MORIN ET SA FEMME, WTC
rels, logé chez le duc de Richelieu, qui l'a fait prendre; comme il fut pris, on le trouva qui écrivait une lettre qui commeaçait ainsi : Le Qls de l'homme au Roi..., et lui mandait que s'il ne se mettait (le son parti, que Dieu le ch&tierait. On a pris aussi une grosse fille nommée Malherbe, qui dit qu'elle a ua esprit dans elle, et ce foulà disait encore dans sa lettre que l'esprit de cette créature passerait dans les deux Reines, pour gouverner le Roi ou même en la place du Roi. Cette fille n'a pas désavoué cela dans son interrogatoire au sieur Grandin. Pour le fou, il disait que c'était proprement ce docteur qui était le lieutenant civil, quoique celui-ci fût là présent; que le temps est venu auquel les prêtres n'ont plus qu'une puissance temporelle, et que la grâce des choses spirituelles est transférée aux laïques; sa femme est sage et répond pertinemment à tout. Le mari a déjà été dans tous les tribunaux d'ofScialilé de Fort-l'Éveque, aux Petites-Maisons ; là il brûla ses écrits, dont il se repcnt à présent. (B. L)
PLOMITIP D£ U TOURBELLE*.
Du it mut tees.
Simon Horin, cinquante ans, a travaillé en l'extraordinaire des guerres de Qucrcy il dresser des comptes.
— Il a été interrogé plusieurs fois ?
— Oui.
— Si ses réponses contiennent vérité et si c'est sa créance?
— Il a toujours cru dire la vérité, et il croit l'Ëglise catholique, apostolique et romaine, et a cru que l'Église catholique agissait eo Dieu, être mystique; l'on lui a fait faire abjuration aux Petites- Maisons, qui a été faite de force.
— S'il parluit de choses contre l'Église?
— Il n'a point parlé contre l'Église.
— S'il entend que Jésus-Christ soit en lui ?
— U se soumet à ce que nous voudrons.
— 11 a dit que si le Rot ne voulait croire ce qu'il disait, qu'il mourrait bienl6t7
— Quand il le dit, il parla par la bouche du Saint-Esprit, qui est
1. H orlo et tM diiciplN Braient du condaronéi le 30 décembre 1663 su Cbltelet; •ur leur appel. 11» furent Jogéi par le pirlemeot. Noai reproduiui» ici leur iotei^ ragatoire tubi à l'audience du la Tournoie.
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286 HORIN ET SA FËUtUB, ETC.
en lui; a anïué qu'il ne peut rien mbS la gr&ce de Dieu, et o'esl
qu'un instrument.
— Il veut établir une DOUvelle loi?
— Non.
— Comment il se peut faire que )o Pils de l'homme soit en loi, TU qu'il ne se fait point connaître en lui?
— 11 le laisse à croire.
— lia dit dans son livre que Dieu ne serait pas une hostie molle?
— n a toujours été soumis à l'élise.
— Qui lui a fait dire que saint Pierre n'injuria Jésus que qiiaod il te renia Dieu?
— Cela provient de l'esprit qui habite en lui.
— S'il n'a pas dit que le sacrement de baptême suivant les formes confère intelligence?
— Dans toute chose îl s'est soumis à l'Église et ne parle qne par l'esprit.
* — S'il n'a pas eu la compagnie chamelle de la Gabrielle?
— Oui, et a eu un enfant d'elle.
— Il a commis un adultère, la Gabrielle est mariée ?
— H n'a rien à dire.
— Si ceux qui sont dans la foi sont impeccables?
— Ce n'est sa pensée.
— Il l'a dit, et que l'on pouvait communier après avoir mangé.
— 11 n'a poini été encore enquis de cela,
— Il croit que Jésus-Christ est en lui comme il est au saint Sacrement?
— Il a dit que lors de la résurrection ceux qui seraient en la foi ressusciteraient en corps et eu os; ceux qui ne seraient qu'en la loi ressusciteraient seulement?
— 11 l'a cm, et ça été sa pensée.
— Pourquoi il se croyait appelé?
— C'est son intelligence.
Marguerite Langlois, cinquante ans, veuve du sieur Halbote, appelé Claude Nadot, dit Malherbe, a eu cinq enfants de lui.
— Si elle a un diable en elle?
— Von lui a enseigné qu'elle en avait deux, mais l'un bon, l'autre mauvais.
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HOniN ET SA FEHHB, ETC. 387
— Elle a dit qoe l'oa croyait qu'elle ttt mariée btcc le diable, et qu'elle avait été au sabbat?
— Elle n'en a rien dit, mais des femmes dévotes lui ont dit que c'était qu'elle était mariée avec le diable.
-~ Elle a été à Charenton pour se lïiire de la religion ?
— Elle n'y a jamais été à cette occasion-là.
— Si elle n'a pas couché avec Morin ?
— Non.
— Si elle a été à confesse ?
— Oui.
— Si elle n'a pas dît qu'elle eftt épousé Uorin ?
— Oui, mais ce n'était que pour le bien frotter; a toujours eu haine contre lui.
François Randon, quarante ans, prêtre et cnré de la Madeleioelès-Amiens.
— S'il counatt Simon Horin?
— Oui, le tient ponr un bon chrétien.
— S'il a adhéré à sa doctrine et s'il le cooDBlt pour le Fils de l'homme ?
— II l'a connu pour uo homme tout chrétien en son extérieur; pour son intérieur, il le reconnaltpour le fils de Dieu sur sa parole.
— S'il croit que, quand il communie en disant sa messe, Jésus- Christ demeure corporeil émeut en lui ?
— Il dit qu'il y est spirituellement.
— En quoi Jésus-Christ s'est donné à Morin?
— Comme le Fils de l'homme.
— S'il connaît la Malherbe ?
— Oui, de loin, et a oui dire qu'elle avait le diable au corps.
— S'il a été enfenné en quelque Heu ?
— 11 a été enfermé un an k Saint-Lazare,
Jean Poitou, cinquante-trois ans, maître d'école.
— Il montre ans petits écoliers; n'a jamais enseigné âe mauvaise doctrine; a toujours professé la religion catholique, apostolique et romaine; ne désire pas s'en éloigner jamais, et proteste de
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