‹ Archives de la BastilleChapitre 57 sur 137 · S0 MORIN ET SA FEMUR, ETC · texte numérisé non relu

S0 MORIN ET SA FEMUR, ETC

infidèles viendront fouler aux pieds tous les chrétiens par un juste

jogeroent de Dieu.

Il finit son texte par fonder son Eglise universelle de tontes sectes et dit : Et quand Dieu verra véritablement chacun en ce devoir (c'est-à-dire de reconnaître Morin pour le fils de Dieu esprit et juge des vivants et morts), il ordonnera sa charité en tous et portera les pieds et les mains, le cœnr et tous membres du corps universel de son Eglise à sa due et propre fonction , dont ainsi nous vivrons en paix en la terre, comme on fait au ciel, et sans Jalousie ni révolte des moindres et médiocres membres envers les plus nobles, comme aussi sans mépris ni surcharge des plus nobles envers les inférlears et plus rils. Dieu le fasse ainsi & nous tous par sa grice. Ainsi soit-il. Fait ce 1" août 1661, conforme au regard des testaments, à ce qui a été envoyé par l'auteur à messieurs du parlement de Paris en 1650 ou environ, lorsque l'auteur était es prisons de l'offlcialité. »

A la fin de cet écrit est ajouté de la main de Horin : Pour les fins susdites, Marie, savoir d'aller à Dieu et marcher BOUS sa conduite, en lui renvoyant tous sentiments humains et s'empécber d'être trompé d'aucun esprit, répétez et me dites confldémirent et humblement en sa présence le pater comme s'ensuit : Dieu d'immense bonté, vrai père de lumière et de toutes les nations, qui comme principe et fin voulez être adoré, premier et dernier en esprit et vérilé, elc. Voilà comment il veut insinuer que l'on prie le Père en toute secte et nation, en esprit et vérité, sans Jésus- Christ, sans sacrement et sans aucun culte extérieur, ainsi qu'il l'enseigne par toute sa doctrine.

Celte paraphrase du pater est apparemment très-belle. Il y glisse seulement son venin en quelques endroits comme en celui-ci : Que votre nom soit tellement sanctifié en moi en corps et en esprit, qu'aucun respect humain ne m'oblige jamais de vous nier ni autrement déshonorer, soit en mes paroles ou en mes œuvres, conformément auxprésentes pensées que vous m'en donnez. Ces présentes pensées dont il entend parler, touchant les œuvres, c'est de surmonter le péché en son ■, c'est-à-dire en péchant sens aucune

crainte de la loi, laquelle n'est pas pour le juste. Il écrit en un autre article : Ne nous induisez pas en tentation s'il vous plaît, 1. C« mot mtnqne diDa le texte.

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comme tous y induisîtes le premier bomme, en ne le confirmant point dans le bien que l'aviez créé, ains lui donnant une volonté et liberté dont il pouvait abuser.

Or, Morin prétend que le juste n'n plus de libre arbitre dont il pQÎsse abuser, et il accuse ici Dieu d'avoir induit le premier homme en tentation, attribuant à Dieu ce qu'a fait le serpent tentateur.

Toute cette parapbrase est écrite de la main de Morin, qui par ce mojen certifie qu'il est l'auteur de tout ce qui est dans ce cahier.

Le 18 février 1663, la Malherbe vint me trouver, et me dit que le commerce d'entre elle et moi devait commencer là où le commerce entre Horin et moi finirait; que Moïin et sa femme étaient unis ensemble; que l'homme était fait pour la femme, et la femme pour l'homme.

Dans le discours où je l'engageai insensiblement, elle me dit naïvement que l'esprit que madame Morin avait, était un démon de justice que Dieu lui avait donné; que ce démon était fort capricienz, et que quand il se mettait en frénésie, il fallait que tout lui cédât, et que même Dieu qui est en Morin était contraint de lui céder. Elle me dit aussi que quand, étant avec eux, le démon de madame Morin commençait k s'émouvoir, elle s'en allait, et leur ■lisait : 11 ne fait pas bon ici. Sur cela je lui dis que son démon était donc plus faible que celui de madame Morin, puisqu'il lui cédait la place; elle me répondit que ce n'était pas que le sien fût plus faible, mais que c'était qu'elle n'aimait pas le bruit.

Depuis, elle me dit que madame Morin n'avait que son reste, liarce que, du commencement, elle avait plusieurs démons, mais qu'elle les avait renvoyés la plupart, et que l'un d'eux était allé à madame Morin et lui avait été donné de Dieu. ^ Cela semblera folie à quelques-uns de dire que ces femmes aient ainsi des démons auprès d'elles, de dire que ce fut le démon de madame Morin qui l'obligea du commencement de me renvoyer ma promesse, ne pouvant la souffrir, et qui depuis la tourmenta quinze jours durant, nuit et jour, sur mon sujet, et l'obligea & tourmenter son mari pour rompre tout commerce avec moi , ne pouvant me souffrir, et rnSme de me renvoyer tout ['argent que je leur avais donné et en mêmes espèces, comme la Malherbe m'en avait donné l'avis, et comme il fut depuis effectué, cette feiume ayant forcé son mari & se départir de moi et à me rendre le tout, comme il a été dit ci-dessus.

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