DISCOURS DE M. GASSOT DE DEFFÀNS, MAIRE DE BOURGES
« Monsieur, s'il estoict possible à nature de faire qu'à la face » etasseuranced'ung seul, on peut juger de l'affection de plu- » sieurs conformes et consentant en mesme volonté, je suis » assez disposé de façon que par moy vous puissiez juger de » l'affection de mes citoyens, tant en qualité et particulier » que d'ung esgal consentement se sentent tant honorés de » votre venue et présence que, nous souvenant des malheurs » passés de la guerre (qui leur ont été les moyens de vous » en donner signe plus certain), ils cuident continuer en » ceste paix et repos tant heureux, duquel ils ont usé soubz » l'obéyssance des Roys de bonne mémoire, François vostre » ayeul et Henry vostre père.
» Toutefois, ce moyen m'estant osté, et me restant » la seule parolle que mes concitoyens confirment par » leur silence et réciproque volonté, je ne puis qu'au » nom de tous vous offrir un vœu loyal et une obéys- » sance volontaire d'un peuple qui, de tout temps ama- » teur de la grandeur de son prince, n'a rien estimé plus » cher que de l'honorer et obéyr et servir, voire l'adorer » en sa justice et bienveillance. Cette affection ancienne, » Monseigneur, si naturelle d'ung chascun d'eux est non- » seulement confirmée, mais de beaucoup augmentée en » vous, tant pour le ranc (sic) que vous tenez en ce » royaulme, que pour les singulières vertus qui réunissent
» en vous de dévotion envers Dieu, de pitié et humanité
» envers vos subjetz, et de libéralité envers eux. 11 leur a
» esté octroyé des privilléges plus grands qu'à ville de ce
» royaulme, lesquels ils supplient Votre Grandeur avec
» toute humilité, leur vouloir entretenir, promettant se
» rendre dignes encore de plus grands par bons services
» qu'ils délibèrent faire au Roy et à vous, Monseigneur,
» toute leur vie, mestant leur confiance et certaine asseu-
» rance que par vostre faveur et authorité et moyen, a
» esté vostre ville de Bourges des plus renommées et an-
» ciennes de toute la France, recepvra accroissement de
» tout bien et félicité et ne pouvant pour récompense
» sinon de rechef vous offrir ung vœu entier et sincère
» et bien affectionné pour vous et vos ayeux et honorer
» avec toute humilité et fidélité.
» Nous supplierons le Créateur, Monseigneur, qu'il luy
» plaise nous donner la grâce de pouvoir vivre soubs
» vostre obéyssance longues années et vous maintenir et
» conserver, pour le bien de ce royaulme, en toute prospé-
» rite et santé. »
« Incontinent après que le dit seigneur eust accepté l'offre » de la dicte Ville et tesmoigné devant tous la fiance qu'il » avoit en icelle, furent appelés pour monter sur le théâtre » nobles hommes :
» Messire Loys de Ghasserat, chevalier de l'ordre du Roy, » bailly de Berry;
» Messire Guillaume Régnier, président et lieutenant » général, accompagné des lieutenant criminel particulier, » conseillers, advocats et procureur du Roy au dit siège,
» et portant le dit S'' Régnier, président et lieutenant » général, la paroUe pour le corps de Justice comme il » s'en suict :