‹ Archives de la ville de Bourges avant 1790 (volume 3)Chapitre 82 sur 97 · Deviennent paresseux · texte numérisé non relu

Deviennent paresseux

» A ceste cause, il est enjoinct et commandé très-expres- )> sèment à tous vagabonds, mandiants vallides et gens sans » adveu et toutes aultres personnes estrangères qui ont, » durant ceste cherté dernière, mandié par la Ville, de sor- » tyr et vuyder la Ville dans deux jours prochains, sur » peine du fouet, enjoignant aux sergents de la Ville, cap- » pitaines de la dixaine et dixainiers de prendre et cons- » tituer prisonniers dans les tournelles d'icelle Ville ceulx » qu'ils trouveront vagants et mandiants par la Ville après > le dict temps expiré, et nous on faire rapport pour les » faire chastier exemplairement.

» Deffendons aussy à toutes personnes habitants de ceste » Ville de les loger ny esberger en aulcune manière après » le dict temps passé, ainsy qu'ils aient, incontinent après » la publication de la présente ordonnance, à faire scavoir à » ceulx qui sont logés en leurs maisons qu'ils aient à se » retirer et vuydèr la Ville, sur peine de payer chascun » deux escus d'amande et d'estre constitués prisonniers, et » de confiscation des licts, paillasses et linceulx où ils » auront couché et retiré les dicts vagabonds et mandiants » vallides, lesquels licts, paillasses, linceulx et aultres ustan- » cilles dont ils s'aident pour les loger seront brûlés sur le V) champ, afiin qu'ils n'ayent plus de moyen cy-après de » contrevenir aux dictes deffenses et ordonnances, pour » l'observation desquelles le dict sieur Maire et Eschevins » se transporteront par la Ville et en rues et ruelles, granges » et maisons où s'y retirent les dicts vagabonds et pauvres » estrangers mandiants, s'il s'en trouve qui ne soient encore » sortis, et quant aux mallades pauvres qui ne pourront, » pour cause de leur malladie, sortir et se retirer, ils les » feroient mener à l'Hostel-Dieu, où ils seront logés, nourris

» jusques à ce que ils soient guaris et revenus eu telle » santé qu'ils puissent sortir de la Ville et se retirer au lieu » d'où ils sont.

» Faisons aussy très-expresses inhibitions, deffenses aux » pauvres de la Ville qui sont vallides et pauvres, pouvant » travailler pour gaingner leur vie, d'aller à présent mandier » par la dicte Ville; ains leur est enjoinct d'aller travailler, » admonestant les bons et notables bourgeois de ceste Ville » d'employer les dicts pauvres vallides à leur besoigne » particulière, comme aussy les dicts Maire et Eschevins » entendent les employer aux œuvres publiques, pour leur » oster toutes occasions de mandier, et ceulx qui ne voul- » dront travailler seront expulsés hors de la dicte Ville, et » affin de donner quelque moyen de vivre aux dicts pauvres » estrangers, leur sera donné chascun douze deniers à la » sortie de la Ville, par deux notables habitants qui seront » placés et connus, à chascune porte de la Ville,

K) S'il rentre en la dicte Ville aulcuns des dicts vagabonds » et estrangers qui en soyent sortis, suivant la dicte ordon- » nance, ils seront emprisonnés et fustigés par les carre- » fours de la dicte Ville.

» Faict en la Maison de Ville, le 15 juillet 1596. »

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