RÉFORME DU CALENDRIER
Suit entre pages, un fragment de lettre du Roi, touchant la réforme entreprise du calendrier.
A cette époque (1583), la peste sévissait à Bourges à tel point que, les ressources administratives faisant défaut, une ordonnance municipale de la fm de février, que je retrouve, prescrivit la confiscation de toutes les « aulmônes » de l'archevesché, pour être affectées en services aux mal- » lades ». Pour qu'une mesure de cette gravité put, à cette époque, recevoir son exécution sans rencontrer d'obstacles, combien il fallait que chacun en comprît la nécessité et l'urgence extrême!
Les documents les plus nombreux de 1583, en dehors de ceux concernant la peste, sont relatifs à une question de navigation entre le commandeur de Villefranche et la Ville, au sujet de la démolition de son moulin pour la facilité de la navigation : c'est toute une procédure; il s'y trouve aussi des sentences et autres actes relatifs aux accommodements pris dans le même but avec les dames de Rozay et de Ghabris, les religieux de l'abbaye d'Olivet, ainsi que les chanoines de la Sainte-Chapelle. Des lettres patentes par lesquelles les Maire et Eschevins de Bourges obtiennent la continuation d'impôt, pendant neuf ans, pour la confection des canaux et l'entretien de la navigation, forment une correspondance importante.
Suivent des mesures prises à l'occasion du passage dans le pays des troupes revenant de la guerre des Flandres et regagnant leurs garnisons, ainsi que la confirmation, par ordonnance du roi Henri III, des privilèges accordés aux habitants (1595).
CESSION A LA SAmiE-CHAPELLE DE LA CHAUSSÉE DU MOULIN DE MESSIRE-JACQUES
Je rencontre ici une pièce fort importante pour la Ville, encore aujourd'hui; c'est l'acte par lequel, le 16 avril 1558, la Ville cédait à la Sainte-Chapelle la chaussée du moulin Messire-Jacques, à la charge de l'entretenir, d'y planter des aubiers et de donner passage au public.
Ce document est d'autant plus précieux que plusieurs fois la Ville a été menacée de voir supprimer ce droit de passage, à l'extrémité de la rue actuellement dénommée Messire-Jacques, située derrière et dans le bas des écuries de Séraucourt.
Par acte de 1597, le bourgeois Jean Esterlin faisait vente à la Ville de quatre changes de la porte Cortaine (Gordaine).
Je trouve, un peu plus loin, une plainte assez curieuse de la Ville; c'est celle-ci :
« Les prévost, lieutenants et archers de la maréchaussée, » qui sont très-bien payés, s'acquittent fort mal de leurs » charges, parce qu'ils ne sont pas soigneux de monter à » cheval aux occasions qui nécessitent l'intervention de la » gendarmerye. »
ORGANISATION DE l'aRTILLERIE A BOURGES
Je reproduis ici une pièce très-importante sur l'organisation de l'artillerie de la Ville.
C'est un règlement entre la Municipalité et le S*^ François Crochet, sieur des Champs, « goubverneur » de l'artillerie de la Ville :
« Pour asquiper et goubverner l'artillerie dans la Ville, » fault mettre les pièces d'artillerie sur les remparts et » plattes-formes aux lieux les plus commodes qui sera « admis et leur donner bonne garde nuict et iour par les » habitants canonniers; aux maisons les plus proches des » pièces lui y tiendront la grosse pouldre à canon; en deux » sacs des outilzs tenant un boisseau ou plus, chascun, et » deux petits sacs de cuyr pour la pouldre d'amorsche » tenant chascun trois livres, dans un coffre de boys fer- » mant à clef et aussi les boullels de plomb, chargeoires, » escouvillons, boullets de fer, haubans, boute-feux, corde » à feu, enfin il sera requis, tant de iour que de nuict, une » ou deux lanternes et de la chandelle de suif.
» Il sera donné pour servir ces pièces assavoir à chascun » canon quatre canonniers, à chascune grande coUevrine » quatre, à la bastarde et moyenne collevrine à chascune » troys et à chascun faucon ou fauconneau deux pour faire » l'exécution.
» Tous lesquels doivent avoir chascun un dégorgeoir, » deux lances et ung boute-feu. Et sera nommé ung cappi- » taine pour choisir les canonniers et donner en garde et
» debvoir, après qu'il les aura ordonnez, pour faire faire
» les plattes-formes, gabions et remparts, homme expéri-
» mente et dilligent qui ira par tout le circuyt de la Ville
» souventement, jour et nuict ordinairement, qui fera bail-
» 1er tout ce qui sera nécessaire pour l'exécution de la dite
» artillerye par celui qui aura la charge des munitions
» d'ycelle par son ordonnance, comme grosse pouldre à
» canon, pouldre menu grain, sacs des outils, petyts sacs
» de cuyr, boullets de fer, boullets de plomb, chargeoires,
» escouvillons, haubans, cordes à feu, lances, lanternes,
» chandelles de suif, de cire, fallots, coffres de boys, pelles
» ferrées, de boys, cognées, sapes, pinces de fer, cordaiges
» et autres choses ou instruments qu'il faudra pour les
» charpentiers, forgerons, charrons, et qui veille que tout
» soit en bon ordre.