Votr an pmider volome l'alIUra Miceran
38f FODCQUET.
H. le chancelier lui * dit que de décrier le goaTercieinent Cétùt décrier le priace.
L'accusé a répondu qu'il ne fallait eu cela considérer que le ministre, que c'était son aSiaire personnelle, qni aurait employé l'intorité du Roi pour faire une oppression de laquelle lui qui parie aurait tflché, en lui faisant peur, de se défend're ; qu'en la nuiùfeie que l'on poursuivait son procès il semblait qu'il était de l'intËrtt de l'État d'abandonner toutes choses pour perdre l'ennemi de Colbert; qu'il avait la preuve qu'à Pontoise ' H. le cardinal était dins le dernier désordre, que lui qui parle promit de le rétablir pourra qu'il sortit du royaume, les conditions en furent rédigées article par article, que Pellisson les avait eues, que la Reine en avait signé, comme il avait déjà dit, la garantie; que sur sa parole M. le ciu^ dinal s'était retiré; qu'il était le ressort qui faisait mouvoir toutes choses, cependant que l'on ne voyait que l'extérieur; que les affaires par cette conduite avalent enfin été portées ot l'on avait tu, que cela s'appelait services, et des services exécutés; que l'on ve* naît de lui parler des grands services qu'il disait avoir rendus, qu'il voudrait bien savoir si l'on pourrait en rendre de plus grands qu'en l'afi'aire du d'Oignon '; qu'il prêta 50,000 livres pour le foire sortir du Bronage; qu'il avait procuré le secours de Valencieunes; qu'il avait avancé 30 mille pistolespour l'affaire d'Ro&quincourt^, qu'il y en avait un article dans les comptes de Bernard, et que, pour particulariser ce fait, la dame d'Hocquincourt fit depiûs cbanger l'or qui lui avait été donné en monnaie blancbe ; qu'il avait servi l'État et servi personnellement H. lecardinal, et qu'après cela qui était l'homme i qui l'on fût venu dire tous les mauvais discours que tenait de lui M. le cardinal, ses soupçons, sa méfiance et son : peu de reconnaissance , le dessein que l'on lui disait qu'il avait de le perdre, qui ne se fût pas jeté dans quelques emportements? qu'après toutes ces choses ceux qu'il avait eus étaient bien excusa-
1. En 1053, Tarenue BTKit conseillé à li reins, obligée de quitter Puis, de ae retirer à Pontoise, en plscul son armée i Compiëgne, de mstiiére t imposer ï la foi» vu Parisieni et aui Bipagnoli, preu k puser l'Oise ponr tUér à Pttris.
3. Louii Foucaalt, comte du DMignon, mort eu lflS9, tgd de qaarante^roû uw, céda te Broaige i ta coar su mois de mars 1053, moyennant une Mmioe coiuidénride et la btton de marâchal.
3. En ISSS, r&rméa d'Espagne était entré« en Picardie; ie prince de CoaM négociait avec le maréclial d'Hocquincourt, gou^eniear de Ham et de Péronne, poor ai ichetcr ces deui places, la dernière birrière entre Paris et l'ennemi. La cour de France gtpit ie» Esiiaguoli de «iteua et p^f a le* deux filles 300,000 éces.
FOUCQUGT. 883
bles. QiM toot M qa'il aTance aarait éti jmtiflé par écrit si I'od lui avait rendu les papiers, qa'il espérait qne la chambre loi Terait justice sur la restitution d'icenz, que c'était là une occasion poor foire voir qu'elle se faisait acception de personne; que l'on lui dit que l'écrit avait été fait avec grande méditation, puisqu'il avait été tait à deux fois, mais qu'il avait eu de fondes raisons qui avaient rallumé sa colère et qui l'avaient porté dans cette récidivé, qui n'avait pas fait plus de mal que le premier emportement ; que l'on lui objectait encore qu'il avait reconnu qu'il avait communiqué cet écrità Oourrilie, et que l'on prétendait le prouver par les termes de sonintern^toire; mais qa'il avait été rédigé par le greffier, homme qui lui était suspect avec beaucoup de fondement, que Oourrilie lui donnait les avis du dessein qne M. le cardinal faisait de le perdre, c'était lui qui l'animait par ses rapports, c'était lui qui avait écrit la moitié du complot de H. Colbert et qui lui venait dire toutes choses; qu'il avoue que dans ses premiers mouvements il pouvait lui avoir communiqué son sentiment; que c'était de la communication de ce sentiment qu'il avait entendu parler par sou interrogatoire.
M. le cliancelier, interrompant l'accusé, lui a fait fûre lecture de ses réponses sur ces articles, et l'une de ses réponses à l'interrogatoire qui lui était fait de dire s'il n'était pas vrai qu'il ait communiqué ut écrit h Oourville, coauneaçant par ces mots : A reconnu.
L'accusé a dit qne ces mots marquaient l'affectation que j'avais eue à rédiger sa réponse, puisque ses autres réponses commençaient par ces termes : A répondu.
M. le chancelier lui a dit que l'iaterrogatoire portait qu'il lui avait été lu, et qu'il l'avait signé.
L'accuséaréponduqu'ayantfaitsaréponse, je la rédigeais comme je l'entendais, qu'il n'avait point observé ces termes captieux ; que lorsque je lui avais lu les interrogatoires j'avais encore pu passer sur les termes auxquels l'interrogatoire se trouve conçu, et en faire Itoture en la manière et avec les expressions dont s'était servi lui qui parle ; qu'il était homme qui avait toujours pris confiance en toutes sortes de personnes , et peutrêtre trop ; et qu'il n'était pas pour lors informédudévouementquej'avaisauxpassioosdeses ennemis; mais qu'il a voulu dire qu'ilavait pu parler àCiourville de son ressentiment et non pas de son écrit. Gela si véritable, que lorsque le récolement
Mé FOUCQUET.
de cet article de l'interrogatcùre lui a été foit 11 avait dit tout le contraire, et avait expliqué la chose comme elle s'éUit passée, et n'avait communiqué ni fait voir cet écrit à &me qui vive ; qu'il en avait leaa si peu de compte et fait si peu de fondement sur cette vision, qu'il en avait plus détruit en quatre jours qu'il n'en avait écrit en deux années ; que cela se prouvait en ce qu'il est fait mention dans cet écrit du gouvernement du mont Saint-Michel, et néanmoins il w voit par la démisBioo du même gouvernement qui s'est trouvée dans ses papiers que madame la marquise d'Asserac, qui était une p^ sonne de qualité, des premières maisons de Bretagne, et qui avait de grands biens dans la province, et avec laquelle il avait pris qaelques mesures pour uu mariage entre leurs enfants, passa cette démission en février 59, dans le même temps que lui qui répond acheta fielle-Isle ; que ce projet ne l'avait jamais fait départir de U fidélité qu'il devait au Roi; qu'il ne laisse pas de lui faire bien de la honte, et qu'il a même une si grande confusion d'eu rendre compte, si toutefois l'on peut rendre raison des fantaisies que donne un accès de fièvre chaude, puisque pour le bien exprimer il faudrait se trouver dans le même accès; qu'il dît de plus qu'il était impossible de s'en servir, toutes les choses n'étaient plus de même, les places et les gouvernements avaient changé de main, les aSeetions étaient différentes, et ceux qu'il avait mis au rang des pe^ sonnes qui lui étaient suspectes étaient devenus ses amis ; qu'il ne croyait plus ce papier en nature; qu'il l'avait écrit sans réflexion quelconque; qu'il est vrai qu'il est composé de quantité d'articles, mais que dans ces mouvements précipités l'on écrivait comme eo fureur ; que la fièvre passée, le bon sens revenu, l'on avait honte de ses folies, et l'on t&chait en d'; pensant jamais de les oublier ; qu'il était sans exemple que l'on eût relevé et poursuivi une pensée, qu'il n'appartenait qu'au tribunal de Dieu d'en connaître, et que jamais pareilles choses ne s'étaient traitées en aucune juridiction; que s'ilavait pensé le mal, il avait fait toujours le bieu; qu'il u'anit même rien projeté d'irréparable, que se saisir des recettes du Roi ne serait pas une chose irréparable comme d'avoir donné l'entrée aux ennemis dans le royaume, que c'est cela qui pouvait avoir des suites irréparables, mais non pas un écrit de rien, une folie momentanée couverte par tant d'actions de bonne conduite et si heureuses pour l'État; que c'était l'elTet d'une juste iadignatioD de te voir opprimé après avoir si bien servi, et un premier mouvement
contre ane terrible injustice, mais avec si peu de suite et de dessein, que tout se trouve imparfait dans ce projet; qu'il y a des contrariétés et des choses fausses, el que tout ce qu'il en pourrait dire ne serait jamais si bien que ce qu'il avait écrit sur ce sujet; que ce qu'il pouvait dire de plus exprès était qu'il n'avait jamais eu de volonté formée, et qu'il ne s'en accuserait jamais devant Dieu; que l'on n'avait jamais trouvé en lui qae zèle et qu'obéissance; que si l'on lui avait délivré le procès>verbal de sa capture ainsi qu'il l'avait demandé, ce procès-verbal aurait dû porter qu'il offrit incontinent, et de son mouvement, de donner son billet pour le commandant de Belle-lsie d'obéir aux ordresduHoi; que M. d'Artagnan lui ayant dit qu'il n'en avait point d'ordre, lui dit depuis qu'encore il n'eût point d'ordre de lui demander un billet pour le commandant de Belle-Isie, qu'il n'en avait point aussi de ne le prendre pas s'il le voulait donner; qu'il écrivit aussitôt an commandant d'obéir en toutes choses aux ordres du Roi, mais que l'obéissance de ce commandant prévint l'ordre de lui qui parle; car comme il n'avait rien vu ni connu dans la conduite et dans les desseins de lui qui parle, qui fût contre le service du Roi, l'on trouva tout soumis; le commandant esécuta en toutes choses les ordres du Roi, il ne se trouva que deux vaisseaux dont l'un a depuis fourni dans l'armée navale du Roi; toute la place peut rendre témoignage de cette vérité ; les principaux officiers qui y étaient eu ont rendu compte au Roi, et l'ont dit partout; que ce n'était donc qu'une volonté réservée à Dieu, ou plutôt que ce n'en était pas une, mais une simple fantaisie qui avait passé; que l'on avait voulu opprimer un homme qui avait rendu de grands services ; qu'il s'en était mis en colère; qu'il avait mis le premier mouvement de sa passion par écrit et que c'était son crime ; que ceux qui lui font faire son procès sont eux-mêmes si bien persuadés du néant de cet écrit qu'ils n'ont fait aucune des formalités nécessaires pour approfondir cette affaire et connaître jusqu'où aurait pu aller le dessein, et les mesures qui auraient dû avoir été prises pour le faire réussir; qu'il eût été de l'ordre que M. le procureur général ait fait entendre au moins la plupart des personnes dénoncées dans cet écrit pour savoir dans quels engagements l'on était entré avec elles, et quels préparatifs l'on avait fait pour, dans les cas prévus par cet écrit, porter les choses k leur exécution; que c'était sans doute dans un crime d'État, dans une matière aussi
386 FOrCQUET,
délicate, la conduite qu'indispcnsablement il y avait & leair; cependant l'on s'est bien gardé de le faire par les formes, car lui qui parle sait assez que, par d'autres voies que par celles de justice, ils ont tous été examinés, et s'ils avaient été entendus, ils auraient tous fait son éloge. L'on n'a pas même voulu faire parler M. de La Meiiieraye ni M. d'Estrades, qui ont profité de ses dépouilles, et ne pouvaient pas être suspects. Crime de lëze>majesté important, a dit l'accusé, dont il r<>nd tant de personnes participantes, si l'on veut croire cet écrit, mais dont on ne veut faire entendre aucun complice; est-ce là faire une instruction dans les formes? Que Ton éta< but avec beaucoup de concert une chambre de justice, l'on n'ose y mettre ce cbcf d'accusation si important; mais l'on retire indirectement l'accusé de devant ses juges naturels, pour le poursuivre en la chambre sur un fait qui n'est point de sa compétence? Qu'il pourrait dire beaucoup plus, y ayant tout à dire contre les complots et méchants desseins que l'on avait formés de le perdre, dont la connaissance l'avait porté à cette colère, contre la procédure de l'instruction qui s'était tenue en son procès, et cet enlèvc- ■ ment de papiers exécrable; qu'il pourrait nommer unprélatqni lui était venu dire qu'il avait rendu de trop grands services ; qu'il avait donné de la jalousie; qu'il le pourrait nommer, mais qu'il voulait bien ménager les personnes et épargner leurs noms ; mais qu'il les nommerait quand il plairait au Roi, et que le prélat qu'il avait dit ne le désavouerait pas.
L'accusé Unissant cette réponse, a demandé à M. le chancelier s'il ne reviendrait plus à la cbambre, à quoi a été dit par M. le chancelier qu'il ne pensait pas.
L'accusé a dit qu'il suppliait la chambre de trouver bon qu'il lui put encore donner quel<iue petit éclaircissement sur le sujet de ses dépenses, sur lequel il avait déjà été interrogé le jour d'hier, et a suivi disant que : lorsqu'il fut arrêté et conduit à Angers, et sa femme à Limoges, tout (ut abandonné; que ses créanciers les plus diligents, car il y en avait qui n'avaient point encore fait diligence à présent, avaient fait faire quantité de commandements et d'exploits à un Suisse qui est depuis décédé; que tout a été perdu, qu'il ne pouvait avoir connaissance de toutes ces procédures qui se sont faites, qui lui seraient nécessaires pour savoir au vrai l'état de ses alfaires et de ce qu'il doit; que si la chambre avait agréable qu'il retirât ces procédures de ses créanciers, il ferait
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avec bien de la facilité le calcul de ses dettes passives; que si néanmoins la chambre le juge nécessaire, il offre de le faire présentement, et de prouver que. mettant d'un côté en ligne de compte ses revenus, ceux du bien de sa femme, des appointements des charges qu'il a eues, ceux de la surintendance, des pensions et gratifient ions du Roi, et les jotiissances qu'il a eues des droits du Roi qu'il avait acquis, que joignant à cela les sommes qu'il doit à divers particuliers avec les intérêts, el de l'autre faisant la supputation de toutes les dépenses qu'il a faites, qui paraissent par lous les registres, comptes et papiers qui se sont trouvés dans ses inventaires, ou de ses commis, l'on ne trouvera pas que la dépense excède la recette; qu'il olTrait de faire ce calcul dans une matinée; mais que si l'on se contentait de le voir en gros, article par article, ne s'agîssant pas de donner des débals ni des soutènements, il offrait en bien moins de temps de le faire voir par estimation, article par article. A quoi l'accusé a ajouté qu'en joignant à ces sommes un million ponr les intérêts des avances des 8 ou 9 millions qu'il avait faites, il n'y aurait point d'escès ; qu'il avait dans ces prêts un bénéfice d'autant plus considérable qu'il avait emprunté à la caution de M. Jeannîn de grandes sommes dont il n'avait payé l'intérêt qu'au denier 20; qu'il avait dû à M. Hervart jusqu'à 100,000 éc us, dont il n'avait point pris d'intérêt; que de toutes ces sommes par lui prêtées au Roi, il en avait retiré de plus gros intérêts; que c'était ce qui avaitpu fournir aux dépenses qu'il avait faites; qu'entre ces effets il pouvait encore compter un million qu'il donna au Roi, procédant de la vente de sa charge; qu'il n'avait pas cru devoir expliquer toutes ces choses en détail, mais qu'il le ferait si elles étaient jugées nécessaires; qu'après cela il n'avait plus qu'à demander justice de ceux qui l'avaient opprimé; qu'il y allait de l'honneur d'une compagnie aussi célèbre que celle de la chambre, composée d'officiers tirés des premières compagnies du royaume, de ne pas dissimuler les calomnies, les subornations et suppositions qu'elle avait vues; que l'avoir arrêté prisonnier el enlevé tout ses papiers, c'était un vrai assassinat; qu'il avait tout prouvé dans sa production contre les inventaires; qu'il espérait que justice lui serait rendue contre les auteurs et les complices de toutes ces abominations. Que ce n'était pas qu'avec tout cela l'on eût prouvé aucune chose contre lui, mais que si ses papiers ne lui avaient point été enlevés, il y aurait trouvé la preuve
eotièrt^ de ses services, et cet écrit inf&me porté à M. le cardinal dont la lecture l'avait porté à faire à la chaude cet écrit que l'en voulait Taire passer pour un crime d'Ëtat; que l'on ne pouvait pas douter que ce ne fût M. Colbert qui eût persuadé le Roi par ses calomuies: que depuis sa détention Ton a employé sis mois à tout examiner et à détourner les pièces serrant il sa justification, et à former le complot; qu'il a produit des pièces qui ne pouvaient 6tre dedans ses inventaires, et qui ont été supposées au lieu de celles qui lui ont été enlevées; qu'il y en a d'autres qui lui ont été enlevées, qu'il y en a d'autres extravagantes qui ont été faites à plaisir, et qui ont encore été supposées ; qu'il nommera les hommes qui les ont écrites; qu'il n'avait pas eu des ordres précis de H. le cardinal sur toutes choses, mais que les comptes que l'on lui a détournés étaient des ordres assez précis; qu'après avoir disposé toutes choses à loisir, l'on l'attaquait; que la surbornation de Tabouret, Charpentier, Baron et Maissat, était plus claire que le jour. Mais ce qui fait horreur, est ce que dit M. le procureur général; quand il fait ses sollicitations, il prend la protection des faux témoins, au lieu de requérir un décret de prise de corps contre eux; il leur communique les défenses de lui qui parle qui servent à prouver leur faux témoignage; c'est une prévarication visible h sa charge. Pour mettre Charpentier à couvert sur la contrariété de sa déposition à un contrat en bonne forme sur le fait des octrois deCb&teau- Gontier, il fait valoir les défenses de Charpentier pour sauver une contrariété toute manifeste. Qu'après tant de preuves de tant de crimes commis pour le perdre, la chambre ne saurait s'empêcher de signaler sa justice par une punition exemplaire de toutes ces abominations; qu'il avait donné une requête pour avoir permission d'en informer; que l'on l'avait d'autorité évoquée pour l'empêcher de faire sa preuve, mais au moins que les faux témoins demandaient un exemple, et que rien ne pouvait faire plus de scandale que leur impunité.
L'accusé s'étant tu, M. le chancelier lui a dit de se reUrer, ce qu'il a fait après avoir salué toute la compagnie h son ordinaire'.
M. Foucquet, qui s'était présenté à la chambre avec une conte-
1. o Je fis remtrqaer à U. le chiutcelitr, dit d'OrmeuoD, qu'il y mit encon da taiu pour roiécuUon dn projet dent il n'aTut point parla, M me dit : a Quoi ! de l'en-
■ gageinent de DesUndee, de Htuidor, voilà de belles preuvei ! et il me mirgaa qail
■ le* trouvait ridicule*. »
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FOIICQUET. 3S9
nance fort composée et fort humble, et qui répondait ordinairement avec un ton de voix fort adouci, l'a beaucoup élevée dans ce dernier interrogatoire, a répondu avec aigreur jusqu'à la colère, et eu est sorti marchant droit; ferme et avec bruit; il s'est retiré sans me rien dire, contre son ordinaire, {pii était de me faire toujours quelque honnêteté.
Ayant vu le lendemain M. d'Arlagnan, et m'élant informé de lui en quelle disposition était M. Foucquet depuis la clAture de son interrogatoire, il m'a dit qu'il l'avait toujours trouvé égal et dans la mfime quiétude, et que ce jour m5me, voulant observer sa contenance, il l'avait comme voulu surprendre, l'ayant été visiter dés huit heures du matin, et ouvrant sa porte sans bruit, l'avait trouvé au coin du feu, tenant un livre de dévotion à la main, et que lui ajaat dit qu'il s'étonnait de le voir si peu affairé, sans plume et sans papier; qu'il avait répondu qu'il était valet à louer, qu'il n'avait plus rien à faire qu'à prier Dieu et à attendre son jugemeot, que quoi qu'il en arrivftt, il le recevrait avec la même tranquillité d'esprit dans laquelle il le trouvait,- et qu'il était résolu et préparé à toutes choses.
Ajant aussi demandé à M. d'Artagnan quel jugement il faisait de la précipitation avec laquelle M. Foucquet avait bien voulu finir son affaire, il m'a dit que, quelque bruit qui courût, il ne croyait pas qu'il fût assuré du cAté de ses juges, mais que M. Foucquet sachant par son conseil que le Rot voulait faire finir son procès, il prévoyait bien qu'il ne pourrait pas le traîner bien loin, ni en éloigner beaucoup le jugement; il avait jugé qu'il valait mieux faire les choses de bonne grAce, et se présenter lui-même sur la sellette, que d'attendre qu'il y Hit poussé, et que, contre le sentiment de ses avocats, il était demeuré ferme dans sa résolution qu'il avait exécutée*. (B. I.)
1. u Cet Interrogatoire dur» deai benres, dit madaine de Sérigné; U. Foucquet a trËs-biea dit, mis ftrec chaleur et colère, parce que la lecture de ce projet l'avait exlrëmemenl touché, u
Cet ioterrogatolre acboTé, on alla aux voix. Foucault a lUt l'analyse des discoun prononcés par les Juges pour dérendre leur avis. Hkix une partie de ces opinions a déjà éié publiée; noua avens donc cru devoir le» laisser de cAlé. Il suffira de dire que, sur Tiagt.deai Juges, neuf voiirent pour la mon et troiie pour le bannissemflnt.
CHAMBRE DE JUSTICE
Du 20 décembre 1664.
La délibératioD achevée, j'ai fait lecture des avis par trois fois, et, à la pluralité d'iceux, la chambre a déclaré l'accusé dûment atteint et convaincu d'abus et malversations par lui commises au fait des finances, et en la fonction de la commission de surinten- (iant, pour réparation de quoi, ensemble pour les autres cas résultant du procès, l'a banni i perpétuité hors du royaume avec injonction de garder son ban à peine de la vie, ses biens déclarés acquis et confisqués au Roi, sur iceux préalablemenl pris la somme de 100,000 liv., applicable moitié au Roi, et l'autre moitié en œuvres pies'.
L'an 1664, et le lundi 22° du mois de décembre, nous greffier en chef de la chambre de justice soussigné, nous serions transporté au château de la Bastille, assisté de M' Mariage, l'un des commis au greffe de la chambre, et de D. Amonin, L. Leblanc, N. Talvas ctJ. Uubf, huissiers du parlement de Paris, servant en ladite cbambrc, où ayant requis la sentinelle de nous faire parler à M. d'Artagnan, sous-lieutenant de la compagnie des mousquetaires du Roi, et le sieur d'Artagnan s'étant incontinent présenté, nous lui aurions fait entendre que nous nous étions rendu audit lieu pour, sous le bon plaisir de S. M., prononcer à M. Foucquet, cidevant surintendant des finances, l'arrêt contre lui rendu par la chambre de justice, le 20 du présent mois, et à cet effet aurions requis le sieur d'Artagnan de nous représenter le sieur Foucquet dans la chapelle ou autre lieu convenable du château, & quoi le sieur d'Artagnan ayant répondu qu'il avait ordre du Roi de nous représenter le sieur Foucquet pour lui faire la pi^nonciation dudit arrCt, il aurait ajouté qu'il allait faire descendre le prisonnier en la chapelle haute du château qui est an-dessous de l'étage où il est
1. Foucqaet était sauif. Lftjoierutgânjrale dans la monde de Is Boanceetdtiu la migttlralure ; jamais hoinine ne derlot plus populaire que U. d'Ormeason. Hais le RoE et les miniatrea furent très-mécoatents. Louis XIV ne pardoDD» Jamais ce jugement, et H. d'Ormesaon demeura diagraci^ pour la Tie aiosi que ceux de tea collègues qui avaient TOtë pour le simple baciiissement. Le Roi changea la peiDe en QQB plus grave, celle de la réclusion i perpétuité, se Tondant aur la néceaiiié de aauTegarder lea secrets de l'Ëtat. Gela surfit pour excuser, aux jeni des cootemporaiDS, une meauro que la poatérîté a ln)DTé« cruelle et coniraira i toutes lea réglea de la Juatice.
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FOUCQUET. yj\
détenu; en laquelle chapelle aous étant rendu avec lesdits commis et huisiers, nous aurions fait apporter un siège et une table, et pen de temps après, ledit sieur Foucquet aurait été amené en la chapelle par le sieur d'Artagnan, accompagné du sieur d'Artagnan, son frère, du sieur de Saint-Mars, brigadier de la compagnie des mousquetaires, et de deux antres mousquetaires; et s'étant, le sieur Foucquet, avancé vis-à-vis de nous, la table entre deux, le chapeau à la main, nous lui aurions demandé son nom, à quoi il aurait répondu que nous savions assez ce que nous lui demandions, et qu'il serait inutile de nous le dire; sur quoi, nous lui aurions remontré qu'il ne s'agissait pas de ce qui était de notre connaissance particulière, mais que nous étions obligé de suivre l'usage et les formes ordinaires, et nous l'aurions une seconde fois interpellé de nous dire son nom; à quoi aurait été répondu par le sieur Foucquet qu'il avait refusé de le dire à la chambre et d'y prêter serment, lorsqu'il lui avait été demandé, qu'il persistait dans ses re^s pour ne rien faire qni pût préjudicier à son privilège, qui était de ne pouvoir être jugé par autres juges que par le parlement, qu'au surplus bien qu'il n'eût jamais entendu parler de semblables formalités, néanmoins puisque nous lui demandions son nom, il pouvait dire qu'il semblait qu'il était de l'ordre que nous Ini fissions entendre le sujet pour lequel nous lui demandions *. Sur quoi, n'ayant pas trouvé à propos de lui faire d'autres répliques, nous l'aurions interpellé pour la troisième fois de nous dire son nom, mais au lieu de ce faire, il nous a demandé acte des protestations qu'il faisait contre tout ce qui avait été ordonné par la chambre au préjudice de son privilège. Après lesquels refns, nous lui aurions fait lecture dudit arrêt rendu contre lui, le 20 du présent mois de décembre, à haute et intelligible voix; laquelle lecture par lui entendue, il nous aurait demandé acte des protestations qu'il faisait de se pourvoir en temps et lieu contre ledit arrfit; & quoi n'ayant rien répondu, et, voyant, ledit Foucquet, que nous nous retirions, il se serait adressé aux susnommés qui étaient présents, et les aurait suppliés de se souvenir que nous lui avions refusé de lui accorder acte des protestations qu'il venait de faire. Ce fait, le sieur d'Artagnan aurait fait entrer ledit Foucquet dans la
chambre prochaine, et de ce que dessus aurions dressé le préseot
procès-verhal les jours et an que dessus *.
Après la prononciation de l'arrêt, le sieur Foucquet a été séquestré dans une chambre proche de la chapelle, et n'a plus tu le sieur Pecquet, son médecia, ni la Vallée, son valet de chambre, qui s'étaient enfermés ayec lui* ; mais sur les 11 heures avant midi il a été tiré de la Bastille et conduit par M. d'Artagnan avec cent mousquetaires de sa compagnie en la citadelle de Pignerol pour j être enfermé par l'ordre du Roi. (B. I.)