‹ Archives de la BastilleChapitre 20 sur 137 · C'jtftit an toaimJa alBdé de [.ouvofh · texte numérisé non relu

C'jtftit an toaimJa alBdé de [.ouvofh

4. Aux termei de celte laatruction, Laniun devxit être porertné, iTec un Tilet, dus aae chuiibre, itaa en sortir Juneli ni avoir coma unie ation avec perMnne; d'aillenrt Salnl-Har* devait la traiter comme Foucquet.

Loavoia ordonna, le 30 dtombre, d'ajouter à cei pr^csnliona uno grille de fer Kellie en dedani de ia chambre, k l'embrwnre de aea fenâtrei, et une antre k la

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k tout ce qu'il m'a dit de votre part, et il tous poum dire la manière dont je me comporte pour faire préparer en diligence l'appartement deM. de Lauzun; il vous dira, Monseigneur, que je le logerai dans les deux chambres basses qui sont au-dessasde M. Foucqaet; ce sont celles où vous vttes les fenêtres grillées en dedans de grosses barres de fer ; de la maoière que j'ai ordonoé de faire en ce lieu là, je vous réponds sur ma vie de la sûreté de la personne de H. de Laïuun, comme aussi de toutes les nouvelles qu'il pourrait donner ou recevoir. Je vous engage mon honneur, Monseigneur, que vous n'entendrez jamais parler de lui tant qu'il sera sous ma garde, que par moi, je prendrai si bien mes précautions en toutes choses el serai si alerte que je ne courrai aucun risque de tout ce que je m'engage ; vous mavez si bien fait entendre la Volonté de S. H. pour la sûreté de ce nouveau prisonnier qu'on m'amène, que je pais vous protester qu'il sera comme s'il était m poctf,- je le traiterai honnêtement, sans pourtant avoir de commerce avec lui, à moins que Tons ne me le commandiez très-expressément. Le lieu que je lui fais préparer est tourné de manière que je ne puis y faire faire de trous pour le voir dans ses appartements. Je prétends savoir tout ce qu'il fera nt dira, jusqu'à la moindre chose, par le moyen d'un valet que je lui donnerai, ainsi que vous me l'ordonnez; j'en ai trouvé un avec beaucoup de peine, et ce sont ces sortes de gens-là qui m'en donnent plus que tout le reste, parce qu'ils ne veulent point demeurer toute leur vie en prison. Je prendrai la liberté. Monseigneur, de vous dire qu'il sera nécessaire d'en donner deux à H. de Lanzun, parce qu'un seul s|y ennnie par trop; de plus, quand ils deviennent malades ib se soulagent l'un l'autre. Ayez la bonté. Monseigneur, d'être persuadé que je ne ferai ni n'entreprendrai rien sans que vous ne l'ayez permis, et que je vous donnerai fort exactement avis de tout ce qui TÎenJra à ma connaissance. Vous m'ordonnez de ne faire dire la messe à H. de Lauzun que les fêtes et dimanches; je m'attacherai fort régulièrement au pied de la lettre, c'est-à-dire que je ne passerai pas les commandements dont TOUS m'honorez. Le confes&eur de M. Poucquet, le confessera à Pâques et pas davantage, quoi qu'il puisse arriver. Je n'ai d'aulre pensée qu'à bien exécuter l'honneur de vos ordres ; je m'y attacherai toute ma vie avec tant de zèle, de passion et de fidélité, que j'espère que vous serez content de mes petits soins. (A. G.)

A Plgaerol, ce 9 décembre.

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Le mAne au même.

Monseigueur.j'm eu l'honneur de vous rendre compte le 9 du courant comme M. Nallot était arrivé ici, et que suivant vos commandements je faisais travailler jour et nuit & l'appartement que doit occuper H. de Lauzun ; j'espère qu'il sera prêt quand il arrivera; il aura assez de clarté dans ses deux chambres, elles seront belles et chaudes, mais il n'en pourra voir ni entendre d'aucun lieu Ame qui vive. Je Tais faire des clefs et serrures devant mes lieutenants, que je relève tour à tour, afin que l'on ne me puisse tromper; je n'oublierai rien pour me bien précautionner au dedans et au dehors de mes prisons afin que le service se fasse suivant les intentions de S. M. (A. 0.)

A PigMiwI, n 11 iMceiobn ie7i.

LODVOIS A L'iHCHBviODE DE LTOH.

A Stiat-Germaio, le 13 dieembre 1071.

La lettre que vous m'avez fiiit l'honneur de m'écrire, le 8 du mois, m'a appris que vous avez fourni mille pistolesàH. d'Artagnan; il est bien raisonnable de vous en faire rembourser, et pour cela je TOUS adresse le duplicata d'un ordre que j'ai donné au trésorier de l'extraordinaire ', en vertu duquel vous les recevrez sans aucune difficulté. (A. G.)

H. HALLOT A LOUTOIS,

A Plgnerol, ea lA décembre 1071.

Monseigneur, puisque M. d'Artagnan vous a dépêché M. son neveu pour vous informer de l'arrivée de M. de Lauzun, je me donnerai seulement l'honneur de vous faire savoir qu'il a trouvé toutes les choses nécessaires pour la sûreté et la commodité de son logement bien préparées, et que ce qui reste encore à y faire n'est que pour quelque accommodement du dehors, qui seront en étal dans trois jours, après quoi je repartirai d'ici pour vous aller rendre compte et porter le plan de tout ce qui a été fait. (A. G.)

1. On appelait extraordinkln des guerres le» fond» r«aervds poat im dépeiuee InprAvoM da mlniiUre. Alon, comme depuii, elln dépaiealent KQTeiit le budget ■iTttâ d'kvwioe.

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LE TELUEB A lUDlMB FODCQUET.

Madame, ponr satisfaire à ce que vous avez désiré de moi, je dois TOUS dire que par la dernière lettre de M. de Saint-Mars, du S8 Qo- Tembre dernier, il maade que toutes choses sont toujours an même état, c'est-à-dire qall n'y a aucune altération en la santé de M, Foucquet; je la lui souhaite toujours de même et qu'il se présente quelque occasion de tous témoigner combien passionnément je suis, etc. (A. G.)

UJUTOIS k m. FODCOIWT *, L'iCDIBR.

Salnt-Gfnmln, IS lUcnobn ISTf.

Monsieur, j'ai reçu, avec la lettre que tous avez pris la peine de m'écrire le i de ce mois, celle qui était pour le Roi. Je l'ai rendae &S. U. qui, après en avoir entendn la lei^ture, a dit qu'elle a cm ne TOUS point faire de préjudice en tous envoyant demander la démission de la charge de premier écujer de sa grande écurie pour la rendre & M. de Moulons, auquel tous ne l'avez point payée, et que par sa mort elle en avait pu disposer. Vous devez croire que j'aurais été bien aise de vous pouvoir rendre en ce rencontre mes soins plus selon ce que tous désirez, et s'il se présente une autre occasion de le pouvoir faire, je vous témoignerai que, etc. (A. G.)

SÀIRT-IUBS A LOnVOIS.

Monseigneur, mon prisonnier est toujours dans un si profond chagrin que je ne vous le puis figurer aussi grand qu'il est; il m'a dit que je lai avais fait faire un logement pour in Bœculatœtmlorum, que sitAt qu'il a su qu'il venait ici, il ne put trouver bon ce morceau, que ce fut une poire bien dure à avaler, quoiqu'il eût toute l'estime imaginable pour moi. Quoique je ne l'aie pas fouillé, je sais qu'il a sur lui trente sequins ou jacobns * et une botte d'or à mouches. Ceux qui l'ont fouillé la première fois devaient avoir com-

1. Foucqnet, aodea conteiller su partïiiHDt, âcojer ordinoira de U pande «cnrie, ft MO llr. de gagel et 3,057 de lif râe».

3. ■ Il D'Mt pu bon, écrit LoDToii, qu'on piitoanler ail de l'uteot tur lai| c'eU pourquoi il «it i propos que vous demandiei, le ploi dvilemeiit que tous peomi, k H. de Laaiua celui qu'il k.i>

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nwDcé par lui 6ter l'argent; cek ne m'iaquiète pmnt du tont, étant sûr qu'il ne s'en pent pas servir Contre le service de S. U. J'ai in- Tonai H. Nallot de force petites choses pour qu'il ait HiODoeur de vous le^ dire. Je m'appliquerai, Mongdgneor,aTCC tant de soin pour me bien acquitter de mon devoir que j'espère que vous serez content de moQ service, (A. 0.) A Pignerol, la tt déeembra l«7b

Le même au même.

Monseigneur, je viens de recevoir celle qu'il vous a plu m'écrire, du 11 du courant, par laquelle vous me commandez de vous informer très-souvent de ce que fait et dit M. de Laozuo. M. Nallol, qui est parti d'ici, il y a huit jours, aura l'honneur de roos rendre cooipte de ce qui est venu à ma connaissance pendant son séjour en cette citadelle.

Itu depuis, je vous dirai. Monseigneur, que je me suis aperçu que mon nouveau prisonnier se méhaît de moi. Le peu de visites que je lui fais ne doit pas l'avoir obhgé & cela; mais comme je ne veux pas entrer en matière avec lui, je ne fais pas semblant de rien et n'entre dans sa chambre que lorsqu'il vient lui-mfime à la porte de sa chambre me demander dans celle de son valet où je suis pour lui servir & manger.

Dimanche, il me demanda un almanach pour voir, k ce qu'il me dit, les feica et dimanches et jours de la semaine qu'il vivait ; je lui db que j'en ferais chercher un, mais qu'il yauraitpeine d'en trouver un en français; Ift-dessus il me fit réponse que j'étais le maître, et même de lui donner cent coups de bftton, qu'il voudrait de bon cœur les avoir tous les jours et n'êlre pas i Pignerol, que partout ailleurs il serait bien hors ici, que sa demeure n'était pas une prison ordinaire et qu'en un mot il s'estimerait heureux si satftte ne lui tourne pas; il a vu en y entrant tant de portes et de gros verrous et grilles de fer qu'il croît que l'on a fait cela de longue main pour lui; c'est pourquoi il me dit, ainsi que je me suis donné l'honneur de vous mander : Je suis tn paee et m «ceeuJo lœcttlonm. Il est fort alerte, et s'étonne fort de ce que je suis toujours k lui seivir aux heures de ses repas à boire et k manger. Je ne croîs pas qu'il laîss&t échapper une occasion favorable s'il s'en présentait une, quoiqu'il soit dans le dernier chagrin- et déplaisir. Je ne crois pas,

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108 roucooCT.

HoDseigaeur, tous mander jamais rien de sa quiétade, il est dans une afOictioa si grande qu'il ne liait autre chose que de soupirer et battre des pieds; il mange très-peu et se chauffe bien en récompense; je lui fais bonne chère et bon leà, quoiqu'il dise toujours de ne le pas foire. Je fais travailler à lui faire faire du linge et autre chose qu'il a besoin, et le tout propre, sans superfluité. H m'a demandé une fois si je savais le sujet de sa détention; je lut ai dit que je n'apprends jamais de nouvelles de crainte d'en dire à pet^ sonne; il me dit fort honnêtement qu'il ne m'en demandait jamais, et qu'il savait bien jusqu'ob pouvait aller mon pouvoir. J'ai eu l'avantage,Honseigneur, de vousdemander des livres pour lui ; il ne m'a pas dit lesquels il souhaitait; je n'ai pas voulu lui donner des Heures sans voire permission, non plus qu'à son valet qui commence fort de s'eunu;er. Ayez ta bonté, s'il vous platt, d'être persuadé que je ne ferai jamais rien sans vos commandements, et que je n'oubtierai rien pour me bien acquitter de mon devoir, auquel je serai attaché toute ma vie avec la dernière exactitude et flclélilé. Je ne puis vuus rien mander de mes autres prisonniers, sinon que je les ai fait confesser à Noei; ils sont tous dans une grande dévotion et résignation >. (A. 0.) A Pigoerol, ce 30 décembre ie7i.

Le même au même.

Monseigneur, mon nouveau prisonnier ne saurait s'accommoder à sa prison ni à ma garde, il est toujours tellementinqaiet et bourru que je ne doute point que sa tète ne lui tourne ; il mange si peu que des vertiges viennent fréquemment, il ne se plaint de rien, et ne veut voir personne, pas même son valet. Pour moi. je ne le vois que lorsqu'il me vient demander à la porte de son antichambre. Il me demanda, il y a deux jours, Uouseigneur, si vous ne me mandiez rien qui le regardât; lorsque je lui dis que vous nem'aviez rien commandé pour lui dire, il se mit h crier trois ou quatre fois : Pignerol, Pignerol, l'on en aura le plaisir, je ferai une tragédie de ma prison et voaA le verrez le premier I Cependant, je vous prie, me dit-il. écrivez & M. le marquis de Louvois que je désirerais fort avoir l'hon-

1. LonTOb r^Dd qne le Roi permet de donnar deut Tileu I H. de Lidiou, et de tUre sortir celui de II. de SktoiOlHt. M. de Lbuido enteodrs U ineue l«s Ries et dlmuicbe*, et m confëMera aui qutire sraiide* ttm. Od lui eoTerrft ton Uoge M u f ainelle d'u^eot.

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FOUCQUCT. 100

neur d'écrire au Boî. En cas que S. M. lui permette, tous aurez la bonté, Monseigneur, de me commander si ce sera en ma présence, et s'il fermera sa lettre, ou si je lui donnerai par compte du papier et des plumes et de l'encre.

Pour M, Foucquet, il est devenu tellement enrhumé qn'il en a la 0èTre;îl a tellement soin délai que je puis assurer que son incommodité ne durera pas. Le feu a pris dans sa cheminée, il j a deux jours, qui me donna assez de peine, mais cela se paRsa bien par le prompt secours que j'y donnai; comme l'on ne peuL nettoyer les cheminées des prisonniers à cause qu'elles sont grillées haut et bas, il faut que telle chose arrive tous les ans par nécessité.

Ayez s'il vous plaît, Monseigneur, la bonlé d'être persuadé que je n'oublierai quoi que ce soit poun avoir l'honneur de faire mon devoir. (A. G.)

A Plgoeral, te S Jinrisr Iflis.

Le tnime au mime.

Monseigneur, depuis trois jours que je me suis donné l'honneur de vous écrire une grande lettre, il ne m'est venu à ma connaissance aucune chose qui mérite vous être mnndée. Comme je vois qae je suis suspect à M. de Lauzun, je ne le vois point qu'il ne me vienne demander à la porte de sou antichambre lorsque je vais lui donner à dtnerou à souper; son valet m'a dit qu'il mène la vie d'un désespéré, et qu'il se plaint fort d'une douleur d'estomac qui le tourmente.

Pour M. Foucquet, il est toujours enrhumé, il se porte mieux qu'il n'a fait ces jours passés. Quand ils auront besoin de quelque chose pour leurs nécessités, je leur donnerai en diligence ce qu'ils me demanderont ; je m'assure qu'ils ne se plaindront non plus de ma diligence de ce cAté-h qu'ils pourraient faire de la sûreté avec laquelle je les garde. Je continuerai mes soins, Monseigneur, avec tact de précautions et d'aiTection que j'espère que vous serez content de mes petits services. (A. G.)

A Pignerol, le g JuirUr 1071.

Le même au même.

A Pignerol, ce 13 Jinnar 1073.

Monseigneur, je prends la liberté de nous envoyer ci-joint une

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110 TOUCQUET.

lettre que madame del^uzun < m'a envoyée par on homme ezprfts. J'ai dit à ce portear que ce n'était point ici ab elle, ni personne, pouvait avoir des nouvelles de M. son flis, et qu'il s'en atttt dire à sa maîtresse que j'aurais l'honneur de vous la faire tenir, et que je ne pouvais avoir l'avantage de lui Taire d'autres réponses que eeUelà. Je l'ai fait observer tout le temps qu'il a demeuré à la ville; il n'y a couché qu'une nuit, et en est parti dès le lendemain de boa matin. La prison de M. deLauiun est tournée de manière que je ne crains rien da dehors ni du dedans en continuant mes précautions, mais il est si extraordinairemeot chagrin que j'ai peur qu'il ne perde l'esprit on qu'il ne re désespëre,il m'en a menacé plusieurs fois, ainsi que j'ai eu l'honneur. Monseigneur, de vous le mander. Comme je ne'm'arréte pas k ces sorte s de miinîères de parler, il m'a dit reproche que j'étais devenu dur et împitoj.ible par la longueur de temps que je garde des prisonniers, mais qu'il n'était point un condamné, et que tout ce qui faisait son mal extrême était qu'il ne savait point son péché, et qu'il avait été toujours un bon valet et un fort méchant courtisan. De l'humeur qu'il est il se donnera bien du mal et à moi aussi; être à Pignerol sous ma garde est une chose qui le démonte et qui lui fait perdre la tËte, à ce qu'il dit & sou valet, et d'autant qu'il croit que c'est pour toute sa vie. Faites-moi la grftce. Monseigneur, d'être persuadé que je ne me rel&cherai en rieo de ce que je dois afin d'avoir l'honneur de servir le Roi suivant vos commandemenls. (\. O.)

le même mt mime.

Monseigneur, depuis trois jours que j'ai eu l'honneur de vous rendre compte de ce qui s'était passé ici, il ne m'est venu aucune chose à ma connaissance qui soit digne de vous être mandée. La quiétude ne règne point encore chez M. de l^uzun;il est de même que les premiers jours. U m'a demandé s'il m'était défendu de lui donner les gazettes d'Hollande. Je lui ai dit qu'elles ne venaient point ici, et que je n'étais point curieux d'apprendre des nouvelles. Ayez la bonté. Monseigneur, d'être persuadé que je ne dirai ni ne ferai aucune chose sans vos commandements. (A. O.)

A PtgMTOl, ce le JaoTler IdTl.

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