‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790 (volume 3)Chapitre 78 sur 97 · RÈGLEMENT DU MARCHÉ AU BLÉ DU POIRIER · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT DU MARCHÉ AU BLÉ DU POIRIER

D'autre part, de mai 1595, je retrouve une mesure toute à l'avantage des pauvres gens du peuple, mesure toute de provision pour lui. Elle touche, il est vrai, à l'alimentation,

à l'indispensable. Pour que la tranquillité régnât, il fallait bien au moins que l'approvisionnement de la masse fût assuré : c'est ce qui était fait.

Je veux parler du règlement relatif à l'achat du blé de fournée sur le marché du Poirier :

« Pour ce qu'il se cognoit que le bled enchérist de jour à » aultre, ce qu'on dict provenir à cause du transport que » plusieurs marchands forains et estrangers font du dict » bled, qu'ils achaptent au marché publicq avant que le » peuple en ayt achapté pour sa provision, contre et au » préjudice des ordonnances de la pollice de la dicte Ville; » à quoy désirant obvier, remédier au mieulx qu'il soict » possible, suyvant les dictes ordonnances, il est inhibé, » deffendu à tous marchands forains d'achapter ny faire » achapter par interposites personnes, au marché du Poi- » rier, aulcun bled, sinon après heure de deux heures » après midy passée, et que le bled estant au dict marché » ayt esté exposé en vente publiquement à tout le peuple, » sans monopoUe ou intelligence avec les dicts marchands » forains, sur peine d'amande arbitraire et pugnition telle » que le cas le requerra, et affîn que le peuple de la dicte » Ville puisse plus commodément avoir du bled pour sa » nourriture et aussy que les pauvres gens des villaiges » circonvoisins qui viennent quérir leurs fournées et » achapter leurs provisions d'une ou deux sepmaines au » dict marché ayant plus de commodité d'achapter leur » dicte provision de bled; il est ordonné qu'ils seront pré- » férés à tous aultres en l'achapt qu'ils vouldront faire pour » leur dicte provision d'une sepmaine, et ce despuys les » dix heures que le marché commance jusques à la dicte » heure de deux heures, sans que les aultres estrangers ny

» marchands forains en puissent aulcunement achapter » qu'après la dicte heure de deux heures sonnées.

» Et aussy deffendu à toutes personnes d'empescher les » laboureurs et aultres pauvres gens de villaige d'achapter » du bled au dict marché pour leur provision d'une sep- » maine, ny d'empescher le transport, et quant à ceulx qui » en achaptent pour le revendre et le transporter, n'en " pourront achapter au dict marché qu'après l'heure de » deux heures sonnées, et ne le pourront transporter et sor- » tir de la Ville qu'avec passeport et permission des Maire » et Eschevins de ceste Ville, qui ne le donneront qu'avec » cognoissance de cause, et après avoir recogneu s'il y aura j> eu du monopolle en la vente ou achapt du dict bled.

» Et d'aultant sy plusieurs laboureurs et habitants du » plat pays ont amené leurs bleds en ceste Ville pour le )' garder et conserver de la gendarmerye, il est permis aux » dicts laboureurs et aultres du plat pays qui ont des bleds » en ceste Ville, de les emmener avec passeport et permis- )' sion des dicts Maire et Eschevins, qui leur bailleront le » dict passeport pour telles quantités qu'ils cognoistront » leur estre nécessaire et pour leur nourriture.

» Faict à Bourges, le 8 may 1595. »

ORDRE d'expulsion DES VAGABONDS, MENDIANTS ET GENS SANS AVEU

En passant, à la même date, voici un petit ordre qui ne manque pas d'être expéditif :

» Il est enjoinct et commandé à tous vagabonds, men-

» diants valides et gens sans adveu de sortir et vuyder la » Ville dans vingt-quatre heures, sur peine du fouet, et » deffendu à toutes personnes de les loger ny recevoir en » leurs maisons, sur peine d'amande arbitraire, et d'estre i chassés hors de la dicte Ville. »

Gomme on le voit, cela ne plaisantait pas au bon vieux temps.

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