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La CODF était alora t Paru

S. Antoine, duc de Grammont, maréchal de France, gouTeraeer du Béarn et de ti NaTUre, mort le isjuillet 16TB, &gâ de nii ans, & Bayonne.

FOnCQUKT. 401

cier de la grhct que S, M. lui atail accordée, et m'ayant Domnié, le Roi lui dit qu'il m'avait bien permis de reveoir à Paris, mais qu'il ne m'avait pas permis de te voir. Vous pouvez croire que cela surprit le maréchal ; mais, sans s'en embarrasser, il lui répondit que comme je sentais n'avoir point failli, j'avais cru que le Hoi, m'ayant fait l'honneur de me permettre de revenir, ne me Tondrait point priver de l'honneur de le voir; que, du reste, j'étais l'homme du monde de la plus grande fidélité, en qui l'on pouvait prendre le plus de confiance, et qui avait autant d'esprit. Le Roi répondit à cela d'un bon air : « Cela est vrai, je le sais bien, n et lui dit que je pouvais venir. J'entrai; M. le maréchal me présenta. Je fis ma révérence au Roi qui était sur sa chaise, qui tourna la tèle vers moi, ne me dit rien, et me parut un visage ni bon ni mauvais, qui est assez pour un homme qui revient d'exil. Le maréchal me conta cela ensuite, et me dit que c'était un coup de Dieu que, sans savoir pourquoi, il lui avait parlé de moi auparavant que de me présenter, car sans cela voyez où j'en étala. Enfin cela s'est bien passé, cet obstacle même m'a été avantageux par le bien qu'il a fait dire de moi, et dont te Roi est convenu. Cependant je croyais avoir fort bien pris mes mesures, car M. le Tellier m'avait dit qu'il dirait au Roi que j'élais arrivé, et que je pourrais ensuite le saluer vendredi on samedi, et j'avais retardé un jour davantage. Il me reste à voir la Reine mère; je viens d'écrire un hiUetà M. de Bartillac' pour la voir, s'il se peut, ce matin, avec lui. Du reste je débrouille ce que je puis de mes visites, mais le temps est si incommode à aller par Paris, que l'on ne peut rien faire, et me donne bien de la peine pour vous, car je vous vois renfermé dans votre chambre, tant que les neigea si grandes dureront

Je ne sais point de nouvelles; il y en a peu d'autres que celtes des mascarades, dont vous vous souciez fort peu.

La seule considérable qui soit, c'est l'ambassade extraordinaire que le Roi envoie en Angleterre pour négocier la paix avec la Hollande. M. deVerneuil* en est le chef, et M. de Courtin^ va avec lui avec la même qualité d'ambassadeur extraordinaire. Vous jugez

t. ËtieoneJéhuiDOt Butillit, trésorier de la Reine et garde du ti^Mr royal.

3. Henri, doc de Venieuil, Bli nalarel de Henri IV et ds madame de VenieDl], né en leoi, d'abord éTËqae de Heli, ambusadeur en Angleterre en ISflS, geavemaur du Languedoc en 1060, mort le SB mû 1683.

3. Lonii Conrtin, wignear de La Beaucerie, maître des reqaâUs, DkorI le 13 Janvier 1609.

quelle en est ma joie, c'est le plus bel emploi qu'bomme delà robe ait eu depuis longtemps, et cela peut lui ouvrir un cbemin à toutes choses. La nompagDie de M. de Verneuil l'hoDore et ne Im dérobera nen, comme vous n'en doutei pas, de l'honneur du succès. Nous souhaitons étrangement les accommodenients qui nous tireront de la nécessité de nous déclarer pour les Hollandais, ou de rendre les Anglais maîtres absolus de la mer; c'est aujourd'hni l'unique et la plus importante alTaiie que nous ayons.

J'achève ce soir cette lettre que j'avais commencée ce malin ; j'ai été à 11 heures chez la Reine et suis entré à son habillé avec M. de Bartillac; elle m'a reçu avec un visage fort favorable, et m'a dit, après que je lui ai fait mes remerciments, qu'il n'avait pas tenu à elle que je ne fusse revenu, il y a longtemps; je lui ai témoigoé combien j'avais de reconnaissance de ses bontés, et elle a ajoulé que je savais quelle était son affection pour moi et pour toute la famille, à un point près toutefois ', et elle a dit, cela en riaul. M. de Bartillac a dit que cela ne s'étendait pas jusques à moi qui n'entrais point dans ces sentiments, et vous croyez bien que j'ai assez de politique, et que j'avais assez d'envie de ne -me pas attirer une dispute pour ne pas le désavouer. Cela s'est passé en riant, et d'no air fort bon et fort obligeant du cAté de la Reine. Je lui ai trouvé le même visage, quoique par ce froid-ci elle ait senti quelques petites douleurs^ elle n'en va pas moins en masque ce soir; je n'ai plus de cour à faire qu'à Monsieur et à Mademoiselle, après cela je me débarrasserai des visites dont j'ai fait fort peu jusques ici, tant & cause des plus importantes que j'avais, qu'à cause qu'il est trës> difficile d'aller par Paris à cause de la quantité de neige.

On instruit criminellement le procès de M. de Guénégaud sur de certaines ordonnances de voyage que l'on prétend n'dtre pas valables; mais quand cela serait, la chose ne devrait point retooi* ber sur lui puisqu'il suffit qu'il paye sans qu'il ozamiae autre chose que l'ordonnance du secrétaire d'État ou du surintendant: de la manière que l'on m'a expliqué la chose, il ne parait y avoir rien h craindre.

Ma femme se porte beaucoup mieux de son rhume; elle vous salue très-humblement et nous saluons aussi mon frère. Voici des

1. 11 esUvJdeat qu'il s'agit ici du J&nsduiwne, crime commun à toute It funillc Arotald.

3. La Reine mère aouffr&it d'un cancer au sein ; elle mourut bientdl aprta.

FOCCQDET. '

gazettes de deux semaiues qae je vous envoie, au hasard que vc les ayez déjà. (B. A.)

GHlMBiŒ DE JUSTICE

Dm mera^edi H février 1663.

La dame du Ruz, Provençale, femme faisant ouverte profession d'intrigues, et se disant cousine de M. de Roquesante, s'étant approchée de lui, et pris logis en sa maison, elle se serait rendue suspecte par quelques mauvaises négociations préjudiciables au service du Roi, ce qui aurait obligé S. M, de lui envoyer un ordre pour se retirer en son pays de Provence ; en conséquence de quoi étant sortie de Paris, et s'étant acheminée! Auxerre, ledit sieur de ftoquesante en aurait témoigné beaucoup de mécontentement, et fait de fort grandes instances pour la rappeler, prétendant que dans le public cet éloignement lui était imputé, que cela regardait sa réputation, et qu'il ne pouvait être satisfait que cette femme, qui était sa parente, ne fût rappelée, et aurait continué ses empressements et sollicitations avec tant de chaleur que S. M., sur les assurances qui lui furent données, de la part du sieur de Roquesante, d'une meilleure conduite, se serait reiftché à faire expédier un ordre portant permission à la dame de Ruz de retourner en cette ville; mais, y ayant continué ses intrigues, et engagé le sieur de Roquesante dans les négociations, mis en commerce le crédit qu'elle avait auprès de lui, et ayant exigé des deniers de divers particuliers justiciables de la chambre, et à la fiiveur du sieur Roquesante, de sa participation, de sa connaissance et de son aveu, aurait enjoint au procureur général d'en faire informer; ce qui ayant été fait et l'information reçue par M. de Gizaucourt, le 9 du présent mois, le Roi se l'étant fait rapporter et ayint vu qu'il y avait preuve, entre autres choses,que la dame Ruz avait proposé aux sieurs Coquille, du Bouchet et de Faverolles, fermiers des Gabelles, de donner à un homme de sa connaissance une commission ambulante des gabelles en Touraine; qu'elle s'était fait fort du crédit de M. de Roquesante en leurs affaires ; que ledit sieur de Roquesante les était allé voir avec elle, leur avait recommandé de la contenter; qu'il avait bu et mangé en leurs maisons de campagne, avec ladite du Ruz; que cette commission ayant été révoquée, ils

auraient, pour contenter le sieur de Roquesante, qui était leur uge, convenu de donner 200 louis d'or à ladite du Ruz, qu'elle les avait touchés, que ledit sieur de Roquesante eu avait eu connùssauce, et que tant lui que sa cousine en avait remercié lesdits intéressés.

Sur ce, S. H. ayant résolu de faire retirer le sieur de Roquesante de la chambre de justice, lui aurait envoyé son ordre, expédié par M. de Lionne, ce jour d'hier, par lequel le Roi lui marquant qu'il n'était pas satisfait de sa conduite, lui avait ordonné de se retirer incessamment de cette ville pour se rendre en celle de Quimper en Bretagne, et d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre, lequel ordre lui ayant été porté ce jourd'huiparunvalet depied du Roi, qui aceloi de l'accompagner, et de ne le point abandonner jusqu'à ce qu'il se soit rendu en ladite ville de Quimper.

M. le chancelier, à l'entrée de la séance, a dit à messieurs que le Roi, informé de la mauvaise conduite du sieur de Roquesante et mauvais déportement de la du Ruz, sa cousine, par les informations qui en avaient été faites, et que S. M. s'était fait représenler, avait pris résolution de l'éloigner, qu'il y avait lieu de procéder contre lui avec plus de sévérité par les formes, mais que quelques considérations l'avaient obligé de ne porter pas les choses plus avant, et que de sa part il avait bien voulu informer la chanabre de ce qui s'était passé en cette affaire'. (B. I.)

LOUVOIS lu FHESIDBNT FOUCQUET.

A Paris, le 23 témer 1SS5.

Monsieur, en suite de la lettre qu'il vous a plu m'écrira le 4 de ce mois, j'ai fait connaître au Roi que vous aviez besoin de venir i Paris pour vaquer à vos affaires particulières, et S. M. m'a commandé de vous faire savoir qu'elle ne le désire pas, et que, pour empêcher que votre absence ne vous soit préjudiciable^ elle vous accordera de nouvelles lettres d'État; je les expédierai aussitôt que ceux qui ont soin de vos affaires ici m'en parleront*. (A. G.)

1. D'Ormesson dit que cet eiil étonna toat le monde; il n'est pu iaatile de dite que Roquesante aruic TOtë pour le bannissemeat de Foacquet.

2. Foutquet, sieur de ChABlain, président à U Toameile de Reanesi il a d^ji M parte de lui daus l'état du parlemeoi de Bretagne, drea«d pour Colbert. Ou dit : ■ Il a de l'esprit, mois un peu visionnaire el particulier dans ses aenlimenta; tiaa* talD et déréglé dans ses miBurs, donnant beaucoup à la recommaiHlalioa. o

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