‹ Archives de la BastilleChapitre 23 sur 137 · Lonn^ lui AerlTlt de donner deui viJeU à H. de Laniao · texte numérisé non relu

Lonn^ lui AerlTlt de donner deui viJeU à H. de Laniao

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il dit là-dessus: Pignerol est non belle place, mais je D'aï jamais voulu entendre le marquis de Piennes lorsqu'il me la jetait à la lete pour l'acheter, jamais je n'ai eu d'amitié pour elle; je prie Dieu de ne pas perdre l'espril. Son valet est devenu malade par accideal, il s'est brûlé une jambe dont il tient le lit, et a même un peu de fièvre. Je serai obligé dès aujourd'hui de lui donner un valelqui est à moi il y a très-longtemps; c'est un garçon fidèle et très-sûr, mais il ne veut entrer dans cette prison que pour en sortir quand l'autre valet de H. de Lauzun sera guéri; je lui ai promis que cela serait ainsi. Je vous prie très-humblement, Monseigneur, de me permettre de tenir ma parole, vous assurant que mon bomme ne se laissera point gagner, et qu'il ne dira jamais à personne qu'il ait vu ni parlé & M. de T^uzun; pour l'autre qui est incommodé, je le mettrai dans une chambre de reste, qui est du moins aussi sûre que celle où il est, jusqu'à ce qu'il soit tout à fait en santé. C'est une nécessité de lui donner deux valets avec chacun un lil, parce qu'il est du tout impossible que des gens qui sont toujours enfermés ne deviennent malades avec le temps.

J'attends vos ordres, Monseigneur, sur tout ce que j'ai eu l'avaouge de vous écrire, lesquels j'exécuterai ponctuellement. Mon nouveau prisonnier est tellement chagrin que je vois visiblem^it que nous ne serons pas longtemps sans nous parler point du tout; il me dit que les cruautés que j'exerce sur lui, ou à sa prison, lui feront prendre quelque mauvaise résolution ; pour moi, qui ne le vois ni ne parle qu'avec beaucoup de civilité, je ne saurais souDrir qu'on me dise des paroles. Comme vous m'avez commandé. Monseigneur, de vous informer de tout jusqu'aux moindres bagatelles, je n'oublie rien afin de vous obéir ■. (A. ti )

A Pignerol, ce 30 J^orier 1611.

Le même au même.

Monseigneur, depuis le dernier ordinaire il m'est venu un accès de fièvre qui m'« duré viogt-qualre heures, laquelle m'a empêché d'avoir l'honneur de vous écrire par l'extraordinaire, ainsi que j'ai accoutumé de faire; comme elle n'a pas eu d'autre suite, j'ai repris

1. LauToin, apr^ Bfoir spproufé tetsoinade Saint-Hkra, lai ripondilalescantinoer Bt de ne point l'inquldter da reuentiment de Mn prUonnjer, de li:I rednr ion u^nt el de la Taire halùiler.

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FODCQKET. (15

au boot de deax jours mon train de faire depuis sept ans, qui est de donner moi-mfime, soir et matin, les choses nécessaires & mes prisonniers.

J'ai mis auprès de M. de Lanzun l'tiomme dont je me suis donné Tavantage de tous mander, pour le servir à l'absence du sien qui est incommodé d'une brûlure ù la jambe; il n'a J)as voulu d'abord s'en servir en rien au monde, le traitant d'espion et lai défendant d'entrer dans sa chambre. Au bout de trois jours, il vint voir son valet malade, et s'approchant de son lit,.il lui dit assez haut : Prends bon courage, j'ai écrit en cour il y a quinze jours ; quand mes lettres auront été vues je soiiirai d'ici et t'emménerat avec moi, ainsi que j'ai fait on valet que Besmaus m'avait donné à la Bastille. Il tint ce discours, à mon avis, pour que ce dernier valet que je lui ai donné m'en nt le rapport et me douuât de l'inquiétude; il se trompera s'il pense m'inquiéler par cet endroil ; je suis si sûrqu'îl n'a point écrit à personne depuis qu'il est sous ma garde, que je veux bien me laisser couper la tête s'il estsorti de sa prison aucunes écritures de lui ni de son valet; je ne lui veux point parler en aucune façon de ceci, je lui permets de dire et de se vanter, quand le Roi l'aura fait sortir d'ici, que je ne l'ai pas bien gardé et qn'il aura eu toules sortes de commerces. J'exécuterai ponctuellement, Monseigneur, les ordres qu'il vous a plu me commander pour la garde de mes prisonniers, et je n'oublierai rien pour m'acquitter avec la rlerniëreexaciitudeelfidélitëquejedoisàS.M. Je donnerai un beau présent au valel que j'ai donné en dernier lieu à M. de . Lauzun si je vois clnirement qu'il est très-fidèle et que vous me permettiez de le sortir quand l'autre sera guéri. (A. 0.)

A P^erol, ce 7 février 167S.

Le même au m^me.

Uonseigueur, j'ai reçu deux lettres de Monseigneur le TelHcr, datées des 23 et 25 du présent mois * ; dans la première il m'envoie un mémoire des livres que le Roi trouve bon que M. de Lauzun aie, et daus l'autre il me fait l'honneur de me dire que S. M. aapprouvé la répoo&e que j'ai faite h, l'homme qui m'a apporté une lettre de madame de Lauzun. J'ai pris la liberté, Monseigneur, de vous écrire comme M. son fils, que j'ai ici en ma garde, n'avait point d'Heures

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