LA MARQUISE DE FORS VIGEAN
considérables après les excessives qu'elles a déjà faites, qui lui itéraient la puissance de voir terminer une affaire qui lui coûte tant de larmes el tant de maux.
Elle ne parle point du surplus de la commission que vous lui avez fait l'honneur de lui donner pour faire juger son affaire pré- TOtaleœent et en dernier ressort, puisqu'étant fondée sur les ordonnances, vous ne souffririez pas. Monseigneur, qu'il j soit donné aucune atteinte.
La suppliante sera obligée de redoubler ses vœux et ses prières pour l'heureuse et longue conservation du plus grand chancelier du monde.
Les présidiaux que demandent les accusés : Angers, ChAteau- Konthicr, Tours, Blois, Orléans, Chartres, le Mans.
Madame du Vigean exclut ces sept présidiaux. Elle supplie très-humblement M, le chancelier de lui donner celui qu'il lui plaira. (B. L)
Sire , l'extrême bonté de Votre Majesté lui a fait avoir tant de pitié d'une mère ù qui l'on a massacré son fils unique si misérablement, qu'elle ose espérer que Vutru Majesté achèvera de la combler d'obligation en lui continuant sa protection royale. Le procès des accusés du meurtre du marquis de Fors est sur le bureau, au grand conseil de Votre Majesté, il y a cinq semaines; les reproches de quatre-vingts témoins ont élé jugés; il ne reste plus qu'à lire les interrogatoires, faire les confrontations et interroger les accusés sur la sellette; mais, le semestre fini, il faudrait encore quinze jours au delà pour achever le jugement eutièremenL
Il n'y a que Votre Majesté qui ait la puissance d'ordonner cette prolongation; cela s'est fait en plusieurs rencontres, et il n'y en eut jamais une plus favorable.
Si les accusés se croient innocents, ils le doivent désirer autant que la suppliante ; elle se jette aux pieds de Votre Majesté pour lui demander celte grâce.
Le rapporteur a été trois mois à voir le procès. Si l'aiTaire passe dans un autre semestre, il faut qu'un autre rapporteur revoie tout le procès , et tout ce qui a été fait au grand conseil demeure inutile, et ainsi ce sera une afiaire immortelle.
D.qitizeabyG00l^lc
i32 LK MARQUISE DE FORS VIGEAN.
Oue Votre Majesté ait donc pitié, Sire, de tant de larmes et de souffrances de la suppliante, qui fera de nouveaux tcsus pour l'augmentation de la gloire du plus juste et du plus grand des rois.
Présenté à Monseigneur par M. Dufresnoy, de la part de M. Le Tellier, et par ordre du Roi. (B. I.)
H. DE HABLE, INTENDANT D'ILENQON, A SÉGOIBR.
Monseigneur, sur tes contestations qui se sont présentées au conseil, entre 1.1 dame duVigeanel les sieurs du Pojault, sur la Iransla* lion d'un particulier, nommé LaQuste, es prisons de Fresnay, par ordre du Roi , par arrêt du 19 février dernier, il a été ordonné que j'enverrai au conseil mon avis sur icclles , et sur l'état des prisons d'Alençon, à quoi J'ni satisfait le plus ex3Ct''ment que j'ai pu. J'adresse te procès-verbal que j'en ai dressé à M. de Maissat, pour ■vous le présenter ou le mettre au greffe du conseil, suivant qu'il vous plaira d'en ordonner. Au surplus de l'arrél, j'y satisferai avec toute la fidélité que je dois aux ordres du Roi, et avec tous les soins et la ju^lice que je dois à ma charge et dans la pensée de vous en rendre un compte fort exact quand il vous plaira me l'ordonner, n'ayant pas de plus forte passion que de mériter par mes sei^ices l'honneur de votre estime et votre bienveillance, que vous m'avez fait la gr&ce de m'accorder par un effet d'une bonté toute extraordinaire , et qui m'engage à me dire^ etc. (fi. I.)
A Alençon, t» 15 mm ISOS.
Le même ou même.
Monseigneur, par arrêt du conseil d'en haut , du 19 février dernier, le Roi ayant eu la bonté d'ordouRcr que j'aurais l'honneur de présider au procès criminel de l'assassinat commis en la personne du oparquis de Fors, renvoyé, par arrôt du conseil, au présidial d'Alençon , j'ai cru que mon devoir m'obligeait d'informer S. M. d'un incident de récusations nouvellement proposées, et de vous en donner avis; le procès-verbal que j'en ai dressé vous instruira de tout le détail et des raisons qui m'y ont obligé. J'espère, Monseigneur, que vous y remarquerez la passion que j'ai de salisiaire 1 tous les bons sentiments que vous m'avez inspirés, et je l&cheraî 1
D.qitizeabyG00l^lc
Lk MARQUISE DE FORS VIGEAN. 453
TOUS foire conoattre, dans toute ma cooduile , les respects véritables, etc. (B.I.) A AleDïoii, ce le ftTrîl liise.
H. CHANTELOU A DOK CLADDB CHANTZLOU, BÉKÉDICTIH.
Mou très-cher et révi^rend oncle, nous n'avons aucunes nouvelles ici, bien rares, pour tous faire part; vous aurez peut-être su que de douze prisonniers qui furent amenés ici au carnaval par M. Hamelin, lieutenant de notre prévAt, commissaire en cette partie, directement de S. M-, pour leur faire leur procès, comme accusés de l'assassinat commis cruellement en la personne du marquis de Fors, beau-frère du duc de Ricbelieu, il n'y a eu que le baron ou autrement le marquis de Vareille qui ait été décollé, le dernier mercredi de carême, nonobstant les sollicitations des plus puissants de la province du Poitou , et ayant recommandatioD particulière des principaui de votre parlement, qui en ont usé par lettres, après qu'ils ont vu qu'on n'a eu aucun égard à trois de leurs arrêts ; on croit Vareille innocemment mis à mort pour ce crime; aussi l'a-t-il toujours dit jusqu'au dernier soupir, nonobstant les ge;hennes extraordinaires où il a été apposé, lui, son père, son frère et autres complices, qui n'ont jamais voulu avouer; mais les témoins les condamnent et les grands indices; c'est la marquise du Vigean, qui poursuit ; on tient que cette affaire a déjà valu au sieur Hamelin plus de 7S,000 livres. Nos Messieurs ont été tout le carème sur ce procès, et vont rester autant pour parachever celui des autres prisonniers. Le marquis de Bussières, avec six autres qui n'ont été pris, sont effigies sur des roues. L'assassin était cruel en ce que le sieur Dupoyault, père du marquis deVareilles, ayant compromis un procès de peu de conséquence devant te lieutenant criminel de Poitiers, au jour pris, le marquis de Fors s'élant rais en cbemin, fut assassiné dans son carrosse, lui et son bailli et le cocher, par douze hommes masqués, lesquels, non contents de les avoir tués à coups de mousquetons, tirèrent à l'un les yeux, et & l'autre, qui était le bailli, la langue, et après buvaient à leur santé en faisant cent actes de cruauté qui sont avérés et rapportés par les serviteurs du marquis du Fors et par un gentilhomme qu'ils ne
D.qitizeabyG00l^lc
4U DE HONTFORT.
tuèrent pas, lesquels ont témoigné avoir reconnu le baron de Vareille, son masque étant tombé ; mais ils sont assez discordants, ce qui fait douter de son ianoceoce. (B. I.)
DS HONTFORT, romnssAiRE des gcerhes.
Ordre d'entrée : avril 1664. ^ Conlre-signé : Lr Telijeb,
A Piri*, CK 38 ftTril 1004- Le commissaire de Monlfort, qui a été depuis quelques jours conduit à la Bastille, a demandé en gr&ce qu'on laissât entrer son laquais dans la Bastille pour le servir; j'ai cru vous devoir faire connaître que vous pouvez le laisser entrer, mais il faut que son maître le nourrisse à ses dépens, et il est à propos que, quand il sera entré, il ne puisse plus en sortir, et que vous preniez vos précautions pour empêcher que ledit laquais ne puisse donner aucun billet à son maître. (A. O.)
LOUVOIS A M. DE TILLEHOI, AKCHETÉODE DE ITON.
A Porte, le » tnil leet.
Monsieur, vous savez aussi bien que personne que le commissaire Benoist de Montfort, qui accompagnait les Suisses dans leur voyage en Provence, ne s'est pas conduit en homme sensé; vous n'êtes peut-être pas à apprendre qu'il n'a pas été scrupuleui d'exiger de l'argent. Il en a reçu, savoir : SO pistoles d'un lieu de Provence nommé les Baux, et — pistoles d'un élapier de Montélimari, et l'on nous a même donné avis qu'il avait exigé de l'argent dans quelques-unes des étapes du Lyonnais. Pour toutes ces rai sons, il a été arrêté et l'on veut faire travailler à son procès; mai comme il faut avoir des preuves contre lui, je dois vous faire savoî qu'il est important que vous preniez la peine de faire soigneusement informer de ses déporlements dans les étapes du Lyonnais, et de m'envoyer les procédures qui auront été faites contre lui.
D.qitizeabyG00l^lc
HUSNIER, MAUCONDUIT. 4S5
J'écris sur le mCme sujet à M. Saroo de Cbampigay, afin qu'en votre absence, ou en votre présence, de concerL arec vous, il puisse faire travailler & celte inrormation. Je suis toujours avec respect, etc. (A. 0.)