‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790 (volume 3)Chapitre 76 sur 97 · POLICE DES VIGNES — MESURES · texte numérisé non relu

POLICE DES VIGNES — MESURES

L'administration de la Ville s'occupait aussi beaucoup de la police des vignes. Elle a pris, en l'année 1594, un arrêté contre les rapineurs de la campagne, afin de mettre les vignobles à l'abri de la dévastation, très-considérable à cette époque.

Voici cet arrêté :

« De par le Roy,

» Et l'ordonnance des lAlaire et Eschevins de la » ville de Bourges :

» Il est de rechef inhibé et deffendu à tous vignerons et » aultres allant travailler aux vignes, et mesme aux pro- » priétaires ou adcensataires des dicles vignes, d'apporter » ou faire apporter par interposition aulcunes sousches ou » burtes des vignes, soubs couleur que les dictes burtes » ou sousches feussent mortes ou pour quelqu'aultre cause » ou occasion que ce soict; ains qu'ils ayent à les délaisser » dans les vignes, comme est souvent, pour en faire des » javelles, ainsy qu'il leur a esté cy-davant ordonné, et » aussy leur est deffendu d'apporter aulcuns pesseau ou » espines servant à la boucheture des dictes vignes, sur » peine de cent sols d'amande et de prison. Enjoignant aux » gardes des portes et au portier de la dicte Ville d'arrêter » à la porte les pesseaux des dicts vignerons où il y aura » des burtes, sousches et pesseaux, et le tout fasse apporter » en maison de Ville, pour estre proceddé contre ceulx qui » auront contrevenu à la présente ordonnance, ainsy qu'il » appartiendra par raison.

» Et pour ce qu'il se trouve ordinairement des personnes » demourant aux faulxbourgs de la Ville et ailleurs, qui » vont rompre et arracher les bouchetures et pesseaux des » vignes et en font des fesceaux qu'ils emportent en leurs » maisons pour se chauffer ou eu font prendre et apporter » par leurs enfants, serviteurs ou aultres qu'ils logent et » retirent en leurs dictes maisons,

» Il est enjoinct à tous ceulx qui trouveront aulcuns dans

» les vignes arrachant le boys ou prenant les pesseaux ou

» bouchetures, de les accuser en justice et en advertir les

» Eschevins de la dicte Ville, chascun en leur cpartier, pour

» faire chastier ceulx qui font telles iaultes, et seront res-

» pensables par père et mère de la faulte que feront en

» cela leurs enfants, serviteurs ou aultres qu'ils auront

» logés ou retirés en leurs maisons.

» Faict en la maison et chambre commune, le 10* jour

» d'octobre 1594. »

TENTATIVE d'aSSASSI.NAT CONTRE LE ROI HENRI IV PAR PIERRE CHASTEL

Document relatif à la tentative d'assassinat faite sur la personne d'Henri IV, par Pierre Chastel.

« Aujourd'huy lundy, 2""^ jour de janvier de l'an 1595, » Messieurs les Maire et Eschevins de ceste ville de Bourges » ont reçeu les lettres de Mgr le Mareschal de la Chastre, » estant à la Maisonfort, desquelles la teneur s'en suit :

» Messieurs,

» je viens en même temps vous dire que j'ai receu une B lettre du Roy présentant la datte du vingt-septième dé- » cembre 1594, qui porte que Sa Majesté estant arrivée à » Paris dans sa chambre, qui estoict remplye de princes et » seigneurs, tant de ceulx qui l'avoient accompagné en son » voyage de Picardie que de ceulx qui l'attendoient là, et » parmy ceste trouppe s'estoict meslé ung jeune garçon » nommé Pierre Chastel, de fort petite stature, de dix-huict

» OU dix-neuf ans, fils d'ung drappier de Paris, s'advança

» ainsy que Sa Majesté se bessait pour embrasser ceulx qui

» luy faisoient la révérance, et ce meschant malheureux

» garçon donna un coup d'ung coustcau qu'il avoit en la

» main à sa dicte Majesté, dans la lèvre du costé droict, et,

» par la grâce de Dieu, avec si peu de danger, qu'il ne luy

» a rompu qu'une dent. Toutesfoys, pour ce que cet acci-

« dent, très-meschant et malheureux, se divulguant, pour-

» roit apporter de l'estonnement aux bons serviteurs du

» Roy et donner force aux artifices de ses ennemis, sa dicte

» Majesté a trouvé bon de m'en advertir pour le faire en-

)i tendre à ses bons serviteurs qui sont soubs ma charge,

« affin que chascun remercye Dieu de la grâce qu'il lui a

)' pieu faire à sa dicte Majesté de le préserver d'un tel

» assassinat prémédité; vous direz à Messieurs de l'Esglise

» qu'ils fassent chanter un Te Deum pour rendre grâces à

}> Dieu, où vous assisterez tous, avec la plus notable assem-

» blée que vous pourrez appeler, et, me recommandant à

)) vos bonnes grâces, je pryerai Dieu, Messieurs, qu'il vous

» donne en santé bonne et longue vie.

» A Maisonfort, ce dernier jour de l'an 1594.

» Les dictes lettres sont soubscriptes par vostre plus

» affectionné et meilleur amy, La Ghâstre. »

Le Te Deum eut lieu en grande pompe, le 2 janvier 1595.

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