‹ Archives de la BastilleChapitre 77 sur 98 · LE TELLIER A H. DE HORTERON · texte numérisé non relu

LE TELLIER A H. DE HORTERON

& Parb, le 33 décembre iKi.

Monsieur, à présent que le procès de M. Foucquet a été jugé, et que le Roi a disposé de sa personne selon le bien de son service, S. M. a trouvé bon que vous et les mousquetaires de sa compagnie vous retiriez d'auprès de la personne de madame du Plessîs- Belliëre^

Vous aurez soin de remettre à cette dame la lettre ci-jointe par laquelle S. M. lui ordODnededemeureràMoBtbrisonjusqa'àDouvel ordre, et ensuite en vertu de la dépêche et de la route ci-jointe, TOUS pourrez partir avec vos camarades, et vous rendre auprès de S. H-, où je me remets à vous faire savoir plus particulièrement la satisfaction qu'elle a des services que vous lui avez rendus dans votre emploi. (A, G.)

1. Aprèa cette scène, le surinteodant, étant A I> fenêtre de m cbunbre, vit pu- Hr dans la cour H. d'Ormeaion et le salaa avec un visage plein de reconnaiuaDce, et lui cria qu'il était son très-bamble eervileur.

3. I.a peur àa poiion hantait alon toutes les imaginations, et en voyant âter k Foucquet son médecin et son valet de cbainbre, on crut que le Roi les atait écartés pour se défaire plus racilemeot du prisonnier; madaine de Sévigné et d'Ormeuoa le pénètrent comme tout le monde.

3. 11 ne sera plus guère question de madame du Pleeeis-Beilière, que te gouTernement aiait emprisonnée au Tond d'nne province, sans oser la traduire deiani la chambre, quoiqu'elle eût été l'Ame de toutes les actions et de tous les projets du surintendant. On crtdgnit sans doute l'éclat de son dévouement et les reasources que son habileté aurait trouiées pour saurer Foucquet. Amis et ennemis, tous admirèrent le courage de cette dame, et Saint-Simon, qui ne loue guère.a tracé le portrait suivant de madame du Plessii-Beilière : d Ce fut la meilleure et la pliu Bdète amie de H. Foucquet, qui Eouffrît la prison pour lui et beaucoup de traitements Ocbeui, k l'épreuve desquels son esprit et sa fldélité Turent toujoun; elle conserva sa tète, sa santé, de la réputation, des amis jusqu'A la dernière vieitlose, et mourut A Paris cbei la maréchale de Créquy, sa flUe, avec laquelle elle demeurait.-

H. D'ABTAGHAN k GOLBEBT.

A Font&inebleau, le S& décembre I86ï.

Monsieur, si j'ai maaqaé d'aller prendre congé de tous et recevoir vos ordres, je vous supplie trës-humblement de croire que j'en ai un sensible déplaisir, sachant bien que j'étais obligé et pu* devoir et par mon inclination, et si M. Foucault m'a tenu parole, il vous aura pu dire mon déplaisir, et le sujet qui m'en a empêché. J'ai reçu les trois billets que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer; pour celui de Lyon, je le garde et je vous renvoie l'aulre parce que j'ai pris 6,000 livres par ordre de M. de Louvois, chez M. Josse, pour les mousquetaires. S'il arrive quelque chose dans ma route, je ne manquerai pas de vous eu avertir.

Je vins hier coucher ici et je pars aujourd'hui pour continuer ma roule. (B. I.)

BOULUAU A RAUTIHSTBIN, CONSEILLER DU DUC DE HEDBOUBG.

Décembre isfl4.

Maintenant que M. Foucquet a été condamné au bannissement perpétuel et à la confiscation de ses biens, il me reste peu de chose à vous en dire.

Sa mère, sa femme et un de ses frères ont été rélégués à Montloçon, ses autres frères ont reçu ordre d'aller en divers endroits : l'archevêque de Narbonne dans la basse Normandie, l'évëque d'Agde à Villefranche, et le dernier ' à Bazas. Le Roi a été assez mécontent qu'il n'ait pas été condamné à mort, et qu'un déprédateur du trésor rojal, qui avait médité une révolte, n'ait pas fini son existence par la corde ou par la hache, et comme il était dangereux de l'envoyer dans les pays étrangers oti ce factieux pourrait méditer de nouvelles machinations et découvrir beaucoup de secrets du gouvernement ^ au damne de l'administration et du pays, le Roi a ordonné de le conduire à Pignerol, ob il sera étroitement gardé. (B. L]

{Traduit du latin.) 1. C'e*t-l-dire fablri Foucijuet.

I. Les michinitionE de Foacquet, dd b'j croyait guère dana le public, mais le secret de TËtil mit au )>érU lembU lue r^wii suffluats.

LODVOIS A U. DAUOBEZA:), GOHHISSAlItE DES 6UEBSES.

k Puis, te ai décembre leat.

Monsieur, vous receTrez ces lignes des mains du sieur de Saint- Mars', qui doit être chargé de la garde, dans le donjon de Pignerol, de la personne de M. Foucquet, et pour cette fin avoir le commandemeut d'une compagnie d'infanterie qu'il a ordre de nieltre sur pied . II sera nécessaire que tous fassiez fournir aux soldats qui la composeront seize lits garnis et du bois, tout ainsi qu'il se pratique pour les autres compagnies d'infanterie qui sont de garde dans la place, et j'aurai soin de pourvoir au payement de l'entrepreneur conformémeut au traité qu'il a ci-devant fait.

Vous n'aurez aucuns vivres à faire à la compagnie du sieur de Saint-Mars, mais seulement lorsque vous la ferez descendre de la citadelle, vous l'avertirez afin qu'il n'y passe aucun de ses hommes. (A. G.)

l'abbé de HARIGNÏ a h. de GAIGKIÈHES.

A PkriB, le 30 décembre 160t.

Quand je vous aurai dit que M. Foucquet continue son voyage vers Pignerol, et qu'on lui a accordé trois personnes pour demeurer avec lui dans sa prison, et que l'on recommencera d'ouvrir la chambre de jusUce après les Rois, je vous aurai dit tout ce qu'il y a de nouveau, (B. I.)

LE TELUER A H. DARTAliN&H.

A Paris, le 31 décembre 166&.

Monsieur, j'ai reçu la lettre qu'il vous a plu m'écrire de Bouvy, le 26 de ce mois, avec celle de madame Foucquet pour monsieur son

t. H. de Saint-Mars éUit simple brigadier aui mousquetaires ; od le uomma cipilaine d'une compagnie francbed'inrBDte[ie,c'e3t-&^ire non enré|iinenUe. La Roi rournlt l'argent Décessaire pour enrôler Ua hommes. Ce grade, en lui doanaDl plus d'ïutorité, relevait ses loactions, et les soldais, dépendant entièrement de lui, deraient etie plus soumis. Outre la pajre de sa troupe, H. de SaiaMfan recSTait 0,000 liT. comme gouverneur du donjon de Pignerol.

Le choii de ce gcalier plut i tout le monde. D'Ormeeson dit : ■ H. Foucquet est bcureui que ce lolt le sisur de Sainl-Hars qui le garde, car il est bonnâte bomme et n'a point d'nversion pour lui. » Madame de Sévigiié dit à peu prËs la mSaie cliose : Il M. de Saint-Murs se rendit à Pignerol aranl l'arriTée de Foucquet, afin de mettre en état la prison, d

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mari qui y était jointe. Le Roi, qui l'a lue, n'a pas jugé à propos qu'elle lui fût rendue, et l'a fait supprimer.

Vous ne saurez manquer de prendre la peiue de faire savoir ici des nouvelles de votre marcbe quand il ne vous surviendrait rien de nouveau. (A. G.)

LE MARQUIS DB CBEQUÏ A COLBEAT.

Monsieur, je croirais dorénavant manquer h mon devoir si je ne reconnaissais les honnêtetés que vous avez eues pour moi, en vous assurant que j*ai ressenti beaucoup de joie lorsque j'ai appris que S. M. a fait choix de monsieur votre frère pour le mettre à la tCte de ses mousquetaires'; comme je n'ai point de commerce avec lui, je me sers de celui que vous avez trouvé bon que j'eusse avec vous pour vous expliquer mes sentiments, qui sont tels sur ce qui vous regarde, que j'ose espérer que vous me serez favorable et que vous me faciliterez les moyens de vous faire connaître par mes actions ce que j'ai essayé de vous persuader par quelques-unes des miennes; plusieurs années se sont déjà écoulées depuis que je suis dans l'exil, et si je puis dire avec vérité que je me suis donné tout entier au service du Roi, de sorte que je n'ai dû considérer mon infortune que comme une chose dans laquelle la raison des temps m'a entraîné, présentement que ces alTaires-là sont consommées, et que l'on peut bien avoir démêlé que mon unique attachement est d'6tre entièrement soumis à S. M., et à ceux par les mains desquels il souhaite que ses intentions soient connues, j'estime que mon instance ne vous sera pas désagréable, et que vous aurez bien la bonté de juger que la conduite de ma vie répondra fort à mes paroles et k la protestation que je vous fais de reconnalire incessamment les offices que vous me ferez la grâce de me rendre auprès du Roi , auquel je n'ai encore osé faire présenter aucune requête; j'attendrai que vous me donniez quelque mouvement devant que de rien entreprendre, et ayant reçu des marques de votre civilité plus que de personne, je m'attends à quelque faveur singulière qui augmentera I9 passion qui me fait être, etc. K (B. 1.)

De L&riTon, ce IS Jtuivier 16tl5.

1. ÉdoDBrd-Frui;oi3 Colbert. connu d'Rbord soub le dqiu de Colberl de VaDdMres, puis de comle de Hsulevri«r, lieutenant général, gouverneur de Tournsy en 1G62, d'Ypres en 1686, inorL lo 31 mai lOfi;].

3. M. de Ct^uï nsi& longtemps eiilé) il dut wo rappel & Tureoue, qui naît

LE TELLIEH A H. BOURSET, UEUTENAKT GÉNÉRAL DE BAÏAS.

A Pvb, le le JuTier 1665.

Moasieur, votre lellre du 4 dece mois m'a appris la maDiëre dont M. l'abbË Foucquet a vécu depuis qu'il est arrivé k Bazas, et j'ea ai rendu compte au Roi.

Il n'est pas nécessaire que vous continuiez à mander le détail de sa conduite aussi Tréquemment que vous avez fait, il suffira seulement que TOUS observiez s'il s'absente de la ville, s'il lui arrive fréquemment de recevoir des visites de gens inconnus, et s'il ne se passe rien à cet égard de préjudiciable au service de Sa Majesté, et qu'au cas qu'il toml3e dans quelqu'un de ces inconvénients vous en donniez aussitôt avis ici; mais s'il ne fait rien qui puisse déplaire à Sa Majesté, vous pouvez vous contenter d'écrire de temps en temps*. (A. G.)

M. de Besmaus ayant trouvé bon de faire élargir de mon cb&tean de la Bastille le sieur Codure ', qui y est détenu prisonnier, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à le mettre en pleine et entière liberté, lui faisant néanmoins commandement, en sortant de moQ dit château, de se rendre à Aiguemortes et d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre de moi sous peine de désobéissance.

(British Musedh.] A Puis, le 10 JUTier 1603.

H. LBVÉ^ A COLBEHT.

Monseigneur, deux Jours après que M, d'Artagnan a été arrivé *, et que M. Foucquet a été logé dans une chambre que je lui avais

apprécié Ka tilents mitiUires, et obligea le Roi A lui confier le commandeaient dei armées; mais U méfiance du Reirm incurable, et U.deCréqay nirenlrajamaiien

1. L'abbé Foucquet avait pendant longtemps Joué uo râle plus brillant qee son Trère qu'il avait présenté It Haiarin ; 11 était alors tellement oublié que ni madame de Sérigné ni d'Ormeuon ne parlent de lui.

3. Codure était un oaden capitaine du régiment de la marine; on l'avait aonp* çoiiné d'avoir apporté A Paris la nouvelle de l'arrestation de Fonoiuet avant les courriers du Roi.

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