ORDRES DU PRINCE GOUVERNEUR
c Messieurs les Maire et Esghevins,
(F* 113, v^.) — » renvoyé le S' de Mautour en vostre » Ville, non poinct pour vous commander, mais pour vous » conseiller en ce qui regarde vos gardes, que je désire » estre exactement faîctes et que vous n'obmettiez rien » du tout de ce qui est nécessaire. Croyez-le donc comme » moy-même et l'appelez en vos délibérations pour une » garde. J'ay defifendu à toutes mes levées d'approcher » cinq lieues à la ronde de vostre Ville et ordonné au » S' de Mautour les en empescher de ma part. J'entends » qu'il loge au logis du Roy.
» Je suis. Messieurs, vostre très-affectionné amy.
» Henrt de Bourbon.
» De Rouen, le 12 juillet 1620. »
Ensuite, 18 juillet 1620 :
c Messieurs les Maire et Eschevins,
» Sur ce que vous désirez scavoir mon intention pour » le passage des courriers en vostre Ville, je désire que » vous les arrestiez tous, que vous vous informiez où ils » vont et d'où ils viennent, s'ils ont passeport du Roy ou » d'un Gouverneur de Province, que vous sachiez qui
i soict ouvertement desclairé pour son service, et, en cas
» que cela ne soict poinct, je vous donne pouvoir d'ouvrir
> leurs pacquets, de veoir les lettres qui y seront et de
» retenir prisonniers et les conserver jusqu'à ce que vous
» m'ayiez envoyé les dictes lettres et sur ma volonté,
» c'est-à-dire sy vous jugiez que la chose soict assez de
» conséquence pour m'en donner advis.
» Conservez-vous bien, du reste, et vous asseurez que
» je serai tousiours. Messieurs, vostre bien afifectionné et
» meilleur amy.
» Henry de Bourbon. >
Au reçu de ces lettres, la Municipalité, ainsi qu'il résulte d'une ordonnance inscrite au folio 115, commanda un service de garde très-strict, duquel n'étaient dispensés ni fils de veuves, ni hommes mariés, de quelque condition qu'ils fussent, c N'en seront même pas exempts le prévost » des mareschaulx et le lieutenant des archers, lorsque » seront en la Ville. Ghascun devra s'armer, hormis les » escholliers. » (18 juillet 1620.)
Les craintes qu'avait excitées le départ du comte de Soissons ne durèrent pas longtemps, car je trouve folio 117, et à la date du 1*' septembre 1620, une lettre du Roi ordonnant la cessation des mesures ci-dessus, en raison de la cessation des occasions qui les avaient motivées, et une autre lettre du Prince de Gondé faisant exécuter ces ordres.