H. DB SAINT^ABS A LOUTDIS
Monseigneur, je ne peux vous marquer combien est grand le chagrin et le déplaisir de M. de Lauzun, il est au désespoir d'être à Pignerol sous ma garde. D a dit&son valet que l'état de la dépense étant fait, l'on ne songerait plus à lut, et queje le garderais comme M. Poucquet qui est mort dans le monde, et que c'était un bel honneur à moi de faire ce métier^Ià dans un temps de guerre '. Il y avait quelques jours queje n'étais entré dans sa chambre, qu'hier au soir il me demanda si je n'avais point reçu d'ordre de la cour touchant lui; je lui dis qu'il me croyait si peu qu'il m'était inutile de lui répondre là-dessus. En se récriant de la longueur des nuits et des jours, il me dit: Je ne vous demanderai jamais rien qui vous puisse faire tort ; mais je vous dirai que je saurai bien sacrifier ma vie pour le plaisir du Hoi, ainsi que j'ai fait ma fortune quand je l'ai trouvée *; je n'ai point les reins assez forts pour supporter cette prison ici, et je ne ferai mal qu'à moi-môme pour contenter autrui ; je n'ai aucun crime et je ne crains rien. Je vous supplie très-humblement, Monseigneur, d'ëlre persuadé de la vérité avec laquelle j'ai
1. Henri-Loaia d'Aloigoy, mArqDla de Rochefort-l^blMC Lalbratt de Cm» d'AitJo<ii baron dei Cura, etc., marâchtl de rrioM ea IDTS, mort le aa mai 1676.
3. Oq a iiuérd cette lettre parce que le capucin Tut enTO]ré plot tard à Pignetol et enfenod avec Lbuiuo.
3. Lbhiud parlait au liuard, la campagne de Hollande oe s'oanlt qa'an mria de mal lOTa.
4. Il fait allnilon k wa projet de mariage avec Hademoliella, et à l'^kparaale réaignatlon btm laquelle il avait obéi aux ordres du Roi,
D.qitizeabyG00l^lc
l'avantage de vous écrire, comme aussi de mon exactitude; je crois qae mes prisonniers ne me regarderont jamais de boa œil, mais je ne saurais qu'y faire. Je suis sûrqu'ils m'estimeront quand j'aurai l'honneur de bien fidèlement servir S. M. à votre mode; c'est à qnoi je m'attacherai le reste de mes jours. (A. 0.)
A ngnerol; w ï3 Jtnvier 1071.
H. DE SAIHT-HABS A LOCVOIS.
Monseigneur, depuis le 29 que je me suis donné l'honneur de vous informerde ce qui était venu à ma connaissance, je-n'ai entré dans la chambre de M. de Lauzun; tant qu'il sera un niribond déterminé, je ne le verrai point, et le laisserai faire à sa mode. Je, prétends lui faire voir que cela ne m'étonne nullement, et que je suis le plus commode homme du monde; tout ce qui me chagrine est que son valel commence déjà fort de s'ennuyer, j'»i peur qu'il ne devienne malade dans peu de temps, ce qui m'embarrasserait extrêmement, d'autant que je pourrais faire l'impossible que je ne Irouveraispersonneici pour hii donner. Tous mes valetsn'y entreraient pas pour un million. Ils ont vu que ceux que j'ai mis auprès de H. Foucquct-n'en sont jamais sortis. Je vous prie très-bumblement, Monseigneur, d'avoir la bonté de me mander sur cela ce que j'ai & faire, et si vous ne jugez pas à propos de lui en donner deux par la raison que je me suis donné l'honneur de vous écrire, il y a un mois *.
A Plgnenl, ce s? Janvier 1673.
Le même au même.
Monseigneur, il y a deux jours que M. de Lauzun s'est avisé de me demander si vous n'aviez point fait de réponse sur la prière qu'il m'avait faite de vous demander la permission de vous écrire; je Ini ai dit qu'il m'avait parlé du Roi, et que je m'étais donné l'honneur de vous le mander, ainsi qu'il m'avait dit, mais qu'il ne m'avait point parlé de vous. Monseigneur; que lorsqu'il fut entré dans sa chambre il me dit, en présence de M. d'Artagnan : M. de Louvois ne vous mande-t-il rien pour me dire? Je lui dis que non;