main entre deux ou trois personnes qui ont juré la perte de mon mari, dont les uns occupent les emplois principaux de la finance et les autres ont pris la commission de ta poursuivre, on pratique des choses inouïes dans tous les siècles précédents pour étouQ'er la voix d'un accusé et ne laisser entendre que celle de son accusateur, on veut

FOUCQUEl. IB7

impoDémeat faire paraître l'accusation et sapprimer la défense. On Teut faire passer des suppositions pour des faits véritables, et l'on ne veut pas que celui qui a le principal intérêt en découvre ta tromperie. Il est impossible, Sire, nous le disons bardiment, que ce soit l'intention de Votre Majesté; elle est trop juste, elle est trop raisonnable, elle est trop jalouse' de sa réputation.

Voici la manière dont on en use et les surprises que l'on met en pratique.

Le lieutenant civil, dont nous ne dirons pas ici plusieurs choses qui sont bors du sujet, lesquelles marquent son dévouement à ceux qui sont dans les finances, ne regardant aujourd'hui que les volontés du sieur Colbert pour les règles de sa conduite, ayant été sollicité plusieurs fois de nous donner permission de faire imprimer ce qui servirait à la défense de mon mari, et même avec restriction que ce ne serait que des actes qui avaient été déjà présentés en justice ou à Votre Majesté, ou qui le seraient à l'avenir, fit réponse qu'il ne pouvait pas donner cette permission , mais puisque l'on en avait déjà fait imprimer quelques-uns sans permission, et par une voie extraordinaire, que l'on pouvait continuer et en user de ' la même sorte.

Le même lieutenant civil avait dit autrefois qu'il ne fallait point de permission où il n'7 avait pas de défenses, et que, dans les défenses d'imprimer, jamais on n'avait compris les actes de la justice présentés aux compagnies souveraines par les parties. '

Sur cette assurance. Sire, nous avons continué de faire imprimer les requêtes de mon mari, une partie de sa production, ses réponses aux pièces produites par M. Talon, et même nous avons eu l'bonneur d'en présenter à Votre Majesté, qui nous a fait la grAce d'en recevoir une partie, sans témoigner l'avoir désagréable.

Nous pensions, Sire, être en sûreté sur la parole d'un magistrat, ne faisant imprimer que les cboses qui n'ont jamais été défendues. B'agissant de la justification d'un accusé, qui est une chose favorable, privilégiée, et à laquelle Votre Majesté n'avait point témoigné vouloir apporter d'obstacles, depuis que M. Talon, accusateur, en donnant l'exemple, en a, sans difficulté, autorisé l'usage et accordé une tacite permission.

Néanmoins, Sire, le lieutenant civil, oubliant ce qu'il nous avait fait dire, car nous n'oserions croire que c'eût été un piège, ou bien sur de nouveaux ordres du sieur Colbert, puisqu'il n'en a reçu

aucun de Votre Majesté, s'est transporté en la maison oii nous avions fait imprimer une partie de la production de mon mari, dont M. TaloD a déjà fait imprimer ta réponse, il a enlevé les presses, Us imprimeurs et les imprimés; ce qui nous met en tel état, Sire, qu'il est impossible de résister plus longtemps à cette oppression, si Votre Majesté n'interpose son autorité pour en empêcher la violence.

Est-il juste. Sire, qu'un procureur général, qui est un accusateur public, fasse imprimer son accusation, et que l'accusé ne puisse faire imprimer sa défense? Est-il raisonnable qu'un ennemi, déclaré de longue main, abuse du pouvoir de sa cbarge pour faire une chose qu'aucun autre procureur général, avant lui, n'avait pratiquée, et qu'un accusé prisonnier, et que l'on poursuit sans relâche, n'ose faire ce qui a toujours été permis à tons tes accusés du royaume dans tous les siècles?

Est-il supportable qu'on se serve de l'impression pour publier des suppositions, des faussetés et des calomnies, ettque l'on refuse la liberté de se servir de la même voie pour rendre des vérités publiques et désabuser les juges?

Qui croira, Sire, que sous un règne aussi glorieux que celui de Votre Majesté, dans une paix profonde, dans une autorité absolue? tout soit permis à un accusateur et tout soit défendu à l'accusé? Que M. Talon triomphe avec des volumes imprimés, et des privilèges exprès mis au bas de ses ouvrages; qu'il les fasse crier dans les rues par des colporteurs, et qu'on refuse à mon mari la permission d'imprimer ses défenses, pour ce, dit-on, que cette permission n'est pas nécessaire , l'impression des actes de justice n'étant pas défendue, et qui pourra se persuader que sur l'instance que nous sommes obligés de faire à cause des pauvres imprimeurs qui, intimidés des menaces précédentes, n'osent agir publiquement, quand nous pressons le lieutenant civil de nous accorder cette permission, il dise verbalement que l'on peut continuer comme l'on a commencé, et que cette parole ne soit que pour nous surprendre? C'est sur cette parole. Sire, que nous avons assuré les imprimeurs que nous avions la permission du lieutenant civil, et qu'on ne songerait plus k les rechercher, quand il ne s'agirait que des choses à produire dans la chambre de justice, même que nous leur avons fait voir la réponse à ce qu'ils imprimaient, déjà imprimée par Vitré.

FOUCQDET. IW

En efFaI, 6ire, gui pouirait croire qu'on eût ccffitioué à faire rechercha contre l'impressioD d'une production dont les coolredits ■ont déjà imprimés et distribués par M. Talon? peut-on se persuader qu'il y ait des défenses pour l'une des parties et non pas pour l'autre, dans un ro6me fait, pour une mdme procédure, dans une même compagnie ?

En vérité, Sire, si cela est, il faut Ater à la Justice et sa balance et son bandeau, il faut qu'elle regarde ob est la faveur et qu'elle mette tout de ce c&tS-là, ou bien il faut laisser quelque égalité.

On nous dira peut-être que tes presses n'étaient pas en Heu permis, que l'impression n'était pas publique et qu'il fallait aller chez les imprimeurs; mais. Sire, c'est en cela qu'est l'oppression manifeste et une malignité qui crie teugeance à Dieu, qu'on fasse servir le nom et les formes de la justice poiu- accabler ceux qui sont en disgrlce. On a défendu à tous les imprimeurs ordinaires de rien imprimer sans permission; les syndics renouvellent tons les jours ces défenses ; nous demandons cette permission, on nous la refuse. Cependant l'accusateur imprime hautement el publiquement; laissera-t-on périr un innocent par ces artifices? ne faut-il pas revenir à la raison et voir ce qu'on a imprimé, et il se trouvera que c'est une partie de la production pour soulager la mémoire des juges.

Nous ne doutons point, Sire, que Votre Majesté ne soit étonnée d'apprendre que ces mômes ordres, ces règles, ces formalités de police dont on se sert pour nous tendre des pièges, ne sont que contre nous, car nos ennemis ont fait imprimer des calomnies qu'ils n'oseraient faire paraître en justice, des libelles diffamatoires condamnés par toutes les ordonnances du royaume, et personne n'en a fait de recherches, les magistrats les ont laissés passer; ils ont été imprimés publiquement et impunément. Les syndics en oat averti cet équitable magistrat, ce digne lieutenant civil, ce grand homme qui a rendu des services signalés; il s'y est transporté, il en a surpris l'impression et les imprimeurs , mais il les a laissé continuer quand il a su que c'était de l'aveu du sieur Colbert et contre mon mari.

Ce D'est pas, Sire, que nos ennemis n'aient quelque raison de vouloir étouffer nos défenses; ils savent que le plus fort est sur le point de paraître, et qu'il est impossible que du grand nombre des personnes qui les poorront voir, quaitd elles seront imprimées, il

160 FOUCQDET.

ne s'en trouvât quelqu'un qui rendit compte à Votre Majesté de plusieurs choses importantes qu'elle n'a jamais sues et qu'ils veulent empÊcber, par toutes voies, qu'elles ne viennent à la connaissance de Votre Majesté.

Votre Majesté ne souffrira pas cette vexation ; elle nous permettra, s'il lui plaît, de continuer à faire imprimer tout ce que nous avons à faire présenter en justice, puisque notre partie a la même liberté, oîi bien Votre Majesté enjoindra au lieutenant civil de nous en délivrer une permission en bonne forme, s'il est nécessaire d'en avoir une pour des actes de cette qualité, et en môme temps nous fera donner mainlevée de la partie de la production de mon mari qui a été saisie, ensemble des presses et de la personne des imprimeurs, afin que toute la France connaisse que Votre Majesté n'autorise pas ces injustices et ces inégalités de traitements entre l'accusateur et l'accusé; nous contiouerons cependant, jusqu'au dernier soupir de ootre vie, nos prières pour la prospérité et santé de Votre Majesté'. (B. A.)

H. CBIHOT D8 U HITB i. COLDIRT.

La manière obligeante avec laquelle j'ai appris que vous vous 6tes porté pour consentir et ordonner la liquidation du contrat que j'ai de 6,000 livres de rente sur le miliioo des cinq grosses fermes, m'est un bienfait trop considérable pour ne pas vous en témoigner toute la reconnaissance que je vous dois, et quoique je l'espérasse toujours de votre booté, je me sens plus obligé de votre procédé que de la chose même, m'ayant été rapporté que, par une bouté toute particulière, vous vous étiei souvenu d'un pauvre infortuné entre quatre qne vous aviez expédiés ce jour-là. Mais, Monsieur, permeltez-moi de vous dire que, comme ce bienfait m'engage à la reconnaissance, il vous engage aussi à ne pas arrêter vos bontés sn mon endroit à cette seule grâce; un bienfait en nature en demande un autre ; achevez, s'il vous plaît, de me rendre heureux en me procurant la liberté, et poussant vos bontés aussi loin qu'elles peuvent aller, faites, s'il vous plaît, qu'elle devienne l'ouvrage de vos mains aussi bien que cette première gr&ce. (B, I.) De la Butille, noiembre less.

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