‹ Archives de la BastilleChapitre 128 sur 137 · MUSNIER, LIBRAIRE · texte numérisé non relu

MUSNIER, LIBRAIRE

Ordre d'entrée : Juillet I6B4.

MAUCONDUIT, consTB.

Ordre d'eutrée : 30 septembre IB64.

Ordre de soitie ; 7 septembre 1665.

tOUVOIS A K. D ADBBAT, LIEUTENAirr GITIL.

A FoDlaiDeblsiD, le 6 juillet leSi.

Monsieur, aussitôt que le Roi a eu avis que chez le nommé Musnier, libraire demeurant à Paris, il 7 avait des écrits composés par les jansénistes, S. M. m'a commandé d'expédier la lettre que vous trouverez ci-jointe, et de vous faire savoir qu'elle aurait fort agréable que vous exécutiez ce qu'elle contient avec toute la diligence et l'adresse requises. (A. 0.)

LE TELLIER A H. D ADBRAT.

A FcntBlaebtean, le 10 Jalllet lest.

Monsieur, vous avez accoutumé d'exécuter avec tant de soin les ordres que le Roi vous envoie, que S. M. n'a pas été surprise d'apprendre, par votre lettre el voire procès-verbal du 7* de ce mois, la perquisition que vous avez faite cbez le nommé Musnier, libraire, la saisie des livres el des écrits défendus qui se sont trouvés cbez lui, et l'emprisonnement de sa personne.

S. M. a approuvé tout ce que vous avez fait; elle m'a commandé de vous faire savoir qi^'ellc désire que vous fassiez le procès audit Musnier suivant la rigueur des ordonnances; cependant je vous renvoie votre proc&s-verbal et tous les imprimés dont il était accompagné. (A. G.)

vu miSNIER, HAUœNDUlT.

M. DX BUHTZ, PBOCUREUR DD BOI, A COLBERT.

Suivant l'ordre du Roi, le nommé Musnier, libraire, a été conduit ces jours passés à la Bastille; il n'a voulu rien déclarer par son interrogatoire et a protesté qu'il souffrirait le martyre pour le jaDsénisme. Le nommé Desprez fut surpris chez lui comme il vou* lait détruire ce qui pouvait servir à conviction. C'est un libraire qui a été longtemps à la Bastille pour le mCme sujet, peul-fitre il serait bon de l'arrêter et punir l'un et l'autre pour faire eiemple. On m'a donné avis que Prémeré et Petit, libraires, travaillaient pour les jansénistes, et que Petit avait été trois fois cette semaine i Port-B^yal. 11 a imprimé avec grand profit tout ce que les jansénistes ont eu permissioD de mettre au jour, il pourrait bien les servir JL imprimer ce qui est défendu, tu même qu'il est l'imprimeur de H. le duc de Luynes. (B. I.} ISJuillelMHM.

Nouvelle à la tnain.

On a mis cette semaine & la Bastille un relieur nommé Meusuier

ou Munier, qui fut trouvé cbargé de quelque pièce Douvelle, Ce

prisonnier a été interrogé et a dit hautement qu'il ue savait rien ;

il est dans un cachot, (Bibl. de la Sorbohhx.)

ArrSt du conseil que ledit Lemonnier est déclaré rebelle aux volontés du Roi, infraction des lois et ordonnances de S. M., et perturbateur du repos public, pour réparation de quoi est condamné d'être battu et fustigé nu de verges, au-devant du grand Châteict, en la principale porte du Collège royal. Ce fait, condamné aux galères pour neuf ans et en 80 livres parisis d'amende envers le Roi. '

Extrait de l'interrogatoire du 30 novembre 1664.

Charles Mauconduit, faisant profession de copier et écrire. Il signe Mauconduy.

Mauconduy avait été arrêté le 25 novembre 166i dans la boutique du libraire Gentil, qui fut mis plus tard i ta Bastille, ainsi que sa femme. A l'arrivée du commissaire, celle-ci rompit des formes qui avaient été composées par l'ordre de Maucondu; et pro-

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DUMÉE, CHANDELIER. 457

babiement pour des ouvrages jansénistes. On s&isit sur lui plusieurs lettres écrites par des gens tin parti, et une liste considérable de livres dont il avait facilité le débit. On lui. reproche d'être l'agent et le négociant de toutes ses pièces des jansénistes ; il répond négativement, en ajoutant qu'il porte un grand honneur à ceux de Port-Royal, à cause de l'assistance qu'ils ont donné i sa femme à Port-Royal-des -Champs pendant qu'elle était malade.

Mauconduj avait une plume bien achalandée : l'abbé de Coislin, MU. de Morangiez et de Barillon l'employèrent. II avait été quatre ans chez le duc de Lujnes; il écrivit dans son cabinet et sous sa dictée un mémoire présenté au Roi, pour les ducs et pairs contre lés présidents à mortiers. La cour tenait à savoir où ce mémoire avait été imprimé. Mauconduy n'eu savait rien, et croyait que c'est chez Petit. (B. I.)

DUMÉE, HENTiEH. — CHANDELIER, avocat.

Ordre d'entrée : juillet 1664.

l'ambassadeur SAGRKDO au doge de VENISE.

10 avril 1M3.

On a arrêté Irois députés des rentiers (comme je vais vous l'expliquer) qui s'étaient transportés séditieusement et hardiment chez M. de Colhert, pour se plaindre et pour protester contre l'injustice dont ils étaient victimes. M. de Colbert n'étant pas alors chez lui, sa femme accourut au bruit, et en affirmant que son mari n'était pas chez lui, elle obtint moitié par des paroles de douceur, moitié par la fermeté, que cette foule s'éloignât. Les mécontents se rendirent immédiatement chez le chancelier. Sur ces entrefaites, Colbert ayant appris ce qui s'était passé, se décida à les y aller trouver, et leur dit qu'il était venu «près pour entendre ce qu'ils désiraient. Un d'entre eux, s'étant porté comme chef, lui exposa les griefs de tous, au sujet de la suspension des rentes qu'ils devaient toucher à l'hAtel de ville pour l'iotéret des sommes qu'ils avaient prêtées. Colbert leur répondit qu'ils n'avaient pas d'autre

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'48S DUMÉE, CRANDELIEB.

r6]« i jouer que celui d'obéir au Roi. Les rentiers s'en alUrent avec la résolution de se rendre au Louvre en plus grand nombre; cependant le prévôt des marchands, à qui ils avaient eu recours, leur avait promis, pour les apaiser, de présenter leur requête à S. H.

Dans l'intervalle, trois d'entre eux ont été arrêtés, et on ne parle pas d'autre chose et du mécontentement général contre la chambre de justice. (Archives de Venise.)

ITrodmt de PlIaJieit.)

N. FOUCAULT A COLBBRT.

I Juin 16U.

11 s'est élevé de petits murmures contre la suppression générais des rentes. M. Berner même a appréhendé que son commerce, qu'il anime de toute sa force, n'en reçût quelque diminution, et l'on croît que si la suppression se fût faite par parties, les esprits s'j seraient insensiblement préparés ; et, en eCTet, les rentes des huit millions n'étaient déjà plus dans le commerce depuis que le bruit de la suppression s'était répandu ; et, au contraire, celte suppression générale qui remonte au delà du siècle et regarde une infinité de petites gens, émeut les esprits et n'apporte pas, quanta présent, une fort grande utilité, puisque l'on continue d'en employer le fonds dans les états, et qu'il est difficile que le Roi fasse tout d'un coup de si grands remboursements. Le sentiment de M. le chancelier aurait été d'interpréter cet arrêt, et d'ordonner que le remboursement porté par icelui sera fait suivant l'ordre des constitutions, i^ commencer par les plus récentes '. (B. I.)

Mémoire de Le TelHer à M. de Virieu, t'en allant à Parii.

D se rendra en toute diligence à Paris, et il ira directement chez

M. Talon, avocat général, pour lui rendre la lettre que je lui écris;

1 . Pendant Iw troubles de ]& Troade le gouternemcnC Livait f-iit, au nom de l'hatet du Tille da Parts, des' emprunts à des conditions eitremeoient tinérruspa; de c«* rentn, les unes ataient dté données à des iraitanti A lltrs dn boni pour lei remm, tes autres Tendues i tiI prii. Ls venle se TaisAit entre les parliet, par-de>lnl noiaire. Un arrêt du conseil ordonna, le 36 mai ISBA, la suppreision des rei lef données aux traitants et qae le rembDursenient de* auires aurait liea en payant par l'Ëtat le prix porté sur l'acte de lenle.

On Ta Toir quel trouble cette décision Jeia parmi les boDi^eoi* et les petits leatlers de Paris.

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DUMËË, CHANDELIER. 469

s'il est chez lui, il la lui remettra entre les mains; Einon il la laissera à quelqu'un de ses domestiques avec charge de la lui rendre soigneusemeut dès qu'il retournera en sa maison.

Ensuite, le sieur de Viricu ira chez M. !e président Le Pelletier, loi rendra sa lettre et lui fera prendre la lecture de celle que j'écris à M. le premier président ; il ira porter à celui-ci ma lettre dans le temps que M. Le Pelletier lui dira, et it doit observer qu'elle doit être rendue dès ce soir.

Demain au matin, il ira chez M. le chancelier, il lui remettra ma lettre, et comme elle est en créance sur lui, il lui dira que s'il se fait quelque attroupement et assemblées dans la ville, à l'occasion de l'arrfit du conseil pour le rachat des rentes, et qu'il juge à propos de faire arrêter quelques gens qui se seront mal conduits, S. M. n'entend parler en cela que de quelques payeurs de rentes ou des personnes d'une considération au-dessous de celle-là, et que si quelques gens d'une qualité plus relevée se trouvent en faute, il se contente d'en donner avis au Roi.

II ne manquera pas de lui faire mes compliments et de l'assurer de la continuation de mon respect.

Que si , lorsque le président Le Pelletier aura lu ma lettre, il était trop tard pour rendre celle que j'écris à M. le premier président, il faudra qu'il la lui porte demain de ai grand malin qu'il puisse la recevoir avant qu'il entre au parlement, si ce n'est que M, le président Le Pelletier voulût se charger de la lui rendre.

Il enverra chez le chevalier du guet la lettre ci-jointe que je lui écris. [A. G.)

A FoDUiiiebleaa, le 8 juin 1004.

LE TELLIBR Atl CHAKCELIEH,

A Fantûnebleau, le 8 Juin 1684.

Monsieur, le Roi ayant eu avis ce matin qu'à l'occasion de l'arrêt du conseil, expédié le 24 du mois passé, sur le rachat des rentes assignées iiurl'hAtel de ville, il s'est fait quelques attroupements dans Paris, et que le parlement devait s'assembler demain sur le même sujet, S. M, n'a pas donné une entière créance à ces avis; mais pour ne rien négliger, elle a fait écrire h M. le premier président pour lui faire savoir que son intention en cela n'est autre que

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460 DUHÉE, CBANDEUER.

de faire travaiUer& l'avance à la liquidation des sommes nécessaires pour l'amortissement desdites rentes, afin d'en pouvoir décbai^r ses finances à mesure que l'état de ses affaires lui en fournira les moyens; cependant de faire continuer le payement des arrérages desdites rentes en la même forme qu'il a été fait jusqu'ici, et que comme le Roi use en cela de son droit, ainsi que font tous les particuliers à l'égard de leurs créanciers, S. M. désire qu'il oe permette pas que les requêtes des rentiers soient reçues et délibérées au parlement, ni qu'en quelque sorte et sous quelque prétexte que ce soit, la compagnie prenne aucune connaissance de l'exécution dudit arrêt de son conseil, il a été écrit au même sens à H. Talon, afin que s'il était mandé dans la chambre, il put parler en cette conformité.

S. M. m'a commandé de vous en donner avis, et de vous faire savoir qu'elle désire que vous ordonniez à des personnes fidèles et intelligentes de s'informer sans bruit des attroupements et assemblées, si aucuns se font dans la ville à l'occasion dudit arrCt ; que vous fassiez arrêter et coudtaire & la Bastille ceux que vous trouverei qui sont le plus coupables, et afin que vous puissiez exécuter les intentions de S. M. eu cela, sans aucune difficulté, j'écris présentement à M. le chevalier du guet, que S. M. veut qu'il exécute tous les ordres que vous lui donnerez, ainsi qu'à M. de Besmaus, su nom de S. M., lui prescrivant de recevoir tous les prisonniers qui seront envoyés à la Bastille par votre commandement Pour le surplus, je TOUS supplie très-humblement de donner une entière créance & ce que le porteur aura l'honneur de vous dire de ma part. (A. G.)

H. CHilLUlT, PATEOB DE RENTES, A COLBEHT.

A PaHt, roDJuinieet.

Monseigneur, vous savez à quel point les rentiers de l'hdtel de \îlle nous tourmentent, et je n'entreprends pas de vous entretenir de ce qui s'est passé aujourd'hui, puisque d'ailleurs la vérité vous en sera écrite ; mais. Monseigneur, comme j'ai la satisfaction d'avoir toujours fait mon devoir dans les occasions les plus pressantes, je vous supplie Irès-humbiement de m'écrire, ou de me faire dire par personne de créance quelle conduite le Roi désire qne je tienne, et si S, M. et vous, Monseigneur, ne voulez pas que je

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DUHÉE, CHANDELIER. Ul

suÎTe absolament tes senlimeDts de M. le prévôt des marchands, lequel je crois très-bien intentionné. Je prends la liberté de vous écrire, parce que c'est une afTairc fAcheuse qui aura suite et que je veux faire mou devoir sans j omettre môme l'abaDdonnement de ma vie, que j'exposerais hardiment pour le service du Roi. (B. I.)

H. FOUCAULT X COLBBRT.

Ca 11 Juin ieo4.

Monseigneur, je ne me suis pas si fort étooné de l'élévation qui se fait ici de l'arrfit rendu au conseil du Roi, sur le fait de la liquidation des rentes de la ville, parce que j'ai souvent vu de semblables équipées; mais à vous dire vrai, dans ce moment, il y a tout besoin de certains correspondants et de plus de liaison auprès M. le prévit des marchands, lequel est le mieux intentionné et autant ferme que l'on puisse souhaiter, mais assez faiblement soutenu du corps de la ville; sur quoi, il ne faut nullement s'attendre; aussi ; avait-on pourvu sitAt, ce que M. de Panard vous expliquera. Cependant je vous dirai. Monsieur, qu'il est besoin de soutenir le sieur prévôt de l'île, parce que c'est un officier très-bien intentionné et nécessaire. II s'est conduit avec toute la prudence qu'il a fallu en cette occasion, sans faire le nécessaire; il détourna une exécution qui se devait faire à la grève, et l'a foil faire au quartier où le vol avait été commis, a&n de ne pas assembler des peuples si prèi de l'hôtel de ville où étaient les rentiers, et je me rendis chez lui pour avoir le moyen de pourvoir aux désordres s'ils fussent arrivés, parce que la maison du prévôt est près de l'hôtel de ville, et M. de Souville demeura chez lui pour attendre ce qui serait à faire. Mais k tout dire vrai, je savais bien ces soins de bienséance très-inutiles ; je ne laisse pas pourtant de vous renouveler celui que l'on doit avoir de la magistrature, quand le cas y échéera ; si TOUS jugiez qu'il ; eût lieu de renforcer la compagnie du sieur prévôt de l'ile, je joins l'exemple de ce qui s'est fait autrefois, et M. le cardinal de Hicbelieu avait en singulière recommandation que la campagne fût tenue par le prévôt de l'Ile, parce qu'en outre que cela détournait les voleurs de grand chemin, cela faisait craindre les porteurs de paquets volants qui veulent éviter la voie ordinaire des courriers, lesquels se découvrent lorsqu'ils sont veillés. (B.I.)

oyGooi^lc

iSS DUHÉE, CHANDEUEB.

H, VOÏStN, FBÉvAt des VABCHANDS, a COIBEBT.

DePuii, cGiajainieet.

L'arrei du conseil a Été reçu avec toute la joie, et a fait que dans l'hôtel de ville tous les discours se sont élendus sur les louanges du Roi et sur la confiance en sa justice et en sa bonté. MM. de Bracque, VauUier, avocat, fils du notaire, et mSme le sieur Cbandelier, se sont signalés, et aiusi le Roi doit avoir toute la satisfaction qui se peut ; notre joie sera toujours de Taire notre devoir pour son service. Je salue très-humblement M. Colbert. (B. I.)

K. OUVIEE A COLBBRT.

APari*,UjufQifl64.

Monseigneur, j'ai, ce matin, entre neuf et dix heures, publié et afBché à la porte de l'hAtel de ville de Paris, en présence de grand nombre de rentiers, l'arrôt pour le remboursement, lequel a été par eux assez bien reçu, et lequel a contenté un chacun; l'ayant ainsi reconnu nou-seulement là, m.iis lorsque je lai ensuite afSché aux portes du pal'iis, chambre des comptes, cour des aides et grand conseil, et depuis ^près par bruil de ville. Je travaille, Monseigneur, à le signifier présentement à tous les payeurs de rente, et j'espère, Monseigneur, vous envoyer demain un procËs-verbal avec 1 arrêt. (B. t.^

M. FOUCAULT A COLBEHT.

C« mercredi M>ir, li juin 1664.

Je vous envoyai hier au soir une assez exacte relation de ce qui s'est passé en la dernière assemblée de l'bAlel de ville, et H. le prévôt des marchands, qui est allé trouver le Roi, vous l'aura pn confirmer. J'ai un allié conseiller de ville qui me rend compte de toutes choses ; il a fort bien fait son devoir ; c'est lui qui a onvert l'avis de s'abandonner entièrement aux volontés du Roi, et que l'on avait des gages trop assurés de son amour paternel pour ne pas prendre une confiance tout entière. Voilà les choses en assez bon état pour l'hôtel de ville.

Quant au parlement, samedi, les rentiers et ces crieurs qui se niËleot parmi eux, firent leurs attroupements et leurs dialogues

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DHHÉE, CHANDELira. 403

dans la grande salle du palais dont les piliers sont étraDgemeut froDdeurs. Lundi, M. le vice-président Le Coigneus, M. du Tronchet et quelques autres de la grande chambre s'êtant approchés, dans la buvette, de M. le premier président, ledit vice-président Le Coigneux parla avec beaucoup de chaleur de cette suppression, et comme il a de ces dernières rentes en quantité et qu'il les possède la plupartà titres qui nesont pas fort favorables, il appréhende étrangement que l'on entre en une trop' exacte vérification et que le prix du remboursement ne soit pas fort avantageux, c'est ce qui rend sa colère suspecte. M. du Tronchet parut encore plus écbauiTé. M. le premier président écoula tout, mais sans s'ouvrir. En sa place, dans la grande chambre, avant fait entendre à sa compagnie le contenu de la lettre de M. Le Tellier, les plus dis* posés à haranguer et à demander l'assemblée des chambres demeurèrent dans la retenue et l'on conclut à l'exécution des volontés du Roi; ainsi le parlement n'entreprendra rien.

Quant aux rentiers, leur premier feu passé, les voilà dissipés ; c'est une petite vapeur qui s'est évanouie, et l'on peut. Monsieur, vous assurer positivement qu'elle n'aura suite quelconque ; j'ai les yeux ouverts de tous côtés de cette affaire, j'en sais les conséquences, je vois toutes les personnes qu'il faut voir; je vous en écris essenliellemenl ce qui est vrai et ce qu'il en faut croire, et je m'en fais un des articles du serment de la fidélité que je vous ai vouée.

Reste, Monsieur, de vous dire que l'avis des personnes plus clairvoyantes et plus alTectionnées est qu'il serait d'une terrible conséquence que le Roi vint à se relâcher dans celte circonstance qui demanderait un redoublement de fermeté, mais aussi chacun étant rentré dans le devoir, et les rentiers s'étant entièrement abandonnés aux volontés du Roi, il 'semble qu'il ne serait pas mal à propos que le Roi, de son mouvement, interprétât par un autre avis celui auquel l'on a donné tant d'interprétations bizarres ; tout le monde serait rontent, et l'on tiendrait de la pure grâce du Roi ce qu'il aurait été dangereux d'accorder à la mutinerie des peuples.

Je vous envoie un discours prononcé par un des conseillers de ville dans son opinion. (B. 1.)

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4M DUMEE, CHANDIJllER.

H. FOUCAULT, FII2, 1 COLBERT.

Ce Jeudi, an Mtr.

Il De s'est passé aucune chose pendant ces deux fêtes sur le sujet de l'hôtel de ville, et je ne vois rien qui me fasse changer l'opinion que j'avais prise que le tout s'en ira en fumée ; ce n'est pas que le retour de M. le prévôt des marchands ne soit attendu avec impatience et ne tienne les esprits en suspens, mais comme apparemment il rapportera de bonnes paroles, assurément chacun s'en contentera.

Le substitut de la rue d'Oriéans et M. son père feront en cette occasion et en toute autre leur devoir pour le service du Roi, et si l'affaire leur en donnait plus de matière, ils signaleraient leur zèle qui ne peut pas Mre plus grand. (B. 1.)

M. FECQOOT, TRÉSOBIER SE LA CBAHBBE DE JUSTICE, A COLBERT.

APirii, l«6]aiDlMi.

Il n'y a rien de considérable à faire savoir à Monseigneur sur l'affaire des rentiers ; tout est dans le calme et dans le respect. L'inquiétude que les propriétaires de nouvelles rentes avaient témoignée la semaine passée a cessé, de telle sorte que ceux à qui il restait dû quelque chose des liquidations faites ne m'ont aucunement pressé ; il faut que je les aille avertir de faire recevoir leur argent, et quand ils le reçoivent, c'est avec la même confiance qu'ils avaient auparavant. (B. I.)

H. LE FDUTN A COLBEKT.

A Pari», Ib 17 jain lau.

Messieurs les rentiers ont tenu leur conférence ce matin à ThMel de ville; ils ont continué, par la bouche du sieur Dumée, l'un d'eus, à remercier M. le prévftt des marchands de l'arrêt du 11 du courant, en faisant néaamoins cette observation qu'il ne déroge point à celui du 24 m li qui ordonne la liquidation, rachats et remboursements des rentes; ils ae sont séparés à la française, c'est-àdire sans rien conclure. (B. L)

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nUïÉE, CHANDELIER. 44»

Le mime au mfime.

k puit, le 17 Jnin lOSt.

La plus grande question qui ait été traitée aujourd'hui à l'HAtei de ville, ça été d'expliquer l'arrêt dii il du courant, et comme le sieur Crnmoisy n'en a baillé qu'à peu de gens, la plus giande partie (Jes rentiers n'en ont parlé que sur le ouï dire, de sorte qu'il est expédient de le faire signifier, ainsi que je le ferai, suivant votre ordre, lundi prochain ; ils ont prié M. le prév&t des marchands qu'il sollicite à la cour afm de faire régler le rachat de leurs rentes sur le pied des contrats de constitution, et de leur payer tous les vieux iirrérages Je ne sais si le sieur Brigallier écrira en conformité de ces belles propositions qu'ils ont imaginées pour rendre, s'ils pouvaient, les rachats impossibles. (B. I.)

a. TESTU, CHEVAUEa DU GUET, A COLBBItT,

Monseigneur de Colbert sera informé par ce mot que les nommés Dumée et Chandelier ont été arrêtés ce malin ; dont je lui donne avis, et supplie de croire que personne n'est plus que moi, etc.

H, ne HYANTS, PROCUREUR DU ROI, A GOLBEKT.

13 Juillet ISSt.

Monsieur, une nouvelle remontrance au Hoi sur le fait des rentes, dont on fait quelque bruit avec celle de feu M. Miron, fut donnée, il y a deux ou trois jours, à mon- portier, dans un paquet cacheté. Je crois devoir vous l'envoyer et vous en nndre compte, cette adresse marque l'esprit de ceux qui la débitent et peut mériter quelque réllexion. L'examen que j'ai fait faire du caractère me lait cruirc qu'elle a été imprimée par un nommé Lesselin, qui a imprimé la plainte et le factum de M. l'abbé Lucas contre M. Foucquet. Je puis, sous quelque autre prétexle, faire une visite chez ledit Lesselln, et selon la présomption que je pourrai trouver le faire arrêter ; si S. M. le trouve bon, il sera nécessaire de me les renvoyer pour faire la confronlation du caractère. (B, 1.)

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MO DUMÉB, CHANDIJllER.

M. VOTSIN A COLBBIT,

D'Emobm, te 11 Jninet i«s4.

Monsieur, j'ai trouvé en mon chemin de Paris M. Chandelier, auditeur des comptes, flls de M. Chandelier, avocat en parlement, que le Roi a fait arrêter à l'occasion des affaires des renies. Vous savez, Monsieur, ce que j'ai eu l'honneur de vous dire, que ce qu'il avait fait en ma présence, et ce que j'avais appris de son procédé depuis que j'ai été hors de Paris, était fort dans l'ordre ; c'est une rencontre fort rigoureuse pour une personne de soixante-dix ans, et si, Monsieur, le Roi avait la bonté de le vouloir faire élargir ou en tout cas lui donner ordre de se retirer en sa maison, aux champs, qui est à dix lieues de Paris, je pense, Monsieur, que cela ne pourrait faire qu'un fort bon clTet; je vous en serais. Monsieur, trèsobligé, étant une personne que je tiens innocente, et que de mauvais esprits ont engagée ; ce qua je considère dans son malheur, le connaissant, Monsieur, pour fort homme d'honneur; c'est une gr&ce que vous demande celui qui est, etc. (B. I.)

Le même au même.

19 Juillet 1M4.

J'ai reçu toute la satisfaction, et le succès de mon voja^, aytnt été présent toute la matinée à l'hôtel de ville, où, dans un nombre extraordinaire de personnes qui se sont trouvées à l'occasion de l'emprisonnement des sieurs Chandelier et Dumée, les choses se sont passées dans toute la considération et dans le respect, quoique les esprits soient remplis d'inquiétude et d'impatience sur la Su de la grande aSïiire qu'ils voudraient bien voir finir heureusement. M. Dufresnoy, averti de ma part, s'y est trouvé et a pris la manière convenable pour, en prenant créance dans les esprits, faire les choses qui étaient à propos.

La soufl'rance des sieurs Chandelier et Dumée fait bien de la peine et excite bien des sollicitations pour agir afin dç leur Caire avoir leur liberté, desquelles nous ne pouvons pas nous dégager oi nous empêcher d'exciter lu bonté du Roi pour eux, et vous demander, Monsieur, votre protection quand nous serons de retour k Fontainebleau.

Les familles de MM. Chandelier et Dumée s'élant présentées pour

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.DUUÉË, CHANDELIBR. 467

les voir î la Bastille, et ayant été refusées, ont reçu biea de la tristesse, et elles croient que ceux qui sont détenus la doivent avoir encore plus grande. Elles ont recours & vous, Monsieur, pournvoir cet adoucissement si juste dans ce mauvais rencontre, avant que les ministres, de la bonté du Boi, leur rendent, comme ils espèrent, ces personnes à qui les mauvais offices leur ont procuré r^tte disgr&ce. Comme j'en suis persuadé, j'ose, Monsieur, joindre mes trËs-faumbles prières à celles qui vous seroDl faites pour cela. (B.I.)

Le même au mime.

Monsieur^ la conduite de M. Dumée, surle sujet des rentes, lorsque j'ai été présent, et ce que j'en ai pu apprendre des autres occasions des personnes sincères, me font croire que In disgrâce qu'il a reçue lui vient par les mauvais offlces de personnes mal inlenlionnées ; cela fait. Monsieur, que je crois qu'il mérite d'être assuré de votre protection pour obtenir delà bonté du Roi son élargissement, d'autant plus que toutes choses se pnssent h l'h&lel de'ville même, ce matin, dans toute la tranquillité et dans le respect. Je prendrai part. Monsieur, à cette grâce, s'il vous plall l'accordera ma prière.

Le frère de M. Dumée, qui a eu la disgrâce d'être arrêté par ordre du Roi, désirant d'avoir cette lettre, je vous supplie trèshumblement me permettre de joindre les motifs contenus en celle que j'ai eu l'honneur de vous écrire surle même sujet, etc. (B I.)

Le même au même.

A Psria, ce li loai icet.

Je suppbe très-humblemeut M. Coibert d'avoir la bonté de se souvenir de l'alfaire des sieurs Chandelier et Dumée, aQn qu'ils puissent recevoir l'adoucissement de voir leurs proches dans l'élat où ils sont depuis assez de temps, ce qui a été espéré de leurs familles, qui sont incessamment près de celui qui est avec toute la reconnaissance et le respect possibles, etc . (B. I.)

1. On ne voit pas 1 iu«1le Époque ces deui indirlda» furent relftchét; iMreiillGn intimidta l'attsllorent de faire dsi dÉmonttritJDns publîqtiee, inale ils cnnlloutrent à ac plaindre en secret, el la lupprusiion des reniea Tul longtemps le sujet de con- Tersstiaas où ta cour n'était pas épargnée, s Un bourgeoii, nomma Poignant, Tort homme de bien, dit Guy Patin, fut mis k la Bastille hu mois de décembre pour avoir parlé en termes pea mesurés, n

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BABRAULT, DE POIX ET SA FEUHE.

BARRAULT. — DE POIX ET SA FEMUŒ.

Ordre d'ealrée : juillet 1664.

M, DE HTINTZ, PROCUREUR DU ROI, A COLBBRT. ttonsîenr, ayant reçu une lettre de la part du sieur de Poix, metcredi dernier, par laquelle, ni; pouvant se rendre chez moi, à cause d'uu décret de prise de corps que nous avons décerr.é contre lui, il me priait de me rendre aux Feuillants pour me communiquer one an'aire de la dernière conséquence , et de laquelle il s'était donoé l'bonneur d'entretenir M. Berryer, qui lui avait dit de m'en parler, je crus être obligé d'y allur à l'instant même; et par l'enlreticn que j'eus avec lui, ayant estimé que cette affaire étant de telle importance que je ne devais pas m'en croire seul , j'ea donnai avis i U. le lieutenant criminel avec lequel j'eus l'honneur d'en rendre compte t Mgr le chancelier, et d'aller trouver aussi M. Berryer pour en conférer avec lui et suivre ses sentiments dans cette affaire; D0U3 avons cru, Monsieur, qu'il était de notre devoir et du ■ervice du Roi , de nous assurer jusqu'à nouvel ordre et des accusés et des témoins. A l'éprd du sieur Cossuet et de De Poix, dénonciateurs, vous me ferez, s'il vous plaît, savoir ce que j'ai à faire, et si vous désirez que je me rende à Fontainebleau pour recevoir les ordres du Roi et ses commandements; cependant je vous supplie. Monsieur, de trouver bon que je prenne la liberté de vuus envoyer toutes les procédures que nous avons faites sur ce sujet. Je proteste, etc. (B. I.)

H. TABDIED , UEUTENANT CRIMINEL , à SÉtiUIER. Monseigueur, prenant congé de vous aprè^ vous avoir rendu compte de l'affaire que M. le procureur du Roi nous avait faite sur la dénonciation du siour de Poix , je suis obligé de vous écrire ce mot pour savoir votre volonté sur ce sujet, et ce que j'ai à faire, ayant des prisonniers arrêtés ; n'ayant eu aucune nouvelle sur cela, quoique je croie que M. le procureur du Roi ail envoyé à la cour ce

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