MALADES DE CONTAGION
(F° 153, v°.) — « Le vendredy vingt-deuxième jour de D septembre, l'an mil six cent vingt-huict. Messieurs Tuilier » Maire, Girard^ Léveillé et Guenoys Eschevins, assistés de j> M^ Josef Alabat, procureur de la Ville, estant assemblez B en la chambre du couvent des Carmes, le dict sieur Guei> noys auroit dict que, estant en la ville de Paris il y a ï> quinze jours, il avoit faict venir en cette Ville, suivant ce » que les dits sieurs Maire et Eschevins avoient advisé, troys » religieuses de l'hospital St-Louys, de Paris, pour assister » et soulager les pauvres malades de contagion, qui sont en » grand nombre en cette Ville et en maisons des pestiférés, » et avoient esté amenées de la dicte ville de Paris en celle- » cy dès le jour d'hier, et cstoit nécessaire de les loger
238 AnCHIVES de la ville de BOURGES
» prompLement en maison de la Sanitas, pour y establir
» ung bon ordre et faire cesser le désordre qui y a existé
)) faulte de femmes qui eussent la piété et charité chres-
» tiennes qui est requise, ainsy que ces trop bonnes et
» dévotes religieuses accompagnées d'une servante qui est
» venue avec elles. Et après avoir les dicts sieurs Maire et
» Eschevins faict recevoir les dictes religieuses, les ont faict
» conduire et loger dans la chambre du concierge de la dicte
» maison de la Sanitas et faict fournir les meubles, linge et
» autres nécessités qu'elles ont demandés, et le mesme
» jour aiant esté advertis que les mouthonniers et ser-
»• vantes cy-davant mises ès-dictes maisons ne leur vou-
» loient obéir et leur disoient des parolles injurieuses avec
» menaces de les offenser, les dicts sieurs Maire et Esche-
» chevins se seroient transportés hors la porte St-Ambroix,
» proche le dict Sanitas, où ils auroient faict venir tous les
» officiers et servantes d'icelluy, auxquels ils ont enjoinct
» et commandé d'obéyr à ce qui sera faict et réglé par les
» dictes religieuses pour Tordre et traictement des dicls
» malades, levers, vivres, aliments, propreté et netteté de
» leurs corps et chambres et pour la nourriture de chacun
» des dicts officiers, le tout suyvant l'intention de Messieurs
» les Maire et Eschevins, et ainsy qu'ils ont advisé entre
» eulx et faict entendre aux dictes religieuses pour le sou-
» lagement des dicts malades et le bien de chacun des
» officiers, et afin que par leur bon exemple et bon ordre
» tout soit bien réglé et qu'il plaise à Dieu ce mal conta-
» gieux faire cesser.
» Signé : Tullier, Maire; Guenoys et » LÉvEiLLÉ, Eschevins. »
ARRIVÉE DE M* ALEXANDRE GUILLEMIN, COMPAGNON CHIRURGIEN DE l'hOTEL-DIEU ET DE l'hOPITAL SAINT-LOUIS DE PARIS
(F° 157, Y°.) — « Aujourd'huy, vingt-huictième septembre » Tan mil six cent vingt-liuict,
» Nous, Maire et Eschevins, estant assemblez en l'Hostel- » de-Ville de Bourges, voyant le grand nombre de malades » de contagion qui sont à présent en cette Ville et qu'il » estoit nécessaire d'avoir encore des cirurgiens outre ceulx » qui ont esté cy-davant resceus pour penser, et s'estant » présenté Allexandre Guillemin maistre cirurgien de la » ville de Paris, nous avons resceu le dict Guillemin pour » traicter, penser et médicamenter les mallades de conj> tagion qui sont à présent et seront cy-après, tant en cette » Ville et faulxbourgs que maisons des pestiférés, avec » Mathurin Hardy, Pierre Boussac et Jacques Rabouyng, qui » y sont employés tant et sy longuement que la dicte ma- » ladie contagieuse continuera, aux gages de la somme de » neuf vingts livres ^ par moys, dont luy a esté payé et » advancé deux movs et dellivré mandement de la somme T> de trois cents soixante livres, et encore trente livres pour » luy avoir ung habit et sa nourriture de luy et de son ser- » viteur et une chambre avec les meubles nécessaires, et fi après qu'il aura pieu à Dieu faire cesser la dicte maladye » luy sera payé la somme de neuf vingts livres ung moys » après, et moyennant ce le dict sieur Guillemin a promis » et s'est obligé de soigneusement et fidellement faire la